Le Glyphosate Substance Cancérigène

En bref

  • Le département de recherche de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé le glyphosate comme substance cancérigène de classe 2A. Monsanto réclame le retrait de leur rapport accablant
  • Santé Canada a annoncé qu’elle allait mettre à jour l’étiquette du Roundup pour réduire les risques pour l’homme et l’environnement.
  • Jusqu'à 20.000 travailleurs agricoles américains sont gravement affectés chaque année par des expositions aux pesticides
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Santé Canada va modifier l’étiquette du désherbant Roundup

12 Avril 2016 | 1,820 Visualisations |
Édition: Français

Dr. Mercola

Fin mars, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), qui est l'antenne de recherche de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a publié son évaluation du caractère cancérigène d’un certain nombre de pesticides organophosphorés, dont le glyphosate.

Le glyphosate a été défini comme étant un « cancérogène probable » (classe 2A) sur la base d’« éléments de preuves limités » indiquant que le désherbant couramment employé peut provoquer un lymphome non hodgkinien et le cancer du poumon chez l’homme, ainsi que sur des « preuves irréfutables » qu’il peut également provoquer le cancer chez les animaux.

Il a été démontré que le glyphosate et les formules à base de glyphosate provoquent également des dommages de l’ADN et des chromosomes chez les mammifères, ainsi que des dommages sur des cellules in vitro humaines et animales.

Notons que, bien que plusieurs études aient soulevé ces dernières années des questions sérieuses à propos de la sécurité du glyphosate, l’EPA (US Environmental Protection Agency - Agence américaine pour la protection de l’environnement) a relevé en 2013 les valeurs limites de glyphosate autorisées dans l’alimentation. Et, comme rapporté par l’Institute for Science in Society (Institut pour la science dans la société) :

« La quantité de glyphosate autorisée dans les cultures d'oléagineux (excepté pour le colza et le soja) est passée de 20ppm à 40ppm, 100.000 fois la quantité nécessaire à engendrer les cellules du cancer du sein. » [Caractères gras ajoutés par l’auteur]

L’une des augmentations les plus fortes a été observée pour les légumes racines et tubercules (à l’exception de la betterave à sucre), la limite résiduelle autorisée étant passée de 0,2ppm à 6,0ppm. Parallèlement, des malformations ont été mises en évidence sur des embryons de grenouilles et de poulets suite à une exposition à 2,03 ppm de glyphosate.

En Californie, les aliments contaminés au glyphosate pourraient devoir être étiquetés comme potentiellement cancérigènes

Le CIRC est considéré comme l’organisme de référence absolue pour les étude de carcinogénicité, sa décision est donc primordiale.

Elle pourrait même avoir des répercussions importantes sur la vente d'aliments génétiquement modifiés, le CIRC étant l’une des cinq agences de recherche qui fournit à l’OEHHA (Agence californienne des dangers pour l’environnement) les rapports sur lesquels celle-ci se base pour lister les produits cancérigènes figurant dans la Proposition 65.

Cela signifie que d’ici quelques années, les aliments contenant du glyphosate devront porter l’étiquette d’avertissement de la Proposition 65 pour être vendus en Californie. Et puisque le glyphosate ne peut être éliminé une fois qu'il a été répandu sur une récolte, il est probable que la majorité des aliments transformés non biologiques devront porter l’étiquette de la Proposition 65.

Monsanto, sûr de son mode opératoire, demande le retrait du rapport accablant du CIRC.

Le Canada va modifier l’étiquetage du Roundup

Bien qu’officiellement en désaccord avec la décision du CIRC, Santé Canada, après avoir réévaluer le Roundup en partenariat avec l’EPA, a annoncé récemment qu’elle allait mettre à jour les instructions figurant sur l’étiquette du Roundup pour réduire les risques pour l’homme et l’environnement.

Comme indiqué par The Star, les modifications de l’étiquettes du Roundup incluront :

  • Une mention indiquant que le produit ne doit pas être appliqué en cas de risque important de dérive vers des zones résidentielles ou habitées
  • Il sera recommandé aux travailleurs agricoles d'attendre 12 heures avant de pénétrer les champs ayant été traités
  • Une mention de danger pour l’environnement informera les utilisateurs que le produit peut être toxique pour les espèces non visées
  • Il sera recommandé de respecter une zone tampon pour protéger la terre et les habitats aquatiques d’expositions involontaires
  • Des mises en garde pour réduire le risque de ruissellement de glyphosate vers les habitats aquatiques

Le Roundup favorise également le développement de super-bactéries résistantes aux antibiotiques

Dans la foulée de la reclassification par le CIRC du glyphosate en cancérigène de classe 2A, une autre étude révélatrice associe le désherbant de Monsanto au fléau en pleine expansion de la résistance aux antibiotiques.

Au cours de cette étude sans précédent, les chercheurs ont découvert que les herbicides employés couramment favorisaient la résistance aux antibiotiques en incitant les agents pathogènes à devenir plus facilement résistants aux antibiotiques. 

Cela inclut le Roundup, dont il a été démontré qu’il augmentait la résistance aux antibiotiques du E. coli et de la Salmonelle.

Comme indiqué par Rodale News, l’herbicide provoque cet effet en activant un ensemble de gènes dans la bactérie qui la rendent justement plus résistante aux antibiotiques.

En résumé, le Roundup « fabrique la tolérance de la bactérie aux antibiotiques ». Ce déclenchement génétique se produit aux niveaux habituels d’exposition associés aux applications agricoles et en milieux résidentiels.

Notons que le E. coli et la Salmonelle sont souvent responsables des flambées d'intoxications alimentaires dans les fermes industrielles dont les animaux sont généralement nourris de maïs et de soja génétiquement modifiés, qui ont tendance à être lourdement contaminés au glyphosate.

La situation de plus en plus dramatique des travailleurs agricoles exposés aux substances chimiques toxiques

Pour en revenir au problème de toxicité, jusqu'à 20.000 travailleurs agricoles américains sont malades chaque année à cause d’expositions à des pesticides Plus de la moitié sont des immigrants sans papiers, ce qui aggrave le problème puisqu’ils n’ont aucun recours légal, et qu’ils refusent généralement d’en parler de peur d’être expulsés.

Il n'y a que trop peu de plaintes officielles enregistrées chaque année pour pouvoir suivre et évaluer l'impact sur la santé de l’homme, de l’exposition aux pesticides. Comme indiqué précédemment par Mother Jones (magazine américain) :

« ‘Le système existant pour traiter le problème d’exposition aux pesticides est catastrophique. Il ne fonctionne pas’, a déclaré Caitlin Berberich, avocate au Southern Migrant Legal Services, (Services d'aide juridique pour les migrants du sud), une association à but non lucratif de Nashville qui propose des services juridiques gratuits pour les travailleurs agricoles de six états du sud des États-Unis...

Certaines hautes autorités de contrôle des États admettent que la pleine mesure des conséquences des pesticides sur les travailleurs agricoles n’est pas documentée. Pourtant des réformes réclamant plus de transparence sur l’utilisation des pesticides ont été trouvées dans les papiers de l’EPA...

L’estimation de l’EPA selon laquelle 10.000 à 20.000 intoxications aux pesticides sont diagnostiquées chaque année par des médecins parmi les 2 millions de travailleurs agricoles américains environ, les dossiers fédéraux montrent... Personne, pas même l’EPA, n'a une idée précise du problème.

Un diaporama de l’EPA de 2006, par exemple, commençait par cette question : Combien y a-t-il chaque année d'accidents professionnels liés aux pesticides ?

La diapositive énumérait plusieurs possibilités, variant de 1.300 à 300.000. Chaque chiffre peut être exact, indiquait le rapport, tout dépend de la source... Cette incertitude... peut entraîner de réelles conséquences. 

Comme l’indiquait cette diapositive, le manque d'information précise ‘empêche l’identification claire du problème’. Les avocats ajoutent que le manque d'information entraîne un autre problème : Il est difficile de responsabiliser le gouvernement et l’industrie alors que nous n’avons pas de point de référence. »

Comme indiqué sur Think Progress, (un blog d'information) bien qu'il y ait un manque d'information sur les effets des pesticides sur les travailleurs agricoles, des effets allant de vomissements et d’éruptions cutanées à la leucémie, au cancer du cerveau, aux malformations congénitales et aux lésions du système nerveux, ont été rapportés. 

En ce qui concerne le glyphosate, boire de l’eau contaminée au glyphosate et pulvériser du glyphosate sur des rizières sans équipement de protection, sont des comportements qui ont été associés à une insuffisance rénale chronique.

90 pour cent des maladies auraient une origine environnementale

Selon Joseph E. Pizzorno, président et fondateur de l’Université de Bastyr, co-auteur de l’ Encyclopédie de Médecine Naturelle et du Guide de la Médecine Naturelle pour les médecins, et ancien conseiller du Président Clinton an matière de médecines complémentaire et alternative, les toxines présentes dans l’alimentation moderne sont aujourd'hui « un facteur majeur,

et dans certains cas la cause directe de presque toutes les maladies chroniques. » Le Dr. David Bellinger, professeur de Neurologie à l’École de médecine de Harvard, a exprimé des inquiétudes similaires. Selon son estimation, les américains auraient perdu un total de 16,9 millions de points de QI à cause des expositions aux pesticides organophosphorés. M. Pizzorno pense que les pesticides jouent sans doute également un rôle important dans l’épidémie mondiale d’obésité :

« Les chercheurs voient aujourd'hui un lien tellement fort entre la charge corporelle en substances chimiques [qui contaminent l’alimentation] et le diabète et l’obésité, qu'ils les appellent les ‘diabètogènes’ et ‘obèsogènes’. »

M. Pizzorno fait également remarquer que notre alimentation moderne (dont une majeure partie est lourdement transformée), trop pauvre en nutriments essentiels, entrave par ce fait également le processus de détoxification du corps. Le Centre américain de prévention et de contrôle des maladies (CDC) a publié une information sur sa page Internet consacrée à l’exposome, qui est un aveu intéressant et qui montre une évolution des mentalités : contrairement à ce que les chercheurs pensaient jusqu'à présent, la grande majorité des maladies ne serait PAS d’origine génétique. Selon le CDC :

« L’une des promesses du projet génome humain était qu'il révolutionnerait notre connaissance des causes sous-jacentes des maladies et permettrait de développer des méthodes de prévention et de guérison pour de nombreuses maladies. Malheureusement, il a été démontré que 10% seulement des maladies avaient une origine génétique, les autres étant liées à des causes environnementales. Pour comprendre les causes et pouvoir à terme prévenir les maladies, il faut donc en étudier les causes environnementales. »

Comment réduire l’exposition de votre famille aux pesticides

Comme souligné par M. Pizzorno, votre charge toxique est étroitement liée à votre régime alimentaire, puisque la plupart des substances chimiques auxquelles nous sommes exposés quotidiennement proviennent de l’alimentation et/ou de ses emballages. Les aliments transformés non biologiques vous exposent aux quantités de substances chimiques et de toxines potentielles les plus importantes, y compris aux pesticides et aux organismes génétiquement modifiés (OGM), mais à peu près tous les aliments non-biologiques, même naturels, sont également contaminés par des pesticides, à un certain degré. Voici quelques conseils pour réduire l’exposition de votre famille aux pesticides et autres substances chimiques toxiques :

  1. Consommez des fruits et légumes biologiques Parmi les fruits et légumes non biologiques les plus contaminés de pesticides, on trouve les pommes, les pêches, le céleri et les pommes de terre.
  2. Ajoutez des aliments fermentés à votre régime alimentaire Les bactéries d'acide lactique formées au cours de la fermentation du kimchi peuvent aider le corps à éliminer les pesticides ; inclure des aliments fermentés dans votre alimentation peut donc être une bonne stratégie pour favoriser le processus de détoxification naturelle du corps. M. Pizzorno recommande également de consommer suffisamment de fibres , qui jouent également un rôle important dans la détoxification.
  3. Choisissez les produits de la mer avec soin. Choisissez du poisson faible en mercure , tel que du saumon sauvage d’Alaska, des anchois et des sardines, et évitez les poissons d’élevage qui sont souvent lourdement contaminés aux BPC et au mercure. Pour optimiser vos apports en oméga 3, vous pouvez également envisager de prendre un supplément d’huile de krill.
  4. Filtrez l’eau du robinet. L’eau de ville peut être contaminée par un certain nombre de toxines, filtrer votre eau est donc toujours une bonne idée. Soyez particulièrement vigilent et n’utilisez pas d’eau fluorée pour préparer des biberons pour bébés.
  5. Remplacez vos casseroles et poêles antiadhésives par de la vaisselle en céramique ou en verre.
  6. Évitez les récipients alimentaires, bouteilles et tasses en plastique. Choisissez plutôt des modèles en verre, en céramique ou en acier inoxydable.
  7. Évitez d'utiliser des produits chimiques dangereux dans votre jardin. Si vous avez recours à un service de jardinage, assurez-vous qu’il n’utilise pas de pesticides organophosphorés.
  8. Vérifiez la politique antiparasitaire de votre école/de votre employeur. S’ils ne l’ont pas encore envisagé, encouragez votre école/employeur à adopter une gestion intégrée des parasites, qui a recours à des solutions moins toxiques.
  9. Optez pour des produits de soins corporels bio, et évitez d'utiliser des désodorisants artificiels, des lingettes pour sèche-linge, des adoucissants et autres parfums synthétiques. Tout produit contenant des arômes contient généralement d’importantes quantités de phtalates, qui perturbent le système hormonal.
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