Les antibiotiques

En bref

  • Une nouvelle recherche a montré que des femmes qui avaient pris des antibiotiques pendant au moins deux mois, présentaient un risque accru de développer des polypes du côlon, qui peuvent être des précurseurs du cancer colorectal
  • Celles qui avaient suivi un traitement pendant au moins deux mois lorsqu’elles avaient aux alentours de 20 et 30 ans, présentaient un risque de polypes accru de 36% par rapport aux autres
  • Chez les femmes qui avaient pris des antibiotiques sur une longue période, lorsqu’elles avaient aux alentours de 40 et 50 ans, le risque de développer des polypes avait augmenté de 70%
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Les antibiotiques responsables de l'augmentation du nombre de cancers de l’intestin

17 Mai 2017 | 5,010 Visualisations |


Dr. Mercola

Lorsque vous prenez des antibiotiques, il existe des dangers à court et à long terme, dont les derniers peuvent se manifester très longtemps seulement après que vous ayez arrêté de prendre les médicaments (ce qui rend l'association entre les deux presque impossible). L’un de leurs plus importants dangers est également leur mode de fonctionnement : ils anéantissent les bactéries présentes dans vos intestins.

Lorsque cela se produit, la bactérie responsable de l’infection est éliminée, mais toutes les autres bactéries, qui composent votre microbiome, le sont également.

En 2014, des chercheurs ont associé la prise d'antibiotiques à une légère augmentation du risque (de 8% à 11%) de développer un cancer colorectal, ou cancer de l’intestin, probablement en raison d’altérations du microbiome intestinal.

De même, une étude antérieure a également montré que les personnes présentant une moindre diversité bactérienne dans leur tractus gastrointestinal, sont plus susceptibles de développer un cancer du côlon.

La recherche la plus récente suggère que l’altération du microbiome par les antibiotiques réduit également votre résistance aux bactéries qui pourraient augmenter le développement d’excroissances précancéreuses situées dans votre côlon, que l’on appelle des polypes.

La prise d'antibiotiques sur le long terme peut entrainer l'augmentation du nombre de polypes du côlon

Les polypes du côlon sont de petits amas de cellules qui peuvent se développer sur la paroi de votre côlon. Bien que généralement bénins, les polypes du côlon peuvent être des précurseurs de cancer colorectal, c’est-à-dire de cancer du côlon ou du rectum, et peuvent en entrainer le développement s'ils ne sont pas traités.

Une nouvelle recherche, publiée dans le magazine Gut, a utilisé les données de plus de 16.600 femmes âgées de 60 ans et plus, sur une période allant de de 2004 à 2010. Les femmes qui avaient pris des antibiotiques pendant au moins deux mois, présentaient un risque accru de développer des polypes du côlon.

Plus précisément, celles qui avaient suivi un traitement pendant au moins deux mois lorsqu’elles avaient aux alentours de 20 et 30 ans présentaient un risque de polypes accru de 36% par rapport aux autres.

Chez les femmes qui avaient pris des antibiotiques sur une longue période, aux alentours de 40 et 50 ans, le risque de développer des polypes avait augmenté de 70%. Même une prise d'antibiotiques de 15 jours, ou plus, quelle que soit la tranche d’âge, était associée à une augmentation du risque de polypes. Medical News Today a rapporté ce qui suit :

« En comparaison à des femmes qui n’avaient pas pris d'antibiotiques entre 20 et 50 ans, des personnes qui en avaient pris pendant plus de 15 jours entre 20 et 59 ans, présentaient un risque de diagnostique d'adénome accru de 73%. »

Bien que l’étude n’ait porté que sur des antibiotiques délivrés sur ordonnance, il y a des chances pour que les antibiotiques consommés par l’intermédiaire des aliments (tels que les viandes de CAFO) soient également impliqués.

Accumulation des recherches suggérant que les antibiotiques pourraient influer sur le risque de cancer du côlon

Les chercheurs ont souligné que non seulement les antibiotiques « altèrent fondamentalement le microbiome intestinal en réduisant la diversité et le nombre de bactéries, ainsi que la résistance aux microbes malveillants », mais les bactéries qui nécessitent un traitement antibiotique peuvent également être inflammatoires, un autre facteur de risque de développement du cancer du côlon.

Comme nous l’avons indiqué, ce n’est pas la première fois que les antibiotiques sont impliqués dans le cancer colorectal. En 2016, une autre étude a découvert que l’augmentation de la prise d'antibiotiques était associée à une augmentation du risque de cancer colorectal, en particulier en cas d’utilisations fréquentes.

Ce qu’il faut savoir avant de subir une coloscopie

Les autorités de santé recommandent que toute personne de plus de 50 ans présentant un risque moyen de cancer colorectal passe une coloscopie tous les 10 ans ou une rectosigmoïdoscopie tous les cinq ans.

Le coloscope est l’outil principal utilisé pour dépister le cancer du côlon. Cet équipement couteux n’est pas jetable. Cela signifie qu'il doit être parfaitement nettoyé et stérilisé avant chaque utilisation, et c’est là que réside le problème.

En début d'année, un autre appareil d’examen médical, un duodenoscope, utilisé dans le traitement du cancer, des calculs biliaires et des problèmes de voies biliaires ou pancréatiques, a été associé à 25 infestations par une bactérie résistante aux traitements, qui a affecté 250 malades.

Ceci est particulièrement inquiétant, puisque l'appareil a été rappelé en 2016 après qu’il ait été découvert que l'un de ses petits mécanismes pouvait propager des bactéries entre les patients.

Le fabricant aurait apparemment résolu le problème, et la sénatrice Patty Murray, de Washington, demande aujourd'hui des preuves démontrant que l'appareil peut être correctement désinfecté entre les patients, comme l’indique la société.

La préparation de la coloscopie peut aussi contribuer au déséquilibre de la flore intestinale

Les outils utilisés dans la plupart des coloscopies ne peuvent pas être stérilisés à la vapeur par autoclave, et les tests révèlent que les techniques de désinfection et les agents utilisés dans 80% des cas sont nettement insuffisants. Le résultat est que les outils peuvent propager toutes sortes d'infections d’un patient à un autre.
Sachant que les infections bactériennes multi-résistantes aux traitements sont en constante augmentation, ceci est très inquiétant. La bonne nouvelle est que vous pouvez vous protéger et nettement réduire votre risque d'infection en posant les bonnes questions avant de prendre votre rendez-vous :

  • Comment l’endoscope est-il nettoyé entre chaque patient ?
  • Plus précisément, quel agent nettoyant est utilisé ?
    • Si l’hôpital ou la clinique utilise de l’acide peracétique, vous courrez peu de risques de contracter une infection provenant d'un patient précédent
    • Le glutaraldéhyde, ou son nom commercial le Cidex (que 80% des cliniques utilisent) ne stérilise PAS correctement ces outils. Si c’est le produit qu’utilise la clinique, annulez votre rendez-vous et trouvez-en une qui utilise l'acide peracétique
  • Combien de vos patients ayant subi une coloscopie ont-ils dû être hospitalisés à la suite d’une infection ?

Un autre facteur à prendre en compte est la préparation de la coloscopie, qui nécessite de vider vos intestins au moyen de laxatifs très puissants. Comme les antibiotiques, ils peuvent également engendrer une dysbiose et d'autres déséquilibres de la flore intestinale.

C’est un autre facteur dont il faut être conscient pour évaluer les bienfaits et les risques d'une coloscopie pour dépister le cancer du côlon.

La santé de votre côlon commence par la santé de vos intestins

La santé de vos intestins affecte celle de votre organisme tout entier, et c’est pourquoi la protection de votre côlon repose en grande partie sur les mêmes principes que la protection de vos intestins. Par exemple, d’après une étude, les pruneaux pourraient réduire votre risque de développer un cancer du côlon en renforçant votre flore intestinale.

Un apport suffisant de fibres est également important. Pour chaque portion de 10 grammes de fibres ajoutée à votre alimentation quotidienne, votre risque de contracter un cancer du côlon diminue de 10%. Les légumes sont votre meilleure source de fibres. L’enveloppe des graines de psyllium, les graines de lin, de chanvre et de chia sont également de bonnes sources de fibres solubles et insolubles.

Globalement, je pense qu’une consommation quotidienne de 50 grammes de fibres pour 1000 calories consommées est un objectif idéal. Les aliments fermentés sont également de plus en plus reconnus comme étant importants pour la santé des intestins et la prévention des maladies, y compris le cancer du côlon. Il a été démontré par exemple que le butyrate, un acide gras à chaine courte, qui est le produit de la fermentation dans vos intestins, des fibres par les microbes, provoque la mort programmée des cellules du cancer du côlon.

En résumé, une alimentation riche en légumes, en fibres et en aliments fermentés, est essentielle pour prévenir le cancer du côlon, et ceci est directement lié à la façon dont elle affecte votre microbiote intestinal. D'après une étude, « les bactéries intestinales peuvent agir de concert avec l'alimentation pour réduire ou augmenter le risque de certains types de cancers colorectaux. »

Évitez les viandes de CAFO chargées en antibiotiques et les viandes transformées

Tant les viandes transformées que les viandes rouges issues de CAFO sont associées au cancer du côlon, et il est important de comprendre que nombre d’entre elles contiennent des résidus d'antibiotiques ainsi que d'autres composés qui peuvent influer sur votre risque de cancer.

Les viandes transformées, telles que le bacon, le jambon, le pastrami, le salami, le pepperoni, les saucisses à hot dog et certaines autres saucisses, sont conservées par fumage, séchage, salaison ou ajout de conservateurs chimique. Les nitrates présents dans les viandes transformées sont souvent convertis en nitrosamines, qui sont clairement associés à une augmentation du risque de certains cancers.

Une analyse de 2007 réalisée par le World Cancer Research Fund (WCRF) a découvert que manger une saucisse par jour seulement peut augmenter votre risque de cancer de l’intestin. Plus précisément, il a été établi que 50 grammes de viande transformée par jour - environ une saucisse ou trois tranches de bacon - augmentent votre risque de cancer de 20%.

La recherche suggère également que les personnes qui consomment le plus de viande rouge (dans l’une des études, il s'agissait de 140 grammes par jour) ont un risque de contracter un cancer colorectal plus élevé de 24% par rapport aux personnes qui en ont une consommation plus faible. Toutefois, le problème n’est sans doute pas dû à la viande rouge elle-même, mais plutôt à la façon dont elle est cuite, et à son origine. Le bœuf élevé au pâturage, par exemple, contient des composés anti-cancer.

En matière de viande, je conseille de consommer uniquement de la viande biologique nourrie au pâturage et de ne pas trop la cuire (mangez-la saignante, et non ‘bien cuite’). Entre nous, je pense que la plupart des gens ont besoin de protéines animales pour être en bonne santé, mais une grande partie consomment bien plus de protéines qu’il est nécessaire (ou sain).

Quels autres moyens pour diminuer votre risque de cancer du côlon ?

Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus courant aux États-Unis, en dehors des cancers de la peau, et la troisième cause de décès liés au cancer chez les femmes, et la seconde pour les hommes. On estime que 95.500 cas de cancer du côlon seront diagnostiqués en 2017, d'après l’American Cancer Society, il est donc important de prendre des mesures pour le prévenir.

Il est important d'éviter la prise d'antibiotiques si elle n’est pas indispensable, non seulement en raison de leur lien potentiel avec le cancer du côlon, mais aussi pour une myriade d'autres raisons. Pensez aussi à choisir des viandes et produits laitiers bio sans antibiotiques. S'agissant d'autres moyens de diminuer votre risque de cancer du côlon, il y a de nombreux changements liés au style de vie, qui peuvent s'avérer utiles.

1. Mangez plus de légumes

Les légumes contiennent une série d'antioxydants et d'autres composants actifs contre la maladie - comme le magnésium - qui sont très difficiles à obtenir d'autres sources. Les résultats d’une méta-analyse ont révélé que pour chaque tranche de 100 milligrammes supplémentaires d'apport de magnésium, le risque de tumeur colorectale diminue de 13% et le risque de cancer colorectal diminue de 12%.

En dehors du magnésium, les substances chimiques végétales, ou composés phytochimiques, peuvent réduire l’inflammation et éliminer les agents cancérigènes, et d'autres encore régulent la vitesse de reproduction de vos cellules, éliminent les vieilles cellules et préservent l’ADN.

2. Optimisez votre taux de vitamine D

Une carence en vitamine D est un facteur de risque de cancer colorectal. Une étude publiée dans le magazine Gut a révélé que les personnes ayant un taux sanguin élevé de vitamine D présentent moins de risques de développer des tumeurs colorectales. Cela peut être dû au fait que la vitamine D est bénéfique au système immunitaire, qui lui-même peut aider à limiter la croissance de tumeurs cancéreuses.

3. Pratiquez une activité physique

Il existe des données convaincantes indiquant qu’une activité physique régulière peut réduire de façon significative votre risque de cancer du côlon. Une étude a révélé par exemple que des hommes et des femmes actifs avaient un risque de développer un cancer du côlon réduit de 30 à 40% par rapport à des personnes inactives.

4. Limitez votre consommation d'alcool et arrêtez de fumer

Tant la consommation excessive d’alcool que  le tabagisme  sont associés à un risque accru de cancer colorectal. S’agissant de l'alcool, j’entends par consommation « modérée » un verre de vin de 15 cl, une bière de 33 cl ou 3 cl d’alcool fort par jour, en accompagnement d’un repas.

5. Maintenez un poids de forme et contrôlez votre graisse abdominale

De nombreuses études ont associé l’obésité à un risque accru de contracter environ une douzaine de cancers différents, notamment le cancer du côlon. Une étude de 2014 qui a analysé les données de plus de 5 millions de personnes de plus de 16 ans a déterminé que toute augmentation de 5 kg de poids corporel était associée à une augmentation du risque de 10 types de cancer.

Si vous êtes en surpoids ou obèse, même une perte de poids modérée peut présenter des avantages significatifs pour votre santé. En termes de prévention du cancer, il est particulièrement important de perdre tout excès de graisse abdominale car la graisse abdominale est associée à un risque accru de cancer du côlon, indépendamment de votre poids corporel.

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