Les exercices de haute intensité permettent de ralentir le développement des cellules cancéreuses dans le côlon

un homme qui court

En bref -

  • Des chercheurs ont découvert que certaines substances chimiques détectées dans le sang, immédiatement après que l’on ait suivi un entrainement fractionné de haute intensité (HIIT), étaient capables de réduire le nombre de cellules cancéreuses dans le côlon, ce qui suggère que le HIIT pourrait jouer un rôle dans la prévention et le traitement du cancer
  • Le côlon est divisé en quatre parties, et est également connu sous le nom de gros intestin. Il joue un rôle important dans la façon dont votre organisme utilise les aliments que vous consommez, et il en extrait l’eau avant que les déchets ne soient excrétés
  • Le cancer colorectal tue chaque année 51.000 américains, et c’est l’un des marqueurs les plus évidents de la transition nutritionnelle observée dans les pays qui connaissent de rapides changements sociétaux et économiques
  • Protéger votre microbiote intestinal contribue à protéger votre côlon contre le développement du cancer, et cela joue également un rôle essentiel dans la prévention des maladies
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Dr. Mercola

Vous entendez peut-être parfois les termes de cancer du côlon et de cancer colorectal, employés indifféremment pour désigner la même maladie. Ce sont cependant deux cancers différents.

Le cancer colorectal désigne un cancer qui touche le côlon et le rectum, tandis que le cancer du côlon touche uniquement le gros intestin.

Le cancer du côlon frappait autrefois uniquement les personnes de plus de 50 ans, mais ceci est en train d’évoluer. Selon un récent rapport de l’American Cancer Society, la prévalence de ce cancer chez les jeunes adultes est en augmentation.

Votre côlon joue un rôle essentiel dans la digestion

Le côlon est composé de quatre parties : le côlon descendant, le côlon ascendant, le côlon transverse et le côlon sigmoïde.

Si l'intestin grêle joue un rôle majeur dans l’absorption des nutriments, la fonction du gros intestin est de stocker les déchets, de récupérer l’eau et d'absorber certaines vitamines, telles que la vitamine K.

Le côlon, ou gros intestin, joue un rôle important dans la façon dont votre organisme utilise les aliments que vous consommez. La digestion commence dans la bouche, dans laquelle les aliments sont mastiqués et réduits en petits morceaux avant d’être poussés à l'arrière de la gorge.

Une fois avalé, le bol alimentaire traverse l’œsophage et est acheminé jusqu'à l’estomac.

À l’intérieur de l’estomac, les sucs gastriques décomposent les aliments et de puissants muscles les malaxent jusqu'à les transformer en un liquide épais.

À mesure qu’ils progressent dans l'intestin grêle, les particules rétrécissent encore davantage, et les sucs produits par le pancréas, le foie, et la vésicule biliaire se mélangent au liquide pour en faciliter la digestion.

Les aliments parcourent près de 6 mètres dans l’intestin grêle avant d'atteindre le côlon. Lorsqu’ils y parviennent, ils sont pratiquement liquides.

Le gros intestin absorbe l’eau, et des bactéries décomposent les matières restantes, avant qu’elles ne soient stockées dans le rectum puis excrétées lors de la défécation.

Les exercices de haute intensité permettent de ralentir le développement des cellules cancéreuses dans le côlon

Je suis un fervent supporter du sport en général, et en particulier de l’entraînement fractionné de haute intensité (HIIT).

Une récente recherche publiée dans le Journal of Physiology a montré que l'activité de haute intensité était associée à une diminution de la mortalité chez les personnes qui avaient survécu à un cancer colorectal.

De précédentes recherches avaient déjà démontré que la pratique du sport sur une période prolongée pouvait contribuer à prévenir le cancer, mais les résultats de cette nouvelle étude suggèrent que même de courtes séances d’exercices intensifs pourraient avoir un effet positif.

L’équipe de chercheurs s’est intéressée au mécanisme de cet effet.

Des personnes atteintes d'un cancer colorectal ont été recrutées pour l’étude, et il leur a été demandé d’effectuer soit une séance intensive de HIIT, soit 12 séances de HIIT réparties sur quatre semaines.

Les chercheurs ont recueilli des échantillons sanguins des participants du groupe qui a effectué une séance intensive, avant la séance, immédiatement après, puis 120 minutes après l’entrainement.

Pour le groupe qui a effectué des séances de HIIT sur quatre semaines, les chercheurs ont recueilli des échantillons de sang avant, puis après les quatre semaines.

Le sang a ensuite été placé dans des boites de Piétri avec des cellules humaines de cancer colorectal. Les chercheurs ont observé que les échantillons de sang prélevés immédiatement après les séances d’exercice réduisaient le nombre de cellules de cancer colorectal dans la boite de Piétri.

Ils ont également observé une augmentation significative du nombre de cytokines, des protéines de signalisation chargées de moduler les réponses immunitaires et inflammatoires, probablement activées suite à une réponse inflammatoire transitoire déclenchée par les exercices intensifs.

Voici le commentaire de James Devin, Ph.D., auteur principal de l’étude :

« Nous avons montré que l’exercice pourrait jouer un rôle pour freiner le développement des cellules cancéreuses du côlon.

Nous avons observé une augmentation spécifique de l’inflammation immédiatement après les séances intensives de HIIT, dont on pense qu’elle est impliquée dans la réduction du nombre de cellules cancéreuses.

Cela suggère qu’il pourrait être important d’adopter un mode de vie physiquement actif pour lutter contre les tumeurs colorectales.

Nous souhaitons maintenant étudier la façon dont le développement est modifié, et comprendre les mécanismes par lesquels les biomarqueurs présents dans le sang peuvent influer sur le développement des cellules. »

Le cancer du côlon tue 51.000 personnes par an

Selon le Fonds mondial pour la recherche sur le cancer, de l’Institut américain pour la recherche sur le cancer, le cancer colorectal est l’un des marqueurs les plus évidents de la transition nutritionnelle, qui accélère dans les pays qui connaissent de rapides changements sociétaux et économiques.

D'après l'association Fight Colorectal Cancer, 60 % des décès qui font suite à un cancer colorectal pourraient être évités grâce au dépistage, et 25 % des personnes atteintes ont des antécédents familiaux de la maladie.

Si la cause du cancer du côlon n'a jamais pu être attribuée à un seul facteur, les chercheurs en ont identifié plusieurs qui peuvent augmenter votre risque de développer un cancer du côlon.

Les données montrent que les antécédents familiaux influent sur ce risque, en particulier s'ils sont associés à certains facteurs environnementaux.

Les données démontrent également que l’incidence du cancer colorectal est plus élevée chez les Afro-Américains et les Juifs Ashkénazes.

Certains facteurs d'hygiène de vie peuvent également augmenter le risque de cancer colorectal, notamment une alimentation riche en viandes rouges et transformées, un style de vie sédentaire, le tabagisme, une consommation importante d'alcool et l’obésité.

Les personnes ayant des antécédents de maladie inflammatoire des intestins, de cancer colorectal ou de polypes et de diabète de type 2 peuvent également présenter un risque accru de cancer colorectal.

Les antibiotiques peuvent influer sur votre risque de cancer du côlon

Les antibiotiques altèrent non seulement profondément votre microbiote intestinal, mais les bactéries qui nécessitent un traitement antibiotique peuvent également être inflammatoires.

Une recherche a montré qu’il s'agit là d'un autre facteur de risque de développement du cancer du côlon. Il ne s'agit pas de la première étude à avoir démontré l’implication des antibiotiques dans l'augmentation du risque de cancer colorectal.

L'un des symptômes du cancer colorectal est un changement persistant du transit intestinal, se manifestant par exemple par des diarrhées ou une constipation.

La consistance des selles peut être modifiée, ou l’on peut remarquer la présence de sang dans les selles. Cependant, le sang présent dans les selles n’est pas nécessairement rouge, cela dépend de la localisation des saignements dans le côlon.

Plus l'origine des saignements est localisée en amont du côlon, plus le sang est foncé, voir noir, et peut se mélanger éventuellement avec les selles s'il est peu abondant.

Il est possible de ressentir un inconfort abdominal persistant, qui se manifeste par des crampes, des gaz ou des douleurs qui ne sont pas soulagées avec le temps.

Une faiblesse générale, une fatigue ou une perte de poids inexpliquée font également partie des symptômes du cancer colorectal. Certaines personnes ne ressentent aucun symptôme aux premiers stades de la maladie.

L'apparition des symptômes dépend de la taille de la tumeur et de sa localisation dans le gros intestin.

Les bienfaits de l’exercice vont au-delà de la prévention du cancer

D'après une enquête menée par le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC), près de 80 % des adultes américains ne font pas suffisamment d’exercice.

Seuls 20 % suivent les recommandations en termes d’activité physique, c’est-à-dire 2,5 heures d’exercices d'aérobie d'intensité modérée et d’exercices de musculation, deux fois par semaine.

Si l’étude présentée ici a démontré les bienfaits du HIIT contre la prolifération des cellules cancéreuses du côlon, l’exercice offre une multitude d’autres bienfaits. Il pourrait même être la clé de la longévité.

Une étude publiée dans la Revue européenne de cardiologie préventive a tenté d’estimer l’âge de patients d'après leurs performances au cours d'un test d’effort.

Les chercheurs ont constaté que remplacer 30 minutes de position assise par une activité physique de faible intensité, telle que la marche, peut réduire le risque de décès de 17 %. Remplacer ces 30 minutes par des exercices vigoureux ou d'intensité modérée, réduit le risque de 35 %.

L’exercice est également associé à une diminution du taux de dépression et de maladie d’Alzheimer, ainsi qu’à l’amélioration de la mémoire.

L’exercice semble même être la clé du succès dans le traitement de la dépression et de l’anxiété. Les personnes qui font de l’exercice se sentent plus heureuses, potentiellement grâce à l'augmentation de leurs taux de sérotonine, de dopamine et de norépinéphrine.

L’exercice permet de ralentir le processus de vieillissement, d’embellir la peau, et peut vous aider à vous remettre plus rapidement d'une maladie chronique. Il est par exemple bénéfique pour les personnes souffrant de douleurs articulaires, notamment d'ostéoarthrite.

Combustion des graisses et perte de poids font partie des autres avantages de la pratique régulière du HIIT.

Le microbiote intestinal participe à la santé du côlon

Le microbiote intestinal joue également un rôle dans le traitement et la prévention du cancer colorectal. Des chercheurs ont découvert que le Lactobacillus reuteri pourrait être utilisé pour traiter les tumeurs du côlon.

D'autres études sur le cancer colorectal ont permis de déterminer qu’il existe plusieurs facteurs qui augmentent l’incidence du cancer colorectal, notamment le fait de souffrir d'une maladie inflammatoire de l’intestin.

Le microbiote intestinal joue un rôle majeur pour la santé globale, et notamment dans le développement du cancer colorectal. Au cours d'une étude, des chercheurs ont utilisé la tomographie par émission de positons pour observer des tumeurs chez la souris.

Ils ont observé que ces tumeurs étaient plus petites et moins nombreuses chez les souris qui avaient été traitées avec des probiotiques, que chez celles qui avaient été traitées avec des placébos.

Les chercheurs ont découvert des preuves expérimentales qui mettent en évidence le rôle essentiel que joue le microbiote intestinal dans les cancers gastro-intestinaux.

Les données d'une autre étude ont montré que le microbiote pourrait favoriser l’homéostasie et les réponses antitumorales dans les intestins.

Lors d'une troisième revue, les scientifiques ont examiné les recherches actuelles et se sont intéressés principalement à la pathogénèse bactérienne, apportant des preuves de son lien avec le cancer colorectal.

Il peut y avoir plusieurs raisons à la présence de sang dans les selles

Le cancer colorectal n’est que l’une des raisons pouvant expliquer la présence de sang dans les selles. Même si cela peut sembler inquiétant et indiquer un problème grave, ce n’est pas toujours le cas.

La présence de sang dans les selles indique la présence de saignements dans l'appareil digestif, qui peuvent être localisés entre l’œsophage et le rectum.

Si le sang est rouge vif, cela signifie que les saignements proviennent du rectum ou de la région anale. Dans certains cas, le sang peut avoir été digéré par les intestins et donner aux selles une coloration noire, proche de celle du marc de café.

Voici certaines des causes possibles de la présence de sang dans les selles :

La diverticulose — Elle est caractérisée par la présence de petites poches qui se développent vers l’extérieur du côlon, et qui ne posent généralement pas de problème mais qui peuvent parfois saigner ou s’infecter.

Les hémorroïdes — Il s'agit de veines gonflées situées dans la partie basse du rectum ou près de l’anus. Les hémorroïdes sont parmi les causes les plus fréquentes de saignement anal car la veine est parfois si gonflée et fine qu’elle s'irrite et finit par se rompre et saigner.

Elles sont rarement dangereuses et disparaissent souvent en quelques semaines. Cependant, il vaut mieux consulter votre médecin pour vérifier qu’il ne s'agit pas d'un problème plus grave.

La fissure anale — Il s'agit d'une petite coupure ou déchirure de la paroi du canal anal, qui ressemble aux gerçures que l’on peut développer sur les lèvres, ou à une coupure occasionnée par une feuille de papier. Elles peuvent être provoquées par le passage de selles dures et volumineuses.

L’angiodysplasie — Il s'agit d’un trouble caractérisé par une fragilité des vaisseaux sanguins qui peuvent occasionner des saignements.

L'ulcère peptique — L'ulcère peptique peut se développer dans l’estomac ou le duodénum. Il est provoqué par une infection à Helicobacter pylori et peut être à l’origine de plaies ouvertes. La prise sur le long cours de médicaments anti-inflammatoires tels que l'aspirine, l'ibuprofène ou le naproxène peut également provoquer des ulcères.

Les polypes ou le cancer — Les polypes sont des excroissances bénignes qui peuvent parfois devenir cancéreuses. Les polypes comme le cancer colorectal peuvent provoquer des saignements invisibles à l’œil nu.

La gastroentérite — Il s'agit d'une infection qui touche l’estomac, souvent accompagnée de selles liquides contenant du mucus et des traces de sang. Elle peut être due à un virus, une bactérie ou une intoxication alimentaire, et si le symptôme principal en est la diarrhée, elle peut également s'accompagner de vomissements, de maux d’estomac et de déshydratation.

Les maladies inflammatoires de l’intestin (MII) — Les deux principales formes de MII sont la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Ce sont des maladies différentes du syndrome de l’intestin irritable. Il s'agit de maladies chroniques caractérisées par l’inflammation des parois intestinales, qui provoquent souvent des diarrhées, des douleurs et une perte de poids.

Réduisez votre risque de cancer du côlon

Votre santé digestive affecte celle de votre organisme tout entier, et la protection de votre côlon repose en grande partie sur les mêmes principes que ceux de la protection de votre santé digestive.

Les fibres et les probiotiques présents dans les aliments fermentés jouent un rôle essentiel dans la prévention des maladies et le maintien d'un microbiote intestinal fort et sain.

+ Sources et Références