Cultivez vos propres fruits et légumes

une femme et une petite fille qui jardinent

En bref -

  • Cultiver vos propres fruits et légumes est un moyen simple et économique de booster vos apports nutritionnels et votre santé, et les produits du potager sont les plus frais et les plus riches en nutriments qui soient
  • Cultiver un potager contribue à créer un système alimentaire mondial plus durable, et c’est également une excellente forme d’exercice physique, bénéfique pour votre bienêtre physique et émotionnel
  • Lorsqu’on cultive un potager, la qualité de la terre est essentielle; il a été démontré que les cultures couvre-sol et les copeaux de bois contribuent à assainir et à protéger la terre, qui produit alors des fruits et légumes sains et nutritifs
  • L'agriculture industrielle dégrade nos sols et endommage notre santé en donnant la priorité aux monocultures qui sont les ingrédients principaux des aliments transformés, bien connus pour favoriser les maladies, les carences alimentaires et l’obésité
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Dr. Mercola

Cultiver vos propres fruits et légumes est un moyen simple et économique de booster vos apports nutritionnels et votre santé. Les fruits et légumes bio cultivés dans un potager sont riches en nutriments et sont les plus frais que vous puissiez trouver. Cultiver votre propre potager améliore votre alimentation, mais cela présente également d'autres avantages :

  • Cela enrichit et protège la précieuse terre végétale
  • Avoir votre propre potager vous encourage à faire du compost, qui peut être utilisé pour nourrir et fertiliser vos plantes
  • Faire pousser vos propres fruits et légumes minimise votre exposition aux engrais synthétiques, pesticides et autres toxines
  • Un potager favorise la biodiversité en créant un milieu naturel pour les animaux, les oiseaux, les insectes et autres organismes vivants
  • Il améliore votre forme physique, votre humeur et votre bien-être, puisque le jardinage est une forme d’exercice

Si les potagers offrent de nombreux avantages, la raison principale qui devrait vous encourager à faire pousser des fruits et légumes (en particulier au regard des nombreux problèmes associés à l'agriculture industrielle) est que cela contribue à créer un système alimentaire mondial plus durable.

Aussi vous donnent-ils accès à des aliments frais, sains, et riches en nutriments.

Les graines germées sont des aliments riches en nutriments, faciles à cultiver dans de petits espaces

Si vous êtes novice en matière de jardinage et que vous ne savez pas trop comment vous lancer, pensez aux graines germées. Les graines germées sont de super-aliments faciles à cultiver et qui présentent un profil nutritionnel exceptionnel, et sont pourtant souvent sous-estimées.

Il n’est pas nécessaire d'avoir un jardin pour faire germer des graines, et vous pouvez envisager de vous lancer même si vous vivez en appartement et manquez de place.

Les graines germées sont de véritables concentrés nutritifs, qui peuvent contenir jusqu'à 30 fois plus d'éléments nutritionnels que des légumes bio que vous cultiveriez vous-même, et permettent à votre organisme d’extraire davantage de vitamines, de minéraux, d'acides aminés et d'acides gras essentiels, des aliments que vous consommez.

Au cours de la germination, les minéraux, tels que le calcium et le magnésium, se fixent aux protéines, ce qui augmente leur biodisponibilité. De plus, lorsqu'on les fait germer, la qualité des fibres et des protéines présentes dans les haricots, les noix et les graines, s’en trouve très souvent améliorée.

La germination contribue également à réduire les lectines toxiques, des protéines végétales qui se lient au glucose et sont connues pour se fixer sur les membranes cellulaires, et qui sont souvent une cause cachée de prise de poids et de problèmes de santé.

La teneur en vitamines et en acides gras essentiels augmente également considérablement au cours du processus de germination. En plus des bienfaits mentionnés ci-dessus, il a été démontré que les graines germées :

  • Vous défendent contre les dommages des radicaux libres, grâce aux antioxydants, enzymes, vitamines et minéraux qu’elles contiennent
  • Inhibent le développement anormal de cellules grâce à leur teneur élevée en oxygène (les bactéries et virus ne survivent généralement pas dans un environnement riche en oxygène)
  • Vous protègent contre certaines maladies, notamment le cancer, grâce à leurs effets alcalinisant (de nombreuses tumeurs sont acides)
  • Soutiennent la régénération cellulaire

Je fais germer des graines de tournesol sur des plateaux, car elles apportent certains des meilleurs bienfaits que vous puissiez trouver dans les légumes. Les graines de tournesol germées sont également très riches en chlorophylle, ce qui contribue à détoxifier le sang et le foie.

En plus de leurs nombreux bienfaits nutritionnels, les graines germées sont peu coûteuses à cultiver et peuvent être incorporées dans vos salades, sandwichs, smoothies et jus de légumes.

Les jardins potagers sont la réponse à de nombreux problèmes

Il ne fait aucun doute que cultiver son potager est une mesure importante pour contribuer à construire un système alimentaire plus durable. J’encourage depuis des années mes lecteurs à cultiver un potager, pour avoir plus facilement accès à des fruits et légumes de qualité, et riches en nutriments.

Il va sans dire que les produits de votre potager sont plus frais, plus nutritifs et plus savoureux que les fruits et légumes que vous pouvez acheter en magasin - sans parler du côté pratique et du prix, qui sont imbattables.

De plus, marcher pieds nus en plein air et entrer en contact avec la terre vous apporte les nombreux bienfaits du ‘grounding’ ou ‘earthing’ (la connexion à la terre).

Lorsque vous marchez pieds nus dans l’herbe ou dans la terre, la terre transmet des électrons libres à votre corps, qui se propagent dans vos tissus et vous apportent des effets bénéfiques.

Les copeaux de bois pour rendre votre potager auto-suffisant

Peu de personnes réalisent que notre santé dépend en fin de compte de la santé de la terre, puisque c’est par son intermédiaire que les fruits et légumes deviennent plus ou moins riches en nutriments.

Lorsque les sols sont pauvres en nutriments, les produits qu’on y cultive manquent des minéraux et phytonutriments essentiels.

C’est malheureusement aujourd'hui le cas d’une grande partie des sols de notre planète. Malgré l’utilisation d’engrais chimiques depuis de nombreuses années, la plupart des sols sont épuisés de leurs nutriments.

La santé des sols dépend des microorganismes qui y vivent, tels que les bactéries, les champignons et les protozoaires. Loin d’être des fléaux qu’il faut éviter, les micro-organismes sont absolument indispensables au développement des plantes.

S'il est possible d'acheter des copeaux de bois dans les jardineries, je vous conseille plutôt de contacter une entreprise d’élagage de votre région. Elles disposent généralement de volumes plus importants et moins chers, dont elles doivent se débarrasser de toutes façons, vous avez donc des chances de trouver, comme cela m’est arrivé, des lots importants à un prix très intéressant. Cela vous demandera un peu de temps et quelques coups de téléphone, mais vous serez généralement récompensé de vos efforts.

C’est la collaboration entre ces micro-organismes, le biome terrestre et les racines des plantes - ce que l’on appelle la rhizosphère - qui permet aux plantes d'absorber les nutriments de la terre dans laquelle elle pousse.

L'agriculture industrielle est un choix risqué

Si vous ne cultivez pas de potager, vous êtes tributaire du système agricole industriel mondial qui, je vous l’assure, ne se préoccupe pas de votre santé. Loin de préserver la vie, les méthodes de culture à grande échelle, basées sur les produits chimiques :

Dégradent et contaminent les sols — Pour la moyenne des individus, les céréales représentent environ 70 % de l’apport calorique journalier, or les cultures de céréales occupent environ 70 % des sols cultivés dans le monde. La culture continue de céréales, année après année, provoque la dégradation des sols, et 40 % des sols agricoles de la planète sont aujourd'hui dégradés, ou gravement dégradés.

La terre végétale disparaît également, ce qui signifie que nos méthodes actuelles de culture vont simplement un jour cesser de fonctionner. Les experts suggèrent qu’il nous reste moins de 60 ans de terre végétale devant nous.

Contaminent et épuisent les réserves d’eau — La consommation de l'agriculture représente 70 % de notre consommation totale d’eau douce. Lorsque la terre est pauvre, l’eau est gaspillée puisqu’elle ne fait que traverser le sol, et s'écoule loin des systèmes racinaires des plantes.

La société Tyson Foods Inc. a été déclarée deuxième entreprise la plus polluante, ayant déversé 104,4 millions de livres de polluants toxiques dans les cours d’eau entre 2010 et 2014. Les auteurs du rapport ont déclaré : « L’empreinte écologique de la société comprend le purin provenant des fermes industrielles de ses producteurs contractuels, les ruissellements d’engrais provenant des cultures de céréales destinées à nourrir le bétail qu’elle met sur le marché... et les déchets de ses usines de transformation. »

Contribuent aux émissions de gaz à effet de serre — Si la fabrication des engrais produit sa part de gaz à effet de serre, la plupart des émissions ont lieu lors de leur application sur les cultures.

D'après le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), 1 kilo d’engrais azoté sur les 100 kilos répandus sur les terres agricoles finit dans l'atmosphère sous forme d'oxyde nitreux, un puissant gaz à effet de serre, 300 fois plus puissant que le dioxyde de carbone (Co2) et connu pour appauvrir la couche d'ozone.

Réduisent la biodiversité — Pour parvenir à une économie d’échelle, l'agriculture industrielle pratique la monoculture, c’est-à-dire que les fermiers ne cultivent qu’un seul type de produit. Malheureusement, la monoculture a contribué à des changements dans notre alimentation, qui favorisent les problèmes de santé.

Aujourd'hui, les principales cultures des fermes industrielles à grande échelle sont le canola, le maïs, le soja, la betterave à sucre et le blé - les principaux ingrédients des aliments transformés connus pour favoriser les maladies, les carences nutritionnelles et l’obésité.

Menacent la sécurité alimentaire et favorisent les maladies — L'utilisation intensive de médicaments en agriculture, en particulier d'antibiotiques, a entraîné le développement de maladies résistantes aux médicaments, qui sont aujourd'hui une grave menace pour la santé publique.

Les pandémies deviennent également de plus en plus courantes dans les élevages industriels, révélant les lacunes fondamentales de cette forme d’élevage.

Menacent la sécurité alimentaire — L’utilisation d’herbicides et de pesticides toxiques en agriculture industrielle, a un effet dévastateur sur d’importants pollinisateurs, comme les abeilles et les papillons. Voici ce qu’en dit le New York Times : « Les plantes qui dépendent de la pollinisation représentent 35 % du volume total des cultures, ce qui représente 577 milliards de dollars par an ».

Favorisent les carences nutritionnelles et les mauvaises habitudes alimentaires — L'agriculture industrielle a pour objectif, et est subventionnée pour fournir les ingrédients utilisés dans l’alimentation industrielle - le moyen le plus économique de nourrir les 7.5 milliards d'habitants de la planète. Ce dont nous avons vraiment besoin pour être en bonne santé, ce sont des fruits et légumes plus frais, et plus nutritifs.

Nécessitent l’utilisation de substances chimiques et de méthodes agricoles contre nature — L'industrialisation a entrainé la séparation de l’agriculture et de l’élevage en deux spécialités distinctes, un changement qui a fait énormément de mal.

Résultat, de nombreux services d’entretien des terres, que les animaux fournissaient autrefois gratuitement, sont aujourd'hui assurés moins efficacement par des produits chimiques ou des méthodes mécaniques, au détriment de l’homme, des animaux, et de l’environnement.

La qualité de la terre est essentielle : les cinq principes de l'agriculture régénératrice

Fort heureusement, il existe de meilleures solutions que l’agriculture industrielle. L'agriculture régénératrice, qui a recours aux cultures couvre-sols, se concentre sur la culture sans labours et soutient le broutage par les herbivores, pourrait contribuer à résoudre certains de nos problèmes les plus urgents, notamment à réduire la concentration de CO2 dans l’atmosphère, et à normaliser les phénomènes météorologiques.

Depuis que j’ai rendu visite à Gabe Brown, un pionnier de la gestion régénératrice des terres, dans sa ferme du Dakota du Nord, je suis encore plus convaincu qu’il n’est possible de faire pousser des fruits et légumes riches en nutriments que dans une terre saine. Gabe Brown estime qu’il existe cinq principes de base pour développer la terre végétale et un écosystème sain dans les fermes. Ses conseils s'appliquant aussi aux potagers, voici ce que vous devez faire :

1. Éviter de perturber le microbiome de la terre — Il faut éviter au maximum les perturbations mécaniques, c’est-à-dire le labourage, l'utilisation d’herbicides, de pesticides ou de fongicides.

2. Protéger la surface du sol — Utilisez les cultures couvre-sol, l’herbe de tonte de gazon non traitée, le paillage et les copeaux de bois pour préserver la biologie du sol, prévenir l’évaporation de l’eau et abaisser la température du sol, ce qui est particulièrement important par temps chaud.

3. Diversifier les cultures — Il est essentiel pour avoir un sol sain de cultiver diverses espèces de plantes, et les cultures couvre-sol contribuent à répondre à ce besoin.

4. Maintenir des racines en vie dans le sol aussi longtemps que possible — Une culture permanente est essentielle pour la vitalité du sol, veillez donc à planter des couvre-sol après avoir récolté vos légumes.

5. Intégrer du bétail et d’autres animaux, y compris des insectes — Pour reproduire l’effet des grands troupeaux d'animaux sauvages, tels que les bisons et les élans, qui parcouraient autrefois les plaines du nord, Gabe Brown fait paître des poules, des vaches, des moutons et des cochons, pour enrichir le sol et garantir un produit fini riche en nutriments.

Cultiver des fleurs qui attirent les pollinisateurs et les insectes prédateurs permet de repousser naturellement les parasites du potager.

Les astuces potagères qui fonctionnent

Essayez ces astuces dans votre potager, qui font appel à une autre pratique bénéfique, le recyclage :

Fabriquez du fertilisant à base de thé vert — en faisant infuser un sachet de thé vert dans un litre d’eau, vous obtiendrez un fertilisant simple, une fois refroidi, qui peut être utilisé toutes les quatre semaines. Vous pouvez également préparer du thé de compost.

Recyclez des bouteilles en verre pour un arrosage automatique — remplissez d’eau des bouteilles et flacons en verre de récupération, puis placez-les tête en bas sur des pointes d'irrigation en terre cuite, placées dans vos pots.

Cela permet à vos plantes de bénéficier d'un système d'arrosage automatique pendant plusieurs jours.

Transformez les vieux bidons de lait — vous pouvez fabriquer un arrosoir en perçant simplement des trous dans le couvercle d’un bidon de lait d'un litre rempli d’eau.

Si vous manquez de pots pour faire pousser des herbes aromatiques, découpez simplement le haut de vieux bidons de lait et remplissez-les de terreau, vous obtiendrez un jardin aromatique mobile.

Utilisez des filtres à café pour le rempotage — si vous savez que vous devrez rempoter une plante par la suite, placez un filtre à café au fond du premier pot avant de planter votre plante. Le filtre aura formé une motte lorsque viendra le moment du rempotage.

Commencer les semis en intérieur peut prolonger votre saison de culture

Que vous utilisiez des jardinières ou que vous disposiez d'un potager, vous pouvez démarrer vos cultures de bonne heure en utilisant des semis qui peuvent être transplantés en plein air, une fois passé le danger des gelées printanières.

Les semis, qui peuvent nécessiter quatre à douze semaines pour germer, vous permettront de récolter vos légumes quatre à six semaines plus tôt que si vous aviez planté les graines directement en pleine terre.

Voici ce qui est expliqué sur le site internet de l’Université du Maine, qui est très intéressant, sur la façon de faire des semis : « Il est particulièrement important d’opter pour les semis plutôt que pour la plantation en pleine terre, pour les variétés qui ont une longue période de maturation ou qui sont sensibles au gel, comme les tomates, les poivrons, les aubergines et les melons. »

Pour faire des semis, vous n’avez besoin que de peu de choses :

  • Des graines bio fraiches, idéalement de variétés traditionnelles
  • Des jardinières d’environ 5 à 9 cm de profondeur, dotés de trous de drainage
  • Un mélange de terre, comme un mélange fin à parts égales de tourbe et de vermiculite ou de perlite

Lorsque vos semis auront germé et que la température extérieure sera d'au moins 7°C, ils auront besoin d'une période d'acclimatation pour leur éviter un choc une fois en pleine terre.

Vous devrez donc les placer à l’extérieur quelques heures par jour, pendant plusieurs jours, dans un endroit à mi-ombre, en augmentant progressivement leur exposition au soleil.

Transplantez ensuite vos semis en pleine terre en fin d'après-midi lorsque les températures descendent, ou un jour où le temps est couvert, et arrosez-les copieusement.

Quoi que vous décidiez en matière de potager, j’espère que vous vous lancerez dans la culture de vos propres fruits et légumes frais, sains et riches en nutriments. Vous ne regretterez pas votre investissement.