L'ail et l’oignon contribuent à prévenir le développement des tumeurs mammaires

tumeurs mammaires

En bref -

  • L’incidence du cancer est en augmentation, mais les chercheurs ont constaté qu’il est possible de réduire votre risque de 67 % en consommant quotidiennement de l’ail et de l’oignon crus
  • L’étude a analysé les taux de cancer du sein et l’alimentation de femmes vivant à Porto Rico, où elles sont nombreuses à consommer chaque jour de l’ail et de l’oignon crus. Le taux élevé de flavonols et de composés organosulfurés dans ces aliments a suscité l’intérêt de l’équipe de recherche
  • Il a été démontré que l’ail et l’oignon ont des effets protecteurs contre d'autres cancers, contre les maladies cardiovasculaires, contre les maladies neurodégénératives, qu’ils sont bénéfiques pour la mémoire à long et à court terme, et pour les bonnes bactéries intestinales. L’optimisation du taux de vitamine D est également associé à une diminution du risque de cancer du sein
  • Si vous prenez un supplément de vitamine D, vous devez également prendre du calcium, du magnésium et de la vitamine K2 MK7, qui agissent de concert et permettent au calcium d’être acheminé vers les os et les dents, et non vers les vaisseaux sanguins ou les reins. Vous pouvez essayer d'intégrer le sofrito à votre alimentation, un condiment cru très populaire préparé à base d'ail, d'oignon et de coriandre
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Dr. Mercola

Vous avez certainement déjà vu ces petits rubans roses, symboles des campagnes de sensibilisation au cancer du sein, qui nous rappellent que les mammographies sauvent des vies. Malheureusement, on accorde que peu d'intérêt à l’information des femmes sur la prévention du cancer du sein.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le cancer du sein est dans le monde entier celui qui touche le plus les femmes. Des statistiques de la Société américaine du cancer révèlent qu’environ 12 % des américaines développeront un cancer du sein invasif, et on estime que 268.600 nouveaux cas de ce cancer seront diagnostiqués cette année. L'organisation estime que 41.760 femmes en décèderont d'ici fin 2019.

Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies a constaté que le cancer du sein est la cause la plus courante de décès, par rapport aux autres types de cancers, chez les femmes hispaniques. C’est également la seconde cause la plus courante de décès, parmi tous les types de cancers, dans de nombreux autres groupes de femmes, notamment les femmes de races blanche, noire, chez les femmes des sociétés insulaires du Pacifique, les amérindiennes et les autochtones d’Alaska.

Au cours d'une étude qui a porté sur 28 pays, les données ont montré que l’incidence du cancer du sein aux États-Unis avait augmenté entre 1975 et 2004, tandis que le taux de mortalité avait diminué entre 1960 et 2002.

L'ail et l’oignon crus réduisent le risque de cancer du sein

Le taux plus faible de cancer du sein sur l’île, par rapport au continent, a été l’élément déclencheur d'une étude en population réalisée à Porto Rico. Des scientifiques de l’Université de Buffalo ont cherché à évaluer l’association entre la consommation d’oignons et d'ail, et la prévention du cancer du sein. Les chercheurs ont indiqué qu’une relation inverse entre la consommation d’oignons et d'ail et les risques de cancers du poumon, de la prostate et de l’estomac, avait d'ores et déjà été établie.

L'équipe a collaboré avec l’université de Porto Rico pour analyser l'association entre ces aliments, qui sont des ingrédients d'un condiment populaire, le sofrito. Gauri Desai, de l’école de santé publique et des professions de santé de l’université de Buffalo, auteure principale de l’étude, a déclaré dans un communiqué de presse de l’université : « Nous avons constaté que chez les femmes portoricaines, la consommation combinée d'oignon et d'ail, ainsi que de sofrito, était associée à une réduction du risque de cancer du sein. »

Les dernières données ont révélé que celles qui consommaient du sofrito plus d'une fois par jour bénéficiaient d'une réduction de 67 % du risque de développer un cancer du sein, par rapport aux autres femmes. Gauri Desai souligne que c’est la quantité totale d’oignon et d'ail consommée par les femmes qui leur apporte un effet protecteur, et non le sofrito à lui seul.

Si le Dr. Desai reconnait que « le taux de cancers du sein est plus faible à Porto Rico que sur le continent américain », l’augmentation du taux, qui est passé de 0,018 % à 0,05 % entre 1960 et 1990, inquiète les experts. Des données ont été recueillies entre 2008 et 2014 auprès de participantes à l’étude Atabey sur le cancer du sein. Les chercheurs ont identifié 314 femmes atteintes d'un cancer du sein, parmi celles âgées de 30 à 79 ans.

L’étude comprenait également un groupe de contrôle de 346 femmes, dont les seuls antécédents de cancer étaient des cancers de la peau non mélanome, et qui vivaient dans la même zone géographique. Après ajustement pour tenir compte de l’âge, de l’éducation, du nombre de grossesses, des antécédents familiaux et d'autres facteurs, les chercheurs ont constaté qu’il existait une forte relation inverse entre le cancer du sein et les femmes qui consommaient des quantités modérées à élevées d'ail et d'oignon crus.

Les propriétés protectrices de l’ail et de l’oignon crus

Le Dr. Desai explique que l’intérêt des chercheurs pour l’ail et l’oignon était lié à leurs teneurs élevées en flavonols et en composés organosulfurés. Le genre Allium regroupe une grande famille de plantes dont font partie l’oignon et l’ail. Les chercheurs se sont intéressés au sulfure de diallyle, au disulfure de diallyle et à la cystéine S-Allyl présents dans l’ail, et aux S-alk(en)yl cystéine sulfoxides présents dans les oignons.

En plus de ses effets protecteurs contre le cancer, l'ail est connu pour protéger le cerveau lorsqu’on prend de l’âge. Des chercheurs de l’université de Louisville ont associé le sulfure de diallyle présent dans l’ail à une amélioration de la mémoire à long et à court terme dans le modèle animal. Les sujets auxquels le supplément a été administré ont également montré une amélioration de la qualité des bactéries intestinales. Les conclusions de la recherche ont été présentées lors de la réunion Experimental Biology de 2019.

Le Dr. Neetu Tyagi, professeur agrégé au département de physiologie de l’Université de Louisville, a commenté le souhait de l’équipe d'analyser la relation entre la diversité du microbiote intestinal et le développement des maladies neurodégénératives. Voici ce qu'il a déclaré dans un communiqué de presse :

« La diversité du microbiote intestinal diminue chez les personnes âgées, une étape de la vie au cours de laquelle des maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer et de Parkinson se développent, et les capacités mémorielles et cognitives risquent de décliner. Nous souhaitons avoir une meilleure compréhension du rapport entre les modifications du microbiote intestinal et le déclin cognitif lié à l’âge. »

Comme je l'ai déjà expliqué, l’ail stimule le système immunitaire, il a un effet antimicrobien et on sait d'ores et déjà qu’il a une action préventive contre différentes maladies cardiovasculaires et métaboliques, notamment l’hypertension artérielle et le diabète. L'ail cru ralentit également la coagulation sanguine, ce qui signifie que c’est un puissant anticoagulant.

La seconde partie de l’étude citée ici a consisté à analyser l’effet des oignons crus, riches en polyphénols, en quercétine et en inuline. Les oignons rouges ont un avantage supplémentaire, dû à sa teneur en anthocyanine, le pigment responsable de sa couleur qui participe à l’élimination des radicaux libres. Préférez les oignons rouges bio, qui permettent de réduire votre exposition toxique et vous apportent davantage de bienfaits nutritionnels.

Optimiser son taux de vitamine D pour se protéger contre le cancer du sein

Optimiser votre taux de vitamine D est une autre mesure simple que vous pouvez prendre pour réduire votre risque de cancer. Comme je l'ai déjà indiqué par le passé, avoir un taux sanguin optimal de vitamine D peut réduire votre risque de cancer dans une proportion allant jusqu'à 67 %. La plupart des personnes atteintes d'un cancer ont un taux de vitamine D compris entre 10 et 40 nanogrammes par millilitre (ng/mL), or le taux optimal se situe entre 60 et 80 ng/mL.

La vitamine D a non seulement un effet protecteur contre le cancer, mais en maintenir un taux optimal augmente vos chances de survivre au cancer si vous en développez un. L’une des façons les plus simples et les plus économiques de vérifier votre taux pour protéger vos seins, c’est de vous inscrire au ‘D* action Project’ - Projet de Prévention du cancer du sein, qui permet désormais de tester son taux d'oméga-3 en plus de son taux de vitamine D.

En participant à ce projet, vous aidez les scientifiques à mieux comprendre comment ces deux nutriments essentiels agissent ensemble. Les résultats vous permettent également de déterminer ce que vous pouvez modifier pour améliorer votre santé. Les tests sont réalisés chez vous, ils sont parfaitement confidentiels et ne nécessitent pas de vous rendre chez le médecin, ni dans un laboratoire.

Il vous suffit d’expédier votre échantillon et le questionnaire que vous aurez rempli, et les résultats sont généralement disponibles dans les 10 à 20 jours suivant leur réception par le laboratoire. Je propose ces kits de test à titre totalement gracieux, car je n’en tire aucun bénéfice, et ne participe à ce projet en aucune façon. Le produit de leur vente revient directement à GrassrootsHealth.

Bien que la meilleure façon d'obtenir de la vitamine D soit de s’exposer raisonnablement au soleil, cela peut s'avérer compliqué si vous vivez dans l’hémisphère nord. Si vous devez prendre un supplément par voie orale pour atteindre un taux optimal, soyez également attentif à vos apports de calcium, de magnésium et de vitamine K2.

Ces quatre nutriments agissent de concert pour diriger le calcium vers les os et les dents. Un taux insuffisant de vitamine K2, sous forme MK-7, risque d'augmenter votre absorption du calcium et de provoquer la formation de dépôts au niveau du cœur et des reins. Votre ratio calcium/magnésium est également important pour le fonctionnement des cellules, et le magnésium est nécessaire à l'activation de la vitamine D.

Les mammographies n’ont aucun impact sur la mortalité

La mammographie permet de détecter le cancer du sein invasif, mais n’est peut-être pas le bon outil pour réduire le taux de mortalité, car certains craignent qu’elle fasse plus de mal que de bien. Les mammographies répétées, dont on vous a peut-être dit qu’elles permettent un diagnostic précoce du cancer du sein, ont des effets négatifs significatifs.

Des chercheurs ont réalisé une étude sur cinq ans, dans 15 centres de dépistage situés dans six provinces canadiennes, auprès de 89.835 femmes âgées de 40 à 59 ans, et qui a été publiée dans le British Medical Journal. Une partie des participantes devait subir une mammographie par an, et l’autre partie un examen clinique des seins, sans mammographie.

Au cours de l’étude, 3.250 femmes ayant subi les mammographies ont été diagnostiquées d'un cancer du sein, dont 500 sont décédées. Dans l’autre groupe, 3.313 femmes ont été diagnostiquées d'un cancer du sein, dont 505 sont décédées. Voici ce qu’ont conclu les auteurs de l’étude :

« La mammographie annuelle, chez les femmes de 40 à 59 ans, ne réduit pas davantage la mortalité associée au cancer du sein que l’examen clinique, ni que les soins habituels lorsqu’un traitement adjuvant du cancer du sein est disponible. »

Cette étude a clairement identifié les effets protecteurs de l’ail et de l’oignon et leur capacité à réduire le développement du cancer du sein. Réduire votre risque potentiel en optimisant votre taux de vitamine D et en intégrants des aliments sains à votre alimentation, vous permettra à terme de prendre votre santé en main.

Préparez un délicieux Sofrito maison

Le sofrito est à la base de nombreux plats typiques des caraïbes. Le mélange parfumé de ses ingrédients agrémente plats mijotés et recettes à base de haricots et de riz. Bien qu’il soit souvent préparé à base de tomates, certaines variantes de la recette vont du vert au rouge vif, et sa saveur peut être douce à épicée.

Le sofrito frais, fait maison, ne contenant aucun conservateur, il ne se conserve généralement pas plus de quatre jours au réfrigérateur. Mais vous pouvez cependant facilement le conserver plusieurs mois en le congelant dans des bacs à glaçon, puis en plaçant les petits cubes obtenus dans un récipient hermétique. Vous pourrez ainsi vous régaler de sofrito tout au long de l’hiver.

Le sofrito peut être consommé cru, ou légèrement cuit. Celui utilisé dans l’étude dont il est question dans cet article était préparé à base d'ingrédients crus, car même cuits légèrement, l'ail et l’oignon peuvent perdre une partie de leurs vertus thérapeutiques. Voici une recette adaptée du site AllRecipes.com, qui ne vous demandera que quelques minutes de préparation.

Sofrito

Ingrédients

  • 2 poivrons verts
  • 1 poivron rouge
  • 10 piments aji dulce (peuvent être remplacés éventuellement par 1 poivron rouge)
  • 3 tomates moyennes
  • 4 oignons
  • 3 têtes d’ail moyennes
  • 25 brins de coriandre avec les feuilles
  • 25 feuilles de coriandre longue (ou coriandre mexicaine)
  • 1 cuillère à soupe de sel de l’Himalaya (ou moins, selon les goûts)
  • 1 cuillère à soupe de poivre noir

Préparation

  1. Épépinez et coupez les poivrons en gros morceaux, épluchez l’ail et hachez grossièrement les oignons et les tomates.
  2. Placez tous les ingrédients dans un mixer et mixez jusqu’à obtenir la consistance d'une sauce épaisse.
  3. Ajoutez la moitié du sel, goûtez, et ajoutez-en si nécessaire.