Le lien entre le resvératrol et le ralentissement de la maladie d’Alzheimer

Vin rouge et chocolat

En bref -

  • En testant les effets de doses élevées de resvératrol, les scientifiques ont découvert que les individus légèrement atteints par la maladie d’Alzheimer connaissaient un rétrécissement du cerveau, jusqu'à ce qu’ils découvrent une molécule particulière qui pourrait diminuer l'inflammation du cerveau.
  • Le resvératrol, un composé présent dans le vin rouge, les framboises et le chocolat, ralentit la progression des troubles cognitifs chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer en réparant les barrières hémato-encéphaliques qui « fuient », et en stabilisant la fonction mitochondriale
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Dr. Mercola

Qu’est-ce que les grenades, la peau de raisin et le cacao cru ont en commun ? Si la première réponse qui vous vient en tête est que ce sont des aliments végétaux, vous avez raison, mais si vous savez également qu’ils contiennent tous du resvératrol, un antioxydant puissant, vous gagnez un bon point !

Le resvératrol est un polyphénol que les plantes libèrent pour se protéger des dommages provoqués par les bactéries ou un excès de lumière ultraviolette, ou des lésions infligées par les pucerons ou autres microorganismes.

Ce qui est incroyable, c’est que lorsque vous mangez des aliments qui contiennent ce composé, vous pouvez profiter des mêmes bienfaits.

Le resvératrol fait l’objet d’études scientifiques dans le monde entier par rapport à ses effets sur la maladie d’Alzheimer, qui frappe aujourd'hui une personne toutes les 66 secondes.

La maladie d’Alzheimer est en progression

La plupart des gens connaissent la maladie d’Alzheimer comme une maladie qui provoque des pertes de mémoire. À un stade précoce, elle se manifeste de façon discrète, par des oublis de dates importantes ou de l’emplacement des choses, par exemple ; à un stade plus avancé, faire ses comptes devient un défi de plus en plus pénible.

Les patients à un stade plus avancé de la maladie confondent les jours et les lieux où ils se trouvent, et ont du mal à trouver leurs mots et à discerner les distances. Avoir une conversation avec eux peut devenir difficile. Progressivement, leurs humeurs et leur personnalité changent.

Voici ce que révèle un rapport publié par l’Alzheimer’s Association :

« Le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer augmente - et il augmente rapidement … Sur les 5,4 millions d'américains atteints, on estime que 5,2 millions ont 65 ans et plus, et environ 200.000 personnes ont moins de 65 ans (début d’Alzheimer précoce). » 

Comment et pourquoi elle se déclenche sont des questions étudiées depuis des années, mais la médecine n’est pour l’instant capable que de traiter les systèmes et n'en a pas identifié la cause principale.

L’un des inconvénients chez l’homme est que le resvératrol se métabolise et est éliminé rapidement, ce qui empêche votre corps d’en tirer beaucoup de bienfaits. Le site internet de l’Alzheimer’s Association indique également ce qui suit :

« Alzheimer est la seule maladie, parmi les 10 premières causes de décès en Amérique, qui ne peut être ni prévenue, ni guérie, ni même ralentie ».

Mais des découvertes scientifiques récentes ont établi que de hautes doses de resvératrol, administrées à des patients atteints d'une forme légère à modérée d’Alzheimer, ralentissaient voire stoppaient les symptômes.

Les résultats ont été présentés à la Conférence Internationale de l’Alzheimer’s Association à Toronto en juillet 2016, offrant un « tableau plus large » de la façon dont le resvératrol pourrait fonctionner.

Étude initiale : le resvératrol à hautes doses pourrait se révéler prometteur pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer

En 2015, le magazine Neurology a publié une étude conduite pendant un an - la plus importante menée aux États-Unis sur le resvératrol à haute dose - sur 199 sujets atteints d'une forme légère à modérée de la maladie d’Alzheimer.

Le Dr. R. Scott Turner, chercheur principal, a expliqué que l’un des objectifs était de savoir si le resvératrol à haute dose pourrait être sûr, à long terme.

La moitié des sujets ayant participé à l’étude ont reçu un placébo ; les autres ont reçu du resvératrol, à raison d'une dose de 500 milligrammes (mg) par jour au début, pour arriver à deux doses de 1.000 mg par jour à la fin de l’étude.

Les scientifiques savaient déjà que les maladies liées à l’âge chez les animaux pouvaient être atténuées par une restriction calorique et que le resvératrol pouvait imiter les effets de la restriction calorique en libérant la même protéine, la sirtuine, dont on pense qu’elle joue un rôle dans la régulation de la fonction mitochondriale du muscle squelettique.

On sait que la restriction calorique altère les gènes liés à la longévité en ralentissant le processus de vieillissement chez les vers, les rats et les poissons, mais il existe des preuves indiquant qu’elle a les mêmes effets sur l’homme. Ainsi que l'a rapporté le Centre Médical de l’Université de Georgetown (GUMC), où l’étude a été conduite :

« Les chercheurs ont étudié le resvératrol parce qu’il active les sirtuines, qui sont des protéines activées également par la restriction calorique.

Le facteur de risque le plus important de développement de la maladie d’Alzheimer est le vieillissement, et des études sur les animaux ont découvert que la plupart des maladies liées à l’âge - y compris la maladie d’Alzheimer - peuvent être prévenues ou retardées par une restriction calorique à long terme (c’est-à-dire consommer deux tiers de l'apport calorique normal). »

À mesure que la démence augmente, une protéine que l’on appelle la bêta-amyloïde-40 s'affaiblit. Les chercheurs ont découvert que le groupe du resvératrol avait un taux de bêta-amyloïde plus élevé dans le liquide céphalo-rachidien, et leur perte de volume cérébral était accentuée par le traitement au resvératrol par rapport au groupe placébo.

D'après un rapport de CNN :

« Bien que l'accumulation de bêta-amyloïde dans le cerveau soit une caractéristique de la maladie d’Alzheimer, les patients ont pourtant un taux plus faible de cette protéine en dehors du cerveau. Les conclusions de l’étude suggèrent que le resvératrol pourrait contribuer à modifier l’équilibre pour passer de l’accumulation de la bêta-amyloïde dans le cerveau, à la circulation de la protéine dans le corps. »

Lorsque les scientifiques ont examiné les IRM cérébraux des patients, effectués avant et après l’étude, ils ont donc découvert que ceux du groupe du resvératrol avaient perdu davantage de volume cérébral que ceux du groupe placébo.

Ils ont donc supposé que les traitements réduisaient le gonflement du cerveau, courant chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Ces découvertes ont été qualifiées de « paradoxales » et « d’étonnantes », et ont ouvert la voie pour une étude de suivi.

Nouvelles découvertes : inflammation vs. resvératrol

Le Dr. Turner était chercheur principal dans la seconde étude sur le resvératrol, travaillant avec le Dr. Charbel Moussa, directeur scientifique et directeur des recherches cliniques au GUMC. Au cours de la nouvelle étude clinique, 19 sujets ont reçu de hautes doses de resvératrol, équivalent à 1.000 bouteilles de vin rouge, et 19 autres ont reçu un placebo.

L'un des principaux objectifs des scientifiques était d’évaluer le taux de molécules métalloprotéinase matricielle 9 (MMP9) dans le liquide céphalo-rachidien des patients souffrant de la maladie d’Alzheimer. Bien entendu, les tests ont révélé que le nombre diminuait de 50% par rapport au groupe placébo. Medical News Today souligne que :

« Ceci est important car la MMP9 diminue lorsque la sirtuine1 (l’une des protéines liées à la restriction calorique) est activée. On sait qu’un taux élevé de MMP9 provoque la rupture de la barrière hémato-encéphalique - qui sert en principe à empêcher les protéines et autres molécules de pénétrer dans le cerveau.

De plus, l’équipe a découvert que le resvératrol augmente le nombre de composés liés à une réponse immunitaire ‘d'adaptation’ à long terme ; cela suggère l'implication de cellules inflammatoires qui résident dans le cerveau. Ce type de réaction affaiblit et élimine les protéines neurotoxiques. »

En plus de présenter une inflammation du cerveau, les patients souffrant d’Alzheimer sont souvent atteints d'une inflammation du tissu nerveux, liée à une dégradation des neurones et à un déclin cognitif subséquent, provoquée par les molécules MMP-9.

Toutefois, le resvératrol semble agir comme une sorte de gardien, empêchant les dangereuses molécules immunitaires de pénétrer votre cerveau.

Les scientifiques ont indiqué qu’il avait été observé que des médicaments prescrits à des patients atteints de sclérose en plaque, une autre maladie du cerveau caractérisée par une inflammation excessive, entrainaient une diminution similaire de l’inflammation du cerveau.

Bien que les hautes doses de resvératrol aient provoqué des nausées, diarrhées, et légères prises ou pertes de poids chez certains participants à l’étude, les chercheurs ont indiqué que les suppléments ne provoquaient aucun autre effet secondaire.

En plus d'avoir découvert un rôle potentiellement plus important de l’inflammation dans le déclenchement de la maladie d’Alzheimer, les scientifiques se sont montrés enthousiastes à propos des effets anti-inflammatoires mesurables du resvératrol, et prévoient des recherches complémentaires.

Bienfaits du resvératrol sur les mitochondries

De nombreuses revues ont décrit d'autres bienfaits du resvératrol pour la santé. Le magazine Nature a indiqué que le resvératrol améliore la santé et le taux de survie de souris soumises à un régime riche en calories, révélant peut-être un traitement possible contre les troubles liés à l’obésité et les maladies du vieillissement.

Une autre revue a montré que le resvératrol était bénéfique aux mitochondries, ces minuscules moteurs vitaux présents dans presque toutes vos cellules, produisant plus de 90% des courants d’énergie dans votre corps, et protégeait des maladies métaboliques, de l’obésité liée à l’alimentation et de la résistance à l’insuline. 

La protection des mitochondries par le resvératrol a été évoquée dans une autre étude, qui a souligné ce qui suit :

« Les taux de mortalité spécifiques à l’âge, liés aux maladies cardiaques, AVC, complications du diabète, maladie d’Alzheimer et cancer, augmentent de façon exponentielle avec l’âge...

Les faits soutiennent l’hypothèse selon laquelle les effets protecteurs du resvératrol sur les mitochondries sont à l’origine de son action anti-âge qui peut prévenir/retarder le développement des maladies liées à l’âge dans le système cardiovasculaire et d'autres organes. »

Il a été démontré que le resvératrol améliore la fonction des mitochondries et protège des maladies métaboliques grâce à sa capacité à activer la SIRT1 et le PGC-1alpha, principaux moteurs de la biogénèse mitochondriale.

Science Direct souligne les propriétés potentiellement anti-âge et anti-diabète du resvératrol via la SIRT1, qui, essentiellement, recharge vos mitochondries. D'après une revue d'études pré-cliniques pour la prévention du cancer chez l’homme :

« Le resvératrol est connu pour avoir de puissants effets anti-inflammatoires et anti-oxydants et pour inhiber l'agrégation plaquettaire et le développement de nombreuses cellules cancéreuses.

Ses actions potentiellement chimiopréventives et chimiothérapeutiques ont été démontrées aux trois stades de la carcinogénèse (initiation, promotion et progression), aussi bien chez des souris, sur des carcinogénèses de la peau induites tant chimiquement que par UVB, que sur différents modèles murins de cancers humains.

Les données de nombreuses études in vitro et in vivo ont confirmé sa capacité à moduler différentes cibles et voies de signalisation. » Une autre étude encore a utilisé les souris pour montrer que le PGC-1α prévient la formation et l’accumulation de lactates dans les muscles.

Mises en garde quant à l’obtention du resvératrol à partir de votre alimentation

Le thé d'itadori est une source peu connue, mais riche, de resvératrol ; c’est un remède traditionnel à base de plantes utilisé au Japon et en Chine contre les maladies cardiaques et les AVC.

Le thé d’itadori et le vin rouge contiennent d'importantes concentrations de resvératrol. Mais si vous envisagez d'augmenter votre consommation de vin rouge pour recueillir les bienfaits du resvératrol, souvenez-vous que l’alcool peut endommager votre cerveau ainsi que d'autres organes ; boire du vin afin de faire du bien à votre cerveau n’est donc pas une bonne idée.

Le resvératrol étant principalement concentré dans la peau du raisin, et le muscadet étant un raisin à peau épaisse, c’est une bien meilleure source. Toutefois, le raisin est riche en sucre (fructose) et doit être consommé avec modération, il est donc difficile d’en obtenir des quantités thérapeutiques de resvératrol.

Une consommation excessive de fructose est liée au syndrome métabolique, à des effets endocriniens néfastes, à des dommages rénaux et au cancer du pancréas, pour ne nommer que quelques-uns des problèmes.

Ma recommandation en termes de consommation de fructose est d'une moyenne d’environ 25 grammes par jour, y compris provenant de fruits entiers. Toutefois, si vous avez un problème de résistance à l’insuline, d’hypertension artérielle, de maladie cardiovasculaire ou de cancer, votre consommation de fructose ne doit pas dépasser 15 grammes par jour.

Sachez également que le 'long bras’ de Monsanto (Roundup) est arrivé jusqu’aux raisins utilisés pour l’élaboration de vins biologiques. Les études montrent également que le vin peut contenir des taux élevés d'arsenic et d’éléments cancérigènes.

Même sans ces facteurs, il inflige un stress à votre foie et augmente votre taux d'insuline, ce qui, à terme, peut entrainer de nombreux problèmes de santé et de graves maladies.

Le Dr. Turner, qui a participé à l’étude, admet qu’un verre de vin rouge par jour peut être bénéfique dans les cas d’Alzheimer légers, mais insiste bien : « Pas plus d'un verre. »