Ce que nous révèlent les regrets des autres

Regret

En bref -

  • Un regret peut être formulé comme étant un acte, ou au contraire un acte manqué ; les regrets exprimés comme étant des actes ont tendance à être plus intenses, émotionnellement, que les regrets exprimés comme étant des actes manqués, mais ces derniers perdurent généralement davantage
  • L’un des regrets les plus cités en fin de vie est de ne pas avoir eu le courage d’être soi-même et d'avoir plutôt agi en fonction de ce que les autres attendaient
  • Voici d'autres regrets courants des personnes en fin de vie : avoir trop travaillé, ne pas avoir exprimé ses sentiments, avoir perdu le contact avec ses amis, avoir pris la vie trop au sérieux et avoir laissé les soucis compromettre son bonheur
  • La plupart des hommes qui arrivent en fin de vie disent regretter de ne pas avoir passé suffisamment de temps avec leur famille parce qu’ils ont passé trop de temps à travailler
  • Arrivées à la fin de leur vie, de nombreuses personnes réalisent que le bonheur est un état intérieur - c’est un choix, et non un effet secondaire lié à un quelconque style de vie ; elles regrettent également d'avoir pris la vie trop au sérieux et d'avoir laissé les soucis compromettre leur bonheur
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Dr. Mercola

Des regrets. Nous en avons tous - des choses que nous avons dites ou faites, des non-dits et des actes manqués. Des chemins que nous n’avons pas empruntés, des opportunités manquées par peur ou par manque de confiance en nous.

La liste est longue, mais l’un des regrets les plus importants dans la vie, dont un très grand nombre de personnes ont fait part, est de ne pas avoir été présent pour quelqu’un à la fin de sa vie. En d'autres termes, d'avoir été trop « occupé » pour se préoccuper de ceux qui approchaient de la mort.

Fait intéressant, tandis qu’un regret peut être exprimé comme un acte, ou au contraire un acte manqué (« Je regrette d'avoir quitté l’école » versus « j’aurais dû rester à l'école »), les regrets exprimés comme des actes ont tendance à être plus intenses, émotionnellement, que les regrets exprimés comme étant des actes manqués, mais ces derniers perdurent généralement davantage.

Emma Freud, chroniqueuse au Guardian, a récemment effectué dans les réseaux sociaux une recherche sur les motifs de regrets, couvrant des sujets aussi variés que les relations, l’équilibre entre travail et vie familiale, les passions personnelles, les addictions, la maladie et la mort.

Si le cœur vous en dit, vous pouvez jeter un œil sur quelques-unes des centaines de réponses qu’elle a reçues. Il y a de grandes chances pour que vous vous reconnaissiez dans certaines d’entre elles.

Les cinq plus grands regrets des mourants

Selon Bronnie Ware, ancienne infirmière en soins palliatifs, auteure du livre « Les 5 regrets des personnes en fin de vie », inspiré de ses conversations avec des personnes en fin de vie, voici les regrets les plus importants, ceux qu’elles citent le plus souvent - en commençant par le plus fréquent de tous :

  1. Ne pas avoir eu le courage de vivre sa vie en étant fidèle à soi-même, et avoir agi en fonction de ce qu'on attendait de nous
  2. Avoir trop travaillé et de ce fait, ne pas avoir vu grandir ses enfants ni assez profité de son conjoint
  3. Ne pas avoir eu le courage d’exprimer ses sentiments
  4. Ne pas avoir suffisamment gardé le contact avec ses amis
  5. Avoir pris la vie trop au sérieux et laissé les soucis compromettre le bonheur

Bronnie Ware va toutefois au-delà du rapport de ces témoignages, car elle propose également des solutions contre ces regrets - des moyens d'éviter de tomber dans les mêmes pièges.

Le regret n° 1 est un rappel précieux, qui nous indique qu’il ne faut pas sacrifier de trop nombreux rêves personnels pour faire plaisir aux autres (ou pour se conformer aux normes conventionnelles). « Il est très important d’essayer de réaliser au moins certains de vos rêves au cours de votre vie », explique Bronnie Ware.

« Lorsque vous n’avez plus la santé, il est trop tard. La santé nous donne une liberté dont peu se rendent compte, jusqu'à ce qu’ils la perdent. »

Vivre votre vie à votre gré est essentiel pour mourir sans (trop) de regrets

Pratiquement tous les hommes placés dans le service de Bronnie Ware ont évoqué le regret n° 2 : avoir passé trop de temps à travailler et trop peu de temps avec leur famille.

« Tous les hommes que j’ai soignés regrettaient profondément de s’être laissés emporter dans le tourbillon de la vie professionnelle », écrit-elle. Elle ajoute : 

« En simplifiant votre mode de vie et en faisant des choix conscients, vous pourriez réaliser que vous n'avez finalement pas besoin d'un revenu aussi important que cela. Par ailleurs, en créant de l’espace dans votre vie, vous vous sentirez plus heureux et serez plus ouvert à de nouvelles opportunités, qui correspondent mieux à votre nouveau style de vie. »

Le sujet n° 4 est très proche du précédent. Nous sommes souvent si occupés que nous ne prenons pas le temps de garder le contact avec nos vieux amis, et avec le temps les relations s'étiolent.

Puis, avec l’arrivée de la vieillesse, la solitude s'installe. Il est parfois difficile de construire une amitié, et cela à tout âge, mais cela ne s'arrange certainement pas lorsque l’on vieillit, que les problèmes de santé commencent à limiter les possibilités de sorties et d'avoir une vie sociale.

Comme le souligne Bronnie Ware, l'amour et les relations avec les autres sont généralement les seules choses qui gardent une réelle importance lorsque la fin de vie approche.

Quant au regret n° 3, l’infirmière souligne que de nombreuses personnes ont « développé des maladies liées à l'amertume et aux ressentiments » qu’elles ont cultivé en ayant contenu leurs sentiments et en ayant choisi de garder le silence simplement pour préserver la paix. Si vous faites partie de cette catégorie, songez à ce conseil de bon sens de Bronnie Ware :

« Nous ne pouvons pas contrôler les réactions des autres. Cependant, bien que les gens puissent réagir au départ, lorsque vous changez votre façon d’être en parlant honnêtement, cela finit par élever la relation à un nouveau niveau, bien plus sain. Si ce n’est pas le cas, cela élimine les relations malsaines de votre vie. Vous êtes gagnant dans les deux cas. »

Dernier point, et non le moindre, arrivés à la fin de leur vie, nombreux sont ceux qui comprennent enfin que le bonheur est un état intérieur. C’est un choix, et non l’effet secondaire d'un quelconque style de vie.

« Au plus profond d’eux-mêmes, ils ont envie de rire et de retrouver un peu de folie dans leur vie », écrit Bronnie Ware, soulignant avec sagesse que lorsque vous serez sur votre lit de mort, vous ne vous soucierez plus de ce que les autres pensent de vous ; alors pourquoi ne pas choisir d’être heureux maintenant, tant que vous avez encore une longue vie devant vous ?

L’importance des relations avec les autres, et de prendre soin de soi

Les recherches sur l’espérance de vie soutiennent résolument les conclusions globales de Bronnie Ware. Les choses que les personnes indiquent regretter sont également celles que les centenaires ont « fait correctement ».

Au cours d'interviews et d’enquêtes réalisées auprès de centenaires, notamment ceux qui ont été interviewés dans « Comment vivre centenaire », il est ressorti que le fait d'avoir un solide réseau social familial et amical, et de garder le sens de l’humour, sont deux des plus importants facteurs contribuant à la longévité.

L’importance du soutien social a également été scientifiquement démontrée. Une méta-analyse américaine d’études publiées, a montré qu’un soutien social solide est en fait le premier facteur qui détermine la longévité et la survie. L’influence du soutien social sur la mortalité est tellement importante qu’elle surpasse l’influence du poids et éclipse même l’influence du tabagisme.

Un article paru dans le Forbes Magazine en 2012 indique les 25 regrets les plus cités. Dans cette liste - en plus des regrets déjà mentionnés - l'un des plus importants était de ne pas s’être révolté contre les maltraitances, que ce soit à l'école ou au travail. Avec le recul, nombreux sont ceux qui pensent qu’ils auraient dû les dénoncer et s'affirmer, même au risque de perdre leur emploi.

Un autre regret qui est susceptible de concerner une vaste majorité des personnes de nos jours, est d'avoir accordé trop de temps et d'attention à leur smartphone. Le regret de « ne pas avoir appris plus de choses à mes enfants », qu'il s'agisse de ratisser les feuilles, d'apprendre à jouer au ballon, à ranger leur chambre, à camper ou de nombreuses autres activités, est directement lié au précédent.

Cette liste de regrets comprend également celui de « ne pas avoir pris soin de ma santé lorsque j’en avais l’occasion ». En effet, de nombreuses personnes ne font absolument pas attention à leur santé, à moins, ou jusqu'à ce qu’elles aient un problème.

Malheureusement, lorsque vous en arrivez là, le combat ne fait que commencer, car la plupart des problèmes de santé sont bien plus faciles à prévenir qu’à guérir. Sans parler des contraintes et du stress émotionnel et financier qu'un problème de santé chronique peut engendrer.

Lorsqu’elles arrivent en fin de vie, de nombreuses personnes regrettent de ne pas avoir accordé la priorité à leur santé. Si vous lisez ceci, j’espère que vous n'avez pas négligé ce point. Souvenez-vous que certaines habitudes d'hygiène de vie très simples, comme celles qui suivent, peuvent avoir un impact très important :

  • Dormir suffisamment
  • Marcher tous les jours (de préférence en plein air, dans la nature) et être physiquement actif tout au long de la journée
  • Méditer ou pratiquer régulièrement une technique d'évacuation du stress
  • Limiter votre exposition aux champs électromagnétiques
  • Manger de vrais aliments

Arrivés à la fin de leur vie, la plupart des gens regrettent de ne pas avoir vécu davantage dans l’instant présent

N'avoir pas suffisamment vécu dans l’instant présent est un autre regret courant. À mesure que la connectivité via les smartphones et autres technologies se développe, de plus en plus de personnes risquent d’exprimer ce regret à la fin de leur vie, lorsque les années auront passé.

« Vivre dans l’instant » est une composante essentielle du bonheur, et une façon de développer sa gratitude, les deux ayant également une influence sur la santé et l’espérance de vie.

Il est vraiment difficile de cultiver sa gratitude lorsque l’on court en permanence, que l’on est constamment en train d'anticiper l’avenir, ou au contraire, de se tourner vers le passé. La gratitude nécessite d’être dans l'instant présent, et d'apprécier ce que vous avez devant vous, à cet instant précis.

Tenir un journal de la gratitude est une méthode couramment recommandée, qui peut s'avérer très utile. Vous pouvez tenir ce type de journal sous forme d'un cahier, ou télécharger une application de Journal de la Gratitude, sur iTunes.

Au cours d'une étude conduite en 2015, des participants ayant tenu un journal de la gratitude et ayant noté les choses pour lesquelles ils étaient reconnaissants quatre fois par semaine pendant trois semaines, ont noté une diminution de leur dépression et de leur stress et une augmentation de leur sentiment de bonheur.

Une action en pleine conscience, consistant à tenir un journal et à pratiquer la méditation en pleine conscience, a conduit à des améliorations similaires. Gardez à l’esprit que plus vous vous concentrez sur une pensée, plus elle occupe votre esprit, soyez donc attentif au type de pensées que vous nourrissez.

Si on laisse ce type de pensées persister fréquemment, et pour de longues périodes, votre cerveau peut en effet devenir « programmé » pour ressentir de l’anxiété, développer un état dépressif, irritable ou de colère.

Ainsi que le souligne Robert Emmons dans son « Petit livre de la gratitude » : « Tout ce que nous faisons crée des connexions avec les réseaux de notre cerveau, et plus on répète une action, plus ces connexions se renforcent. L’esprit peut changer le cerveau de manière durable. En d'autres termes, ce qui traverse l’esprit façonne le cerveau. »

Si vous avez tendance à être pessimiste, essayez la Technique de Libération Émotionnelle (EFT). L’EFT est une forme d'acupressure psychologique basée sur les méridiens énergétiques utilisés en acupuncture. C’est une méthode efficace pour rétablir rapidement votre équilibre interne, vous apaiser, et elle contribue à débarrasser votre esprit des pensées et émotions négatives.

Dans la vidéo ci-dessous, Julie Schiffman, praticienne d’EFT, montre comment utiliser les tapotements pour favoriser la gratitude.

Votre vie vous appartient, vivez-là comme vous l’entendez

Le mot de la fin à retenir est le suivant : si vous faites aujourd'hui quelque chose, ou que vous évitez de faire quelque chose dont vous savez que vous le regretteriez s'il ne vous restait que quelques semaines à vivre, changez dès maintenant le cours des choses.

N'attendez pas que des années ou des dizaines d'années soient passées. Vous finirez par manquer de temps et il ne vous restera qu’un paquet de regrets.

Votre vie vous appartient - vous êtes le(la) seul(e) à pouvoir la réussir, alors poursuivez vos rêves et vos passions, et abandonnez les contraintes superflues et les limites inutiles.

À la fin de votre vie, vous réaliserez que vous ne vous souciez pas tant que ça de ce que les autres pensent de vous, et - si vous êtes comme la plupart des gens - vous finirez par réaliser que le bonheur est, au fond, un choix de chaque instant.