Certains enfants courent plus de risques d'avoir des pensées suicidaires


Suicide chez l’adolescent

En bref -

  • Si vous avez suivi les informations dernièrement, vous avez probablement entendu des histoires tragiques de jeunes gens qui se sont suicidés.
  • Les médias se sont particulièrement penchés sur les cas d’enfants s’étant suicidés en réaction à un harcèlement, ce qui a déclenché de nombreux débats et engendré de nouvelles lois anti-harcèlement dans de nombreux états.
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Dr. Mercola

Il est vraiment désolant que tant de nos jeunes se sentent désespérés au point de s’ôter la vie, ayant visiblement perdu tout espoir de se sentir mieux un jour. C’est d'autant plus tragique que tant de parents doivent endurer la souffrance morale de perdre un enfant - en particulier un enfant qui se suicide.

Une question assez récente vient ajouter à la nature tragique de nombre de ces cas : Quel rôle les antidépresseurs jouent-ils dans cette tendance ?

Alors que l’on prescrit aux adolescents de plus en plus d'antidépresseurs, de psychotropes et de médicaments contre les TDAH, le nombre de suicides a augmenté au lieu de diminuer. Je vais me pencher un peu plus loin sur cet aspect particulier de cette troublante tendance.

Statistiques choquantes sur les suicides d'adolescents

En 2007, le suicide était la troisième plus importante cause de décès chez les jeunes (âgés de 15 à 24 ans), derrière les accidents et les homicides. En d'autres termes, la proportion de décès des suites d'un suicide chez les adolescents est neuf fois plus importante que chez les adultes !

Toutes les deux heures, un jeune se suicide

  • Au cours des 60 dernières années, le nombre de suicides a quadruplé chez les garçons âgés de 15 à 24 ans et doublé chez les filles.
  • Les garçons dans cette tranche d’âge sont 4 à 5 fois plus susceptibles que les filles de « réussir » leur suicide. Les filles sont toutefois plus susceptibles de faire une tentative de suicide. Ceci est dû en grande partie au fait que les garçons ont tendance à choisir des méthodes plus létales que les filles pour mettre fin à leurs jours (les armes à feu pour les garçons, les médicaments pour les filles).
  • Entre 1981 et 2007, le nombre de suicides chez les enfants âgés de 10 à 14 ans a augmenté de 50%.
  • Les armes sont les méthodes les plus utilisées chez les jeunes, et sont responsables de 45,9% des suicides ‘réussis’. Les armes présentes dans les maisons sont terribles pour les enfants.
  • On estime qu’il y a plus de 1.000 suicides par an sur les campus universitaires. D'après l’American College Health Association, 9,5% des étudiants en université ont déjà sérieusement envisagé le suicide, et 1,5% ont fait une tentative.

Les conflits interpersonnels sont la première cause de tentative de suicide chez les jeunes

Les conflits interpersonnels sont souvent la principale cause de suicide d'un adolescent. L’un des conflits les plus graves auquel un adolescent puisse être confronté est le problème d'identité de genre.

Les répercussions sociales de ce problème peuvent être profondément angoissantes pour un adolescent, et malheureusement le harcèlement et les violences homophobes dont ils sont parfois victimes peuvent entraîner une tentative de suicide.

Les adolescents LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans) sont beaucoup plus susceptibles de faire une tentative de suicide que leurs camarades hétérosexuels.

Plus de 30% des jeunes LGBT ont fait part d'au moins une tentative de suicide au cours de l’année passée. Plus de 50% des jeunes transgenres font au moins une tentative de suicide avant leur 20ème anniversaire.

Indépendamment de vos sentiments et croyances à propos de la question d’identité de genre, je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que ce groupe particulier mérite plus de soutien et de compassion de la part de la société. En cherchant à comprendre le problème du suicide chez les jeunes, les chercheurs ont identifié plusieurs tendances importantes :

  • La plupart des adolescents se suicident chez eux, en rentrant de l’école.
  • Si vous avez un enfant au collège, il est probable que trois de ses camarades de classe ont fait une tentative de suicide au cours de l’année passée.
  • La menace de se suicider précède quatre suicides sur cinq.
  • Les enfants suicidaires ne reconnaissent pas tous leurs intentions. C’est pourquoi tout comportement d'automutilation doit être pris très au sérieux.
  • La plupart des tentatives de suicide d'adolescents sont provoquées par des conflits interpersonnels. Le comportement suicidaire représente souvent la tentative désespérée d’un enfant de changer le comportement et les attitudes des autres.
  • Si votre enfant a fait plus d'une tentative de suicide, cela signifie qu’il utilise ce moyen pour faire face à un stress permanent. Les enfants qui ont un tel comportement ont besoin d’aide de façon urgente, pour apprendre à mieux faire face.

Le suicide chez l'adolescent est un mélange de facteurs biologiques, émotionnels, spirituels et sociaux

  • Trop de médias électroniques. Les publicités diffusées à la télévision et sur internet sont un outil puissant dont se sert l’industrie alimentaire pour manipuler les enfants et les inciter à acheter plus d'aliments transformés et de malbouffe, qui sont mauvais pour la santé et altèrent l'humeur. Les ondes EMF dont les enfants sont bombardés à longueur de journée sont un autre problème important. Par exemple, les téléphones portables exposent leur cerveau à des niveaux de radiation dangereux, dont nous commençons seulement à voir les effets néfastes.
  • Forte augmentation de l’utilisation chez les enfants de psychotropes en vente libre. Des psychotropes qui n’ont pas été autorisés pour les enfants sont néanmoins prescrits pour traiter la dépression, l’anxiété, l’insomnie, les troubles de la concentration et même la timidité ou les maladresses sociales. Les antidépresseurs sont premiers sur la liste (je les évoquerai plus en détail un peu plus loin).
  • Diminution de l’implication des parents. De nombreux enfants grandissent dans des familles monoparentales, ou dans des familles dont les deux parents travaillent, et passent donc plus de temps seuls (ou avec des camarades) qu’avec leurs parents. Nombre de ces enfants ne sont pas suffisamment conseillés et guidés par les adultes, ils n’ont donc pas l’opportunité d'apprendre à gérer efficacement le stress.
  • Augmentation des toxines dans l’environnement et l'alimentation. On estime que la plupart des américains abritent entre 400 et 800 substances chimiques dans leur organisme. L’exposition aux toxines environnementale provenant de l’air, de l’eau et de l’alimentation est associée à la dépression, au trouble de déficit de l’attention, à la schizophrénie, et à une moindre capacité à faire face au stress.
  • Absence d’exutoire aux émotions négatives. Les enfants apprennent par l’exemple. Si personne n’apprend à un enfant comment exprimer sa tristesse ou sa peur ou d'autres émotions négatives, il  peut présenter un risque accru de souffrir de dépression et de comportement suicidaire. Un stress subi dans la petite enfance peut avoir un effet persistant sur la santé - mentale ET physique - de votre enfant.
  • Perte de connexion avec la Terre. Même lorsqu’ils sont dehors, ils portent des semelles en caoutchouc qui les isolent totalement de l’énergie de guérison de la Terre. Une nouvelle recherche très prometteuse est en cours à propos de la façon dont se reconnecter à la Terre (en marchant pieds nus) peut profondément ressourcer votre esprit et votre corps (une méthode appelée « mise à la terre » ou « earthing »).

La terreur du 21ème siècle : l’âge du cyberharcèlement

Le cyberharcèlement est un moyen relativement nouveau de maltraitance qui a beaucoup attiré l’attention des médias dernièrement. Le cyberharcèlement se définit comme suit :

« Il y a cyberharcèlement lorsqu’un enfant ou un adolescent est tourmenté, menacé, harcelé, humilié, mis dans l’embarras ou autrement pris pour cible par un autre enfant ou adolescent, au moyen d'Internet, de technologies numériques interactives, ou de téléphones mobiles. »

Pour les personnes mal intentionnées, les méthodes de cyberharcèlement sont sans fin et limitées uniquement par l’imagination d'un enfant et son accès à la technologie. Des enfants se sont entretués, d'autres se sont donné la mort, après avoir été impliqués dans une affaire de cyberharcèlement.

Une récente revue de 37 études internationales, qui portaient sur le cyberharcèlement et le risque de suicide, a conclu que les enfants qui sont victimes, auteurs, ou même témoins de harcèlement ont un risque accru d'avoir des pensées suicidaires.

L’utilisation des médias électroniques permet au harceleur de maintenir une « distance perçue » et même l'anonymat par rapport à sa victime, tout en lui portant gravement atteinte, de façon indélébile.

Comment savoir si votre enfant présente un risque suicidaire

Il n’existe malheureusement aucun moyen d’être totalement sûr qu’une personne est suicidaire - même si c’est votre propre enfant. Il n’existe pas de profil défini de l'adolescent suicidaire.

Il y a cependant des SIGNES annonciateurs que vous pouvez surveiller. Des études épidémiologiques ont identifié des variables corrélées au risque de suicide, et savoir les reconnaître vous donnera un avantage, et vous donnera le temps d'intervenir avant que votre enfant ne soit désespéré au point de se faire du mal.

D'après L'Association Américaine de Suicidologie et d'autres organismes, la plupart des adolescents suicidaires présentent l'un ou plusieurs des facteurs de risque suivants :

  • Une première tentative de suicide
  • L’expression de pensées suicidaires, morbides, ou concernant la vie après la mort, dans un contexte de tristesse, d’ennui, de désespoir, de solitude ou d'autres sentiments négatifs ; le risque est encore plus élevé s'il a un plan de suicide spécifique
  • La présence de troubles psychiatriques (par exemple dépression, abus de drogue ou d'alcool, troubles du comportement, comportements répréhensibles et/ou incarcération, etc.)
  • Un comportement impulsif, irritable et agressif, de fréquents accès de colère
  • L’augmentation de la consommation d'alcool ou de drogues
  • L’exposition à un suicide survenu dans l’entourage, en particulier le suicide d’un membre de la famille ou d'un ami
  • Un grave facteur de stress survenu récemment (par exemple problème d’identité de genre, grossesse non désirée, perte d'un parent, traumatisme, pertes anticipées, etc.)
  • Instabilité familiale ou grave conflit familial

La liste suivante est à garder à l’esprit pour évaluer le risque suicidaire potentiel de votre enfant. Elle n’est en aucun cas exhaustive mais vous donnera une idée générale des comportements à surveiller. Un enfant qui pense au suicide peut présenter les signes suivants :

  • Une humeur triste, anxieuse ou « morose » (parlant de lui comme étant une mauvaise personne, inutile ou pas assez bien, par exemple)
  • Il dort trop ou trop peu
  • Des changements de poids, d’appétit ou d’habitudes alimentaires
  • Une dégradation des habitudes d’hygiène
  • Il parle de la mort ou s’en montre préoccupé (en écrivant des poèmes sur ce thème par exemple)
  • Des résultats en baisse ou une mauvaise expérience scolaire ; il a le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur de ses ambitions, ou des attentes de quelqu'un d'autre
  • Des signes de pensées psychotiques, telles que délires, hallucinations ou pensées étranges
  • Il ne supporte pas les compliments ni les récompenses
  • Une perte de plaisir et/ou d’intérêt dans les activités sportives ou sociales
  • Un changement radical de caractère - il agit comme un rebelle alors qu’il est habituellement timide, il devient violent ou agressif, il fugue
  • Il devient subitement joyeux après une période de tristesse/dépression
  • Ses relations avec ses amis et sa famille se dégradent ; il a des problèmes avec son/sa petit(e) ami(e) ; il s’éloigne des personnes dont il est habituellement proche
  • Il s’ennuie ou a du mal à se concentrer, alors que cela ne lui ressemble pas
  • Des plaintes à propos de douleurs qui ne semblent pas avoir de véritable origine physique, tels que maux de tête, maux de ventre, etc.

Le mot de la fin c’est écoutez votre instinct. Si vous êtes concerné, demandez l’aide d'un professionnel.

De plus en plus d’enfants sont placés sous antidépresseurs - un principe dangereux qui pourrait être un facteur déterminant de l'augmentation du nombre de suicides

Chaque année, ce sont 230 millions d'ordonnances d'antidépresseurs qui sont délivrées, ce qui en fait l’un des médicaments les plus prescrits aux États-Unis.

Il est prescrit aux enfants américains trois fois plus d'antidépresseurs qu’aux enfants allemands ou hollandais, par exemple.

La dépression peut en effet conduire au suicide si elle n’est pas traitée. Mais les antidépresseurs sont-ils efficaces pour soulager les symptômes de la dépression ?

La réponse est NON.

Les études continuent de montrer que les antidépresseurs ne sont pas plus efficaces qu’un placébo, et dans certains cas même moins efficaces. Une étude publiée dans le numéro de janvier 2010 de JAMA, a conclu qu’il y avait peu d’éléments prouvant que les ISRS (un groupe connu d'antidépresseurs qui inclut le Prozac, le Paxil et le Zoloft) sont bénéfiques pour les personnes souffrant de dépression légère à modérée.

Les ISRS sont efficaces à 33%, autant qu’un placébo - mais avec bien plus d’effets secondaires, notamment des pensées et actes violents et suicidaires. Une autre étude présentée à la Conférence de neuroscience en 2009 fait état de découvertes similaires.

Les antidépresseurs semblent donc faire évoluer la dépression d’un stade de maladie « transitoire » vers une maladie plus chronique. Les antidépresseurs ne sont clairement pas la réponse qui convient pour un enfant ou un adolescent dépressif. Mais si nous éliminons cette solution, que reste-t-il ?

Une technique pleine d’espoir - et GRATUITE

Ma technique favorite pour évacuer les émotions négatives qui conduisent parfois à la dépression est la Technique de Libération Émotionnelle (EFT). L’EFT n’est pas réservée aux adultes-elle est utilisée chez les enfants pour toutes sortes de problèmes qui vont des maux de ventres à l’énurésie nocturne, en passant par les entorses et foulures, les phobies, l’anxiété sociale, les problèmes d'apprentissages, l’hyperactivité, les problèmes de sommeil, la gestion du stress - et la dépression.

Apprendre à vos enfants à faire leur « ménage émotionnel » grâce à l’EFT est un cadeau qui leur servira toute la vie. Le meilleur moment pour commencer est AVANT que les problèmes n'apparaissent - donc le plus tôt est le mieux.

D'autres suggestions pratiques pour protéger la santé mentale de votre enfant

  1. Prenez le temps de vraiment parler à votre enfant et de l'écouter. Parfois, la différence entre se sentir désespéré et retrouver l’espoir ne tient qu’au fait de se sentir aimé. Apprenez à votre enfant à s'adapter, et dites-lui qu'il est normal - et même souhaitable - de demander de l’aide.
  2. Veillez à ce que votre enfant ait une activité physique suffisante. Une activité physique régulière est une arme secrète contre la dépression, car elle aide à normaliser les taux d'insuline tout en stimulant les hormones du bien-être dans le cerveau de votre enfant. Les faire bouger peut faire des merveilles pour leur santé mentale (et la vôtre !) et est nettement mieux que de rester assis devant une télévision ou un ordinateur.
  3. Encouragez votre enfant à sortir et à jouer au soleil. Une exposition saine au soleil permet à l’organisme de votre enfant de produire de la vitamine D, qui est excellente pour son humeur. Une étude a même révélé que les personnes ayant les taux de vitamine D les plus faibles étaient 11 fois plus sujettes à la dépression que celles qui en recevaient une quantité adéquate. Veillez simplement à ce que votre enfant ne prenne pas de coup de soleil.
  4. Limitez la quantité de sucre, de soda, de céréales et d'aliments transformés que mange votre enfant. Vous contribuerez ainsi à normaliser son taux d’insuline et à empêcher qu’il devienne une victime de plus de l’obésité infantile. Le sucre provoque une inflammation chronique, qui perturbe la fonction immunitaire et peut faire des dégâts au niveau du cerveau ; la consommation de sucre est directement liée à la dépression.
  5. Enrichissez l'alimentation de votre enfant en acides gras oméga-3 de haute qualité, tels que de l’huile de krill. C’est sans doute l’un des nutriments les plus importants pour prévenir la dépression. Le DHA est l’un des acides gras oméga-3 que l’on trouve dans le saumon et l’huile de krill, et de nombreux enfants n’en ont pas un apport suffisant. Un taux de DHA faible est associé à la dépression.
  6. Veillez à ce que votre enfant dorme suffisamment. Fixez une heure de coucher et faites-la respecter. Envoyer des textos à ses amis ou jouer sur son ordinateur jusqu'au petit matin a un effet néfaste sur l'humeur de votre enfant, ainsi que sur sa santé en général. Il est prouvé qu’un temps de repos suffisant préserve les adolescents de la dépression et des pensées suicidaires.
  7. Encouragez vos adolescents à poursuivre une quête spirituelle, ou à adopter une morale sérieuse. Il a été prouvé que ces concepts encouragent la résilience et le développement sain des adolescents. Les études montrent que les adolescents ayant une spiritualité épanouie présentent moins de symptômes dépressifs et moins de comportements à risque.