La numération des spermatozoïdes a baissé de 50% dans le monde entier depuis 1973

Stérilité Masculine

En bref -

  • D'après la plus importante méta-analyse de ce type jamais conduite, la numération des spermatozoïdes a baissé de 50% dans le monde entier entre 1973 et 2013, atteignant 47 millions/mL, et elle continue de diminuer
  • Les perturbateurs endocriniens ont sans aucun doute contribué au terrible déclin de la santé reproductive chez les hommes. Les rayonnements excessifs de micro-ondes provenant des technologies sans fil, l’obésité et l’inactivité jouent également un rôle significatif
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Dr. Mercola

Les scientifiques mettent en garde sur le fait que la fertilité de l’Homme est sur une mauvaise pente, et c’est sans doute la vie moderne - avec ses « progrès » technologiques et chimiques - qui est à blâmer.

On a généralement tendance à se préoccuper davantage de la stérilité féminine, mais aujourd'hui c’est la stérilité masculine qui fait les gros titres, car les récentes recherche montrent que la concentration et la qualité des spermatozoïdes a considérablement diminué au cours des dernières décennies.

D'après l’un des deux articles publiés récemment, une méta-analyse de 185 études, et la plus importante de ce type jamais conduite, la numération des spermatozoïdes a baissé de 50% dans le monde entier entre 1973 et 2013, atteignant 47 millions/mL, et elle continue de décroitre.

Les diminutions les plus importantes ont été notées dans les échantillons provenant d'hommes d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Australie et de Nouvelle Zélande, dont de nombreux présentaient des concentrations en-deçà de 40 millions/mL (les hommes susceptibles d’être stériles, par exemple ceux fréquentant une clinique de fécondation in vitro, ont été exclus de l’étude.)

Globalement, les hommes de ces pays présentaient une diminution de 52,4% de la concentration des spermatozoïdes et une diminution de 59,3% de la numération totale (concentration des spermatozoïdes multipliée par le volume total d'un éjaculat).

Taux de stérilité masculine

D'après l’Organisation Mondiale de la Santé, une numération de spermatozoïdes de 40 millions/mL est la limite en-deçà de laquelle un homme aura des difficultés à féconder un ovule, ce qui signifie que la moitié des hommes de la plupart des pays développés sont stériles ou sur le point de l’être.

Les hommes d’Amérique du Sud, d’Asie et d’Afrique ne présentaient aucune diminution notable, mais cette différence pourrait venir du fait que les échantillons obtenus de ces pays étaient moins nombreux.

Ainsi que le souligne Frederick vom Saal, professeur émérite de sciences biologiques à l’Université du Missouri, qui a participé à l’étude, ces découvertes sont un signal d'alarme et une mise en garde qui indique que nous sommes « dans une dangereuse spirale d'infertilité chez les hommes ».

En effet, d'après le Dr. Hagai Levine, auteur principal, qui a qualifié les résultats de « graves » et de « choquants », les possibilités d’extinction de la race humaine sont très sérieuses si la tendance se poursuit.

Les perturbateurs endocriniens bouleversent la capacité reproductrice des hommes

Le second article, publié dans PLOS Genetics, suggère que les perturbateurs endocriniens sont responsables du déclin catastrophique de la santé reproductive des hommes.;

Il révèle qu’une exposition de souris mâles à l’éthinyl estradiol, une hormone sexuelle synthétique présente dans les pilules contraceptives, provoque des problèmes de développement du système reproducteur, et diminue la numération des spermatozoïdes.

Bien que les hommes n’utilisent pas de pilules contraceptives, ils y sont néanmoins exposés au travers des eaux contaminées et par d'autres sources.

Les hommes sont également exposés quotidiennement à de nombreux autres perturbateurs endocriniens, qui sont utilisés dans des plastiques, des produits de soins corporels, des désherbants tels que le glyphosate (qui est un contaminant très courant dans les aliments non-biologiques), etc.

L’étude a également confirmé que les effets des œstrogènes environnementaux sont générationnels. À chaque nouvelle génération, les mâles deviennent de plus en plus stériles.

Bien que les femmes soient également affectées par ce type de substances chimiques, les hommes le sont de façon disproportionnée, en raison de la façon dont se développe leur système reproducteur in utéro. Au départ, les fœtus mâles et femelles sont relativement identiques. Ce sont les hormones sexuelles qui entrainent la différentiation entre les sexes.

Hélas, lorsque des substances chimiques synthétiques, imitant ces hormones essentielles, entrent en jeu, cela perturbe les processus et interfère avec le processus biologique qui donne au fœtus le genre masculin.

La corruption et les mensonges menacent la santé et la survie de l’Homme

Les États-Unis autorisent l’utilisation de plus de 84.000 substances chimiques dans les produits ménagers, les cosmétiques, l’alimentation et les emballages alimentaires, et pour une majorité d’entre eux, leur innocuité n'a jamais été testée.

D’après le Government Accountability Office américain (organisme d'évaluation du Congrès des États-Unis chargé du contrôle des comptes publics), 85% des demandes d'autorisation de nouvelles substances chimiques ne comprennent aucun test quel qu’il soit.

Pire encore, on sait que l’industrie chimique ment depuis longtemps à propos de l’innocuité de ses produits, et son puissant lobby a permis à l’industrie de saturer le monde de substances chimiques extrêmement dangereuses, sans contrôle, ou presque.

Ainsi que l'a révélé Grant David Gillham, consultant politique qui dirigeait l’association « Citizens For Fire Safety », l’American Chemistry Council (le groupement commercial de l’industrie chimique) a purement et simplement menti lorsqu’il a affirmé n'avoir aucun rapport avec Citizens for Fire Safety.

Le groupe a en fait été créé dans le but précis de promouvoir l’utilisation de retardateurs de flammes dans les meubles - en dépit du fait qu’ils ne fonctionnent pas et sont gravement toxiques - afin de protéger les intérêts de l’industrie.

Tout ce qui pénètre dans l’organisme d'une femme enceinte peut potentiellement passer dans celui de son enfant à naître, et les preuves scientifiques suggèrent fortement que l’exposition aux produits chimiques contribue au cancer, aux troubles du système reproducteur, à une puberté précoce et à de nombreux autres troubles endocriniens, neurologiques et métaboliques.

Perturbateurs endocriniens

Bisphénol-A (BPA)

Dioxine

Atrazine

Phtalates

Perchlorates

Retardateurs de flammes

Plomb

Mercure

Arsénique

Composés perfluorés(PFC)

Pesticides organophosphorés

Éthers de glycols

Autres causes importantes de stérilité

Bien que les perturbateurs endocriniens fassent partie des principaux facteurs contributifs, ce ne sont pas les seuls. Voici d'autres éléments susceptibles d’affecter la capacité reproductrice d'un homme:

  • Les expositions aux champs électromagnétiques (EMF)
  • Les carence nutritionnelles et/ou intolérances alimentaires
  • Le stress
  • Les déficits immunitaires
  • L'obésité et/ou l’inactivité

Ces facteurs subtils mais essentiels interagissent de façon synergique et affectent la qualité des ovules et des spermatozoïdes, et donc la capacité des couples à concevoir, ainsi que la santé de l’embryon.

Bien qu’une intolérance au gluten ne puisse pas provoquer de stérilité, par exemple, l'inflammation intestinale qui en résulte peut affecter votre absorption des nutriments et entrainer des carences parmi les nutriments qui sont essentiels à un sperme et à des ovules optimaux, à la production d'hormone et à une grossesse saine.

En termes d'alimentation, certains nutriments sont plus importants que d'autres pour la fertilité. Les acides gras oméga-3 d'origine animale et la vitamine D sont deux composants essentiels pouvant avoir un impact significatif. Les deux sont également essentiels pendant la grossesse pour protéger la santé de la mère et de son enfant.

Optimiser son taux de vitamine D peut être l’une des choses les plus importantes pour une femme enceinte, car la recherche montre clairement qu’un taux sérique de vitamine D d'au moins 40 ng/mL (100 nmol/L) réduit le risque de naissance prématurée de 60%.

Méthodes pour traiter la stérilité et booster naturellement la fertilité

Minimisez votre exposition aux substances chimiques toxiques

L’exposition aux toxines environnementales, tant in utéro que chez les nouveau-nés, peut considérablement affecter la fertilité à l’âge adulte. Les composés pouvant altérer les fonctions hormonales et entraîner des effets néfastes sur la santé reproductive comprennent, entre autres, les métaux lourds, les perturbateurs endocriniens, les phtalates (associés à la toxicité testiculaire et aux perturbations hormonales, même en faibles quantités), les VCH utilisés dans les pneus en caoutchouc, les plastiques et les pesticides, les HAP libérés par les cigarettes, les échappements de voitures et le goudron des routes, les pesticides et désherbants, le formaldéhyde, les bisphénols que l’on trouve dans les produits en plastique, les solvants organiques, les produits pour le nettoyage à sec et les vapeurs de peinture.

Évitez de boire de l’eau du robinet non filtrée

Nos cours d’eau sont constamment pollués par des déchets et sous-produits industriels, par des médicaments (tels que pilules contraceptives et autres thérapies hormonales), des pesticides et des produits d’entretien du commerce. Les métaux lourds sont les plus courants des toxines reproductives qui arrivent dans notre eau potable par l’intermédiaire des déchets industriels, des gaz d’échappements des avions, et de nombreuses autres sources.

Adoptez une alimentation qui favorise la fertilité

Une alimentation optimale pour la fertilité est autant une question d’aliments à éviter, que d'aliments à favoriser. Mangez de VRAIS aliments, idéalement bio et cultivés localement, pour éviter les résidus de pesticides. Les aliments transformés et conditionnés sont une source courante de pesticides, mais également de substances chimiques telles que bisphénol-A et phtalates.

Les éléments clés sont des sources de protéines de bonne qualité (bio et nourris à l’herbe pour ce qui est des produits d'origine animale) et des graisses saines.

Évitez les produits animaux provenant d’élevages industriels, les gras trans nocifs et les huiles végétales transformées. De plus, évitez les produits à base de soja non fermenté, car le soja contient des phytoestrogènes qui agissent sur les hormones. Pour obtenir un « coup de fouet » supplémentaire, pensez à consommer davantage des produits bio suivants, favorables aux spermatozoïdes : des œufs de libre parcours, des épinards, des bananes, du chocolat noir, des asperges, des brocolis, des grenades, des noix, de l’ail et tous les aliments riches en zinc (car le zinc joue un rôle clé dans le développement des spermatozoïdes).

Évitez les allergènes courants

Un système immunitaire trop actif est plus susceptible d'attaquer ses propres cellules corporelles, et le lien entre intolérances alimentaires et anticorps anti-spermatozoïdes est bien connu. Les deux intolérances alimentaires les plus répandues concernent le gluten et les produits laitiers. Le lait industriel peut également être une source d’œstrogènes, qui peuvent affaiblir la fertilité de l’homme. Voici certaines des hormones que l’on trouve dans le lait de vache industriel:

  • Prolactine
  • Somatostatine
  • Mélatonine
  • Ocytocine
  • Hormone de croissance
  • Hormone de libération de la lutéinostimuline
  • Hormone de stimulation de la thyroïde
  • Œstrogènes
  • Progestérone
  • Insuline
  • Corticostéroïdes et bien d'autres

Minimisez votre exposition aux micro-ondes

Évitez de porter votre téléphone portable sur vous lorsqu’il est allumé, et évitez de poser des tablettes ou ordinateurs portables sur vos genoux. Plus généralement, il serait également judicieux de limiter votre exposition totale en éteignant votre wifi la nuit, et en faisant de votre chambre une zone sans EMF.

Faites un dépistage des maladies sexuellement transmissibles (MST)

Certaines MST peuvent être asymptomatiques, c’est-à-dire que vous pouvez ne pas savoir que vous en êtes atteint car elles ne provoquent pas de symptômes apparents. L’une d’entre elles est l’infection à chlamydia. Chez les hommes, cette infection peut entrainer des anomalies du sperme, notamment l'apparition d'anticorps anti-spermatozoïdes.

Chez les femmes, elle peut provoquer des cicatrices, boucher les trompes et entrainer des fausses couches. La plupart des MST sont simples à traiter, il est donc utile que les deux partenaires se fassent dépister. Il n’y a pas d'intérêt à ce qu’un seul des deux partenaires le fasse, car l’autre pourrait le contaminer à nouveau.

Évitez le café, le tabac et l'alcool

Bien que le café noir biologique apporte de nombreux bienfaits pour la santé, la fertilité n’en fait pas partie. Au contraire, les études suggèrent qu’il la fait baisser. Au cours d'une étude, des hommes ayant bu quotidiennement trois boissons caféinées ou plus, pendant la phase de conception, ont augmenté le risque de fausse-couche de leur partenaire de plus de 70%.

L'alcool est également nocif tant pour les ovules que pour les spermatozoïdes, et augmente le risque de fausse-couche. Inutile de préciser que le tabac et autres drogues illicites ont aussi des effets nocifs sur la fertilité, réduisant la taille des testicules et diminuant la numération des spermatozoïdes.

Faites de l’exercice régulièrement

D'après une étude récente, faire au moins 30 minutes d’exercice trois fois par semaine peut contribuer à booster la numération des spermatozoïdes chez l’homme. De plus, pour maintenir les petits nageurs en bonne santé, il est nécessaire de rester actif - un mois après l'arrêt d’exercice physique, la numération des spermatozoïdes recommence à diminuer. Ceci étant dit, sachez que le vélo peut avoir des effets indésirables sur le sperme. Au cours d'une étude, des hommes qui parcouraient régulièrement 300 kilomètres en vélo par semaine ont présenté des problèmes de fertilité.

Normalisez votre poids

L’obésité contribue à la stérilité ; normaliser votre poids peut donc contribuer à améliorer la qualité et la quantité de votre sperme.

Limitez les bains chauds et les séances de sauna

Bien que les bains chauds et les saunas offrent de nombreux bienfaits pour la santé, la chaleur peut nuire au sperme. Au cours d'une étude de trois ans, 5 hommes sur 11 ayant arrêté de prendre des bains chauds ont vu leur numération de spermatozoïdes augmenter de presque 500%. Limiter les bains chauds et les saunas pendant quelques mois peut donc être bénéfique au cours de la phase de conception. Je fais une séance de sauna infrarouge presque quotidiennement, mais je place un petit bloc réfrigérant près de l'aine pour y maintenir une température basse.

Luttez contre le stress

Il existe de nombreuses façons de gérer le stress, notamment en veillant à dormir suffisamment, en pratiquant une activité physique régulière, en utilisant un outil comme la Technique de Libération Émotionnelles ou en pratiquant le yoga ou la méditation. Faites des essais et choisissez ce qui fonctionne le mieux pour vous.

Assainissez votre environnement 

Utilisez des produits de nettoyage naturels, ou fabriquez-les vous-même. Évitez ceux qui contiennent du 2-butoxyéthanol et du méthoxydiglycol (DGME) - deux éthers de glycol qui peuvent affecter la fertilité et provoquer des dommages fœtaux. Choisissez de préférence des produits provenant de sociétés respectueuses de l’environnement, des animaux, et du développement durable, certifiés bio et sans-OGM.

Cela s'applique aussi bien aux aliments et aux produits d'hygiène corporelle qu’aux matériaux de construction, moquettes, peintures, meubles, matelas, etc.

Lorsque vous achetez des articles neufs, tels que meubles, matelas ou sous-couche pour moquette, choisissez-les sans retardateurs de flammes, et favorisez les matériaux naturellement moins inflammables, comme le cuir, la laine, le coton, la soie et le kevlar. Évitez les vêtements, meubles et moquettes antitaches et imperméables, pour éviter les substances perfluorées (PFC). Utilisez un aspirateur avec filtre HEPA pour aspirer les poussières contaminées de la maison. C’est l’une des principales voies d’exposition aux retardateurs de flammes chimiques.