La prise de tylenol au cours de la grossesse double le risque d'autisme

tylenol pendant la grossesse responsable d’autisme

En bref -

  • Une exposition anormale à certaines hormones au cours de la grossesse, peut influer sur le développement du cerveau du fœtus, et une recherche publiée en 2014 a mis l’opinion en garde contre l’acétaminophène, qui est en réalité un perturbateur endocrinien
  • Selon cette étude de 2014, la prise d'acétaminophène pendant la grossesse est associée à une augmentation de 37 % du risque de trouble hyperkinétique chez l’enfant, une forme sévère de trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH)
  • Une étude de 2019 a montré que, comparés aux enfants des mères ayant été le moins exposées à l'acétaminophène, les enfants des femmes qui y avaient été le plus exposées présentaient, à l’âge de 9 ans, un risque de TDAH accru de 286 %, et un risque de trouble du spectre de l’autisme (TSA) accru de 362 %
  • Un rapport publié en 2016 a révélé que la prise d'acétaminophène à 18 semaines et à 32 semaines de grossesse était associée à un risque de problèmes de comportement accru de 42 %, et à un risque de symptômes d'hyperactivité chez l’enfant accru de 31 %
  • Une autre étude réalisée en 2016 a montré que les enfants des deux sexes dont les mères avaient pris de l’acétaminophène pendant leur grossesse, voyaient leur risque de présenter des symptômes de TDAH à l'âge de 5 ans, accru de 41 %. Les garçons étaient également plus susceptibles de souffrir du TSA
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Dr. Mercola

Beaucoup pensent que les médicaments en vente libre sont sans danger puisqu’ils ne nécessitent pas d'ordonnance. Mais c’est totalement faux. L'acétaminophène, par exemple (également connu sous le nom de paracétamol, et vendu entre autres sous la marque Tylenol) est en réalité l’un des médicaments les plus dangereux que vous puissiez acheter.

En dépit des statistiques qui montrent que l'acétaminophène est la première cause d’insuffisance hépatique aiguë aux États-Unis, la plupart des gens avalent ces comprimés sans se poser de question. On trouve également de l’acétaminophène dans de nombreux produits destinés à traiter les maux de tête, la fièvre et les symptômes du rhume, ainsi que dans certains antalgiques vendus sur ordonnance, associé à de la codéine ou à de l’hydrocodone. Par ailleurs, la plupart des gens ont chez eux plusieurs de ces médicaments vendus sans ordonnance, ce qui peut facilement aboutir à un surdosage.

S'il était initialement considéré comme un antalgique sûr, en 2013 les procès s'accumulaient déjà, et on parlait de 50.000 visites par an aux services d'urgence, dues aux insuffisances hépatiques et rénales provoquées par le Tylenol. La triste vérité, c’est qu’en 2005, les scientifiques savaient déjà que « l’hépatotoxicité sévère liée à l’acétaminophène entraine des insuffisances hépatiques aiguës. »

De surcroit, des rapports montraient également que les surdosages accidentels étaient responsables de centaines de tentatives de suicide, de décès et de greffes du foie. Dans cette même veine, des statistiques de 2006, basées sur l’analyse des bases de données nationales, montraient que l'acétaminophène était responsable d’environ 56.000 visites aux urgences et de 26.000 hospitalisations par an. Le nombre annuel moyen de décès liés à des overdoses d'acétaminophène était de 458.

Plusieurs études ont également établi un lien entre la prise d'acétaminophène durant la grossesse et des répercussions permanentes sur les enfants, dont l’augmentation du risque de développer des troubles du comportement, une hyperactivité, et l'autisme.

La prise d'acétaminophène associée à l’hyperactivité chez les enfants

En 2014, une étude publiée dans la revue JAMA Pediatrics révélait que « les données de la recherche suggèrent que l’acétaminophène est un perturbateur endocrinien, et une exposition anormale à des hormones pendant la grossesse peut influer sur le développement du cerveau du fœtus. » Ceci est particulièrement préoccupant, sachant que de nombreuses femmes enceintes sont susceptibles d'avoir recours à un antalgique vendu sans ordonnance, à un moment ou un autre de leur grossesse.

Selon cette étude de 2014, la prise d'acétaminophène pendant la grossesse était associée à une augmentation de 37 % du risque de trouble hyperkinétique chez l’enfant, une forme sévère de trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH).

Arrivés à l’âge de 7 ans, les enfants avaient également un risque accru de 29 % de se voir prescrire un traitement contre le TDAH. Les associations les plus importantes ont été observées chez les femmes qui avaient pris de l’acétaminophène pendant plus d'un trimestre, et plus les prises étaient fréquentes, plus leurs enfants étaient susceptibles de présenter des troubles du comportement. Voici ce qu'a rapporté à l’époque le magazine Forbes :

« L’acétaminophène peut traverser le placenta et atteindre le fœtus et son fragile système nerveux en cours de développement. Le médicament est un perturbateur endocrinien reconnu, et est déjà associé à l’ectopie testiculaire chez les petits garçons.

L’environnement hormonal de la mère jouant un rôle primordial dans le développement du fœtus, les auteurs expliquent qu’il est ‘possible que l'acétaminophène perturbe le développement du cerveau en interférant avec les hormones maternelles ou via une neurotoxicité, telle que l’induction d’un stress oxydatif qui peut provoquer la mort neuronale. »

Des résultats similaires ont été publiés en 2016. Cette étude, également publiée dans la revue JAMA Pediatrics, a révélé que la prise d'acétaminophène à 18 semaines et à 32 semaines de grossesse était associée à un risque de problèmes de comportement accru de 42 %, et à un risque de symptômes d'hyperactivité chez l’enfant accru de 31 %.

Lorsque la mère avait pris de l’acétaminophène à 32 semaines de grossesse, l’enfant présentait également un risque accru de 29 % de souffrir de problèmes émotionnels, et un risque accru de 46 % de « difficultés globales ».

La prise de tylenol au cours de la grossesse pourrait doubler voire tripler le risque d'autisme

Une étude publiée le 30 octobre 2019 sur le site JAMA Psychiatry renforce le lien entre la prise d’acétaminophène et le TDAH, et souligne également le risque accru de trouble du spectre de l’autisme (TSA). D’après les auteurs :

« De précédentes études ont soulevé des préoccupations quant à la prise d'acétaminophène au cours de la grossesse et l’augmentation du risque de trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et de trouble du spectre de l'autisme (TSA) chez l’enfant ; cependant, la plupart de ces études se sont basées sur les données rapportées par les mères...

Au cours de cette étude de cohorte de 996 dyades mère-enfant de la ‘Boston Birth Cohort’, des biomarqueurs d’exposition fœtale à l'acétaminophène du plasma du cordon ombilical ont été associés à une augmentation significative du risque de trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité et du trouble du spectre de l’autisme au cours de l’enfance. »

Comparés aux enfants des mères les moins exposées à l'acétaminophène (premier tertile, sur la base des biomarqueurs du plasma de cordon ombilical pour l'acétaminophène), les enfants de celles du second tertile présentaient un risque accru de 226 % d’être diagnostiqués d'un TDAH, et un risque accru de 214 % d’être diagnostiqués d'un TSA vers l’âge de 10 ans (9,8 ans en moyenne).

Les enfants dont les mères avaient été le plus exposées à l’acétaminophène (troisième tertile) présentaient un risque de TDAH accru de 286 % et un risque de TSA accru de 362 %. Comme l’ont souligné les auteurs, leurs constatations « appuient les études précédentes au regard de l'association entre l’exposition prénatale et périnatale à l'acétaminophène, et les risques de troubles neurologiques du développement au cours de l’enfance. »

La prise d’acétaminophène après la naissance est également associée à l’autisme

La prise d'acétaminophène après la naissance pourrait également engendrer des problèmes. Certains affirment même que l'augmentation du risque d'autisme constatée suite aux vaccinations des enfants pourrait être due à l’utilisation inappropriée d'acétaminophène après les injections, et non aux vaccins.

Selon moi, il est irrationnel d'autoriser des injections toxiques, mais l'administration d'acétaminophène peut cependant certainement aggraver les choses. Une étude préliminaire à petite échelle publiée en 2008 a conclu que « l'administration d'acétaminophène après l'administration du vaccin rougeole-oreillons-rubéole est associée au trouble de l’autisme. »

Les détracteurs du lien vaccin-autisme avancent des statistiques qui montrent que, au début des années 1980, lorsque l’autisme a commencé son ascension vertigineuse, des vaccins ont non seulement été ajoutés au programme de vaccinations, mais les pédiatres ont également reçu l’instruction de commencer à prescrire de l’acétaminophène en remplacement de l’aspirine, qui avait été associé au syndrome de Reye.

Une étude publiée en 2017 affirme même que « L'administration d'acétaminophène à des bébés et à de jeunes enfants pourrait être beaucoup plus fortement associée à l'autisme que sa prise pendant la grossesse, peut-être en raison des déficiences bien connues du métabolisme des médicaments au début du développement. »

S'il existe de multiples raisons pour lesquelles les parents donnent du tylenol à leurs bébés et à leurs jeunes enfants, il est systématiquement administré après les injections de vaccins, et selon une recherche publiée dans la revue The Lancet en 2009, l'acétaminophène pourrait diminuer l’efficacité des vaccins lorsqu’il est administré en même temps, ce qui fait une autre bonne raison d'éviter d’en donner à votre bébé.

Lors de cette étude, les enfants auxquels de l'acétaminophène a été administré immédiatement après qu’ils aient été vaccinés ont présenté une réponse immunitaire plus faible, et ont développé beaucoup moins d'anticorps contre la maladie contre laquelle ils avaient été vaccinés.

Les vaccins administrés au cours de l’étude étaient des vaccins contre les maladies pneumococciques, contre l’haemophilus influenzae de type b (Hib), la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B, la polio et le rotavirus. Voici la conclusion des auteurs :

« Bien que les réactions fébriles aient diminué de façon significative, l'administration prophylactique de médicaments antipyrétiques au moment de la vaccination ne devrait pas être recommandée de façon systématique, puisque la réponse anticorps à plusieurs antigènes de vaccins a été réduite. »

Conseils pour réduire votre exposition aux toxines pendant votre grossesse

Je pense qu’il est impératif de connaître et de se prémunir autant que possible des neurotoxines pendant la grossesse, afin de protéger la santé de votre enfant. Notre environnement est saturé de tant de toxines, qu'il peut être difficile de vous protéger de chacune d’entre elles, mais vous pouvez néanmoins les contrôler dans une large mesure dans votre foyer.

Les aliments et boissons que vous consommez, ainsi que les produits ménagers, les produits de soins corporels et les médicaments que vous choisissez d'utiliser pendant votre grossesse, peuvent avoir un impact particulier sur le développement et la santé à long terme de votre enfant.

La prévalence du TDAH et de l'autisme a augmenté de façon vertigineuse au cours de ces dernières décennies, ce qui prouve que quelque chose va terriblement mal. Notre environnement devient excessivement toxique, et les enfants payent le prix de nos styles de vie surchargés de produits chimiques. Les médicaments en vente libre comme l’acétaminophène font partie de cette charge toxique auxquels les enfants doivent faire face.

Vous pouvez contrôler certains de ces éléments, en évitant par exemple de prendre des médicaments lorsqu’ils ne sont pas indispensables. Vous trouverez ci-après d'autres exemples de mesures que vous pouvez prendre. Au lieu d'établir une liste sans fin de ce qu’il faut éviter, il est bien plus facile de se concentrer sur les mesures à prendre pour mener une vie saine, en réduisant le plus possible son exposition aux produits chimiques. En voici des exemples :

Achetez et consommez autant que possible des fruits et légumes bio et des produits d'origine animale provenant d'animaux nourris à l’herbe, issus de la filière biologique, afin de réduire votre exposition aux produits chimiques agricoles, tels que le glyphosate. Évitez les aliments transformés et préconditionnés quels qu'ils soient. De cette façon vous évitez automatiquement les pesticides, les additifs alimentaires artificiels, les dangereux édulcorants artificiels, les colorants alimentaires, les MSG et les ingrédients génétiquement modifiés non marqués.

Évitez également les poissons conventionnels et d'élevage, qui sont souvent lourdement contaminés aux PCB et au mercure. Le saumon sauvage d’Alaska est l’un des rares poissons que je recommande encore, de même que les petits poissons gras tels que les anchois, les sardines, les maquereaux et les harengs. Si vous n’en consommez pas régulièrement, envisagez de prendre un supplément d'huile de krill afin d'optimiser votre taux d'oméga-3.

Conservez vos aliments et boissons dans des contenants en verre plutôt qu’en plastique, et évitez d'utiliser du film alimentaire et de consommer des aliments en conserve, afin d'éviter les perturbateurs endocriniens chimiques contenus dans les plastiques.

Installez de bons filtres à eau sur tous vos robinets (y compris ceux de votre douche ou de votre baignoire).

Utilisez uniquement des produits d’entretien naturels.

Optez pour des produits de toilette naturels, notamment le shampoing, le dentifrice, les déodorants et les produits de beauté. L’Environmental Working Group (Groupe de travail pour l’environnement) possède une excellente base de données qui vous aidera à trouver des produits de soins corporels surs. Je propose également l’une des meilleures gammes de soins bio pour la peau, des shampoings, après-shampoings, et beurres corporels qui sont totalement naturels et surs.

Évitez les parfums d’ambiance artificiels, lingettes pour sèche-linge, adoucissants, et autres parfums de synthèse. Oubliez l’idée selon laquelle « parfum » égal « propreté ». Le linge propre n'a pas besoin d’être parfumé.

Remplacez vos casseroles et poêles anti-adhésives par des modèles en céramique ou en verre afin d'éviter de vous exposer à l’AFPO toxique.

Si vous rénovez votre maison, et/ou que vous achetez des articles pour votre bébé, optez pour des produits « verts », exempts de toxines. Évitez les jouets en plastique, en particulier les anneaux de dentition, et veillez à ce que les objets tels que matelas, sièges-auto et coussins d'allaitement ne contiennent pas de retardateurs de flammes toxiques.

Remplacez votre rideau de douche en vinyle par un modèle en tissu ou installez une porte de douche en verre. La plupart des plastiques souples, comme ceux composant les rideaux de douche, contiennent de dangereux plastifiants comme les phtalates.

Évitez de répandre des pesticides dans votre maison, ou d'utiliser sur le corps des produits pour repousser les insectes, contenant des DEET. Il existe des alternatives naturelles, efficaces et sans danger.