Comment soigner les troubles mentaux par l’alimentation

Troubles Mentaux

En bref -

  • Il existe quatre types biochimiques de personnes violentes. Nombre d’entre elles présentent de graves carences en zinc, une pyroluria, un faible taux de spermine dans le sang et des défauts de méthylation - une combinaison rare de défauts biochimiques
  • Le zinc, le cuivre, la vitamine B-6, le sélénium, les folates et la S-adénosylméthionine (SAM) font partie des nutriments qui ont un impact très important sur la santé mentale
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Dr. Mercola

Certains nutriments spécifiques peuvent-ils améliorer votre santé mentale ?

Oui, tout à fait. William Walsh, Ph.D., président de l’Institut à but non lucratif Walsh Research à Naperville, dans l’Illinois, et auteur de « Nutrient Power : Heal your Biochemistry and Heal your Brain, » (« Le pouvoir des nutriments : soignez votre biochimie et guérissez votre cerveau ») est spécialisé dans la psychiatrie basée sur les nutriments et la médecine nutritionnelle.

Il a conçu des programmes nutritionnels pour des athlètes olympiques, des joueurs de la NBA et de grands champions de baseball. Mais surtout, il a consacré une grande partie de sa carrière à essayer d'améliorer la santé mentale par le biais de la nutrition.

La biochimie et le cerveau des criminels

Sa rencontre avec le Dr. Carl Pfeiffer, qui faisait des recherches sur les métaux lourds et la schizophrénie, a donné au Dr. Walsh de précieuses orientations. Il s'avère que les taux de métaux, notamment de cuivre, de zinc et de manganèse, sont anormaux chez les criminels, par rapport à la population globale.

Le Dr. Walsh a découvert quatre types biochimiques de personnes violentes. L'un de ces types correspondait aux sociopathes, qui présentaient tous de graves carences en zinc, une pyroluria, un faible taux de spermine dans le sang et une sous-méthylation. Cet ensemble de défauts biochimiques représente une combinaison rare.

Une étude, menée en collaboration avec le Dr. Pfeiffer, a conduit à l’élaboration de thérapies nutritionnelles pour chacun des types de comportement.

La pyroluria est un état de stress que l’on retrouve couramment dans les maladies du cerveau. Les Dr. Abram Hoffer et Pfeiffer, experts en niacine, ont élaboré un test urinaire qui est le test de référence pour dépister cette maladie génétique, qui altère la biochimie de la moelle osseuse et de la rate.

Les personnes atteintes de pyroluria produisent cinq à dix fois plus de pyrroles que la normale - un produit dérivé de réactions naturelles, comme la formation d'hémoglobine. Bien qu’inoffensifs en eux-mêmes, les pyrroles se fixent sur tous les aldéhydes, tels que la vitamine B-6, et les éliminent. Ils sont également responsables d’une importante baisse des réserves de zinc.

Résultat, les personnes atteintes de pyroluria ont des niveaux exceptionnellement bas de vitamine B6 et de zinc, ce qui peut avoir de graves conséquences sur la fonction cérébrale, affectant par exemple leur mémoire et leurs capacités de lecture. La carence en vitamine B6 est également assez courante chez les enfants atteints de troubles du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH).

Les nutriments intervenant dans la synthèse dictent la fonction mentale

Le Dr. Walsh a plus tard inclus dans ses recherches les enfants atteints d’autisme et de TDAH. Grand amateur de chiffres, il a commencé à amasser une énorme base de données. À ce jour, il détient l’une des plus importantes bases de données chimiques au monde liée à l’autisme, à la dépression et aux troubles du comportement.

La surcharge de cuivre associée à l'autisme, à la schizophrénie et à la dépression post-partum

Le cuivre est un autre oligo-élément important, car il joue un rôle distinct dans la synthèse de la norépinéphrine, un neurotransmetteur essentiel. Le cuivre divalent (Cu2+) est un facteur essentiel dans le ratio dopamine/norépinéphrine.

Des études animales ont montré que lorsque les animaux sont privés de cuivre jusqu’à atteindre 25% du taux de cuivre sanguin normal, le ratio entre la norépinephrine et la dopamine est multiplié par plus de trois. La plupart d’entre nous avons la capacité de contrôler homéostatiquement notre taux de cuivre. Toutefois, certaines personnes n’ont pas cette capacité.

Comment mesurer vos taux de zinc et de cuivre

Les experts en matière de zinc s'accordent généralement à dire que le taux sanguin de zinc est la mesure la plus précise. Le test du goût a une certaine valeur mais est parmi les moins fiables. Pour mesurer le cuivre de façon précise, la meilleure méthode est le test sanguin et la plupart des laboratoires dans le monde en proposent des analyses fiables.

Le Dr. Walsh recommande de faire pratiquer en même temps un dosage de céruloplasmine, qui permet de déterminer votre quantité de radicaux libres de cuivre, un bon indicateur de votre taux de stress oxydatif. Un test de protéine C-réactive ultrasensible (CRP) est également utile comme marqueur d'inflammation.

Malheureusement, notre style de vie moderne favorise grandement le stress oxydatif, avec ses aliments transformés, ses huiles végétales transformées, ses excès de glucides nets et de protéines, qui font partie des facteurs les plus puissants.

Ce type de régime provoque une diminution des cétones et une augmentation radicale des dérivés réactifs de l’oxygène et des radicaux libres secondaires.

Les expositions aux champs électromagnétiques allochtones, au glyphosate et autres pesticides, à l’eau fluorée et toute autre exposition à des produits toxiques, ne font qu’aggraver le problème. Les taux de cuivre et de céruloplasmine vont généralement de pair et sont soit tous les deux élevés, soit tous les deux bas.

Le taux idéal de cuivre sanguin, en termes de santé mentale, se situe entre 75 et 100 microgrammes par décilitre (mc/dL). Le taux idéal de céruloplasmine dépend de votre taux de cuivre.

Le pourcentage idéal de cuivre par rapport à la céruloplasmine se situe entre 85 et 90%. Faire mesurer les deux en même temps est vraiment très intéressant puisque cela vous renseigne non seulement très bien sur le niveau de cuivre, mais aussi sur le niveau de stress oxydatif », explique le Dr. Walsh.

Les métaux lourds et le cerveau autiste

Le Dr. Walsh a testé 6.500 patients autistes. En tant que groupe, ils présentent des taux de métaux lourds bien plus élevés que leurs frères et sœurs et que le reste de la population en générale.

Le Dr. Walsh pense que leur charge toxique est sans doute due à une prédisposition congénitale qui les rend plus susceptibles d'accumuler des toxines et/ou plus vulnérables aux effets des toxines.

« Des milliers de parents, peut-être plus de la moitié, ont raconté l’histoire très triste de leur enfant qui se développait normalement, qui commençait à parler et à chanter et à faire le bonheur de ses grands-parents. Puis l’enfant était tombé malade.

Ils avaient consulté un pédiatre et le pédiatre - j’ai entendu cette histoire des centaines de fois - leur avait dit ‘Oh vous êtes en retard sur les injections. Vous êtes en retard sur les vaccins.’ Il avait donc fait plusieurs injections à cet enfant malade, des vaccins contenant du thiomersal et du mercure.

Des centaines de familles ont raconté qu’en l’espace d'un ou deux jours, leur enfant avait changé définitivement. Il ne parlait plus, sa personnalité avait changé, il était malade. Il devenait intolérant aux aliments. Il était devenu un petit être humain très perturbé.

Ils consultaient des spécialistes, leur enfant finissait par être diagnostiqué autiste, on leur disait que c’était incurable et qu’il n’y avait aucun espoir de guérison. Nous avons rencontré une grande détresse humaine en parlant avec ces familles. Ce sont des histoires vraiment choquantes et terribles. »

Le Dr. Walsh soupçonne que les enfants autistes présentent une insuffisance d'antioxydants naturels tels que glutathion et métallothionéine, ce qui les rend plus vulnérables aux effets des expositions environnementales, notamment aux vaccins et à une mauvaise alimentation.

Il est important de souligner qu’un enfant autiste sur trois ne présente pas un véritable autisme provoqué par des variations épigénétiques.

Nombre de ces enfants ont une bonne chance de guérison, alors que l’autisme de Kanner classique est une maladie épigénétique permanente (qui doit son nom à Leo Kanner, qui a identifié la maladie dans les années 1940), bien qu’on puisse obtenir certaines améliorations même dans ces cas.

Le thiomersal

Le Dr. Walsh a également étudié le problème du thiomersal, recherchant la preuve de la toxicité du mercure dans le cerveau des enfants autistes. Il est en fait la première personne à avoir mesuré le mercure dans les cerveaux autistes.

John Hopkins lui a fait parvenir des échantillons de tissus cérébraux, et en utilisant l'installation du laboratoire d’Argonne, un synchroton baptisé Advanced Photon Source (APS), il a réalisé plus d'un million d'analyses chimiques sur des tissus cérébraux d’enfants autistes et non-autistes.

Tous les enfants autistes analysés avaient reçu des vaccins contenant du thiomersal.

Toutefois, leur tissu cérébral ne contenait pas de mercure. L’une des explications à cela est que les tests ont été réalisés plusieurs années après les vaccins. La demi-vie du mercure dans le corps humain est de 42 jours. La demi-vie de l’éthyle ou du méthylmercure dans le cerveau est de 70 jours.

Thérapie nutritionnelle favorisant l’expression de la métallothionéine, pour soigner l’autisme

Le fait que les enfants autistes ont tendance à avoir d’incroyables déséquilibres en cuivre et en zinc signifie que leurs métallothionéines, qui sont des protéines, ne fonctionnent pas. Les métallothionéines sont nécessaires au contrôle de l’homéostasie du cuivre et du zinc.

Le Dr. Walsh a développé une thérapie nutritionnelle favorisant l’expression de la métallothionéine : une formulation à base de 22 protéines connues pour favoriser l’expression génétique et la fonction des métallothionéines. Ce protocole a été utilisé sur plus de 2000 patients autistes, et a permis d'obtenir des améliorations mesurables.

« Les antioxydants les plus importants pour le cerveau sont un peu différents de ceux nécessaires au reste du corps. Je les surnomme les trois mousquetaires. Ce sont le glutathion, les métallothionéines, et le sélénium. Cela est spécifique au cerveau », explique-t-il.

Techniquement, le sélénium n’est pas un antioxydant, mais il contribue à augmenter le taux de glutathion et améliore le fonctionnement des métallothionéines et, dans le cerveau, le glutathion et les métallothionéines agissent de concert. Le glutathion est votre première ligne de défense.

Le problème est que les enfants autistes ont généralement une mauvaise alimentation (il est difficile de les faire manger quoi que ce soit), et la surcharge oxydative fait qu’ils sont rapidement à cours de glutathion. Lorsque votre cerveau manque de glutathion, votre taux de métallothionéines augmente.

« Les métallothionéines ne fonctionnent que si vous avez du glutathion oxydé. L’un ne va pas sans l’autre. C’est le système de secours pour assurer la présence de glutathion dans le cerveau, et nous savons que sans sélénium, tout ce système ne fonctionne pas correctement », explique le Dr. Walsh.

Je prends du sélénium quotidiennement. C’est un oligo-élément, il en faut donc très peu - environ 200 mcg par jour - et il est très important de veiller à ne pas faire d'overdose. Comme l'a souligné le Dr. Walsh, de tous les oligo-éléments, le sélénium possède la frontière la plus étroite entre la carence et la surcharge, il faut donc être prudent en matière de supplémentation.

Il est également important de normaliser le taux de zinc, qui est le facteur n° 1 de bon fonctionnement des métallothionéines et de soutien du glutathion. D'après le Dr. Walsh, pour être en bonne santé mentale et physique, votre taux de zinc plasmatique doit être compris entre 90 et 130 mcg/dL.

De nombreux patients souffrant de troubles mentaux présentent une faiblesse génétique de normalisation du zinc ; ils naissent avec une carence en zinc et ont besoin de quantités plus élevées que la normale pour en maintenir un taux thérapeutique.

Changer l’image de la psychiatrie

Le Dr. Walsh est convaincu que l’usage de médicaments psychotropes finira par disparaître, avec l'avancement de nos connaissances dans la normalisation du fonctionnement du cerveau au travers d'interventions nutritionnelles. Il explique que « Ces médicaments puissants … ne normalisent pas le cerveau. Ils provoquent un état anormal. »

« Ils peuvent peut-être corriger la dépression ou l’anxiété, mais vous finissez avec quelque chose d'anormal. »

L’institut Walsh Research est une association caritative à but non lucratif qui aide, lentement mais surement, à faire évoluer la psychiatrie traditionnelle. Le Dr. Walsh a tenu des conférences aux plus hauts niveaux, notamment devant le ministère de la santé américain, devant le sénat et le National Institue of Health (NIH - Institut National de la Santé).

Il a également pris plusieurs fois la parole au cours des réunions annuelles de l’American Psychiatric Association (APA).

« La dernière fois que j'y suis allé, ils m’ont finalement écouté... Cela fait environ deux ans et demi. J'ai été invité à tenir une conférence sur la dépression. En gros, je leur ai expliqué qu’ils se trompaient dans le traitement de la dépression. Ils m’ont écouté.

Je leur ai montré notre immense base de données chimiques et expliqué que l’on qualifie de dépression au moins cinq maladies totalement différentes, chacune présentant des symptômes différents et impliquant des neurotransmetteurs défaillants différents.

J'ai ensuite décrit chacun de ces biotypes et montré qu’il suffirait de pratiquer des analyses de sang et d'urine peu coûteuses pour identifier les patients qui seraient de bons candidats pour les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), ou ceux qui seraient mieux soignés par des benzodiazépines, mais surtout, comment il était possible de les traiter grâce à des nutriments. »

Pourquoi les ISRS provoquent la violence

L'un des principaux problèmes des antidépresseurs ISRS est le risque d’effet secondaire amenant à des automutilations ou agressions. Les dépressifs en surméthylation et ayant un taux de folates faible sont intolérants aux ISRS, et les données suggèrent que cette intolérance génétique pourrait avoir été un facteur dans de nombreux ‘school shootings’ (fusillades dans des écoles).

Le Dr. Walsh, qui a étudié ce phénomène, souligne que 42 des 50 plus importantes fusillades ayant eu lieu dans des écoles américaines depuis 1990, ont été perpétrées par des adolescents ou de jeunes adultes prenant des ISRS.

« J’ai évoqué cela ... devant l’APA ...J'ai essayé de leur expliquer qu’ils … peuvent faire une analyse de sang pour savoir quels enfants ou quels adultes sont plus susceptibles de devenir violents s'ils prennent des ISRS. J'ai publié plusieurs articles à ce sujet dans des magazines ...

Si vous achetez du Prozac ou du Paxil, la notice comprend une mise en garde indiquant que certaines personnes sont sujettes à des comportements suicidaires ou criminels. Nous savons maintenant lesquelles ! »

+ Sources et Références