Il est prouvé que les statines ne prolongent la durée de vie que de quelques jours

Statines

En bref -

  • Une revue systématique d’essais sur les statines, réalisée en 2015, à révélé que lors des essais de prévention primaire, le décès n’était différé en moyenne que de 3,2 jours. Lors des essais de prévention secondaire, le décès était différé de 4,1 jours
  • Une revue réalisée en 2018 apporte des preuves substantielles démontrant que les taux de cholestérol total et de cholestérol LDL ne sont pas des indications de risque de maladie cardiovasculaire et que, de ce fait, les bénéfices des traitements à base de statines en prévention primaire sont « incertains »
  • Certaines tactiques sont utilisées dans les études sur les statines dans le but d’en exagérer les bienfaits, notamment l’exclusion des essais infructueux, le choix orienté des données, l'abstraction du résultat le plus important - l’augmentation de l’espérance de vie - et l’utilisation d'un outil statistique particulier, la réduction du risque relatif, qui amplifie les effets insignifiants
  • Si l’on considère le risque absolu, les statines ne sont bénéfiques que pour 1 % des participants traités. Sur 100 personnes suivant un traitement à base de statines pendant cinq ans, une seule souffrira d'une crise cardiaque en moins
  • Les essais sur les statines minimisent les risques pour la santé en utilisant une période de pré-inclusion. Les participants prennent le médicament pendant quelques semaines, après quoi ceux qui souffrent d’effets secondaires sont simplement exclus, ce qui réduit la fréquence et la gravité perçue des effets secondaires
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Dr. Mercola

Les chercheurs ont tenté en vain à maintes reprises de démontrer qu'un taux élevé de cholestérol est un facteur de risque de maladie cardiovasculaire. Il existe au contraire de nombreuses preuves qui démontrent qu'un taux élevé de cholestérol serait même plus sain qu’un taux faible.

Voici trois facteurs (liés entre eux, dans une certaine mesure) que j’ai déjà évoqués dans plusieurs articles, qui influent bien davantage sur votre risque de maladie cardiovasculaire (MCV) :

Un taux élevé de fer contribue considérablement à l’inflammation, mais même si votre taux de fer est normal, l’inflammation chronique peut être provoquée par de nombreux autres facteurs, à commencer par votre alimentation. Votre alimentation est également le premier facteur qui influe sur votre taux d'insuline, et qui peut aggraver les effets d'une surcharge en fer.

Malheureusement, la prévention et le traitement des MCV par la médecine conventionnelle sont rarement axés sur ces principaux facteurs contributifs. La première ligne de défense incontournable est au contraire le recours aux statines (des médicaments qui réduisent le taux de cholestérol), en dépit des nombreuses études qui démontrent que le problème n’est pas lié au cholestérol.

Une découverte édifiante : les statines prolongent la durée de vie d’environ trois jours

Une revue systématique publiée en 2015, qui mériterait beaucoup plus d'attention qu’elle n’en a reçu, a évalué la capacité des statines à retarder la mort et à réduire les taux de mortalité. Cette revue a porté sur onze essais sur les statines, aux périodes de suivi variant entre 2 et 6,1 ans.

Dans les essais de prévention primaire (c’est-à-dire des études au cours desquelles les statines étaient utilisées en prévention primaire des MCV), le décès a été différé de moins cinq jours (c’est-à-dire que les participants sont décédés cinq jours plus tôt que ceux du groupe de contrôle), à 19 jours.

Lors des essais de prévention secondaire, le décès a été différé de moins 10 jours à 27 jours. Le report moyen du décès dans les essais de prévention primaire était de 3,2 jours, et dans les essais de prévention secondaire, de 4,1 jours.

Ces résultats sont vraiment stupéfiants, sachant que certaines personnes prennent des statines pendant des années, voire des dizaines d'années, et que ces médicaments sont associés à de nombreux effets secondaires graves, susceptibles de dégrader la qualité de vie.

Un député britannique réclame une enquête parlementaire sur les statines

La bonne nouvelle, c’est que de plus en plus de scientifiques commencent à le réaliser. Voici ce qui est indiqué dans un article paru le 9 mars 2019 sur le site The European Scientist :

« En début de semaine, le président du comité Science et Technologie du parlement britannique, Sir Norman Lamb, a demandé qu'une enquête complète soit menée à propos des statines, des médicaments anti-cholestérol.

Cette demande fait suite à un courrier qui lui a été adressé par plusieurs éminents médecins du monde entier, dont l’éditeur du BMJ, l’ancien président du Royal College of Physicians, et le directeur du Centre de médecine factuelle du Brésil... par lequel ils réclament une enquête parlementaire approfondie sur le médicament controversé. »

Dans l’article du 9 mars, l’auteur principal de ce courrier, le cardiologue Aseem Malhotra, évoque les dangers des statines et explique comment l’hypothèse incorrecte à propos du cholestérol, et le mythe de l’alimentation pauvre en matières grasses qui lui est associé, aggravent la santé des patients au lieu de l’améliorer. Il écrit notamment :

« Les résultats des recherches sont déformés non seulement pour des questions d'intérêts financiers, mais aussi par l’orgueil intellectuel des médecins. Le père de la médecine factuelle, feu le professeur David Sackett, avait déclaré ‘La moitié de ce que vous apprenez en école de médecine se révélera soit obsolète, soit totalement faux dans les cinq ans qui suivront l’obtention de votre diplôme ; le problème, c’est que personne ne sait laquelle des deux moitiés est concernée, vous devrez donc apprendre à apprendre par vous-même.’

Au cours des 30 dernières années, 44 essais contrôlés randomisés ont révélé que les régimes ou les différents médicaments destinés à faire baisser le cholestérol n’ont aucun effet bénéfique sur la mortalité cardiovasculaire.

La récente étude baptisée ACCELERATE est encore plus frappante : aucune réduction du nombre de crises cardiaques, d’AVC ou de décès n'a été constatée parmi plus de 12.000 patients présentant un risque élevé de maladie cardiovasculaire, en dépit d'une diminution de 37 % du taux de cholestérol LDL.

Cependant, combien de médecins se tiennent réellement informés des données les plus récentes ? Devant leurs patients les plus ‘inquisiteurs’, la plupart défendent le dogme selon lequel il faut faire baisser le cholestérol en expliquant qu’ils ne font que suivre les directives, sans savoir que ces directives sont elles-mêmes basées sur des recherches dont les résultats ont été déformés, souvent par des scientifiques ayant des liens étroits, personnels ou financiers, avec l’industrie. »

Une revue scientifique affirme que les effets attribués aux statines sont exagérés

Une autre revue digne d'intérêt, et qui nous ramène aux arguments du professeur Malhotra contre les statines, a été publiée dans la revue Expert Review of Clinical Pharmacology en septembre 2018. Cette revue a identifié des failles importantes dans trois études récentes « publiées par des défenseurs des statines », et tentant de « valider le dogme actuel ».

L'article présente des preuves substantielles démontrant que des taux élevés de LDL et de cholestérol total ne sont pas des indications de risque de maladie cardiovasculaire et que, de ce fait, les bénéfices des traitements à base de statines en prévention primaire sont discutables. Il révèle également les tactiques employées dans les études sur les statines, qui permettent d’en exagérer les bienfaits. En voici des exemples :

L’exclusion des essais infructueux dans lesquels les statines n’ont pas eu d'impact, ou ont eu un impact négatif sur le risque de MCV ou sur la mortalité

L’utilisation de « preuves » qui ne sont pas de véritables relations exposition-réponse

La sélection orientée des données qui soutiennent une conclusion positive

L'abstraction du résultat le plus important - l’augmentation de l’espérance de vie

L'utilisation d'un outil statistique spécifique, la réduction du risque relatif, afin d'amplifier les effets minimes ; cette tactique a été dénoncée plus directement dans un rapport de 2015 intitulé « Comment une supercherie statistique a fait croire que les statines sont sans danger, et efficaces en prévention primaire et secondaire des maladies cardiovasculaire. »

Les auteurs expliquent dans ce rapport que si l’on considère le risque absolu, les statines ne sont bénéfiques que pour « 1 % des participants traités ». Cela signifie que sur 100 personnes traitées pendant cinq ans, une seule sera victime d'une crise cardiaque en moins.

Comment les études sur les statines minimisent la manifestation des effets secondaires

L'article paru dans la revue Expert Review of Clinical Pharmacology souligne également que les essais sur les statines minimisent les risques pour la santé en employant une période de pré-inclusion. En bref, les participants prennent le médicament pendant quelques semaines, après quoi ceux qui souffrent d’effets secondaires sont simplement exclus de l’étude. Inutile de dire que cela réduit automatiquement le nombre d’effets secondaires perçus.

En réalité, entre 20 et 50 % des personnes qui prennent des statines risquent de souffrir de graves effets secondaires. De plus, les dommages musculaires sont probablement un effet secondaire bien plus courant que ce qu'indiquent la plupart des études sur le médicament.

Les auteurs citent notamment une étude au cours de laquelle 0,01 % seulement des personnes traitées ont développé une myopathie. Cependant, les auteurs soulignent que la myopathie était définie dans cette étude comme le fait d'avoir un taux de créatine kinase « plus de 10 fois supérieur à la normale ».

Pourtant, une autre recherche au cours de laquelle des biopsies musculaires ont été observées, a montré que des patients dont le taux de créatine kinase était normal, et qui se plaignaient de symptômes musculaires, présentaient effectivement des signes microscopiques de myopathie. « Lorsque les patients ont cessé le traitement, leurs symptômes ont disparu, et de nouvelles biopsies ont montré une résolution des modifications pathologiques. »

Une autre étude publiée en 2011 appuie ces déclarations, et conclut qu'un traitement à base de statines qui dure plus de deux ans provoque des « dommages manifestes au niveau des nerfs périphériques ».

Une étude publiée dans le numéro d'août 2019 de la revue ‘JACC : Basic to Translational Science’, décrit un nouveau mécanisme par lequel les statines provoquent la myopathie. En bref, les données suggèrent que les traitements à base de statines provoquent une fuite de calcium à partir des cellules musculaires.

Ainsi qu’il est expliqué sur le site Science Daily, « Dans des conditions normales, la libération coordonnée de calcium, à partir de ces réserves, entraine la contraction des muscles. Des fuites de calcium incontrôlées peuvent provoquer des dommages aux cellules musculaires, et potentiellement entrainer des douleurs et une faiblesse musculaire. »

Encore davantage de raisons d’éviter les statines

C’est un fait scientifiquement prouvé : en plus de représenter une « perte de temps » et de n’avoir aucune influence sur la mortalité, la prise de statines s'accompagne de nombreux effets secondaires et problèmes cliniques potentiels. Plus particulièrement, les statines :

1. Épuisent les réserves de CoQ10 de votre organisme — Les statines bloquent la HMG-CoA réductase, une enzyme présente le foie, et c’est ainsi qu’elles font baisser le taux de cholestérol. Cependant, cette enzyme fabrique également la CoQ10, qui est un nutriment essentiel pour les mitochondries, qui favorise la production d’ATP.

2. Inhibent la synthèse de la vitamine K2, une vitamine qui protège vos artères de la calcification.

3. En conséquence des points 2 et 3, les statines augmentent votre risque d'autres maladies graves. En plus des maladies évoquées plus haut, elles peuvent également augmenter votre risque de :

a) Cancer — La recherche montre que la prise à long terme de statines (10 ans ou plus) multiplie par plus de deux le risque des femmes de développer deux types importants de cancer du sein : le carcinome canalaire invasif et le carcinome lobulaire invasif.

b) Diabète — Il a été démontré que les statines augmentent votre risque de diabète via différents mécanismes, notamment en augmentant votre résistance à l’insuline, et votre glycémie. Selon une récente étude, les statines doublent votre risque de diabète de type 2, et triplent ce risque lorsque le traitement dépasse deux ans.

c) Dysfonctionnements cognitifs, dommages neurologiques et maladies neurodégénératives, notamment démence vasculaire, maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

d) Détérioration de la fonction cardiaque.

e) Altération de la fertilité — Fait important, les statines sont des médicaments de la catégorie X, ce qui signifie qu’elles provoquent de graves malformations congénitales, et ne doivent donc jamais être prises si l’on est enceinte ou que l’on planifie une grossesse.

Les statines ne sont pas bénéfiques pour les patients souffrant de maladies respiratoires

En plus de faire baisser le cholestérol, les statines semblent avoir un effet positif sur l’inflammation. Elles sont donc parfois employées dans le traitement de maladies pulmonaires telles que la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). Les statines activent en effet le Nrf2 et réduisent le stress oxydatif ainsi que l’inflammation secondaire.

Cependant, si certaines études observationnelles ont révélé un bienfait potentiel, une revue systématique publiée en juillet 2019 dans la Base de données des revues systématiques Cochrane n'a constaté aucun bienfait significatif pour ce groupe de patients. La revue avait trois objectifs principaux :

a) Déterminer si les statines réduisent le taux de mortalité de la MPOC

b) Déterminer si les statines réduisent la fréquence des exacerbations, améliorent la qualité de vie, ou améliorent la fonction pulmonaire dans la MPOC

c) Déterminer si les statines sont associées à des effets secondaires

La revue portait sur huit études contrôlées par placébo, soit un total de 1.323 participants atteints de MPOC, âgés de 61,4 à 72 ans en moyenne.

Méfiez-vous : la nouvelle génération de médicaments anti-cholestérol est sans doute tout aussi nocive

Si certains dangers des statines commencent à être plus largement reconnus, les dangers des médicaments anti-cholestérol en général sont encore passés sous silence, tandis que de nouveaux traitements arrivent sur le marché.

Les traitements à base de proprotéine convertase subtilisine/kexine de type 9 (PCSK9), également connus sous le terme d'inhibiteurs de la PCSK9, font partie de la nouvelle génération de médicaments anti-cholestérol. Tout comme il existe de nombreux médicaments différents dans la famille des statines, il en existe de nombreux dans la catégorie des PSCK9. Le Repatha en est un exemple.

La PCSK9 est une protéine qui agit avec les récepteurs de LDL qui régulent le taux de LDL dans le foie, et libèrent le cholestérol LDL dans le sang. Les inhibiteurs agissent en bloquant cette protéine, ce qui réduit donc la quantité de LDL en circulation.

Si ces médicaments sont prétendument la solution pour tous ceux qui ne tolèrent pas certains des effets secondaires des statines, tels que les douleurs musculaires intenses, il existe déjà des preuves qui indiquent que les inhibiteurs de la PSCK9 peuvent engendrer des effets neurocognitifs, certains patients présentant une confusion et des déficits de l’attention.

Pour conclure, si vous vous souciez de votre santé cardiaque, le plus sage est d’adopter des mesures, en termes d'hygiène de vie, dont on sait qu’elles favorisent la santé du cœur et contribuent à prévenir le développement de MCV.

+ Sources et Références