Un traitement incroyablement efficace pour les blessures et douleurs musculaires

Muscle Avancé

En bref -

  • Un traitement innovant utilisé par de nombreux professionnels et des athlètes de haut niveau, mais efficace pour soulager de nombreuses blessures courantes, repose sur les interrelations entre fonction musculaire, amplitude de mouvement et restriction, qui contribuent à la douleur
  • Cette technique, qui associe différentes techniques musculo squelettiques, points d'acupuncture, points de déclenchement et d'autres méthodes alternatives, est souvent efficace pour soulager en quelques minutes une douleur liée à une blessure, accélérer le rétablissement et peut aider à améliorer les performances athlétiques de façon spectaculaire
  • En utilisant cette technique sur le pied et la cheville, le temps de rétablissement pour des entorses de la cheville de grade 1 et 2 peut être réduit à quelques minutes, au lieu des 4 à 6 semaines avec un traitement conventionnel
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Dr. Mercola

La profession de chiropracteur compte certains des médecins les plus novateurs que je connaisse, et le Dr. Craig Buhler en fait partie. Son travail porte sur les interrelations entre fonction musculaire, amplitude de mouvement et restriction, qui contribuent à la douleur. En 2002, il a élaboré la Technique Avancée d’Intégration Musculaire dans une clinique de l’Utah, où je l’ai rencontré en tant que patient.

Il soignait des athlètes olympiques et des professionnels de renommée mondiale et les aidait à améliorer leurs performances. Les résultats extraordinaires qu'il obtenait furent l’une des raisons qui me poussèrent à le rencontrer.

J’ai entendu parler des travaux du Dr. Buhler pour la première fois par l’intermédiaire de Jeff Hays, producteur du film Doctored, qui est sorti récemment. Le Dr. Buhler et moi apparaissons tous deux dans ce film, mais il en a été l'un des principaux inspirateurs.

Le Dr. Buhler a été le chiropracteur de l’équipe professionnelle de basketball Utah Jazz pendant 26 ans. Grace à ses techniques, cette équipe avait le nombre de joueurs absents aux matchs pour cause de blessure le plus bas de toute la NBA - 61 sur une période de 20 ans, comparé à 171 en moyenne pour les autres clubs de la ligue, sur la même période.

L'histoire de la technique AMIT

L’histoire de l’élaboration de la thérapie AMIT est intéressante en soi. Elle a commencé avec le Dr. George Goodheart, médecin chiropracteur à Detroit, dans le Michigan, qui a développé la technique de la kinésiologie appliquée, et le Dr. Allan Beardall, chiropracteur également.

Le Dr. Buhler explique que « Le Dr. Goodheart a découvert la relation entre les organes, les glandes, les muscles et les niveaux vertébraux du rachis » . « Le Dr. Allan Beardall a étudié avec le Dr. Goodheart. Allan était un coureur de fond classé, il soignait donc de nombreux coureurs de haut niveau. Le Dr. Beardall voyait des athlètes de haut niveau avec des types de blessures très différentes, et il appliquait les techniques de chiropraxie et de kinésiologie appliquée qu'il avait apprises.

Il arrivait à soulager et soigner de nombreux cas, mais pas tous. Dans certains cas, les athlètes se remettaient de leur blessure, jusqu'à ce qu'ils se mettent la pression pour reprendre l’entraînement, puis ils se blessaient à nouveau. Le Dr. Beardall disait « Il doit y avoir une explication à ces rechutes. »

Il s’est alors lancé dans une étude clinique approfondie, au cours de laquelle il a étudié les techniques de chiropraxie existantes pour déterminer dans quels cas, quand et pourquoi elles fonctionnaient, ou pas. Puis il a associé l’acupuncture dans ses recherches, ce qui leur a donné un angle totalement nouveau.

« Il a défini huit systèmes de réflexes pour 310 muscles du corps. À ce stade, le Dr. Goodheart avait découvert quatre réflexes pour environ 85 muscles, » explique le Dr. Buhler. « Allan a repris les travaux du Dr. Goodheart et les a développés de façon spectaculaire. Il a redéfini l'anatomie.

Nous avons défini différentes sections des muscles. Prenez l’exemple des quadriceps : ils sont généralement définis comme un ensemble de quatre muscles, mais ce système musculaire complexe est en réalité composés de 12 sections. Il avait élaboré des méthodes pour isoler et tester ces muscles, nous pouvions donc examiner une personne et isoler chaque muscle de son corps pour déterminer s’il était intact, au sens neurologique et proprioceptif. Si nous découvrons des zones d’instabilité, qui désignent les parties plus vulnérables du corps d'une personne, nous pouvons prédire quel type de blessure cette personne risque de subir.

Trouver la source du problème

L'une des raisons qui fait de la thérapie AMIT du Dr. Buhler une technique si complète est qu’elle est l’association de nombreuses techniques efficaces. Elle intègre notamment les techniques les plus efficaces de la chiropraxie ou de l'acupuncture ainsi que d'autres méthodes pour chaque problème ou partie du corps.

L’une des découvertes les plus importantes fut que, si un muscle est sollicité au-delà de sa capacité à gérer la contrainte qu'on lui impose, soit par manque d’entraînement, soit en raison d'un traumatisme, cela peut entraîner plusieurs réactions : vous risquez de déchirer les tissus, et/ou votre système nerveux va désactiver le muscle par une série de réflexes appelés les propriocepteurs.

Le système musculaire et le système nerveux sont liés l’un à l'autre par l’intermédiaire de minuscules fibres musculaires, les cellules fusiformes, qui contrôlent l’étirement des muscles. Si un muscle est brusquement sur-sollicité, les cellules fusiformes l’inhibent temporairement. A la tentative suivante de contraction, le muscle fonctionne de nouveau. De la même façon, les organes tendineux de golgi sont des cellules qui mesurent et contrôlent l’étirement à partir des tendons. Si un tendon est étiré trop rapidement ou si sa limite d’extensibilité est atteinte, les organes tendineux de golgi inhibent temporairement le muscle. Mais lorsque le muscle est de nouveau sollicité, il fonctionne normalement.

Mais le Dr. Bulher explique qu’« il existe un système de sécurité » . « Il se situe au niveau de l'attache du tendon au périoste de l’os, où se trouvent de petites fibres appelées fibres de Sharpey. Ces fibres sont chargées de petits récepteurs qui contrôlent la tension. Et si l'intégrité de ces fibres est dépassée, elles inhibent le muscle, tout comme un disjoncteur couperait un circuit électrique.

Après cela, le muscle fonctionnera encore dans le cadre d'une amplitude de mouvement passive. Mais si vous exercez une contrainte sur le muscle, il ne fonctionne plus. Si vous persistez à exercer cette contrainte, le corps créé une douleur au niveau des points d'attache pour vous protéger. À ce stade, le système nerveux central élabore une stratégie d'adaptation en transmettant la contrainte au muscle voisin. D’autres tissus commencent à prendre en charge une partie de la contrainte pour soulager le muscle défaillant. »

Lorsque d'autres tissus et muscles prennent la relève pour protéger la zone affectée, cette adaptation se « verrouille » au niveau neurologique, ce qui conduit à des mouvements altérés ou adaptés. Essentiellement, cela modifie la façon dont vous bougez et utilisez votre corps. Le muscle défaillant est soulagé, ce qui lui permet de guérir, mais le muscle qui s’est adapté est mécaniquement défavorisé et donc plus exposé aux blessures. Ce muscle devient donc le site de lésion suivant. Ceci peut être le début d'un cercle vicieux de blessures qui se succèdent en cascade.

Je suis entièrement d'accord avec le Dr. Buhler lorsqu’il explique qu’il est essentiel de parvenir à la source du problème, car on ne peut pas parvenir à la guérison en soignant l'adaptation, donc le symptôme. Se concentrer sur la base du problème change tout, et peut conduire à la guérison. Lorsque, suite à une blessure, un muscle est inhibé au sens neurologique et proprioceptif, il perd sa capacité à inhiber son antagoniste, le muscle antagoniste reste donc tendu dans tous les plans de mouvement et ne se relâche jamais totalement. Des problèmes chroniques d’ischio-jambiers, résultant d’un quadriceps inhibé, en sont un exemple typique.

Description d'une séance d’AMIT typique

Une séance d’AMIT typique commence par l’étude approfondie de la lésion - quand et comment la blessure s’est-elle produite, puis des antécédents médicaux. Cela donne une idée de l’effet potentiel de « superposition » ou de cascade provoqué par une blessure initiale, et des origines potentielles du problème. À ce stade, le système nerveux central du patient est évalué au travers du complexe occiput-atlas-axis, partie supérieure de la colonne vertébrale qui affecte directement le tronc cérébral du système nerveux central.

Ensuite est menée une évaluation complète de la fonction musculaire de base, qui permet également d’établir la fonctionnalité de votre système nerveux central. Comme l’explique le Dr. Buhler, en partant de votre tête, chaque muscle est examiné individuellement pour déterminer son intégrité neurologique. Ceci est effectué au moyen d'un genre de test musculaire.

Enfin commence le véritable processus thérapeutique, qu’il appelle « l’approche innée des systèmes guidés ». Cela signifie que le corps créé des symptômes, tels que la douleur, pour indiquer qu'il y a un problème.

La thérapie est conçue pour réactiver le muscle et rétablir un mouvement sans douleur. Une fois la fonction et l'amplitude de mouvement rétablies, un programme d’entrainement conçu pour renforcer le muscle anciennement inhibé, tel que le yoga par exemple, peut vous conduire à un tout nouveau niveau de performance. Bien entendu, ceci est particulièrement utile pour les athlètes professionnels.

Un exemple de l'effet « magique » de l’AMIT

Les résultats obtenus par le Dr. Buhler dans le traitement des entorses de la cheville (une blessure provoquée par un brusque mouvement latéral ou de torsion du pied) sont un bon exemple du caractère quasi « miraculeux » de sa méthode. Une entorse de la cheville vous met généralement « hors circuit » pendant plusieurs semaines. La technique de manipulation du Dr. Buhler peut souvent vous mettre sur pied en l’espace de quelques minutes. Il existe trois degrés de gravité d’une entorse de la cheville.

  • Grade 1 : Élongation du ligament
  • Grade 2 : Légère déchirure partielle du ligament
  • Grade 3 : Déchirure complète du ligament

D’après le Dr. Buhler, les entorses de grade 1 et 2 sont « faciles à guérir ». Malheureusement, l'approche médicale standard est d’éviter de faire peser le poids du corps sur la cheville pendant au moins une semaine, en utilisant des béquilles. Au cours de la deuxième semaine, on utilise généralement une thérapie basée sur la mobilisation passive. Ensuite commence la rééducation au moyen de thérapies plus agressives. La guérison peut prendre quatre à six semaines.

Le Dr. Buhler aborde ce type de blessure sous un angle totalement différent. Une entorse en inversion, qui est la plus courante, se produit lorsque le talus - l’os situé sur le dessus de la cheville - effectue une rotation, alors que l’os du talon effectue une rotation dans le sens inverse.

Le résultat est que la fibula (ou péroné), l’os long situé sur le côté externe de la cheville, s'affaisse et se décale vers l'arrière au niveau de son rattachement au genou. Cela modifie la dynamique des mechano-récepteurs de votre articulation, provoquant une vive douleur lorsque vous faites porter votre poids sur les articulations.

« Les stabilisateurs latéraux des muscles de la cheville sont inhibés en raison du traumatisme. Ils ne fonctionnent plus et ne supportent donc plus l'articulation. À chaque pas, explique le Dr. Buhler, vous vous appuyez et faites porter votre poids sur une articulation déformée et instable, et votre corps génère automatiquement une douleur afin de vous protéger, » . « La cheville enfle à cause du saignement des capillaires. Votre corps doit gérer le processus inflammatoire et commencer le processus de guérison. »

Pour résoudre cette situation, la technique consiste à réaligner la mortaise de la cheville, de façon à ce que l’articulation fonctionne correctement. Il replace ensuite les muscles stabilisateurs latéraux grâce à une méthode de réflexe particulière. Au début, les muscles sont faibles et les solliciter est douloureux. Mais, une fois activés, et re-testés, ils apparaissent de nouveau solides et indolores et capables de supporter du poids.

« Lorsque l’athlète ou le patient descend de la table et commence à marcher, le premier pas est douloureux, le second l’est un peu moins, puis chaque pas supplémentaire est de moins en moins douloureux, et ils arrivent ensuite à faire des allées et venues en courant dans la clinique sans ressentir la moindre douleur. Avec cette technique, la marche et la course deviennent partie intégrante de la thérapie car elles stimulent le système lymphatique », explique-t-il.

Résumé

Comme expliqué par le Dr. Buhler, chaque muscle du corps possède les points ou réflexes suivants qui lui sont propres. Chacun de ces points ou réflexes doit être stimulé. Lorsqu’un muscle est inhibé, les réflexes qui lui correspondent deviennent douloureux.

  • Un point d'acupuncture
  • Un point vasculaire
  • Un point lymphatique
  • Deux points réflexes d'organes ou de glandes
  • L'origine et l’insertion du muscle
  • Les cellules fusiformes

Il y a également trois vertèbres de la colonne vertébrale dont deux sont réactives et doivent être ajustées. Le Dr. Buhler explique le processus de test et de traitement du muscle par l’utilisation de ces points réflexes :

« ‘Une personne se réveille un matin avec une vive douleur au coude. Elle ne se souvient pas s’être cognée mais c’est vraiment douloureux. Elle va consulter son médecin. Le médecin diagnostique une épicondylite ou tennis elbow et lui prescrit un anti-inflammatoire. Eh bien, en fait, ce point peut être un point d'acupuncture relié à un muscle du genou opposé’, explique le Dr. Buhler.

« À mesure que nous avançons dans la thérapie et que je stimule ces points réflexes, ils sont assez douloureux. Les gens sont assez étonnés que je puisse localiser précisément ces points douloureux. ‘Comment saviez-vous que j'avais mal ici ? J'ai cette douleur depuis six semaines et vous l’avez localisée précisément,’ disent-ils. Il faut suivre le processus et réactiver tous ces réflexes, puis revenir au point de départ et tester le fonctionnement des muscles. Ce n’est pas une procédure agréable, mais c’est efficace. »

Autres techniques intégrées à la thérapie du Dr. Buhler

  • La technique nasale spécifique : Développée par feu le Dr. Stober, qui était médecin naturopathe et chiropracteur et qui exerçait à Portland, dans l’Oregon (États-Unis). La technique est basée sur la manipulation des sutures crâniennes. On prétend que les os du crâne se soudent, mais c’est faux. En réalité la boite crânienne se dilate et pivote à chaque respiration, et ce mouvement est lié à votre liquide cérébro-spinal.

    Le Dr. Stober utilisait cette technique pour soigner des enfants atteints du syndrome de Down, de dystrophie musculaire, de problèmes de sinus, de migraines, de contusions ou de la maladie de Ménière. La technique consiste à insérer un petit ballon, de la taille de l’auriculaire, dans les voies nasales, et de le gonfler et le dégonfler plusieurs fois de chaque côté. Cela permet d’élargir la boite crânienne de l’intérieur en débloquant ses sutures, et de rétablir le mécanisme crânien.
  • Le « Network Spinal Analysis » (NSA) : Cette technique, développée par Donny Epstein, consiste à réarticuler et à ajuster votre atlas par de très légères impulsions manuelles.

    La position de M. Epstein est que, lorsque vous vivez un stress émotionnel ou un traumatisme, votre système nerveux central se contracte. Les méninges enveloppent le cerveau et la moelle épinière. Ces membranes sont attachées à la base de la colonne vertébrale et au rachis cervical supérieur par de minuscules ligaments appelés ligaments dentelés. En réponse à un stress émotionnel ou à un traumatisme, les méninges se contractent, en tirant sur ces ligaments dentelés, ce qui peut déformer la vertèbre de l’intérieur du canal rachidien.

    Des ajustements réguliers des méninges ne sont pas très efficaces pour traiter ce type de déformation. Mais Mr. Epstein a découvert que, en effectuant de légères pressions sur des points spécifiques du sacrum et en différents endroits de la colonne vertébrale, le système nerveux central commence à relâcher cette tension des méninges.
+ Source et Référence