La vitamine A peut aider à prévenir le cancer du côlon

Vitamine A

En bref -

  • Les mutations génétiques responsables du cancer du côlon peuvent survivre au traitement du cancer dans des cellules souches (non matures) et réapparaitre ensuite, provoquant une récidive
  • Des chercheurs ont récemment étudié le rôle d'un dérivé de la vitamine A, l'acide rétinoïque, et la façon dont il peut prévenir les récidives et les métastases du cancer du côlon
  • Des études ont révélé que des souris atteintes d'un cancer du côlon présentaient un faible taux d'acide rétinoïque ; par ailleurs, lorsque leurs intestins recevaient une dose supplémentaire d'acide rétinoïque, la progression de la maladie ralentissait
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Dr. Mercola

Au cours d'une récente étude clinique, des scientifiques ont découvert un lien possible entre l’acide rétinoïque, un dérivé de la vitamine A qui est produit par votre organisme, et le ralentissement de la progression du cancer du côlon, l’un des cancers les plus meurtriers au niveau mondial

Dans un article paru sur Philly.com, le Dr. Edgar Engleman, professeur de pathologie et de médecine à l’école de médecine de l’Université de Stanford, déclare que les scientifiques savent depuis des années que l’acide rétinoïque intervient dans la réduction de l'inflammation dans l’intestin, mais son équipe voulait aller plus loin et comprendre la façon dont il intervient dans le développement du cancer.

Au cours des études initiales, publiées dans le magazine Immunity, les chercheurs ont découvert que des souris atteintes du cancer du côlon présentaient un faible taux d'acide rétinoïque.

Ils ont ensuite découvert que lorsqu’on administrait une dose supplémentaire d'acide rétinoïque dans les intestins de ces souris, cela ralentissant la progression de la maladie.

Toutefois, comme le souligne l'article, « les recherches sur les animaux ne produisent pas toujours les mêmes résultats chez l’homme. » Comme l’explique le Dr. Engleman :

« L'intestin est constamment bombardé d’organismes étrangers. De ce fait, son système immunitaire est très complexe. Nous avons découvert que des bactéries, ou des molécules produites par des bactéries, peuvent provoquer une réaction inflammatoire massive dans les intestins, qui affecte directement le métabolisme de l’acide rétinoïque. »

Les scientifiques ont découvert que lorsqu’elle était présente en quantités importantes, une certaine protéine dégradait l'acide rétinoïque dans les tissus intestinaux des patients atteints du cancer du côlon, le rendant inactif, et ces patients tendaient à avoir un « moins bon pronostic » que les autres. D'après le Dr. Engleman :

« Maintenant que nous avons démontré le rôle d’une carence en acide rétinoïque dans le cancer colorectal, nous souhaitons identifier les microorganismes spécifiques qui provoquent ces changements chez l’homme. À terme, nous espérons déterminer si nos découvertes pourraient être utiles à la prévention ou au traitement du cancer colorectal. »

Récidives du cancer du côlon et HOXA5

En théorie, comme l’explique Science Daily, lorsque les patients atteints du cancer du côlon suivent une chimiothérapie, la plupart des cellules cancéreuses sont tuées. Toutefois :

« Les mutations génétiques responsables du cancer au départ peuvent survivre dans un groupe particulier de cellules du côlon. Il s'agit de cellules souches, c’est-à-dire des cellules non matures en passe de devenir de véritables cellules normales du côlon.

À la fin du traitement, les cellules souches survivantes, qui contiennent toujours les mutations cancéreuses, peuvent réapparaître et provoquer une récidive. »

Des études conduites par l’équipe de Joerg Huelsken à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), ont montré que la protéine désignée sous l'appellation HOXA5, présente dans les intestins, joue un rôle majeur dans la réduction du nombre de cellules souches, ainsi que dans la réduction du nombre des cellules qui les fabriquent.

Les scientifiques se sont concentrés sur le taux élevé de HOXA5, qui fait partie d'une famille de protéines responsables de la régulation des premiers stades de développement du fœtus, et qui veillent à ce que les tissus soient correctement structurés et fonctionnent ensemble comme il se doit.

Chez l’adulte, des protéines similaires régulent les cellules souches afin de préserver la fonction et l’identité des tissus.

Le HOXA5, qui provient d'un gène spécifique, détermine donc dans une certaine mesure le nombre de cellules souches qui se développent. Les cellules souches du cancer du côlon utilisent un mécanisme biologique, ou voie de signalisation, pour bloquer le HOXA5.

La première molécule active la seconde, qui active la suivante, et ainsi de suite, c’est l’effet domino. D'après Science Daily :

« La vocation d'une voie de signalisation est de transmettre des informations biologiques d'une partie de la cellule vers une autre, c’est-à-dire de la membrane externe jusqu’au noyau. En bloquant le gène HOXA5, les cellules souches cancéreuses du côlon peuvent se développer de façon incontrôlée et se propager, provoquant récidives et métastases. »

Les chercheurs de l’EPFL ont cherché un moyen d’empêcher les cellules souches cancéreuses de bloquer le HOXA5 et ont découvert que les rétinoïdes peuvent le réactiver. Ainsi que l’explique le Science Daily :

« Chez les souris atteintes du cancer du côlon, le traitement aux rétinoïdes a bloqué la progression des tumeurs et normalisé le tissu.

En réactivant le gène HOXA5, ce traitement a éliminé les cellules souches cancéreuses et prévenu les métastases chez les animaux vivants. Les chercheurs ont obtenu des résultats similaires avec des échantillons provenant de véritables patients. »

Les scientifiques de l’EPFL espèrent que leur étude sera le point pivot à partir duquel « la thérapie de différentiation par les rétinoïdes » pourra modifier la trajectoire mortelle du cancer du côlon, non seulement pour les patients déjà atteints, mais aussi comme mesure de prévention.

Les études apportent une abondance de preuves : la vitamine A peut aider à lutter contre le cancer

D'après un article paru sur Orthomolecular.org, il n'y a encore pas si longtemps, les scientifiques pensaient que la vitamine A provoquait le cancer, tout en reconnaissant qu’elle était « nécessaire au développement de l’embryon précisément parce qu’elle aide à ‘différencier’ les cellules souches, et les incite à se transformer correctement en tissus ».

Puis, une étude menée en 1926 a révélé ce qui a été sans doute le premier lien indiquant que la vitamine A pourrait stopper le cancer.

C’était simple. Des rats qui avaient reçu une alimentation pauvre en vitamine A développèrent un cancer de l’estomac. En 1941, une étude ciblée menée sur des hommes atteints du même cancer, a découvert qu’ils présentaient le même faible taux de vitamine A.

Ce résultat était similaire à la découverte du Dr. Engleman, 75 ans plus tard. Ce sont peut-être ces premières découvertes à propos de la vitamine A qui ont mis la puce à l’oreille des scientifiques ayant trouvé une faible incidence de mésothéliomes chez des patients à qui l'on avait donné du rétinol.

Par ailleurs, l’Institut Linus Pauling a rapporté ce qui suit :

« Des études sur des cultures cellulaires et chez l’animal ont démontré la capacité des rétinoïdes naturels et synthétiques à réduire considérablement la carcinogénèse de la peau, du sein, du foie, du côlon, de la prostate et d'autres sites. »

Un médicament contre le cancer, le VN/14-1, qui bloque la dégradation de l’acide rétinoïque, a entrainé une réduction de la taille des tumeurs, chez des souris auxquelles ont avait implanté des cellules prostatiques cancéreuses, de près de 50%, et après cinq semaines, les tumeurs ne se développaient plus.

Une autre étude a découvert que, agissant de concert, la vitamine A et la vitamine C appliquées sur des cellules du cancer du sein mises en culture, étaient plus de trois fois plus efficaces pour stopper leur prolifération, par rapport à des cellules non traitées. D’après le Journal of Nutritional Biochemestry :

« La capacité de l’acide rétinoïque (vitamine A) à stopper la prolifération des cellules tumorales est bien connue, bien que son mécanisme n’ait pas été identifié.

Les auteurs suggèrent que l’effet synergique observé dans cette étude est due à la capacité de l'acide ascorbique de ralentir la dégradation de l'acide rétinoïque, augmentant ainsi les effets inhibiteurs de prolifération de la vitamine A. »

D'ailleurs, la vitamine A agit en synergie avec de nombreux autres minéraux et vitamines, notamment les vitamines D et K2 et le magnésium, et sans cette coopération, la vitamine A ne fonctionne pas correctement.

Vitamine A : rétinoïdes et caroténoïdes

De nombreuses personnes pensent qu’il suffit de manger beaucoup de carottes et de patates douces pour avoir son quota de vitamine A, mais ce n’est pas nécessairement le cas.

Il existe deux types de vitamine A : les rétinoïdes biodisponibles, d'origine animale, et les caroténoïdes, que l’on trouve dans les aliments d'origine végétale.

D'après la George Mateljan Foundation, qui œuvre à diffuser les informations scientifiquement prouvées et à aider les gens à manger et à cuisiner sainement :

« Ces deux formes ne sont pas seulement chimiquement différentes - elles apportent également des bienfaits distincts pour la santé. Certains bienfaits particuliers de la vitamine A, liés à l’immunité, à l’inflammation, à la génétique et au système reproducteur, ne peuvent être obtenus que du rétinol.

Ces rétinoïdes peuvent être particulièrement importants pour la grossesse et l'accouchement, la petite enfance, la croissance, la vision nocturne, la production de globules rouges et la résistance aux maladies infectieuses. Cependant, même sans être confronté à une maladie particulière, chacun de nous a besoin de vitamine A sous forme de rétinoïdes. »

Vous avez peut-être noté que seule la vitamine A sous forme de rétinol est absorbable par votre corps. En revanche, les caroténoïdes, d'origine végétale, doivent être convertis en rétinoïdes par le corps, mais certains facteurs peuvent empêcher ce processus, notamment :

La consommation d'alcool

Certains aliments

Un régime pauvre en graisses

Une exposition à des substances toxiques

Certains médicaments

Certains problèmes de santé qui empêchent l’absorption des graisses

La mauvaise nouvelle est que cette liste concerne la plupart des gens. Bien que les carences en vitamine A ne semblent pas courantes aux États-Unis, elles le sont certainement dans les pays en voie de développement.

L'un des premiers signes de carence est une cécité nocturne, qui peut s'aggraver si vous n’augmentez pas votre apport de vitamine A.

La vitamine A : bonne pour la vue, la croissance cellulaire, la fonction neurologique, etc.

La vitamine A est un antioxydant, elle aide donc à combattre l’inflammation et les dommages provoqués par les radicaux libres. Voici certains des aspects de la santé pour lesquels la vitamine A, qu'il s'agisse de rétinoïdes ou de caroténoïdes, est bénéfique :

Le fonctionnement du système immunitaire

La régulation des gènes

La différentiation cellulaire

Le ralentissement du vieillissement

La vue

La résistance des os

La fonction neurologique

La santé de la peau

Bonnes sources de vitamine A

La meilleure façon d'augmenter votre apport de vitamine A est via votre alimentation. Les œufs biologiques de poules élevées en libre parcours (en particulier crus, ou aussi peu cuits que possible), le lait cru entier, la crème, le beurre et le fromage bio provenant du lait de vaches nourries à l’herbe, sont tous d’excellentes sources. Voici d'autres aliments riches en vitamine A :

Le foie d'animaux élevés de façon biologique et nourris à l’herbe

Les épinards

Les courges d'hiver

Les feuilles de moutarde et le chou cavalier

Les crevettes (attention, la plupart sont des crevettes d’élevage)

Les carottes

Le saumon sauvage d’Alaska

Le chou kale

Les patates douces

La laitue romaine

Les vitamines et minéraux sont indispensables pour une santé optimale

L'article paru sur Orthomolecular.org souligne également, incidemment, à quel point les bienfaits nutritionnels des aliments sont souvent étudiés dans le seul but de développer des médicaments, et non d’encourager les gens à consommer les aliments qui apportent des nutriments, en d'autres termes de se conformer à l'adage « que ta nourriture soit ton médicament et ton médicament soit ta nourriture. »

« Les avertissements sensationnalistes et les déclarations carrément erronées indiquant que la vitamine A pourrait ‘provoquer’ le cancer ne servent en fait qu’à ameuter les lecteurs de presse et les téléspectateurs. Si l'on y regarde de plus près, les études indiquant que ‘la vitamine A favorise le cancer’ semblent souvent avoir un but précis.

Non seulement leurs auteurs nourrissent les craintes à propos de la vitamine A, mais ils dévoilent eux-mêmes leur objectif lorsqu’ils indiquent que ‘ces découvertes ouvrent une nouvelle voie au développement de médicaments.’ La possibilité de commercialisation de médicaments brevetables, apparentés à la vitamine A, est une opportunité commerciale qui n'a pas échappé à l'industrie pharmaceutique. »