Comment la génomique fonctionnelle peut vous aider à prendre votre santé en main

génétique

En bref -

  • La génétique fonctionnelle est l’étude des polymorphismes nucléotidiques simples (SNP) des gènes
  • Lorsque vous présentez des SNP (des variants génétiques ou défauts sur certains gènes), certaines enzymes peuvent ne pas fonctionner correctement, ou l’expression du gène en question peut être régulée positivement ou négativement
  • Si la génétique traditionnelle s'intéresse souvent aux états pathologiques potentiels, la génétique fonctionnelle recherche les altérations fonctionnelles éventuelles et aide à déterminer l’intervention nutritionnelle qui pourra rééquilibrer votre organisme
  • Les personnes qui présentent des faiblesses génétiques qui entravent la détoxification, et qui sont exposées à de nombreuses toxines environnementales, peuvent avoir des problèmes de santé dus à leur capacité limitée à se détoxifier
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Dr. Mercola

La génomique fonctionnelle analyse la fonction des gènes ; c’est une discipline peu connue, qui est pourtant d'une importance fondamentale. Bob Miller est un naturopathe traditionnel, spécialisé dans la nutrition adaptée à la génétique.

Il est également le fondateur du NutriGenetic Research Institute, qui réalise des tests de génomique fonctionnelle, aide les personnes à en comprendre les résultats et leur explique comment les utiliser pour améliorer leur santé.

« Un naturopathe traditionnel n’est pas médecin, et de ce fait nous n’établissons pas de diagnostic, nous ne traitons pas les patients et ne leurs prescrivons pas de traitements », explique Bob Miller.

« Nous avons une approche fonctionnelle et nous posons la question ‘Qu’est-ce qui est déséquilibré dans l’organisme ?’ …

Lorsque le corps est intoxiqué ou sujet à une inflammation, les agents pathogènes ont de meilleures chances de se développer.

Il y a de nombreuses années, j'ai appris que les voies d’élimination de l’homocystéine peuvent être perturbées par des variants génétiques. Cela m’a fasciné. J'ai commencé alors à m’intéresser aux enzymes qui l’éliminent, puis au rôle de la génétique dans ce processus.

Aujourd'hui, la naturopathie et la médecine holistique que je pratique sont entièrement dévouées à aider mes patients à mesurer leur génomique fonctionnelle (qui est assez différente de la génétique traditionnelle, qui porte sur les schémas pathologiques), et à essayer de trouver les interventions qui permettront de rééquilibrer leur organisme...

Notre objectif est d'apporter notre aide aux praticiens fonctionnels, afin qu’ils puissent mieux faire leur travail et améliorer les conditions de vie de ceux qui souffrent de maux que personne ne semble comprendre...

Pour résumer, nous avons découvert que les personnes qui présentent une faiblesse génétique des voies de détoxification sont exposées à des facteurs environnementaux auxquels nous n’étions pas exposés il y a 50 ou 75 ans ; leur capacité de détoxification est dépassée.

Je pense qu’il s'agit là d'un nouveau paradigme que nous devons prendre en compte pour la santé. »

Qu’est-ce que la génomique fonctionnelle ?

Certains gènes sont connus pour vous prédisposer, ou pour augmenter votre risque de développer certaines maladies. Ce n’est pas de cela qu'il s'agit ici. La génomique fonctionnelle est l’étude des polymorphismes nucléotidiques simples (SNP) des gènes, qui modifient leur fonctionnement.

Vous avez sans doute déjà vu des représentations de l’échelle d’ADN. À chaque extrémité des barreaux de cette échelle se trouve une molécule provenant de chacun de vos parents.

Ces molécules peuvent faire que votre ADN fonctionne de façon optimale ou, si vous avez un SNP, c’est-à-dire un défaut, le gène en question ne fonctionnera pas de façon optimale.

La relation entre la voie mTOR et l’autophagie

Le terme autophagie signifie « se manger soi-même » et fait référence au processus par lequel votre organisme élimine les cellules endommagées et défectueuses, qui sont ciblées vers un lysosome, qui les digère.

La cible de la rapamycine chez les mammifères (mTOR) est une voie de signalisation moléculaire chargée du développement ou de la réparation, selon qu’elle est stimulée ou inhibée.

J'ai souvent expliqué que pour activer la maintenance et la réparation (ce qui permet de prolonger l’espérance de vie et de réduire vos risques de cancer), il faut inhiber la voie mTOR.

L’une des façons les plus efficaces d'y parvenir est de limiter vos apports de protéines, mais ce n’est pas la seule. L’autophagie et la voie mTOR sont deux processus qui fonctionnent de concert, mais sont opposés l’un à l'autre.

Bob Miller compare la voie mTOR à une équipe de construction, et l'autophagie à une équipe de nettoyage.

Les facteurs qui activent la voie mTOR et ceux qui favorisent l’autophagie

Voici des exemples de facteurs environnementaux qui activent la voie mTOR :

Les xénoestrogènes (substances chimiques présentes dans le plastique)

Les EMF

L’insuline

L’excès de protéines

L’excès de fer

L’excès d'acide folique, de folates ou de méthyl folate

L’excès de glutamate

Les acides aminés tels que la leucine, l’isoleucine et la valine

Lorsque la voie mTOR est activée, elle inhibe l'autophagie et, selon Bob Miller, un bon nombre des problèmes de santé dont souffrent aujourd'hui les gens sont liés à une activation excessive de la voie mTOR.

C’est l’une des façons dont le régime cétogène cyclique contribue à améliorer votre santé, car il permet d'inhiber la voie mTOR et d'activer l’autophagie.

Lorsque la voie mTOR est activée en permanence, elle inhibe non seulement l’autophagie, mais elle entrave également l'apoptose (la mort cellulaire), et si ce processus est perturbé, cela augmente également considérablement votre risque de cancer.

Voici ce qui pourrait expliquer que le régime cétogène ou le jeûne intermittent ne fonctionnent pas pour vous

Si le jeûne intermittent est une méthode qui donne d’excellents résultats pour la majorité de ceux qui le pratiquent, il peut arriver qu’il ne fonctionne pas comme prévu chez certaines personnes.

Comme l’explique Bob Miller, des membres de son équipe de chercheurs ont découvert qu’il est extrêmement important d'avoir une voie héminique opérationnelle lorsqu’on suit un régime cétogène et/ou que l’on pratique le jeûne intermittent.

La protéine héminique est créée au cours d’un processus en huit étapes, qui commence avec la succinyl-coenzyme A (succinyl-CoA), la glycine et des acides aminés.

La protéine héminique est une composante de l’hémoglobine, mais elle est également impliquée dans la fabrication d’oxyde nitrique, de catalase, de superoxyde dismutase (SOD) et de sulfite oxydase (SUOX), qui convertit le sulfite en sulfate.

Même en étant anémié, il est possible que vous absorbiez trop de fer

Comme nous l’avons indiqué, le fer stimule la voie mTOR. Le fer est bien entendu essentiel pour être en bonne santé.

Si vous manquez de fer, vous ne pouvez pas produire suffisamment d'hémoglobine, qui transporte l’oxygène dans votre corps. Cependant, un excès de fer est terriblement destructeur.

« Voici l’une des découvertes intéressantes que nous avons faites au cours de notre recherche.

De nombreuses personnes ont une prédisposition génétique qui fait qu’elles absorbent trop de fer, et on leur dit pourtant sans cesse qu’elles sont anémiées. Cela semble contradictoire : comment peut-on être anémié si l’on absorbe trop de fer ?

Nous avons remarqué que bon nombre de personnes qui souffrent et ne trouvent aucune réponse à leurs problèmes présentent une absorption excessive du fer.

C’est une enzyme, la ferroportine, qui extrait le fer des cellules. Un SNP à ce niveau, ou un défaut génétique, inhibe l’extraction du fer. Au cours de ce que l’on appelle la réaction de Fenton, le fer se mélange au peroxyde d'hydrogène pour produire des radicaux hydroxyles.

D'autres vilains radicaux libres, que l’on appelle des peroxynitrites, peuvent ensuite également être créés. La personne est donc anémiée parce que l’on mesure la quantité de fer présente dans son sang, mais le fer peut être trop abondant à l’intérieur des cellules, et provoquer une inflammation massive.

Cet excès de fer dans les cellules entraine un état de fatigue, car les mitochondries ont alors du mal à fabriquer de l’énergie. Lorsque l’on prescrit du fer à ces personnes, elles se sentent donc bien plus mal, puisque cela ne fait qu’attiser le feu.

Lors de nos consultations, l’un des problèmes que nous identifions le plus souvent, c’est cette réaction de Fenton, et nous prenons alors des mesures pour y remédier, par exemple en aidant le peroxyde d'hydrogène à se transformer en eau grâce à une enzyme que l’on appelle la catalase.

On peut aussi le faire en favorisant des enzymes et des antioxydants tels que le glutathion et la thiorédoxine, qui transforment le peroxyde d'hydrogène en eau, [et] en ayant recours à l’homéopathie pour contrôler le fer. »

L’eau hydrogénée peut ici s'avérer utile, indique Bob Miller, car elle aide à réduire l’excès de radicaux hydroxyles. « C’est très simple, l’H2O2 ajouté au fer donne des radicaux libres hydroxyles (OH), qui font partie des radicaux libres les plus réactifs et les plus nocifs », explique Bob Miller.

J'ai interviewé dans le passé Tyler LeBaron, l’un des meilleurs experts en matière d'hydrogène moléculaire, et il pense que ses bienfaits seraient plutôt liés à la stimulation de voies antioxydantes, telles que le facteur érythroïde-2 nucléaire apparenté au facteur 2 (Nrf2).

Quoi qu’il en soit, et quel que soit le mécanisme, il semble évident que l’eau hydrogénée est capable de neutraliser les radicaux libres.

Les situations dans lesquelles le NAC ou le méthyl folate peuvent avoir un effet négatif

J'ai déjà mentionné dans mes articles les bienfaits de la N-acétylcystéine (NAC), le facteur limitant du glutathion, qui est un antioxydant majeur produit par votre organisme. Toutefois, pour qu’elle fonctionne, vous devez disposer des enzymes nécessaires.

De plus, si vous avez un problème de fer, la cystéine que vous prenez risque de s'associer au fer pour créer des radicaux hydroxyles, et aggraver alors votre état.

« Cela nous ramène au fait que nous devons nous débarrasser du réflexe qui consiste à dire ‘Oh, vous avez une inflammation. Prenez de la NAC’. La NAC peut être la solution parfaite pour vous, mais elle peut également empirer votre état, en fonction de votre génome », explique Bob Miller.

Bob Miller a développé une pyramide hiérarchisée de différentes variables, et une approche pour les traiter.

Il est intéressant de souligner que la plupart des personnes qui ne s'intéressent que de loin à la génomique fonctionnelle, pensent que les défauts de méthylation sont extrêmement importants. Ils le sont en effet, mais selon Bob Miller, de nombreux autres défauts le sont bien plus encore.

« La méthylation est le processus par lequel nous transformons l'acide folique ou les folates présents dans notre alimentation, en méthyl folate, qui est une molécule très importante.

Elle est très importante pour les femmes enceintes, pour que leur grossesse se déroule bien. Je ne dis pas que ce n’est pas une bonne chose... Bon, l’un des points intéressants à propos du méthyl folate, c’est qu’il est nécessaire au cours de la grossesse car il soutient la voie mTOR.

Si une personne a déjà une voie mTOR dominante, et qu’elle prend du méthyl folate, elle va se sentir encore plus anxieuse, et son inflammation va empirer.

J'ai vu tellement de personnes me dire ‘Ah, oui. J'ai une MTFHR. On m'a mis sous méthyl B12, du méthyl folate. Je me suis senti très bien pendant deux semaines, puis je me suis écroulé.’

La raison pour laquelle ces personnes se sont écroulées, c’est qu’elles ont commencé à stimuler la voie mTOR, et donc à affaiblir encore davantage leur autophagie, et à nourrir l’inflammation...

En approfondissant nos recherches, nous avons compris que le méthyl folate est important, mais qu'il doit être pris au bon moment. C’est pourquoi j’ai élaboré ma pyramide.

À la base de cette pyramide se trouvent les questions auxquelles nous devons répondre en priorité, telles que ‘le fer se transforme-t-il en radical libre ?

Le peroxyde d'hydrogène est-il bien éliminé ? Y-a-il un découplage de l’oxyde nitrique synthase (NOS) ?’ (Auquel cas, au lieu de fabriquer de l’oxyde nitrique, nous fabriquons davantage de péroxynitrite).

Puis nous nous intéressons à la façon dont nous fabriquons des antioxydants. Qu’en est-il des voies du glutathion ? Qu’en est-il de la superoxyde dismutase ?

Qu’en est-il de la fabrication de NADPH ? … Dans la plupart des cas, je pense que les personnes présentent une inflammation massive, et qu’elle doit être traitée en priorité.

Si une personne présente une inflammation très importante, que son fer fabrique des radicaux hydroxyles, qu’elle manque d’antioxydants... et que vous ajoutez à cela du méthyl folate... il y a de fortes chances pour que son état s'aggrave.

En règle générale, si quelqu'un présente une inflammation massive, j’envisage le méthyl folate six à huit mois plus tard, à raison de deux ou trois jours par semaine.

On a tendance à penser que ‘si une petite quantité est bénéfique, alors une grande quantité doit l’être également’. Je pense aujourd'hui qu’il faut trouver le bon rythme. »

Je suis entièrement d'accord, le rythme est une composante essentielle qui ne doit pas être négligée, qu’il s'agisse de prendre des compléments alimentaires, de jeûner ou de suivre un régime cétogène. Il est important d'alterner des cycles ‘d'accumulation’ et de ‘déstockage’.

Lors d'un jeûne partiel, par exemple, vous stimulez l’autophagie par la restriction calorique. Durant cette période, vous ne devez rien prendre qui stimule la voie mTOR (tel que du méthyl folate ou tout autre élément mentionné plus haut), car en stimulant la voie mTOR, vous interrompez le processus d'autophagie.

Les mastocytes peuvent détruire votre santé

Le glutathion perd rapidement des électrons, ce qui le rend inutile à moins qu’il ne soit rechargé grâce au nicotinamide adénine dinucléotide phosphate hydrogéné (NADPH).

Comme l’explique Bob Miller, le « vol du NADPH », comme il l'appelle, pourrait également jouer un rôle dans un bon nombre de problèmes de santé que nous rencontrons aujourd'hui.

Il est de plus en plus reconnu qu’il est possible de présenter un excès de mastocytes. Bob Miller estime qu’environ 80 % de ses patients ont une activation excessive des mastocytes qui déclenche des réactions à l’histamine.

Les rougeurs au niveau du visage, dues à l’intolérance à la chaleur, sont l’un des symptômes de ce type de réaction. La sensibilité au toucher en est une autre, de même que les éruptions cutanées rouges et en relief, qui sont fréquentes.

Les mastocytes sont des globules blancs qui viennent à la rescousse lorsqu’un agent pathogène ou un ‘envahisseur’ doit être éliminé.

Si une activation excessive des mastocytes peut poser des problèmes, elles ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, et les méthodes destinées à les inhiber peuvent avoir des effets inverses de ceux souhaités.

Bob Miller conseille plutôt d’essayer de déterminer pourquoi vos mastocytes sont hyperactives.