La douleur est-elle contagieuse ?

En bref

  • La douleur peut se propager chez les souris par l’intermédiaire de l’odorat, ce qui suggère qu’une douleur physique peut être provoquée par des signes sociaux. La découverte a d'importantes conséquences pour les scientifiques qui travaillent sur des traitements contre la dépendance et la douleur
  • Chez l’homme, le bonheur se propage comme une maladie contagieuse. Avoir un voisin joyeux ou habiter à moins de deux kilomètres d'un ami heureux augmente vos chances d’être heureux de respectivement 34 et 25%
  • La gratitude et le fait d'avoir des liens d'affection forts tendent à générer du bonheur. La capacité d'une personne à entretenir des liens d'affection est le seul facteur qui puisse prédire la satisfaction des personnes âgées par rapport à leur vie
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La douleur serait-elle contagieuse, tout comme le bonheur ?

23 Novembre 2016 | 817 Visualisations |


Dr. Mercola

D'après une récente recherche, la douleur peut se propager chez les souris par l’intermédiaire de l’odorat, ce qui suggère qu’une douleur physique - du moins chez les animaux - peut être provoquée par de simples signes sociaux. En d'autres termes, la douleur pourrait être contagieuse.

Bien que les chercheurs ne suggèrent pas pour l’instant que le même phénomène puisse se produire chez les humains, la découverte a d’importantes conséquences pour les scientifiques qui travaillent sur des traitements contre la dépendance (qui tend à diminuer la tolérance à la douleur), entre autres, et en particulier sur des médicaments contre la douleur. Voici ce qui a été rapporté par STAT News :

« Les chercheurs se demandent aujourd'hui s'ils n’auraient pas sous-estimé la douleur de certaines souris au cours d'études passées, parce que leurs colocataires - auxquelles elles étaient comparées - auraient endossé leur niveau de sensibilité.

Cela aurait pu influencer la recherche sur de nombreux sujets, de la désintoxication aux antalgiques.

‘C’est quelque chose dont la plupart - voire tous - les chercheurs ne tiennent pas compte,’ a déclaré Loren Martin, [Ph.D.], chercheur sur la douleur à l'université de Toronto Mississauga, et qui n'a pas pris part à la nouvelle étude...

Les répercussions ne s'arrêtent pas aux souris de laboratoire. Si la même chose se vérifie pour l’homme - je dis bien SI - alors les médecins qui traitent la douleur ne devront pas se contenter de parler à leurs patients, mais ils devront également consulter leur famille et les personnes qui vivent avec eux. ‘Si vous vivez avec une personne qui souffre de douleurs chroniques, quel impact cela a-t-il sur vous ?’ interroge le Dr. Martin. »

Les émotions et les signes sociaux peuvent influencer votre perception de la douleur

la douleur du Département des Anciens Combattants, souligne que l’étude appuie l’idée déjà largement répandue selon laquelle les émotions et les facteurs sociaux peuvent influencer votre perception de la douleur. Selon le Dr. Kerns :

« Il est délicat de dire que la douleur d'une personne n’est pas réelle, ou qu’elle est psychologique, uniquement parce que nous n'avons pas développé la technologie qui nous permette de déceler ou de comprendre les facteurs biologiques.

Il est essentiel que les médecins... respectent la douleur ressentie et reconnaissent les limites des sciences biomédicales. »

De plus, comme le rapporte Prevent Disease (Prévenir la Maladie) :

« ‘Nous ne savons pas si l’odorat est impliqué chez l’homme, mais des expériences ont clairement montré que les humains sont sensibles, et changent de comportement en réaction aux odeurs qu’ils perçoivent inconsciemment,’ explique Andrey Ryabinin, [Ph.D., co-auteur et chef d’équipe] .

‘Mais de toute évidence, la vue est incroyablement importante pour l’homme, donc lorsque nous voyons un patient souffrant de douleurs chroniques faire une grimace, cela déclenche immédiatement une réaction de notre part.’

L’étude peut avoir des répercussions pour les personnes qui vivent avec des patients souffrant de douleurs chroniques, car elles pourraient elles-mêmes courir le risque de développer des douleurs chroniques, explique-t-il.

‘Tout est lié à l'importance fonctionnelle du fait d’être sensible à l’état des autres’, explique Frans de Waal, [Ph.D.] à l’université d’Emory à Atlanta, qui étudie les questions liées à l’empathie. Être à l’écoute de la situation des autres est très utile pour s'adapter et réagir à de nouvelles situations, ajoute-t-il. »

Une contagion bienvenue : celle du bonheur

L'idée que la douleur serait, d'une certaine façon contagieuse chez les humains est une idée intéressante, d'autant plus que les chercheurs ont déjà conclu que le bonheur se propage à la façon d’une maladie contagieuse.

Comme le souligne un chercheur en bonheur, des émotions telles que le bonheur « peuvent pulser à travers les réseaux sociaux, » et se propager d'une personne à l’autre.

Une étude a révélé que vivre à moins de deux kilomètres d'une personne heureuse augmente de 25% vos chances de devenir heureux et cet effet peut persister jusqu’à un an. Si votre voisin de palier est un éternel optimiste, vos chances d’être heureux augmentent de 34%.

Le bonheur se propage également vers l’extérieur, bien entendu, vers les époux et amis de ceux qui interagissent à l’origine avec une personne heureuse.

Etonnement, il a été prouvé que le bonheur de l’ami d'un ami a plus d'influence sur votre niveau de bonheur que le fait d’être augmenté de 5.000 Euros par an ! Comme le souligne le Dr. Nicholas A. Christakis, co-auteur et sociologue médical à l’université de Harvard :

« On pourrait penser que notre état émotionnel dépend de nos propres choix, actes et expériences. Mais il dépend également des choix, actes et expériences d'autres personnes, y compris de personnes auxquelles vous n’êtes pas directement liés. Le bonheur est contagieux. »

Qu’est-ce que le bonheur ?

Le fait de savoir que le bonheur est contagieux devrait inciter à le partager ouvertement le plus possible. Il est vrai que les points de vue sur ce qu’EST réellement le bonheur varient. Comme l’explique Nancy Etcoff, Ph.D., professeur adjoint de psychologie au département de psychiatrie de l’Hôpital Général du Massachusetts :

« Le bonheur peut être vu d'au moins trois façons différentes - comme un état hédonique, un état cognitif ou une philosophie de vie générale. Ensuite, le bonheur peut faire référence à une façon de penser, comme le fait d’être optimiste, ou à une façon de ressentir la joie, le plaisir, le soulagement ou la gratitude, ou simplement à une façon d’être. »

Parmi les nombreux facteurs étudiés pour leur pouvoir potentiel de susciter le bonheur, la gratitude fait partie des favoris. La beauté physique et l'argent, par exemple, n’ont qu'une influence limitée sur le niveau de bonheur d’une personne. Voici ce qui a été déclaré à Harvard :

« Au final, le fait d’être reconnaissants pour ce que nous avons pourrait être ce qui nous donne le plus de courage : des étude classiques qui ont comparé le bien-être émotionnel de gagnants à la loterie, avec celui de paraplégiques et de tétraplégiques a découvert que les trois groupes avaient des niveaux de bonheur similaires, ce qui suggère qu'une fois que l’effet initial du gain inattendu, ou du traumatisme, s’est estompé, nous nous adaptons au changement et revenons à notre valeur hédonique originale. »

Avoir des relations saines et fortes avec les autres est un autre facteur de bonheur, et peut-être le plus important. Une étude poussée a permis de découvrir que la capacité d'une personne à entretenir des liens d'affection est le seul facteur qui puisse prédire la satisfaction des personnes âgées par rapport à leur vie.

Le bonheur stimule la santé

Les chercheurs ont également montré que le bonheur a une influence épigénétique sur notre biologie, réduisant par exemple l’expression génétique inflammatoire et renforçant les réponses antivirales et celles des anticorps. Donc, pour résumer, en propageant le bonheur et la joie, vous améliorez par défaut la santé de ceux qui vous entourent.

Il est intéressant de savoir que, bien qu'il ait été démontré que la tristesse est également contagieuse, la « contagion » du bonheur est bien plus forte que celle de la tristesse - une découverte qui donne à réfléchir si vous êtes en contact avec une personne qui souffre. Ceci dit, le pessimisme peut avoir un impact significatif sur votre propre santé.

Une étude a prouvé qu’avoir une attitude pessimiste pourrait diminuer l’espérance de vie moyenne de plus de 14 ans, augmentant de 25% le risque de mourir avant l’âge de 65 ans.

Il a également été démontré que la gratitude entraîne de nombreux effets bénéfiques pour la santé, notamment une meilleure capacité à supporter le stress, la réduction de l'anxiété, un sommeil de meilleure qualité et une meilleure santé cardiaque. Des études ont également montré que la gratitude peut produire des effets mesurables sur de nombreux systèmes de votre organisme, notamment :

  • Les neurotransmetteurs liés à l’humeur (la sérotonine et la norépinephrine), ainsi que ceux liés au plaisir et à la cognition (la dopamine)
  • Les hormones reproductrices (la testostérone)
  • Les hormones des liens sociaux (l’oxytocine)
  • La tension artérielle et les rythmes cardiaque et EEG
  • La glycémie

Les habitudes qui favorisent le bonheur

Bien que le bonheur puisse parfois sembler hors d'atteinte, il est en fait possible d'augmenter vos chances d’être content, heureux et joyeux. En effet, les personnes toujours joyeuses ont tendance à avoir des habitudes qui les différencient de leurs pairs tristes et stressés, telles que ne pas s’encombrer de rancunes, traiter les gens avec gentillesse, avoir de grands rêves, ne pas s’inquiéter pour les choses sans importance, etc. Voici une liste, établie par des psychologues, de ce qui est reconnu comme stimulant le bonheur.

Faites du bonheur votre objectif

Le premier pas vers le bonheur est de le vouloir. Vous devez croire que le bonheur existe, et que vous le méritez. (Mais oui, vous le méritez. Comme tout le monde !) La recherche montre que la simple INTENTION de devenir plus heureux fait vraiment une grosse différence.

 

Identifiez ce qui vous rend heureux

Si cela fait longtemps que vous ne vous êtes pas senti vraiment heureux (cet état de joyeuse insouciance que vous avez probablement connu lorsque vous étiez enfant), il se peut que vous ayez oublié comment y parvenir. Prenez le temps de penser à ce qui vous apporte du bonheur (pas seulement ce qui semble « évident », comme votre famille, mais pensez aussi aux petits bonheurs, vos passe-temps et centres d’intérêts).

 

Faites du bonheur une priorité

Lorsque vous avez une heure de libre, la passez-vous à faire quelque chose d’amusant? Ou en profitez-vous plutôt pour rattraper des tâches ménagères en retard, vous attaquer à un nouveau projet professionnel, ou à travailler d’une façon ou d'une autre ? Cette dernière option est le signe d'une « forme de folie mineure », selon le Docteur Robert Biswas-Diener, chercheur en bonheur.

 

Savourez les moments agréables
Peu importe ce que le reste de la journée leur réserve, les gens qui prennent le temps de savourer les bons moments se sentent plus heureux que les autres. Si vous ne le faites pas encore, tenir un agenda quotidien des bons moments en indiquant si vous les avez vraiment savourés, peut vous aider.

Vous pourriez être surpris de tout le bonheur que vous pouvez tirer de votre quotidien. Essayez d'apprécier l'arôme de votre café, le confort de votre lit douillet, ou de profiter du lever du soleil avant de commencer votre journée.

 

Éliminez les distractions inutiles ou sans intérêt
Les journées ne font que 24 heures, ne vous laissez pas distraire et ne perdez pas votre temps en activités inutiles et improductives. Cela inclut les textos, les tweets, et les e-mails, qui vous éloignent des vrais plaisirs de la vie. Au besoin, déconnectez-vous des réseaux sociaux.

Vous pensez que garder un œil sur vos amis de Facebook vous rend heureux ? Réfléchissez bien. La recherche suggère que plus les gens passent de temps sur Facebook, moins ils vivent d’instants de bonheur, et plus ils sont insatisfaits de la vie.

 

Faites en sorte que chacune de vos pensées soit positive

Le simple fait de penser à un évènement heureux et d’en sourire peut vous rendre plus heureux et vous donner de l’entrain. (Les sourires feints ne font en fait qu'aggraver l'humeur.) Un sourire franc sollicite les muscles autour de vos yeux, et peut réellement provoquer des changements dans votre cerveau, qui sont associés à une hausse de moral.

 

Donnez la priorité aux expériences plus qu’aux choses matérielles

La recherche suggère que les expériences nous rendent plus heureux que la possession de biens ; l'intérêt d'un objet neuf disparaît, tout comme la joie qu'il vous apporte, alors que les expériences améliorent votre vitalité, votre sentiment « d’être en vie », tant pendant l’expérience que lorsque vous y repensez plus tard.

 

Ayez un plan de secours pour les mauvais jours

Prévoyez un plan de secours pour vous remonter le moral les mauvais jours, quand votre moral est en chute libre. Appeler un ami proche, regarder une comédie, ou sortir courir, quelle que soit l'activité qui vous réussit le mieux.

 

Identifiez votre source de motivation

Le bonheur n’est pas qu’une question de plaisir ; pour être heureux, il faut aussi avoir une source de motivation. Le terme « bien-être eudémonique » nous vient d’Aristote, et décrit la forme de bonheur qui provient d'activités qui vous motivent, qui vous apportent une raison d’être, ou un épanouissement personnel. Cela peut être votre carrière, mais vous pouvez aussi le trouver en faisant du volontariat, ou même en prenant un cours de cuisine.

 

Nouez des liens - y compris avec des étrangers

Avoir de véritables relations sociales est important pour être heureux, mais même les personnes qui pratiquent le « social snacking » semblent plus heureuses. Le « social snacking » décrit les contacts, même brefs, que vous avez quotidiennement avec les autres, y compris des inconnus.

 

Échappez-vous

Il est important de vous échapper du train-train quotidien pour vous ressourcer. Bien qu’une escapade d'un week-end puisse déjà vous donner un regain d’énergie, un voyage un peu plus long vous permettra de créer plus de souvenirs. Vous pourrez puiser plus tard dans ces souvenirs qui stimuleront votre bonheur. Les experts recommandent idéalement de partir deux semaines, sans forcément vous éloigner beaucoup de chez vous.

 

Passez plus de temps à l’extérieur

L’exposition à la lumière du jour est essentielle à la bonne humeur, notamment parce qu'une exposition régulière au soleil favorise la libération d’endorphine et donc améliore votre humeur et votre énergie. Vous exposer à la lumière du soleil vous aidera aussi à optimiser votre taux de vitamine D . On sait depuis longtemps que la carence en vitamine D est associée à la dépression saisonnière, ainsi qu’à la dépression chronique.

 

Soyez gentil

Lorsque les gens se font un devoir de mener trois à cinq bonnes actions par semaine, il se produit quelque chose de magique. Ils sont plus heureux. De simples gestes de gentillesse - un compliment, laisser quelqu’un passer devant vous à la caisse, offrir un café, etc... - sont contagieux et aident toutes les personnes impliquées à se sentir bien.

 

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