Troubles mentaux : un traitement contre la dépression pousse les patients au meurtre et au suicide

cachets

En bref -

  • Le Paxil, qui est le deuxième antidépresseur le plus prescrit au monde après le Prozac, est associé à de graves effets secondaires psychiatriques, notamment à des comportements suicidaires et criminels
  • Le Paxil, fabriqué par les laboratoires GlaxoSmithKline, est prescrit pour traiter de nombreux troubles, notamment l'anxiété, la dépression, l’irritabilité, les tensions musculaires et la fatigue
  • Les essais cliniques montrent que 85 % des patients sous Paxil en deviennent rapidement dépendants
  • En dépit des risques graves qu’ils encourent, des enfants sont recrutés comme sujets de tests pour de dangereux antidépresseurs. Au cours d'un essai, 10 des 93 enfants étudiés ont souffert de graves problèmes psychiatriques et la plupart d’entre eux ont dû être hospitalisés
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Dr. Mercola

Après avoir pris du Paxil, des laboratoires GlaxoSmithKline, pendant seulement deux jours, Don Schell, employé du secteur pétrolier à la retraite, a brutalement assassiné sa femme, sa fille et sa petite fille âgée de 10 mois, au milieu de la nuit, avant de retourner l'arme contre lui.

Ces meurtres, qui ont eu lieu en 1998 à Gilette, dans le Wyoming, ont choqué les voisins qui ne comprenaient pas comment Don Schell, qui n'avait aucun antécédent de violence, avait pu tuer de sang-froid les personnes qui lui étaient le plus chères au monde.

Les corps ont été découverts l'après-midi suivant par Tim Tobin, le mari de Deb, la fille de Don Schell. Après avoir surmonté le choc de l’effroyable découverte, Tim Tobin et le reste de la famille ont essayé de comprendre ce qui avait pu se passer.

La seule chose qui sortait de l’ordinaire est que Don Schell, qui était un grand-père aimant, avait commencé à prendre du Paxil deux jours seulement avant les meurtres. Au moment des faits, il n’en n’avait pris que deux cachets.

Le Paxil aurait-il pu pousser Don Schell à assassiner sa famille ? Le film « The Secrets of Seroxat » (« Les secrets du Seroxat ») examine les sombres et douloureux effets secondaires du Paxil (connu au Royaume-Uni sous le nom de Seroxat), ainsi que les tentatives des laboratoires GSK de dissimuler les effets négatifs du médicament.

Un état de manque provoqué par les antidépresseurs

Certains disent que les antidépresseurs les ont aidés à vivre une vie normale. D'autres, que ces médicaments sont un véritable cauchemar. Le film en référence explore le Paxil en détail, et interroge des patients qui rapportent de terribles effets secondaires, notamment des automutilations et des symptômes de manque insupportables.

Le film suit également le procès emblématique à l’issu duquel GSK et son antidépresseur le Paxil, ont été reconnus responsables d'avoir poussé Don Schell à assassiner sa famille.

La première histoire est celle d’Helen Kelsall, 22 ans, à qui l’on a prescrit du Paxil pour traiter des attaques de panique. Après avoir pris ce médicament pendant plus de quatre ans, Helen Kelsall a décidé d'arrêter le traitement.

Or lorsqu’elle a essayé, elle a souffert de graves symptômes de manque, notamment des maux de tête, des crampes musculaires, des nausées, des suées, des tremblements et sensations de chocs électriques dans la tête.

Le fabriquant du médicament, GSK, affirme que les symptômes de manque finissent par disparaître et qu'il est impossible de devenir dépendant au Paxil. C’est d'ailleurs l’un des arguments de vente les plus importants du médicament. Pourtant de nombreux patients ayant pris du Paxil, y compris Helen Kelsall, ne sont pas d'accord.

En 2001, GSK a dû faire face à un important procès intenté par des patients qui se plaignaient d’être devenus dépendants au Paxil, après qu’on leur ait prescrit le médicament pour soigner des dépressions légères ou de l’anxiété.

Le cauchemar dont vous ne pouvez pas sortir

Helen Kelsall a filmé son histoire avec le Paxil, décrivant son parcours pour arrêter le traitement et enregistrant ses plus effroyables scènes de symptômes de manque. Helen qui, lors du tournage du film, était en troisième année de master, explique que les études pour lesquelles elle travaille si dur, risquent d’être anéanties à cause de sa dépendance au Paxil.

« Lorsque je marche, chaque pas provoque un choc dans ma tête qui me déséquilibre totalement », explique Helen. Ses symptômes de manque sont si importants qu’elle est obligée de diminuer le médicament progressivement.

« Lorsque j’arrête totalement, cela me rend terriblement malade », explique Helen, que l’on voit en train de couper en deux le puissant cachet, pour essayer de réduire ses prises progressivement. Si j’avais su que ce médicament rendait dépendant, ou qu’il pouvait provoquer les horribles effets secondaires dont je souffre aujourd'hui, je ne l’aurais jamais pris », dit-elle.

Si affreux que soient les symptômes de manque, d'autres symptômes sont encore plus inquiétants, notamment ceux dont on pense qu’a souffert Don Schell avant de s’en prendre à sa famille.

Le Paxil, comme d'autres ISRS, est également associé à des comportements d'automutilation, ainsi qu’à des comportements suicidaires et criminels. Ed Casey faisait partie d'un groupe de musique et enregistrait des disques lorsqu’il a commencé à prendre du Paxil.

Après seulement deux semaines de traitement, il a commencé à montrer des signes d'automutilation. Il a commencé à se mutiler, à s'infliger des brûlures de cigarette sur les bras et à se taillader le corps avec des lames de rasoir. Ce comportement était nouveau. Ed Casey ne s’était jamais mutilé auparavant, et n’avait jamais eu d'idées d'automutilation - jusqu'à ce qu’il commence à prendre du Paxil.

Lorsque le remède est pire que le mal

D'autres patients ayant pris du Paxil, y compris des personnes en bonne santé qui n'avaient aucun antécédent de dépression, ont ressenti des troubles mentaux similaires - des symptômes inquiétants dont GSK était non seulement au courant, mais qu’il a également refusé de révéler.

Après le décès de sa femme et de sa fille, Tim Tobin a intenté un procès contre GSK, affirmant que le Paxil avait poussé Don Schell à tuer sa famille. Le laboratoire pharmaceutique a mis en cause la dépression de Don Schell, niant tout lien entre le Paxil, les comportements agressifs et les tendances criminelles.

Le procès a mis au jour des documents que GSK tenait secrets depuis 15 ans. De nombreux résultats d’essais cliniques archivés avaient été dissimulés dans l’Essex, un comté de l’Est de l’Angleterre.

Les dossiers détaillaient les résultats d’essais cliniques du Paxil sur des personnes en bonne santé, c’est-à-dire des individus qui n’avaient aucun antécédent d'anxiété ni de dépression.

Le Dr. David Healy, expert des ISRS et directeur du département de médecine psychologique de Galles du Nord, a été contacté pour passer les dossiers en revue. Le Dr. Healy avait participé à une autre étude sur les effets secondaires d'un ISRS proche du Paxil, sur des personnes en bonne santé.

Coupable de meurtre

Il a découvert que les personnes en bonne santé souffraient de symptômes de manque lorsqu’elles arrêtaient de prendre du Paxil - et GSK le savait parfaitement. Les documents montraient que jusqu’à 85 % des volontaires qui prenaient le médicament pendant quelques semaines souffraient de symptômes de manque à l'arrêt du traitement.

La conclusion du Dr. Healy ? Ce n’était pas la dépression qui avait poussé Don Schell à assassiner sa famille. C’était le Paxil. Les jurés l’ont approuvé.

À sa grande surprise, Tim Tobin a gagné son procès contre GSK, qui a été condamné à lui verser 6.4 millions de dollars de dommages et intérêts. Tim Tobin ne cherchait pas l’argent, mais il voulait laver le nom de son beau-père, et espérait que le verdict éviterait à d'autres de connaître le même sort que sa famille. Tim Tobin a déclaré :

« Je voulais vraiment gagner, pour que l’on sache que le coupable était le médicament - et que va-t-il se passer maintenant ? Bien entendu, il ne s’est rien passé. Je pense sincèrement que jusqu’à ce qu’il s'agisse d'une personne importante, il sera très difficile de faire changer quoi que ce soit. Moi je ne suis qu’un homme simple du Montana. Je ne suis ni riche, ni célèbre. Qui va m’écouter ? »

En dépit du verdict de culpabilité, les affaires continuent

Bien qu’il ait perdu le procès, GSK maintient qu’il n’existe aucune preuve selon laquelle le Paxil serait responsable de violences, d’agressions ou d’homicides. D'après le narrateur du film, les représentants de GSK se préoccupent davantage des intérêts de la société que du bien-être des personnes qui prennent leur médicament.

Après le verdict, GSK a ajouté un avertissement sur la notice destinée aux patients, en Grande-Bretagne. L’étiquette omet toutefois de mentionner le lien entre le Paxil et des pensées suicidaires. Voici ce qu’elle indique :

« Occasionnellement, les symptômes de la dépression peuvent se traduire par des pensées d'automutilation ou de suicide. Jusqu’à ce que l’effet antidépresseur de votre médicament soit complet, ces symptômes pourraient augmenter durant les premières semaines du traitement.

GSK a été condamné à verser plus d’un milliard de dollars au total, suite aux plus de 800 procès liés au Paxil qui ont été intentés contre lui, en plus d'une somme de 3 milliards de dollars versée au département américain de la justice pour commercialisation illégale du Paxil et d'autres médicaments. Pourtant le Paxil est toujours l’un des « piliers » de l’arsenal psychiatrique.

Offrir des bonbons aux enfants pour leur faire prendre des antidépresseurs ?

Au lieu de régler les problèmes liés au Paxil, GSK essaye d’étendre sa clientèle, ciblant les enfants comme nouveaux clients. Des enfants sont recrutés pour servir de sujets de tests pour de dangereux antidépresseurs et ISRS.

Le film présente une clinique privée située au Texas, la « Bayou City Research », qui mène des essais et recherches pharmaceutiques sur des enfants et des adolescents.

La Bayou City Research passe des annonces destinées aux enfants dans le journal local, proposant des cookies gratuits, le remboursement des frais de transport et bien entendu, des psychotropes gratuits. En 2001, le Dr. Neal D. Ryan, psychiatre pour enfants américain, a réalisé une étude financée par GSK baptisée « Étude 329 », sur des enfants sous Paxil.

La bonne nouvelle, a-t-il déclaré, c’est que les enfants dépressifs répondent mieux au Paxil qu’à un autre médicament plus ancien, ou qu’à des placébos.

La mauvaise nouvelle ? Dix enfants sur les 93 étudiés ont souffert de graves problèmes psychiatriques dans les quelques semaines qui ont suivi la prise du médicament - et la plupart d’entre eux ont dû être hospitalisés. Cinq des 93 enfants avaient des pensées et des gestes suicidaires, et cinq autres présentaient de graves effets secondaires psychiatriques.

En dépit de ces conclusions, au lieu de mettre les médecins en garde à propos d’effets secondaires tels que le suicide, GSK les a encouragés à prescrire du Paxil aux adolescents et aux enfants, citant leur propre recherche pour montrer que leur médicament était efficace et sans danger pour les adolescents.

Les recherches menées par l’industrie réfutées par une nouvelle étude

Une nouvelle analyse des données originales de l’Étude 329 a montré que le Paxil n’était ni efficace, ni sans danger pour les adolescents. Son efficacité, tant clinique que statistique, était en réalité exactement la même que celle du placébo.

Il a également été démontré que de graves effets secondaires tels que les tendances suicidaires avaient été mal intitulés et mal interprétés. Le risque élevé de pensées suicidaires n’a été révélé qu’en étudiant les dossiers des patients, dans lesquels la nature exacte des comportements était indiquée.

Solutions naturelles pour traiter la dépression

Heureusement, il existe de nombreuses autres façons de traiter l'anxiété et la dépression qui n'impliquent pas la prise de dangereux médicaments.

La connexion corps-esprit est une réalité aujourd'hui de plus en plus communément admise, et l'on sait que préserver une bonne santé physique peut considérablement réduire le risque de développer une dépression. Voici plusieurs stratégies qui se sont révélées efficaces :

Réduisez considérablement votre consommation de sucre (en particulier de fructose), de céréales et d'aliments transformés. (En plus d’être riches en sucre et en céréales, les aliments transformés contiennent aussi de nombreux additifs susceptibles d'affecter le fonctionnement du cerveau et l’état mental, en particulier du MSG et des édulcorants artificiels tels que l’aspartame.)

Il existe un excellent livre sur ce sujet, The Sugar Blues (« le roman noir du sucre blanc »), écrit par William Dufty, auteur américain et rédacteur adjoint d'un service d'informations, il y a plus de 30 ans, qui décrit de façon très détaillée le lien entre le sucre et la santé mentale.

Augmentez votre consommation d'aliments probiotiques tels que les légumes fermentés et le kéfir préparé à base de lait cru de vaches nourries à l’herbe, pour développer une bonne flore intestinale. De plus en plus de données montrent qu'il est très important d'avoir des intestins en bonne santé, tant pour la santé physique que mentale, et que cette dernière peut être gravement impactée par un déséquilibre des bactéries intestinales.

Éviter le sucre va également dans ce sens. Ceci est particulièrement important au cours de la grossesse, car si la flore intestinale de la mère est déséquilibrée, celle de son bébé le sera également.

Ayez un apport suffisant de vitamines B12. Une carence en vitamine B12 peut contribuer à la dépression et affecte une personne sur quatre.

Optimisez votre taux de vitamine D, idéalement en vous exposant régulièrement au soleil. La vitamine D est très importante pour l’humeur. Au cours d'une étude, il a été découvert que les personnes qui présentaient le taux de vitamine D le plus faible étaient 11 fois plus susceptibles d’être déprimées que celles qui en présentaient un taux normal.

Faites le plein d’acides gras omega-3 d'origine animale. Les DHA et EPA sont essentiels au bon fonctionnement du cerveau et à une bonne santé mentale. Malheureusement, la plupart des personnes n’en consomment pas suffisamment via leur alimentation. Si vous ne mangez pas régulièrement de saumon sauvage, de sardines ou d'anchois, envisagez de prendre un complément d'acides gras oméga-3 d'origine animale de bonne qualité, comme de l’huile de krill.

Le Dr. Andrew L Stoll, psychiatre à Harvard, fût l’un des premiers à réunir des preuves soutenant l’utilisation d'acides gras oméga-3 d'origine animale pour traiter la dépression. Il a écrit un excellent livre qui relate ses expériences en détail : « The Omega-3 Connection : The Groundbreaking Antidepression Diet and Brain Program » (« Les oméga-3 : une révolution dans le domaine de la santé physique et mentale »).

Évaluez votre consommation de sel. La carence en sodium entraine des symptômes très proches de ceux de la dépression. Veillez cependant à ne pas consommer de sel raffiné (c’est-à-dire le sel de table classique). Utilisez un sel naturel, non transformé, comme le sel de l’Himalaya, qui contient plus de 80 micronutriments différents.

Faites de l’exercice tous les jours, notamment des exercices de haute intensité, car l’exercice fait partie des méthodes les plus efficaces pour prévenir et surmonter la dépression. Des études menées sur l’exercice physique comme forme de traitement de la dépression ont montré qu’il existe une forte corrélation entre l’amélioration de l’humeur et la capacité aérobie.

Dormez suffisamment. Vous pouvez avoir la meilleure alimentation et le meilleur programme d’exercice qui soient, mais si vous manquez de sommeil, vous courrez le risque de devenir dépressif. Le sommeil et la dépression sont si intimement liés que les troubles du sommeil font partie de l’ensemble des symptômes qui qualifient la dépression.