Surprise ! En quantité raisonnable, le chocolat PEUT vous être bénéfique

Chocolats Sans Sucre

En bref -

  • Le cacao et le chocolat proviennent de la graine du cacaoyer, qui contient de nombreux composés bénéfiques pour la santé, notamment de l’épicatéchine et du resvératrol
  • Je vous explique en vidéo comment préparer du chocolat maison sans sucre, qui vous permet de profiter de tous les bienfaits du chocolat tout en évitant les additifs toxiques que contiennent la plupart des chocolats du commerce.
  • Le Dr. Beatrice Golomb décrit les vertus thérapeutiques du chocolat, et explique comment reconnaître un chocolat de bonne qualité et comment déterminer sa « dose » optimale de chocolat
  • Les polyphénols contenus dans le cacao peuvent aider à protéger le cœur en luttant contre les effets nocifs de la production d’oxyde nitrique et en aidant à prévenir le déclin de production d’oxyde nitrique lié à l’âge
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Dr. Mercola

Un certain nombre d’études scientifiques intéressantes à propos du chocolat ont été publiées au cours de ces dernières années. Il règne aussi une grande confusion autour du chocolat - quel type de chocolat manger, en quelle quantité, quel type faut-il éviter, etc. , je vais donc tâcher de dissiper certains malentendus à son sujet.

Le chocolat peut être utilisé de façon thérapeutique, mais uniquement à condition de choisir le bon. Il en est du chocolat comme de toute chose : on récolte ce que l’on sème. Consommer du chocolat de mauvaise qualité, riche en sucre et en substances chimiques, n’est pas plus bénéfique à votre organisme que de boire un soda.

Lexique du chocolat

  • Cacaoyer : Petit arbre à feuilles persistantes de l’espèce des Theobroma cacao, cultivé pour ses graines, les fèves de cacao
  • Cacao : La poudre obtenue à partir des graines de cacao torréfiées, décortiquées et moulues, dont la plus grande partie des matières grasses a été éliminée
  • Beurre de cacao : La matière grasse issue de la graine de cacao
  • Le chocolat : L'aliment ou la confiserie solide fabriquée à partir d'une préparation de fèves de cacao (torréfiées) ; si les fèves de cacao n’ont pas été torréfiées, on obtient du « chocolat cru », auquel on ajoute généralement aussi du sucre

Le chocolat est-il VOTRE légume préféré ?

Le nombre de vertus thérapeutiques associées aujourd'hui au chocolat est assez impressionnant ; on parle notamment de bienfaits sur le cœur et les vaisseaux sanguins, sur le cerveau et le système nerveux, il améliorerait la sensibilité à l’insuline, et ralentirait même potentiellement le vieillissement. Les bienfaits du cacao sont liés aux composants naturels de la fève, notamment l’épicatéchine et le resvératrol.

Le cacao contient un antioxydant, l’ épicatéchine, dont on pense qu’il aide à protéger les cellules nerveuses. Norman Hollenberg, professeur de médecine à Harvard, qui a passé plusieurs années à étudier le peuple Kuna au Panama, dont les membres consomment jusqu'à 40 tasses de cacao par semaine, pense que l’épicatéchine est tellement importante qu’elle devrait être considérée comme une vitamine. Les Kuna présentent un risque d'attaque cardiaque, de défaillance cardiaque, de cancer et de diabète, qui sont les principales maladies qui ravagent le monde occidental, de moins de 10%.

En plus de l’épicatéchine, le cacao est également riche en resvératrol, un antioxydant puissant que l’on trouve dans le vin rouge, et qui est connu pour sa capacité à traverser la barrière hémato-encéphalique afin d’aider à protéger le système nerveux.

Une méta-analyse de 2012 a prouvé que manger du chocolat peut réduire de 37% le risque de développer une maladie cardiovasculaire et de 29% le risque d'attaque cardiaque. Une autre méta-analyse de 2012, réalisée au Royaume-Uni, a prouvé que le cacao/chocolat réduit la résistance à l’insuline et la pression artérielle, augmente l’élasticité des vaisseaux sanguins et réduit légèrement le LDL.

Le Dr. Golomb explique pourquoi la fourchette des doses de cacao nécessaires pour profiter de ses bienfaits thérapeutiques, est relativement étroite. Il existe une « courbe en cloche » - trop ou trop peu ne produit aucun bienfait significatif. Voici ce qu’explique le Dr. Golomb à propos d'une étude sur le rat, conduite à l’Université de Californie de San Diego :

« ...L’épicatéchine qui provient du cacao a des effets favorables, mais la relation dose-réponse est relativement étroite. Une petite consommation quotidienne par ces rats a augmenté la production de mitochondries (éléments producteurs d’énergie dans les cellules), elle a augmenté également l’action capillaire (ce qui signifie l'accès des tissus musculaires au sang, à l’oxygène, aux nutriments, etc.), et a entrainé une perte de poids bien que les rats n’aient pas consommé moins de calories et en dépit de l'augmentation de leur capacité musculaire et de leur endurance. »

Le tableau suivant montre les nombreux bienfaits thérapeutiques que la science accorde aux fèves de cacao. (Pour consulter l’étude, cliquez sur chocolate page at GreenMedInfo.com.)

Anti-inflammatoire Anti-cancer Anti-thrombotique, améliore notamment la fonction endothéliale Réduit le risque d’être atteint d’Alzheimer
Antidiabétique et anti-obésité Anti-inflammatoire(notamment réduction de 17% de la protéine c-réactive) Effet cardioprotecteur (notamment réduction de la pression artérielle, amélioration du profile lipidique et aide à la prévention de la fibrillation atriale) Amélioration de la fonction hépatique des personnes atteintes de cirrhose
Effet neuroprotecteur Améliore la flore intestinale Réduit les hormones du stress Réduit les symptômes du glaucome et de la cataracte
Ralentit la progression de la parodontite Améliore l’endurance Aide potentiellement à prolonger l’espérance de vie Protège les femmes enceintes de la pré-éclampsie

Le cacao et les vaisseaux sanguins

Le chocolat est bénéfique à la santé cardiovasculaire notamment en contribuant au métabolisme de l'oxyde nitrique, comme le décrit Ori Hofmekler dans l’un de ses articles.

En plus d’être indispensable à la fonction musculaire, à la santé sexuelle et à la sensibilité à l’insuline, l’oxyde nitrique protège le cœur en détendant les vaisseaux sanguins, réduisant ainsi la pression artérielle. Toutefois, la production d'oxyde nitrique engendre des réactions néfaste et des métabolites toxiques, que l’organisme doit neutraliser pour qu’ils ne provoquent pas de dommages oxydatifs des parois des vaisseaux sanguins (par oxydation de peroxynitrite et réactions de nitration).

Les polyphénols du cacao protègent l’organisme de ces métabolites et aident à combattre la diminution de production d’oxyde nitrique typiquement liée au vieillissement.

Ce qu'il faut savoir pour choisir du chocolat

Plus le cacao est proche de son état brut naturel, plus grande est sa valeur nutritionnelle. Idéalement, votre chocolat ou cacao à boire doit être consommé cru.

Lorsque vous choisissez un chocolat, vous pouvez optimiser son impact nutritionnel en privilégiant une forte teneur en cacao et une faible teneur en sucre. En général, plus le chocolat est noir, plus il est riche en cacao. Ceci dit, le cacao est assez amer, donc plus le pourcentage de cacao est élevé, plus le chocolat est amer. Ce sont les flavénols qui rendent le chocolat amer, les fabricants l’éliminent donc souvent. Pourtant ce sont ces mêmes flavénols qui sont responsables de la plupart des bienfaits du chocolat.

Pour neutraliser l'amertume, la plupart des chocolats sont sucrés, le tout est donc de trouver un équilibre entre bienfait nutritionnel et plaisir du palais.

Bien que le cacao cru soit la forme la plus nutritionnelle, la plupart des études sur la santé menées à ce jour ont porté sur la consommation de cacao ou de chocolat, pas sur le cacao cru. Mais les résultats sont MALGRÉ TOUT très positifs. Cela suggère qu’une bonne partie des bienfaits nutritionnels du chocolat sont conservés malgré sa transformation. Votre objectif est donc de trouver un chocolat qui soit aussi peu transformé que possible, mais qui ait un goût agréable.

Il serait dommage d'annuler de trop nombreux bienfaits thérapeutiques en consommant un produit trop riche en sucres ou en substances chimiques. Choisissez un chocolat avec une teneur en cacao d’environ 70%, voire plus.

Si vous appréciez la saveur du cacao cru, c’est l’option idéale.

Le chocolat au lait n’est pas un bon choix car il contient du lait pasteurisé, mauvais pour la santé, et beaucoup de sucre. Le chocolat blanc est également très riche en sucre et ne contient aucun phytonutriment, ce n’est donc pas un bon choix non plus. Le chocolat noir est le meilleur choix.

Comment faire du chocolat maison

C’est pourquoi je pense que, si vous êtes convaincu de la valeur et des bienfaits du chocolat, l'une des meilleures façons de le consommer est de le faire soi-même, à partir d’ingrédients d’excellente qualité. Je décris comment procéder dans la vidéo ci-dessous (en anglais). C’est une recette que j'ai totalement inventée, il n’y a donc pas de mesures précises.

Vous pouvez utiliser simplement du beurre de cacao cru qui vous donnera un bonbon de chocolat qui fond, ou vous pouvez ajouter du beurre cru de vaches élevées au pâturage et de l’huile de noix de coco, qui ont leurs propres vertus thérapeutiques. Si vous choisissez ces ingrédients, les bonbons fondront à une température plus basse et il vous faudra sans doute les conserver au réfrigérateur.

Les ingrédients à éviter

  • Type d’édulcorant : Il vous faut non seulement choisir un chocolat peu sucré, mais vous devez également faire attention au type de sucre qu'il contient. On utilise parfois du miel pour sucrer les produits à base de chocolat cru, ce qui est un bon choix (dosé avec modération). Si vous trouvez du chocolat sucré à la stévia ou au luo han, ils sont préférables au sucre de canne, au fructose ou au sirop de glucose-fructose. Évitez absolument tout produit contenant des édulcorants artificiels.
  • Le fructose annule certains des bienfaits du chocolat. Par exemple, le fructose se décompose en de nombreux déchets nocifs pour l’organisme, dont l'acide urique. L'acide urique fait monter la tension artérielle en inhibant dans les vaisseaux sanguins la production d'oxyde nitrique, qui aide les vaisseaux à conserver leur élasticité. Un excès de fructose peut donc engendrer une pression artérielle élevée résultant de la suppression d’oxyde nitrique.

  • Fèves de cacao génétiquement modifiées : Choisissez des produits chocolatés certifiés biologiques afin d’être sûrs qu'ils ne sont pas génétiquement modifiés. La majorité du chocolat (y compris le chocolat noir) est aujourd'hui malheureusement génétiquement modifié. Optez également pour des produits du commerce équitable.
  • Type de matière grasse : La matière grasse dans le chocolat est saine, si toutefois c’est le bon type de matière grasse. Elle ralentit l'absorption du sucre, ce qui réduit les pics d’insuline. Idéalement, la matière grasse contenue dans votre barre chocolatée doit être celle qui est naturellement présente dans la plante - le beurre de cacao. Le principal acide gras contenu dans le beurre de cacao est l'acide stéarique, qui est le seul acide gras saturé qui affecte favorablement le HDL sans affecter négativement le LDL, selon le Dr. Golomb.
  • L'huile de noix de coco est le second meilleur choix de matière grasse dans le chocolat. Évitez surtout l’huile de soja (et toute autre forme de soja), toutes autres huiles végétales et les gras trans.

Quelle quantité de chocolat manger, et à quelle fréquence ?

Il n’y a pas de règle absolue quant à la dose de chocolat idéale pour chacun. Mais voici quelques recommandations générales.

En général, il semble préférable de consommer de petites quantités de chocolat à intervalles réguliers, un peu comme le principe de la répartition du dosage pour les suppléments, afin d'assurer un flux régulier de nutriments dans le flux sanguin. D'après le Dr. Golomb, les études montrent que les personnes qui mangent du chocolat plus de cinq fois par semaine ont un indexe de masse corporelle plus bas. Ceci dit, si vous mangez du chocolat 20 fois par jour, vous aurez un problème dû à l’énorme quantité que vous consommez !

Une consommation quotidienne répartie en plusieurs fois (deux à trois fois par jour) est certainement bénéfique si que vous n’exagérez pas les quantités, et tant que vous consommez du chocolat d’excellente qualité.

Selon Ori Hofmekler, pour profiter pleinement des bienfaits du chocolat, il faudrait en consommer environ 100 à 200 grammes par jour. Voici ce qu'il explique :

« Le problème est que même les marques de chocolat noir les plus saines aujourd'hui ne sont pas destinées à une si grosse consommation. En effet, une portion raisonnable de 100 grammes de chocolat noir par jour peut suffire à affecter votre glycémie et votre tour de taille. »

Il n’existe pas de réponse simple. Cela dépend de votre sensibilité à l’insuline, de votre niveau d'activité, de votre santé globale, et de la composition du chocolat que vous mangez. C’est à vous de faire preuve de jugement. Si vous choisissez un chocolat sans additifs et très pauvre en sucre, vous pouvez en consommer plus, sans subir les inconvénients.

Si le chocolat provoque des effets indésirables...

Certaines personnes ont du mal à dormir lorsqu’elles consomment de la caféine, et certains des composants du chocolat, comme la théobromine, produisent des effets similaires à ceux de la caféine. Certains métabolisent la caféine lentement, alors que d'autres la métabolisent rapidement et n’en subissent pas d’effets indésirables. Si vous ne faites pas habituellement de réaction au chocolat mais que vous en développez une soudainement, il est possible que vous réagissiez à l’un des ingrédients présent dans un chocolat en particulier.

Le Dr. Golomb souligne que récemment, du cuivre, qui proviendrait de fongicides, est apparu dans des récoltes de cacao, et cela peut concerner aussi des récoltes de cacao bio.

Voici ce qu’elle explique :

« Des ratios cuivre-zinc élevés sont défavorablement associés à la dépression, à l’agressivité et à plusieurs autres conséquences que certaines études semblent relier à la consommation de chocolat, au moins de façon observationnelle. »

De plus, en 2005, il a été découvert un chocolat transformé contaminé au plomb. À l’époque de cette découverte, il avait été supposé que les champs de cacaoyers avaient été contaminés par de l’essence au plomb. Toutefois, le taux de plomb était 60 fois plus élevé que ce qu’il aurait été avec une contamination à l’essence, et il n'a jamais été déterminé si la contamination provenait du transport ou du processus de fabrication.

En conclusion, écoutez votre corps et soyez attentif à la provenance de votre chocolat. Si vous ressentez des effets semblables à ceux de la caféine, ou d'autres effets indésirables, mieux vaut alors vous en passer. Enfin, pensez sérieusement à l’idée de fabriquer votre propre chocolat, ce qui pourrait être une façon plus saine de satisfaire votre gourmandise.