La vitamine D prévient les infections et réduit le risque de cancer

Vitamine D

En bref -

  • Les nombreux médecins qui prescrivent des antibiotiques pour soigner les infections virales pourraient contribuer à la crise croissante de la résistance aux antibiotiques ; on estime à cet égard que les super bactéries résistantes aux médicaments seront responsables de 10 millions de décès par an d'ici 2050
  • Des patients souffrant de douleurs musculo-squelettiques diffuses chroniques, ayant reçu 50.000 UI de vitamine D par semaine, ont noté une diminution de leurs douleurs, de leur fatigue, un regain d’énergie, et une amélioration au niveau des points sensibles et de la dépression
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Dr. Mercola

La vitamine D fait des merveilles - sa réputation n’est plus à faire, notamment en termes de prévention des maladies. La peau, lorsqu’elle est exposée au soleil, produit cette « vitamine du soleil », qui contribue à prévenir l’ostéoporose et à renforcer les os et les dents.

Elle est connue pour être bénéfique, et même indispensable à plusieurs parties de votre organisme, la carence en vitamine D ayant en effet été associée à des problèmes tels que la dégénérescence maculaire, le lupus, les maladies intestinales, la sclérose en plaques et l’insuffisance cardiaque chronique.

Mais ce n’est pas tout. D'après Health Day News, la vitamine D aurait également la capacité d'inhiber les infections et les complications de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) et de l’emphysème pulmonaire, et il a été démontré qu’elle atténue les « douleurs musculo-squelettiques diffuses chroniques ».

De nouvelles recherches ont récemment révélé d'autres bienfaits de la vitamine D ; elle serait en effet efficace contre les cancers du sein et de la prostate, et dans le traitement de virus respiratoires mortels, d'après une étude publiée dans le ‘Journal of the American Geriatrics Society’. Voici ce qu’a rapporté le Daily Mail :

« Les patients âgés qui recevaient des doses importantes de la ‘vitamine du soleil’ étaient 40 % moins susceptibles de développer des infections pulmonaires. Pneumonie, bronchite et grippe sont connues pour avoir des taux de mortalité plus élevés chez les personnes âgées, en raison de l'affaiblissement de leur système immunitaire.

S'agissant de virus, ils se voient donc rarement prescrire des antibiotiques, puisque ceux-ci sont inefficaces contre les virus. Les experts pensent cependant que la vitamine D contribue à renforcer la première ligne de défense chez les personnes qui prennent de l’âge, et à prévenir ainsi les infections respiratoires aigües. »

Pourquoi la prise d'antibiotiques pour lutter contre les virus pose problème

Les scientifiques pensent qu'une supplémentation en vitamine D pourrait contribuer à réduire considérablement le nombre de décès liés à des maladies pulmonaires, en particulier chez les personnes âgées vivant en maison de retraite.

Le professeur Adit Ginde, directeur d’études à l’Université du Colorado, considère que la découverte de ce lien pourrait potentiellement sauver des vies. Il reconnait que les médecins n’ont que très peu d'armes pour lutter contre les infections respiratoires aigües (IRA), en particulier parce que la plupart d’entre elles sont virales, ce qui rend les antibiotiques inefficaces.

Pire encore, les nombreux médecins qui prescrivent des antibiotiques pour soigner des infections virales, pourraient contribuer à la crise croissante de la résistance aux antibiotiques. On estime d'ailleurs que les super bactéries résistantes aux médicaments seront responsables de 10 millions de décès par an d'ici 2050, d'après le site Quartz.

Cependant, la vitamine D pourrait prévenir de telles infections, y compris des maladies telles que le rhume, la pneumonie et la bronchite chronique.

La vitamine D : elle pourrait nous sauver de certains cancers

Parmi 107 résidents d'une maison de retraite atteints de maladies respiratoires (âgés en moyenne de 84 ans), 55 ont reçu de hautes doses de vitamine D pendant une année, les autres ayant pris des doses plus faibles. Une diminution de 40 % des IRA a été observée chez les résidents du premier groupe.

D'après le professeur Ginde, « la Vitamine D permet d'améliorer la capacité du système immunitaire à lutter contre les infections car elle renforce sa première ligne de défense. » Une autre étude récente a découvert que les femmes présentant les taux de vitamine D les plus élevés ont un taux de survie, après avoir été diagnostiquées d'un cancer du sein, supérieur à celui des autres femmes.

Les scientifiques ont rapporté que les femmes qui augmentaient leur apport de vitamine D augmentaient leurs chances de survie d'un tiers, en particulier les femmes non ménopausées. Le mécanisme est lié à la capacité de la vitamine à stopper la reproduction des cellules cancéreuses.

Les chercheurs ont examiné 1.666 femmes atteintes d’un cancer du sein, et ont découvert que plus leur taux de 25-hydroxyvitamine D (250HD, un biomarqueur sanguin de la vitamine D) était élevé, plus elles avaient de chances de survie. Le site Medical Daily ajoute :

« Bien que les résultats soient enthousiasmants, les chercheurs ont insisté sur le fait que l’étude n’était pas destinée à établir un lien de causalité, ce qui signifie que les femmes atteintes d’un cancer ne doivent pas se précipiter à la plage sur la base de cette seule recherche. Toutefois, un supplément de vitamine D ne peut pas faire de mal, car il a été démontré qu’elle est essentielle pour la santé des os. »

Contrôler les taux de vitamine D pourrait contribuer à prévenir les cancers agressifs de la prostate

Une autre revue importante a été publiée récemment, établissant un lien entre un faible taux de vitamine D et les cancers agressifs de la prostate. Le site Knowridge a rapporté une recherche conduite par Northwestern Medicine, qui révèle que :

« Les carences en vitamine D chez les hommes peuvent être prédictives de cancers agressifs de la prostate, qui sont identifiés au cours des interventions chirurgicales. La découverte est importante, car elle peut donner une orientation aux hommes et à leurs médecins, qui peuvent envisager d’effectuer une surveillance active, qui leur permettrait de contrôler le cancer plutôt que d’enlever la prostate. »

Cette découverte se vérifie particulièrement pour les hommes ayant la peau foncée, comme les Afro-Américains, ceux qui s’exposent peu au soleil et/ou qui présentent un faible taux de vitamine D.

Il est essentiel de souligner que les faibles taux de vitamine D ont été découverts grâce à des analyses de sang, avant l'apparition de signes de cancer de la prostate ; cela signifie qu’une surveillance du taux de vitamine D en amont pourrait sauver des vies, et que prendre un supplément avant la découverte d'un problème serait une bien meilleure alternative.

D'après le Dr. Adam Murphy, Ph.D., urologue et professeur adjoint d'urologie à l’Université Northwestern, dont les recherches ont montré que les hommes Afro-Américains vivant dans les régions faiblement ensoleillées, sont 1,5 fois plus susceptibles de présenter une carence en vitamine D que les hommes blancs, « tous les hommes devraient reconstituer leurs réserves de vitamine D pour les maintenir à un taux normal ».

L'étude soulignait que « le pronostic défavorable était défini comme correspondant à un grade principal de Gleason 4 ou tout grade de Gleason 5. » Un faible grade de Gleason correspond à des tissus cancéreux semblables à la normale, tandis que les grades élevés correspondent à des tissus « très différents des tissus normaux » et plus susceptibles de se propager.

« Lorsque vous travaillez dans un bureau toute la journée, et vu la longueur des hivers, il est très difficile d'avoir un taux normal », explique Murphy, un habitant de Chicago.

L'Institut de Médecine recommande 600 unités internationales (UI) de vitamine D par jour, mais il conseille aux hommes habitants les régions du Nord, ou les régions froides, un apport de 1.000 à 2.000 UI de vitamine D par jour.

Cependant, même cette quantité est probablement bien en-deçà des apports nécessaires. À titre de recommandation générale, la recherche de GrassrootsHealth suggère qu’un adulte doit avoir un apport d’environ 8.000 UI par jour pour parvenir à un taux sérique de 40 ng/mL.

L’inflammation atténuée grâce à la vitamine D

Les chercheurs ont étudié des signalisations spécifiques qui sont supprimées par la vitamine D, afin d’inhiber l'inflammation. Une recherche publiée dans le Journal of Immunology a baptisé ce phénomène la « cascade inflammatoire » ; les faibles taux de vitamine D, constatés chez des millions de personnes, ne permettent pas l’inhibition de la cascade, tandis qu’un taux adéquat le permet.

Il est actuellement recommandé de maintenir un taux sanguin de vitamine D d'au moins 20 nanogramme/millilitre, mais cette valeur est controversée.

D'après la directrice d'étude Elena Goleva, Ph. D., professeur adjoint de pédiatrie au National Jewish Health, des taux plus élevés seraient préférables (pour tirer le meilleur parti de la vitamine D, vous avez probablement besoin d’un taux de 40 à 60 ng/ml) :

« Les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques, telles que l’asthme, l’arthrite, et le cancer de la prostate, qui sont carencés en vitamine D, ont intérêt à prendre un supplément de vitamine D afin d'atteindre un taux sérique de vitamine D supérieur à 30 nanogrammes/millilitre.

Cela définit clairement une chaine d’évènements cellulaires, qui vont de liaisons d’ADN, par une voie spécifique de signalisation, à la réduction des protéines connues pour déclencher l’inflammation.

Ce site de liaison à l’ADN du récepteur de la vitamine D, récemment identifié, ainsi que les voies spécifiques inhibées par les taux élevés de vitamine D, représentent le mécanisme plausible de nombre des bienfaits associés à la vitamine D. »

La vitamine D soulage les ‘douleurs chroniques diffuses’

Presque simultanément à cette recherche, une récente étude menée en Turquie, publiée dans le « International Journal of Rheumatic Diseases » (Magazine international des maladies rhumatismales) est allée encore plus loin en ce qui concerne le soulagement des douleurs musculo-squelettiques diffuses chroniques par la vitamine D.

Des patients souffrant de fibromyalgie, ainsi que des patients souffrant de douleurs musculo-squelettiques diffuses chroniques, ont reçu des doses par voie orale de 50.000 UI/semaine de vitamine D3 pendant trois mois.

Les scientifiques ont ensuite constaté une nette augmentation du taux de 25-hydroxyvitamine D3 ainsi qu’une diminution de la douleur, de la fatigue au réveil, un regain d’énergie, un soulagement des points sensible et de la dépression.

Résultat significatif, sur les 30 patients souffrant de fibromyalgie au début de l’étude, seuls 20 en souffraient encore à l'issue de l’étude, et 85 % de l’ensemble des patients indiquaient être satisfaits du traitement. Les chercheurs ont conclu ce qui suit :

« Le traitement de substitution de vitamine D, chez les patients atteints de douleurs chroniques diffuses non spécifiques, a permis d'améliorer les symptômes musculo-squelettiques, le niveau de dépression et la qualité de vie des patients. Il faudrait rechercher chez les patients souffrant de douleurs musculo-squelettiques diffuses chroniques une carence en vitamine D. »

Dosages recommandés pour les supplémentations en vitamine D, et sources alimentaires

Vous devez vous efforcer d’optimiser votre taux de vitamine D via l’exposition au soleil, les suppléments et l’alimentation, afin de maintenir un taux sanguin idéal de 40 à 60 ng/ml tout au long de l’année.

Le temps d’exposition au soleil et/ou les doses de suppléments nécessaires à chaque individu pour atteindre ce taux, sont variables. Pour connaître votre taux sanguin de vitamine D, et veiller ainsi à votre santé globale, je vous conseille de faire régulièrement une analyse de sang.

Une exposition raisonnable au soleil (en repoussant l’heure de la douche pour maximiser l’absorption) est la meilleure façon de vous procurer ce nutriment extraordinaire. Bien qu’il soit difficile d'obtenir un taux optimal de vitamine D à partir de l’alimentation, elle est présente dans certains aliments, notamment dans :

Les sardines

Le saumon sauvage d’Alaska

Le foie de bœuf

Les jaunes d’œufs biologiques

Le fromage

Le beurre de lait de vaches nourries à l’herbe