C’est confirmé : la graisse abdominale est bien plus dangereuse qu'un IMC indiquant une obésité


Graisse abdominale

En bref -

  • Une étude sur la graisse abdominale confirme que la graisse viscérale - celle qui entoure les organes internes - est bien plus dangereuse qu’un IMC indiquant une obésité
  • Au cours de l’étude, il y a eu 2,75 fois plus de décès par maladie cardiovasculaire chez les personnes d'un poids normal qui avaient du ventre, que chez celles qui avaient un IMC et un rapport taille-hanches normaux
  • Trois techniques de mesure sont examinées - toutes les trois étant de meilleurs indicateurs de risque de maladie et de corpulence saine, que le calcul de l’IMC qui ne tient pas compte de la masse musculaire
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Dr. Mercola

Une étude sur la graisse abdominale, présentée au Congrès de la Société Européenne de Cardiologie, confirme que la graisse viscérale - celle qui entoure vos organes internes - est bien plus dangereuse pour la santé qu’on ne l’imagine.

L'indicateur traditionnel d’obésité, l’IMC (indice de masse corporelle) se révèle terriblement imprécis car il a été déterminé qu’avoir un IMC normal et une obésité abdominale importante était plus dangereux qu'avoir un IMC dans la fourchette de l’obésité.

Au cours de l’étude, il y a eu par exemple 2,75 fois plus de décès par maladie cardiovasculaire chez les personnes d'un poids normal qui avaient du ventre, que chez celles qui avaient un IMC et un rapport taille-hanches normaux Cela signifie également que contrôler sa graisse abdominale est plus important que de surveiller son IMC.

Votre « poids » idéal n’est pas nécessairement basé sur les kilos...

Il existe de nombreuses méthodes pour calculer votre corpulence idéale. L’étude mentionnée plus haut a utilisé le rapport taille-hanches. Ce rapport est obtenu en mesurant le tour de hanches à l’endroit le plus fort, au niveau des fesses. Mesurez ensuite votre tour taille à l’endroit le plus mince, au-dessus de votre nombril. Pour obtenir le rapport, divisez votre tour de taille par votre tour de hanches.

L’université du Maryland propose un calculateur en ligne de rapport taille-hanches pratique, qui vous indique également si vous présentez un risque accru de maladie cardiaque. L'étude a utilisé les indications suivantes de rapport taille-hanches :

  • Normal = 0,85 ou moins pour les femmes, et 0,90 ou moins pour les hommes
  • Élevé = 0,85 ou plus pour les femmes, et 0,90 ou plus pour les hommes

Une autre méthode encore plus simple pour déterminer si vous avez un problème de poids est de mesurer uniquement votre tour de taille (la partie la plus mince située en dessous des côtes et au-dessus du nombril). Le tour de taille est la mesure anthropométrique du total de graisse corporelle la plus simple.

Chacune de ces méthodes est bien meilleure que l’IMC pour juger du risque de maladie, car l’IMC ne tient pas compte de votre musculature. L’IMC ne vous donne pas non plus d'indication de votre masse graisseuse intra-abdominale.

Le tour de taille, par contre, donne une bonne indication de la quantité de graisse que vous portez, en particulier autour de l’estomac. La graisse abdominale est considérée comme un facteur de risque important de maladies cardiovasculaires telles que les maladies coronariennes, et les crises cardiaques.

Votre tour de taille est également un puissant indicateur de sensibilité à l’insuline, car les études montrent clairement que la mesure du tour de taille est l’une des méthodes les plus efficaces pour prédire le risque de diabète. Si vous souhaitez savoir si votre tour de taille est sain, voici la règle générale :

  • Pour les hommes, un tour de taille entre 94 et 101 cm (37 à 40 pouces) correspond à un surpoids, et plus de 101 cm correspond à l’obésité
  • Pour les femmes, un tour de taille entre 80 et 88 cm (31,5 à 34,6 pouces) correspond à un surpoids, et plus de 88 cm correspond à l’obésité

L’indice de masse grasse - une autre méthode pour évaluer la corpulence idéale

Un autre outil vers lequel se tournent aujourd'hui de nombreux experts, comme étant la mesure la plus précise de l’obésité, est l’indice de masse grasse. Comme son nom l’indique, il s’agit simplement du taux de graisse présent dans votre corps, et il peut être un puissant indicateur de votre santé.

  • Une quantité trop importante de graisse corporelle est liée à des problèmes de santé chroniques tels que l’hypertension artérielle, un taux élevé de cholestérol, des maladies cardiaques, le diabète et le cancer.
  • Un manque de graisse corporelle est également source de problèmes et peut entrainer votre corps vers un état catabolique, dans lequel les protéines musculaires sont utilisées comme carburant.

Voici les recommandations générales de l’American Council on Exercice (ACE - Conseil américain pour l'activité physique) :

Classement Femmes (taux de graisse) Hommes (taux de graisse)
Graisse essentielle 10 à 13 % 2 à 5 %
Athlètes 14 à 20 % 6 à 13 %
Fitness 21 à 24 % 14 à 17 %
Acceptable 25 à 31 % 18 à 24 %
Obèse 32 % et plus 25 % et plus

L’adipomètre est l’un des outils les plus précis et les plus fiables pour mesurer la graisse corporelle. Il s'agit d’un dispositif manuel léger qui mesure rapidement et simplement l’épaisseur d'un pli de votre peau avec la graisse sous-cutanée. Prises en trois points spécifiques du corps, ces mesures peuvent vous aider à estimer votre proportion totale de graisse corporelle.

Est-il important de réduire votre apport de fructose pour perdre du poids ?

Une récente étude publiée dans le Nutrition Journal a relancé la question de l’impact sur la santé du sirop de glucose-fructose par rapport au sucre. Les auteurs déclarent que leurs conclusions indiquent qu’il n'y a aucune différence sur la perte de poids entre le sucre classique et le sirop de glucose-fructose.

Le Dr. Richard Johnson, auteur de The Sugar Fix, et de The Fat Switch (que j'évoquerai plus loin), m'a fait part de la réfutation suivante.

Une récente étude de l’équipe de James Rippe a rapporté dans le Nutrition Journal que les régimes hypocaloriques, qu’ils autorisent le sucre ou le sirop de glucose-fructose, entrainent des pertes de poids équivalentes. L’étude a porté sur 267 adultes en surpoids, désignés de façon aléatoire à suivre des régimes hypocaloriques contenant soit :

  • 10 % des calories en sucre (sucrose)
  • 20 % en sucre (sucrose)
  • 10% en sirop de glucose fructose, ou
  • 20% en sirop de glucose fructose

Chaque groupe suivait un régime calculé de façon à réduire l'apport calorique total de 500 calories, et ils suivaient tous un programme d’exercices physiques. Après 12 semaines, tous les groupes présentaient une perte de poids similaire.

Les auteurs en ont conclu que l'aspect essentiel pour perdre du poids est la restriction calorique et non la teneur en fructose de l’alimentation. Ils ont également indiqué que les régimes contenant du sucrose et ceux contenant du sirop de glucose-fructose agissaient de la même façon.

Pourquoi la teneur en fructose des aliments est importante

Penchons-nous sur deux questions que soulève cette étude. La première est de savoir s'il est important de réduire l'apport de sucres ajoutés lorsque vous suivez un régime. La seconde question est de savoir s'il existe une différence entre le sucre de table (sucrose) et le sirop de glucose-fructose.

  1. Est-il important de réduire le sucre ? Il est vrai que le poids est très largement gouverné par les lois de la thermodynamique, et que le moyen le plus efficace pour perdre du poids est de réduire ses apports alimentaires. C’est pourquoi tout régime dans lequel l'apport calorique est restreint est efficace pour perdre du poids.

    Toutefois, il est important de réduire les apports de sucres ajoutés, tel que le sucre de table (sucrose) ou le sirop de glucose-fructose (HFCS). Ces sucres contiennent du fructose, et il a été démontré que le fructose favorise la prise de poids parce qu'il peut entrainer une résistance à la leptine, une hormone qui contrôle l’appétit.

    Lorsque l’on donne du fructose aux animaux, ils perdent leur capacité à contrôler leur appétit. Restreindre les apports de fructose peut permettre de recouvrer la sensibilité à la leptine. Cela peut expliquer en partie pourquoi les régimes pauvres en glucides favorisent la perte de poids, puisque ce sont essentiellement des régimes faibles en fructose.

    Toutefois, le problème de l'étude de James Rippe est que les quatre régimes consistent en une réduction calorique équivalente - les bienfaits sur le poids d'une réduction de fructose auraient donc été largement masqués.

    On perçoit cependant une tendance des bienfaits en ce que les deux régimes qui contenaient 10 % de sucrose ou de HFCS ont permis une perte de poids de respectivement 3,3 et 4,15 kg, tandis que les deux autres qui contenaient 20 % de HFCS ou de sucrose n'ont entrainé qu'une perte de respectivement 2,4 et 1,9 kg.

    Ceci s’explique sans doute par le fait que les régimes plus pauvres en fructose permettaient de satisfaire l’appétit plus efficacement et représentaient un apport énergétique différent.

    Le plus préoccupant n’est pas tant le poids, mais plutôt les effets du fructose sur la composition corporelle, la stéatose hépatique et la résistance à l’insuline. Le fructose peut rapidement provoquer un syndrome métabolique et une stéatose hépatique, qui n’est pas observée chez les animaux auxquels on donne le même nombre de calories de fructose que de glucose ou d'amidon.

    La prise de poids est plutôt provoquée par les calories, mais la stéatose hépatique et la résistance à l’insuline sont plutôt dues au fructose. Dans cette étude, les auteurs n’ont pas considéré la stéatose hépatique ou la résistance à l’insuline comme des conséquences.

    Ils ont toutefois mesuré des modifications des taux de masse grasse - et nous constatons à nouveau des tendances similaires, avec une réduction de 1,5 à 2,4 % de graisse dans les groupes à 10 % de sucrose et de HFCS, et une réduction de 1,1 à 1,3 % de graisse dans les groupes à 20% de sucrose et de HFCS.

    Ces études suggèrent donc que réduire les calories peut faire perdre du poids, mais que l'apport de fructose joue également un rôle.

    En effet, il est dommage que les auteurs n’aient pas inclus dans leur étude un régime hypocalorique riche en sucre. Certains adolescents consomment par exemple 30% de leurs aliments sous forme de sucres ajoutés.

    Nous avons découvert que des rats de laboratoire nourris à 40% de sucre développaient des diabètes et des stéatoses hépatiques même en étant restreints en termes de calories. Il nous faut donc reconsidérer la question de savoir si les calories ne sont que des calories.

    Les calories sont importantes lorsqu’il est question de poids, mais le type de calorie peut faire une grande différence sur la façon dont elles affectent notre risque d'accumulation de graisse, et notre risque de diabète.

  2. Y a-t-il des différences entre le sucre et le HFCS ? L'étude de l’équipe de James Rippe suggère également que le HFCS et le sucre ont des effets relativement équivalents. Bien sûr, les deux contiennent du fructose et peuvent entrainer un syndrome métabolique et une prise de poids chez l'animal. Toutefois, il existe plusieurs différences qui suggèrent que le HFCS serait légèrement plus néfaste.

    Tout d'abord, les sodas contenant du HFCS sont plus riches en fructose que ceux qui contiennent une quantité équivalente de sucrose, notamment à cause de la teneur en fructose plus élevée du HFCS. Notre équipe a découvert que cela se traduit par un taux sanguin de fructose plus élevé ainsi que par une tension artérielle plus élevée après ingestion.

    Plus récemment, l’équipe de Michael Goran a découvert que le pourcentage de fructose dans les boissons contenant du HFCS est souvent plus élevé que ce qui est indiqué sur l’emballage, et qu’elles peuvent contenir jusqu’à 65 % de fructose.

    De plus, il pourrait également y avoir une différence entre les deux boissons, dans la façon dont le fructose en est absorbé. Le HFCS pourrait en effet résulter en une absorption plus rapide du fructose, ce dernier n’étant pas fixé, alors que le sucrose doit d'abord être décomposé en glucose et en fructose dans les intestins avant d’être absorbé.

    Notre équipe a découvert que des mélanges de fructose et de glucose provoquaient des stéatoses hépatiques plus graves que des quantités équivalentes de sucrose, chez les animaux de laboratoire. Il est évident que des études supplémentaires sont nécessaires, mais les données suggèrent qu'il existe probablement des différences biologiques entre ces deux sucres ajoutés.

Pour résumer, nous recommandons de réduire les apports en sucres ajoutés, tant en sucrose qu’en HFCS, dans tout régime diététique. Il est moins utile de réduire les apports de fruits frais car, bien qu'ils puissent également contenir du fructose, ils apportent également de nombreux excellents nutriments qui aident à combattre les effets du fructose. Des études complémentaires sont nécessaires pour déterminer si les différences biologiques entre le HFCS et le sucrose sont cliniquement importantes.

‘L'interrupteur de graisse’ pourrait être essentiel pour stopper l’obésité

Si vous avez déjà été confronté au problème de la perte de poids et du maintien du poids atteint, vous savez à quel point cela peut être difficile. Le nouveau livre du Dr. Johnson, The Fat Switch, (disponible en Anglais uniquement) présente une approche révolutionnaire de la prévention et de l’inversion de l’obésité.

Le Dr. Johnson m'a demandé de publier son livre pour l’aider à faire passer le message, et c’est exactement ce que nous espérons faire. C’est le premier livre que nous publions dont je ne suis pas l’auteur, parce que j'ai senti qu’il transmettait un message puissant sur un sujet très important, qui est au centre des enseignements de ce site.

Je suis convaincu qu’il est essentiel de comprendre la façon dont le fructose influence votre métabolisme des graisses en activant votre « interrupteur de graisse » pour parvenir à un poids et à une santé optimaux. D'après le Dr. Johnson, qui se base sur dix années de recherches :

« Les personnes obèses mangent plus à cause d’un ‘interrupteur’ défectueux et font moins d’exercice physique parce qu’elles ont moins d’énergie. Si vous pouvez apprendre à contrôler l’'interrupteur’ particulier situé dans la centrale de chacune de vos cellules - les mitochondries - vous tenez la clé pour combattre l’obésité. »

Je vous recommande vivement de vous procurer ce livre, qui est qualifié de « Saint Graal » des personnes qui ont des problèmes de poids. Le Dr. Johnson y explique en détails les cinq vérités essentielles suivantes :

  1. La suralimentation et le manque d’exercice ne sont pas seuls responsables de votre prise de poids
  2. Le syndrome métabolique est un état normal que les animaux subissent pour faire des réserves de graisse
  3. L'acide urique est augmenté par certains aliments particuliers et contribue à l’obésité et à la résistance à l’insuline
  4. Les sucres contenant du fructose provoquent l’obésité non pas à cause des calories, mais parce qu’ils actionnent l'interrupteur de graisse
  5. Pour traiter l’obésité efficacement, il faut désactiver l'interrupteur de graisse et améliorer le fonctionnement de vos mitochondries cellulaires