Les traitements médicamenteux ne sont pas les PLUS efficaces contre la dépression ... Mais votre psychiatre ne vous le dira jamais

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Une femme prenant un cachet

Dans cet article, Robert Whitaker, journaliste médical et lauréat d’un prix Pulitzer, aborde le sujet de l’utilisation largement répandue des médicaments psychotropes.

Son premier livre, Mad in Americarelate l’histoire du traitement des personnes atteintes de maladies mentales graves. Son dernier livre, paru récemment, a pour titre Anatomy of an Epidemic : Magic Bullets, Psychiatric Drugs and the Astonishing Rise of Mental Illness in America (‘Anatomie d'une épidémie : solutions miracles, médicaments psychotropes et l’incroyable augmentation des maladies mentales en Amérique’).

Les commentaires du Dr. Mercola :

La dépression est aujourd'hui un problème de santé largement répandu, et qui peut être fatal. Chaque jour, des personnes dépressives se suicident. Les approches traditionnelles tentent de résoudre ce problème au moyen de médicaments, mais il existe selon moi de bien meilleures alternatives.

Cependant, avant que je ne les aborde, que dit la littérature scientifique, en termes d’efficacité à court et à long terme, de l'approche médicamenteuse traditionnelle ?

Dans cette interview, Robert Whitaker, journaliste médical et auteur de deux livres sur cet important sujet, nous fait part de ses découvertes, résultats d'un travail de recherche considérable.

Quelle est l’efficacité des antidépresseurs à court et à long terme ?

Les essais à court terme, dont on peut consulter les conclusions dans la littérature médicale, ont prouvé que les antidépresseurs n'apportent AUCUNE amélioration cliniquement significative en cas de dépression légère à modérée, par rapport à un placébo. 

Par ailleurs, comme vous le savez, tous les médicaments présentent un rapport bénéfice/risque ; si un médicament est aussi efficace qu’un placébo pour soulager des symptômes, l’utiliser comme première ligne de défense n’a donc aucun sens. Pourtant, dans toute l’Amérique, des médecins les prescrivent comme s'ils n’étaient en effet que de simples bonbons ! Qu’en est-il toutefois de leur efficacité à long terme ? Voici ce qu’en dit Robert Whitaker :

« … c’est l’un des sujets que j’aborde dans ce livre, et on constate deux choses. On constate qu'avant l'arrivée des antidépresseurs, même en cas de dépression majeure - on parle de dépressions si sévères que les personnes étaient hospitalisées - les patients pouvaient espérer guérir. L’épisode dépressif finissait par passer.

… Lorsque les antidépresseurs sont arrivés, l’idée était que, même s'il était réellement possible de guérir naturellement, il était peut-être possible d'aider les patients à guérir plus rapidement ? C’était donc l'argument qui justifiait l’utilisation d'antidépresseurs.

Il est cependant intéressant d'observer la façon dont les choses ont évolué. À la minute où ils ont commencé à prescrire des antidépresseurs en nombre, on a entendu les médecins dire « Vous savez, mes patients vont peut-être mieux, la dépression recule plus rapidement, mais nous avons remarqué qu’ils rechutent également plus souvent qu’avant. »

On en vient donc à se poser la question suivante : les traitements médicamenteux transforment-t-il la dépression en un problème chronique ?

Des études menées sur le long terme indiquent aujourd'hui que parmi les personnes atteintes de dépression sévère, environ 15 % seulement de celles qui sont traitées avec un antidépresseur guérissent et restent en bonne santé pendant une longue période. Les 85 % restantes rechutent régulièrement, et leur dépression devient chronique.

« Dans les années 1990, cette évolution de la dépression sur le long terme était devenue si marquée, que les chercheurs ont fini par s'y intéresser », explique Robert whitaker. Voici ce qu’a déclaré Giovanni Fava, psychiatre italien : « Écoutez, la dépression évolue avec les antidépresseurs.

C'était une maladie épisodique, et elle se transforme en maladie chronique, nous devons absolument réagir. » Non seulement elle devient chronique, mais les personnes [sous antidépresseurs] sombrent dans la dépression encore plus profondément qu’avant. »

D'après les recherches du Dr. Whitaker, cette tendance à sensibiliser le cerveau à la dépression à long terme semble être provoquée aussi bien par les antidépresseurs tricycliques, qui sont les plus anciens, que par les ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine), plus récents. 

Ross Baldessarini, un autre célèbre pharmacologue de l’école de médecine d’Harvard, a également commencé à se demander si ces médicaments ne seraient pas en réalité dépressogènes (provoquant la dépression).

Malheureusement, les faits semblent aller dans ce sens, et le pronostic à long terme des personnes sous antidépresseurs est plutôt sombre, car ce type de traitement médicamenteux entraine un taux de rechute vertigineux de 85 %. Il est temps d'inverser cette tendance. 

Chaque année, 230 millions d'ordonnances d'antidépresseurs sont délivrées, ce qui en fait l’un des médicaments les plus prescrits aux États-Unis. Malgré cela, plus d'un américain sur vingt est dépressif, d'après les dernières statistiques du Centre américain de Contrôle et de Prévention des Maladies (CDC).

Les statistiques à elles-seules devraient suffire à prouver que cette approche ne fonctionne tout simplement pas, et que ces médicaments contribuent au contraire à d'autres graves problèmes de santé. 

Fort heureusement, il existe d'autres méthodes plus sûres et plus efficaces, et certains pays commencent à s'intéresser aux recherches qui montrent qu’elles sont efficaces, au lieu de continuer à s'incliner devant les laboratoires pharmaceutiques.

Ce que dit la recherche à propos des traitements alternatifs de la dépression

Une étude menée par l’Université Duke, à la fin des années 1990, a réparti des patients atteints de dépression en trois groupes de traitement :

  1. Exercice seul
  2. Exercice et antidépresseurs
  3. Antidépresseurs seuls

Après six semaines, ils ont observé que le groupe soigné uniquement avec des médicaments avait progressé légèrement plus que les deux autres. Toutefois, après dix mois de suivi, c’est le groupe ‘exercice seul’ qui montrait le taux de rémission sans rechute le plus élevé. 

Certains pays prennent les conclusions de ce type de recherche très au sérieux, et commencent à baser leurs traitements sur les preuves qu’elles fournissent. 

Au Royaume-Uni, par exemple, on ne recommande plus désormais d'antidépresseurs en traitement de première intention pour les dépressions légères à modérées, et les médecins peuvent prescrire à la place une consultation avec un conseiller sportif.

« Avec cette ordonnance … vous pouvez obtenir un tarif réduit, voire l'accès gratuit à une salle de sport pendant six mois », explique Robert Whitaker. « Une partie de l’exercice peut consister en « gym verte » … du jardinage, des promenades, la réfection de sentiers, des randonnées. Ils se rendent compte que les gens apprécient beaucoup cela. Ils s'y conforment ...

Les personnes qui ont suivi cette méthode et auxquelles on a prescrit de l’exercice disent ne plus se sentir victimes de la dépression, et impuissantes, elles n’ont plus l’impression d'avoir un genre de problème biologique contre lequel elles ne peuvent rien - elles se disent au contraire « Oui, je peux changer les choses, je peux agir.

J'ai la capacité de faire quelque chose qui m'aidera à résoudre ce problème. » Cela donne au patient un pouvoir que les médicaments ne lui donnent pas. »

Deux effets secondaires des antidépresseurs dont il faut être conscient

« La littérature scientifique révèle deux effets secondaires, ou risques, qui doivent vraiment être abordés, et auxquels tout le monde doit penser », explique le Robert Whitaker. « Le premier, c’est que vous risquez de transformer votre dépression unipolaire en dépression bipolaire.

L'une des choses que j’ai constatées avec l’utilisation des ISRS, c’est une incroyable et extraordinaire explosion du nombre de diagnostics de troubles bipolaires, qui est clairement liée à la généralisation de l’utilisation d’antidépresseurs. Chez les enfants, entre 25 et 50 % de ceux qui sont sous traitement antidépresseur, et qui le suivent pendant cinq ans, finissent par développer un trouble bipolaire.

Chez les adultes, il semble qu’environ 25 % des patients qui suivent un traitement sur le long terme pour une dépression unipolaire, finissent par développer une dépression bipolaire.

La dépression bipolaire était autrefois un trouble assez rare, mais elle devient de plus en plus courante. Pourquoi est-ce si grave ? 

Lorsque votre dépression se transforme en dépression bipolaire, vous passez dans une catégorie de patients qui sont souvent traités avec un cocktail de médicaments, notamment des médicaments antipsychotiques, et les évolutions à long terme des personnes bipolaires sont un réel problème dans notre pays. Seuls 35 % des patients bipolaires travaillent.

Vous comprenez donc le risque de handicap que cela représente.

Ce que je veux dire, c’est donc que lorsque vous prenez un antidépresseur, vous courrez le risque de connaitre un épisode maniaque, et donc le risque de devenir un « patient bipolaire ». Vous faites alors face à un trouble bien plus problématique à long terme, dont l'issue n’est aujourd'hui pas bonne. 

Le deuxième risque est le suivant : de nombreuses données ont été rassemblées, qui prouvent qui si vous prenez des antidépresseurs sur le long terme, pendant cinq, dix ou quinze ans, il existe un réel danger de déclin cognitif

La plupart d’entre vous avez sans doute entendu dire que la dépression est due à un « déséquilibre chimique dans le cerveau », que ces médicaments sont conçus pour corriger. Malheureusement pour tous ceux qui avalent cet argument de marketing, il ne s'agit PAS d'une vérité scientifique.

« La théorie du faible taux de sérotonine vient du fait qu’ils ont compris que les médicaments agissaient sur le cerveau », explique Robert Whitaker. « Mais ce n’était qu'une hypothèse émise pour tenter d’expliquer l’efficacité du médicament.

Ils ont vérifié si les personnes avaient un faible taux de sérotonine … mais en 1983, le NIMH a conclu qu’il n’existait aucune preuve indiquant un quelconque problème au niveau du système sérotoninergique des patients atteints de dépression. C’était en 1983, et donc avant l'arrivée du Prozac.

Il n’a donc jamais été prouvé que les personnes atteintes de dépression présentaient de façon caractéristique un faible taux de sérotonine. 

Ainsi que l’a déclaré un médecin que j’ai interviewé, qui a participé à cette recherche, « La théorie du rôle de la sérotonine dans la dépression est comparable à la théorie selon laquelle la masturbation provoquerait la folie ». Ce n’est tout simplement pas une vérité scientifique. »

Pour aggraver les choses, si vous ne présentez pas un faible taux de sérotonine alors que vous souffrez d'une dépression, mais que vous commencez à prendre un ISRS qui bloque la réabsorption normale de la sérotonine, vous finissez par développer le problème physiologique même que le médicament est censé traiter - un faible taux de sérotonine.

Ironiquement, il s'agit justement du problème supposé provoquer la dépression. 

En 1996, Steven Hyman, neuroscientifique, qui était à l’époque directeur du NIMH, et aujourd'hui doyen de l’Université d’Harvard, a publié un article intitulé Initiation et adaptation : un paradigme pour comprendre les médicaments psychotropes, dans lequel il explique cet enchainement d’évènements. 

D'après le Dr Hyman, une fois que votre cerveau a subi ces adaptations compensatoires au médicament, il fonctionne « qualitativement et quantitativement différemment de la normale ».

« D’un point de vue scientifique, il ne s'agit donc pas d'agents normalisants », explique Robert Whitaker. 

Ce sont au contraire des agents dénormalisants, et lorsque vous comprenez cela, vous comprenez pourquoi ils peuvent provoquer des épisodes maniaques, pourquoi ils peuvent être associés à des dysfonctionnements sexuels ou à des comportements violents, à l’acathisie, etc ... C’est parce qu’il s'agit en fait d'agents dénormalisants. »

Robert Whitaker aborde de nombreux autres sujets qui font l’objet de confusions, et révèle de nombreuses autres informations à propos des traitements de la dépression dans cette interview ; si vous-même ou une personne de votre entourage souffrez de dépression, je vous invite donc à la regarder dans son intégralité, ou à en lire la transcription. 

Elle révèle des informations vitales qui pourrait réellement vous sauver la vie, ou celle d’une personne qui vous est chère. La quête d’un traitement efficace contre la dépression n’est pas à prendre à la légère, et il est impératif de savoir ce qui fonctionne réellement, et ce qui ne fonctionne pas. 

J’aborde par ailleurs ci-dessous quatre éléments essentiels d’une vie saine, qui sont indispensable au succès de tout programme de traitement.

Autres éléments essentiels pour surmonter la dépression

Gérez votre stress — La dépression est un problème très grave, mais ce n’est pas une « maladie ». La dépression est plutôt un signe qui montre que votre corps et votre vie sont en déséquilibre. Il est important de garder cela à l’esprit, car si vous commencez à considérer la dépression comme une « maladie », vous risquez de penser avoir besoin d'un médicament pour la soigner.

En réalité, il vous suffit de rééquilibrer votre vie, et l’une des meilleures façons d'y parvenir, est de gérer votre stress.

La méditation ou le yoga peuvent être efficaces. Il suffit même parfois d'aller faire une promenade. Mais je vous recommande d’utiliser également une méthode qui puisse vous aider à gérer des problèmes émotionnels dont vous n'avez peut-être même pas conscience.

Mon outil préféré à cet égard est la Technique de Libération Émotionnelle (EFT). Toutefois, si vous souffrez de dépression ou de stress grave, je pense qu’il vaut mieux consulter un professionnel de la santé mentale, qui soit également un praticien en EFT et qui pourra vous guider.

Mangez sainement — Votre alimentation est un autre facteur qui ne doit pas être négligé. Les aliments ont un impact très important sur votre humeur et votre capacité à faire face et à être heureux, et manger des aliments entiers, comme je l’explique dans mon programme nutritionnel, est ce qu’il y a de mieux pour la santé mentale. 

Éviter le sucre et les céréales aide à normaliser votre taux d'insuline et de leptine, ce qui est également important dans le traitement de la dépression.

Optimisez le fonctionnement de votre cerveau grâce aux acides gras essentiels — je vous recommande également vivement de prendre un supplément d'acides gras oméga-3 d'origine animale de bonne qualité, comme de l’huile de krill par exemple. Il pourrait bien s'agir du nutriment le plus important de tous pour vaincre la dépression.

Faites le plein de soleil — Il est également essentiel pour traiter la dépression, ou la tenir en respect, de vous exposer suffisamment à la lumière du soleil pour avoir un taux de vitamine D optimal. Une étude a révélé que les personnes présentant un faible taux de vitamine D étaient 11 fois plus susceptibles de souffrir de dépression, que celles qui présentaient un taux normal.

La carence en vitamine D est très courante, et est connue pour être impliquée dans de nombreux troubles psychiatriques et neurologiques.

+ Sources et Références