Perte de mémoire ou démence ?

IRM Cérébrale

En bref -

  • Si l’altération de votre mémoire ou de vos capacités de réflexion est suffisamment sérieuse pour que votre entourage la remarque, il pourrait s'agir d’une déficience cognitive légère (DCL)
  • Si vos troubles mentaux sont si importants qu'ils affectent votre capacité à fonctionner ou à vivre de façon autonome, il pourrait s'agir de démence
  • Une alimentation cétogène, riche en graisse, modérée en protéines et pauvre en glucides nets est essentielle pour protéger votre cerveau ; c’est une alimentation recommandable à tout le monde, ou presque, mais particulièrement aux personnes préoccupées par la santé de leur cerveau
Taille du texte:

Dr. Mercola

Il arrive pratiquement à tout le monde d'avoir des trous de mémoire, mais comment savoir si les vôtres font partie des petites absences normales du quotidien, ou s'ils sont le signe d'un problème plus sérieux, tel que la démence ?

C’est une préoccupation courante, en particulier lorsque l’on prend de l’âge.

Lorsque vous vieillissez, la vitesse de traitement des informations par votre cerveau peut ralentir, ce qui signifie qu’il peut vous falloir plus de temps pour vous souvenir de l’auteur du livre que vous êtes en train de lire, ou du nom de votre ami(e) d’enfance.

Vous avez un mot sur le bout de la langue, mais même si vous ne vous en souvenez pas, vous êtes capable de restructurer vos pensées pour faire passer votre message.

C’est tout à fait normal, tout comme ce que l’on appelle les « absences », que les neuroscientifiques appellent les « changements mésadaptés de l'activité cérébrale ».

Se tromper de destinataire en envoyant un e-mail, ou oublier un rendez-vous, en sont des exemples.

Ces incidents sont dus au fait que votre cerveau perçoit nombre de vos tâches quotidiennes comme des constantes, et qu’il lui arrive, lorsque vous y êtes occupé, d’activer son réseau du mode par défaut (RMD), la partie de votre cerveau responsable de vos pensées introspectives et ‘rêvasseries’.

En bref, votre cerveau fait une courte pause alors que vous avez besoin qu’il soit attentif, ce qui provoque un petit trou de mémoire, tout à fait normal.

Pertes de mémoire : quand faut-il s'en inquiéter

Si l’altération de votre mémoire ou de vos capacités de réflexion est suffisamment sérieuse pour que votre entourage la remarque, il pourrait s'agir d’une déficience cognitive légère (DCL).

La DCL est un léger déclin des fonctions cognitives qui augmente votre risque de développer une forme plus grave de démence, notamment la maladie d’Alzheimer.

Si vos troubles mentaux sont si importants qu'ils affectent votre capacité à fonctionner ou à vivre de façon autonome, il pourrait s'agir de démence.

Il est par exemple normal d'avoir du mal à trouver un mot de temps à autres, mais si cela vous arrive fréquemment et que vous répétez les mêmes phrases et les mêmes histoires au cours d'une conversation, cela peut révéler un problème.

Le fait de se perdre ou d’être désorienté dans des lieux familiers est un autre signal d'alarme (qui n'a rien à voir avec le fait de demander son chemin occasionnellement).

Si vous êtes capable de décrire un épisode au cours duquel vous avez été distrait, en rangeant vos clés au mauvais endroit par exemple, c’est bon signe ; il est plus grave de ne pas être capable de se souvenir d'une situation dans laquelle une perte de mémoire a posé problème, alors que votre entourage vous la raconte.

Voici d'autres signes annonciateurs de DCL ou de démence :

Des difficultés à effectuer des tâches quotidiennes, comme régler ses factures ou prendre soin de son hygiène personnelle

Reposer sans arrêt la même question

Des difficultés à faire des choix

Faire preuve de mauvais jugements ou avoir des comportements sociaux inappropriés

Des changements de personnalité ou une perte d’intérêt pour ses activités favorites

Des trous de mémoire qui peuvent s'avérer dangereux, oublier d’éteindre la cuisinière par exemple

Incapacité à reconnaitre des visages ou des objets familiers

Nier l’existence d'un problème de mémoire et se mettre en colère lorsque l’entourage y fait allusion

Premiers signes d'alerte de la maladie d’Alzheimer

Signes de la maladie d’Alzheimer/de démence Changements généralement liés à l’âge

Mauvais jugements et prises de décision

Prendre une mauvaise décision occasionnellement

Incapacité à gérer un budget

Oublier de régler une facture mensuelle

Perdre la notion des dates ou des saisons

Oublier momentanément quel jour on est

Difficultés à tenir une conversation

Oublier parfois quel mot utiliser

Ne pas ranger les objets à leur place et être incapable de les retrouver

Égarer les choses de temps à autre

Si votre mémoire commence à vous faire défaut, adoptez DÈS MAINTENANT une alimentation cétogène

Si votre mémoire vous fait défaut suffisamment souvent pour semer ne serait-ce qu’un soupçon d’inquiétude ou de doute dans votre esprit, il est temps de prendre des mesures.

Il est tout à fait possible de conserver une excellente activité cérébrale jusqu'à un âge avancé, et les pertes de mémoire peuvent être un signe annonciateur précoce d'altérations du cerveau plus graves.

Une alimentation cétogène, riche en graisse, modérée en protéines et pauvre en glucides nets est essentielle pour protéger votre cerveau ; c’est une alimentation recommandable à tout le monde, ou presque, mais particulièrement aux personnes préoccupées par la santé de leur cerveau.

Ce type d’alimentation exclut tous les glucides, hormis ceux provenant des légumes non-amylacés, et les remplace par des quantités faibles à modérées de protéines de bonne qualité, et par une proportion importante de bonnes graisses.

C’est une alimentation qui vous aidera à optimiser votre poids et à réduire votre risque de maladie chronique dégénérative, tout en protégeant votre cerveau. Elle vous aidera également à passer du mode combustion de glucides au mode combustion de graisses, ce qui pousse le corps à produire des cétones (que l’on appelle également des corps cétoniques, ou cétoacides).

Les cétones nourrissent le cerveau et préviennent l'atrophie cérébrale. Ils peuvent même restaurer et renouveler les neurones et la fonction nerveuse dans votre cerveau s'ils ont déjà subi des dommages. En dehors d'une alimentation cétogène, les triglycérides à chaine moyenne (TCM) présents dans l’huile de noix de coco représentent une source importante de cétones.

Comme l’indique le British Journal of Nutrition :

« Contrairement à la plupart des graisses alimentaires, qui sont riches en acides gras à longue chaine, l’huile de noix de coco contient des acides gras à chaine moyenne (AGCM). La particularité des AGCM est qu’ils sont facilement absorbés et métabolisés par le foie, et peuvent être convertis en cétones.

Les corps cétoniques sont une source d’énergie alternative importante pour le cerveau, et ils peuvent être bénéfiques aux personnes qui développent ou présentent déjà des troubles de la mémoire, tels que ceux rencontrés dans la Maladie d’Alzheimer (MA) ».

Les TCM présents dans l’huile de noix de coco sont une extraordinaire nourriture pour le cerveau

Vous avez sans doute entendu dire que le poisson est une source de nourriture pour le cerveau, en raison de sa teneur en acides gras oméga-3.

Ils sont effectivement importants, mais les TCM le sont également. Les triglycérides à chaine moyenne (TCM) ne sont pas transformés par l’organisme de la même façon que les triglycérides à longue chaine.

En principe, une matière grasse qui arrive dans le corps doit être mélangée à la bile provenant de la vésicule biliaire, pour pouvoir être décomposée par votre système digestif.

Mais les triglycérides à chaines moyennes pénètrent directement dans le foie, qui convertit naturellement l’huile en cétones, contournant totalement la bile. Votre foie libère ensuite immédiatement les cétones dans votre sang, qui les transporte jusqu’au cerveau où ils sont utilisés comme carburant.

Les cétones sont en fait la source alimentaire préférée du cerveau chez les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. D'après une recherche conduite par le Dr. Mary Newport, un peu plus de deux cuillères à soupe d’huile de coco (soit environ 35 ml ou sept cuillères à café rases) suffiraient à vous apporter l'équivalent de 20 grammes de TCM, ce qui est préconisé en prévention des maladies neurodégénératives, ou comme traitement d’une maladie déjà installée.

Une recherche intéressante a également révélé que l’huile de noix de coco serait prometteuse dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. Une étude a montré qu'un apport de 40 ml/jour d’huile de coco extra vierge avait entrainé une amélioration de l’état cognitif de femmes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Une autre revue a relevé ce qui suit :

« … De plus en plus de données soutiennent l’hypothèse selon laquelle la noix de coco pourrait être bénéfique dans le traitement de l’obésité, de la dyslipidémie, ... de la résistance à l’insuline et de l’hypertension - qui sont des facteurs de risque de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2, mais également de la maladie d’Alzheimer.

Par ailleurs, les composés phénoliques et les hormones (cytokines) présents dans la noix de coco pourraient contribuer à prévenir l’agrégation de peptides amyloïdes béta, inhibant ainsi potentiellement une étape clé de la pathogénèse de la MA. »

Stratégies complémentaires en matière d'alimentation, qui contribuent à prévenir la maladie d’Alzheimer

Pour inverser la courbe de la maladie d’Alzheimer, nous devons absolument réapprendre à manger sainement. Les aliments transformés et plats cuisinés sont littéralement en train de nous tuer, contribuant non seulement à la démence, mais également au diabète, aux maladies cardiaques et au cancer.

En plus d'un régime cétogène, il est important d'adopter les stratégies suivantes en matière d'alimentation :

Évitez le sucre et le fructose raffiné. Idéalement, vous devez limiter au maximum votre consommation de sucre et ne pas dépasser 25 grammes de fructose par jour, voire 15 grammes si vous êtes résistant à l’insuline ou à la leptine, ou souffrez de troubles associés.

Évitez le gluten et la caséine (principalement le blé et les produits laitiers pasteurisés, mais consommez des matières grasses laitières, telles que du beurre). La recherche montre que votre barrière hémato-encéphalique est négativement affectée par le gluten. Le gluten rend aussi vos intestins plus perméables, permettant aux protéines de pénétrer dans le sang, où elles ne devraient pas se trouver.

Cela sensibilise votre système immunitaire et favorise l’inflammation et l’auto-immunité, les deux jouant un rôle dans le développement de la maladie d’Alzheimer.

Optimisez votre flore intestinale en consommant régulièrement des aliments fermentés ou en prenant un supplément de probiotiques fortement dosé et de bonne qualité.

Augmentez votre consommation de bonnes graisses, y compris d'acides gras omega-3 d'origine animale. Parmi les sources de bonnes graisses, on trouve les avocats, le beurre cru bio, les jaunes d'œufs bio, les noix de coco et l’huile de coco, les noix crues, les produits laitiers crus, les viandes nourries à l’herbe et les volailles élevées en pâturages. Veillez également à consommer suffisamment d'acides gras oméga-3 d'origine animale.

Réduisez votre apport calorique global et/ou pratiquez le jeûne intermittent. Les cétones sont mobilisées lorsque vous remplacez les glucides par de l’huile de noix de coco et d'autres sources de bonnes graisses. Le jeûne intermittent est un outil puissant pour aider votre corps à se rappeler comment brûler des graisses et résoudre la résistance à l’insuline et à la leptine, qui est également un important facteur contributif de la maladie d’Alzheimer.

Augmentez votre taux de magnésium. Des recherches préliminaires très prometteuses suggèrent qu'une augmentation du taux de magnésium dans le cerveau entraine une diminution des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Malheureusement, la plupart des suppléments de magnésium ne passent pas la barrière hémato-encéphalique ; cependant, un nouveau type de supplément, le thréonate de magnésium, passe cette barrière et semble prometteur pour le traitement de cette maladie, car il pourrait être plus efficace que les autres formes.

Adoptez une alimentation nourrissante, riche en folates. Les légumes sont sans aucun doute la meilleure source de folates, et nous devrions tous manger chaque jour des légumes frais et crus en quantité. Évitez les suppléments tels que l’acide folique, qui est une version synthétique et moins bonne des folates.

Recommandations générales d'hygiène de vie pour la prévention de la maladie d’Alzheimer

En plus de l’alimentation, de nombreux autres facteurs liés au mode de vie peuvent contribuer ou nuire à la santé neurologique. Les stratégies suivantes sont donc également importantes dans tout programme de prévention de la maladie d’Alzheimer :

Pratiquez une activité physique. L'activité physique favorise la croissance de l’hippocampe et améliore la mémoire, et il a été suggéré que l’activité physique pourrait modifier la façon dont la protéine précurseur d'amyloïde est métabolisée, ce qui ralentirait l’apparition et la progression de la maladie d’Alzheimer.

L'activité physique augmente également le nombre de protéines PGC-1alpha. La recherche a montré que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ont moins de PGC-1alpha dans le cerveau et les cellules qui contiennent une plus grande quantité de la protéine produisent moins de la protéine amyloïde toxique associée à la maladie d’Alzheimer.

Optimisez votre taux de vitamine D par une exposition raisonnable au soleil. Des liens étroits entre un faible taux de vitamine D et de mauvais résultats aux tests cognitifs ont été révélés chez des patients atteints d’Alzheimer. Les chercheurs pensent qu'un taux optimal de vitamine D pourrait augmenter la quantité d’importantes substances chimiques dans votre cerveau et protéger les cellules cérébrales en augmentant la capacité des cellules gliales à remettre sur pied les neurones endommagés.

La vitamine D pourrait également avoir un effet bénéfique sur la maladie d’Alzheimer grâce à ses propriétés anti-inflammatoires et stimulantes du système immunitaire. Un taux suffisant de vitamine D (50 à 70 ng/ml) est essentiel au bon fonctionnement du système immunitaire pour combattre l'inflammation, également associée à la maladie d’Alzheimer.

Évitez et éliminez le mercure de votre corps. Les amalgames dentaires, qui sont composés à 50% de mercure, sont l’une des plus importantes sources de toxicité aux métaux lourds. Vous devez toutefois être en bonne santé avant de les faire enlever. Lorsque vous aurez adapté votre alimentation pour suivre mon programme nutritionnel optimisé, vous pourrez suivre le protocole de détox du mercure puis trouver un dentiste holistique qui vous enlèvera vos amalgames dentaires.

Évitez et éliminez l'aluminium de votre corps. Les antitranspirants, la vaisselle anti-adhésive, les adjuvants vaccinaux, etc., sont des sources d'aluminium. Pour savoir comment vous détoxifier de l’aluminium, consultez mon article, "First Case Study to Show Direct Link between Alzheimer's and Aluminum Toxicity » (« Première étude de cas à montrer le lien direct entre la maladie d’Alzheimer et la toxicité de l’aluminium »).

Évitez de vous faire vacciner contre la grippe car la plupart de ces vaccins contiennent à la fois du mercure et de l’aluminium, agents neurotoxiques et immunotoxiques bien connus.

Évitez les médicaments dits anticholinergiques et les statines. Il a été démontré que les médicaments qui bloquent l'acétylcholine, un neurotransmetteur du système nerveux, augmentent le risque de démence. Ces médicaments incluent certains antalgiques à prendre le soir, des antihistaminiques, des somnifères, certains antidépresseurs, des médicaments pour contrôler l’incontinence et certains antalgiques narcotiques.

Les statines posent particulièrement problème car elles suppriment la synthèse du cholestérol, épuisent les réserves de coenzyme Q10 et de précurseurs de neurotransmetteurs de votre cerveau, et empêchent le bon acheminement des acides gras essentiels et des antioxydants lipo-solubles vers votre cerveau, en inhibant la production de lipoprotéines de basse densité, qui sont d’indispensables biomolécules porteuses.

Stimulez votre esprit chaque jour. La stimulation mentale, en particulier apprendre quelque chose de nouveau, comme à jouer d'un instrument ou apprendre une nouvelle langue, est associée à la diminution du risque de développer la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs pensent que les défis mentaux aident à renforcer le cerveau, le rendant moins vulnérable aux lésions associées à la maladie d’Alzheimer.