Le tabac vous fait pourrir de l’intérieur


Les dangers du tabagisme

En bref -

  • Fumer endommage votre organisme et provoque une lente dégradation progressive, par un processus comparable au pourrissement
  • En plus de provoquer des maladies cardiaques et des cancers, le tabac peut endommager vos os, vos yeux, vos dents, votre cerveau, et nuire à votre fertilité
  • Des recherches de plus en plus nombreuses suggèrent que vapoter (utiliser une e-cigarette) n’est pas une alternative saine au tabac
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Dr. Mercola

Si vous êtes fumeur, il est absolument essentiel que vous arrêtiez le tabac pour remettre votre santé sur la bonne voie. Mais je vous recommande vivement de commencer par revoir votre alimentation, car les conséquences sur la santé d'une alimentation déséquilibrée (dont l’obésité) peuvent en effet être plus graves encore que celles du tabac.

Sachant par ailleurs que de nombreux ex-fumeurs se tournent vers la nourriture pour combler le manque de cigarette, il est important de manger correctement avant d’essayer d'arrêter le tabac (et pendant que vous essayez). Ceci étant dit, fumer n’est clairement pas bon pour la santé.

Vous savez sans doute que le tabac est lié à des maladies chroniques telles que le cancer, les maladies cardiovasculaires et les AVC, mais vous ne savez peut-être pas qu’il a beaucoup plus d’effets que cela. Vos os, vos muscles, votre cerveau, vos dents, vos yeux, et même votre fertilité peuvent également être endommagés par le tabac.

Une nouvelle campagne met en garde contre les cigarettes qui font ‘pourrir’ votre corps

Si vous vivez au Royaume Uni ou que vous y avez voyagé, vous avez peut-être remarqué des panneaux et publicités numériques représentant des cigarettes remplies de chair humaine pourrie.

Ils font partie de la nouvelle campagne du service anglais de santé publique (PHE), destinée à montrer « la façon dont le tabac endommage l'organisme et provoque une lente dégradation progressive, dans un processus similaire au pourrissement. »

En effet, fumer une ou deux cigarettes ne vous fera sans doute pas beaucoup de mal sur le long terme. C’est l’exposition permanente aux toxines qu’elles contiennent qui entraine la décomposition de votre corps.

La plupart des gens ne commencent à ressentir les effets les plus graves du tabac que bien des années (et de nombreux paquets de cigarettes) après avoir commencé à fumer, et lorsque vous commencez à ressentir des symptômes, cela signifie que les dégâts sont déjà là (de la même façon que lorsqu’on a une alimentation déséquilibrée).

Le nouveau rapport du PHE détaille les nombreuses façons dont les cigarettes provoquent le lent ‘pourrissement’ progressif de votre corps. Certaines d’entre elles vous surprendront peut-être :

Le tabac provoque des dommages progressifs au niveau de votre système musculosquelettique et de votre densité minérale osseuse

Les hommes qui fument ont un risque général de fracture osseuse accru de 25 % et un risque de fracture de la hanche accru de 40 %

Fumer ralentit la cicatrisation des blessures

Fumer augmente de 79 % les maux de dos chroniques et de 114 % les douleurs lombaires invalidantes.

Les fumeurs ont un risque de développer des troubles cognitifs accru de 53 % par rapport aux non-fumeurs

Les fumeurs ont un risque de développer la maladie d’Alzheimer accru de 59 %

Fumer augmente le risque de carie et de perdre des dents

Fumer augmente le risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge de 78 à 358 %, et augmente le risque de cataracte liée à l’âge

Les bénéfices dans le temps de l’arrêt du tabac

Vingt ans après avoir arrêté de fumer, votre corps sera « comme neuf », c’est-à-dire que vos risques de maladies chroniques seront les mêmes que ceux d'un non-fumeur.

Toutefois, les bienfaits de l'arrêt du tabac se manifestent dès les 20 premières minutes, au bout desquelles votre rythme cardiaque et votre tension artérielle diminuent. Au bout de huit heures, votre taux de nicotine diminue de plus de 93 % et dans les douze heures, votre taux d'oxygène sanguin revient à la normale.

Ces bienfaits sont valables pour les personnes qui arrêtent « net » - si vous continuez de fumer pendant cette période (même en réduisant votre consommation), les bienfaits ne seront pas aussi importants. Le manque, pendant cette période, n’est pas nécessairement aussi intense que ce à quoi vous vous attendez peut-être.

Au cours de la première semaine qui suit l'arrêt du tabac, la plupart des ex-fumeurs ne ressentent que trois envies de cigarette par jour en moyenne (qui se manifestent en général à des moments « clés » et ne durent pas plus de trois minutes).

Dix jours après avoir arrêté, la plupart des ex-fumeurs ressentent le manque de cigarette deux fois par jour, voire moins, et deux semaines après, vous êtes généralement sorti de la dépendance (du moins physiquement).

Arrêter d'un seul coup peut sembler radical, mais les recherches montrent que deux tiers à trois quarts des ex-fumeurs ont arrêté sans aide extérieure. C’est sans doute une bien meilleure approche que celle qui consiste à s'aider d'une e-cigarette, comme d'une béquille, car ces dispositifs relativement nouveaux présentent eux-mêmes de graves risques.

L’utilisation des e-cigarettes soulève de plus en plus de questions en termes d'innocuité

Une enquête de l’Institut national américain de la toxicomanie a montré que près de 9 % des élèves de quatrième (8th grade), 16 % des élèves de seconde (10th grade) et 17 % des élèves de terminale (12th grade) avaient utilisé une e-cigarette au cours du mois qui avait précédé l’enquête.

Chez les jeunes, l’utilisation de l’e-cigarette est aujourd'hui plus répandue que la consommation de tabac, et la plupart des utilisateurs (jeunes et adultes) ne savent pas que cette alternative n’est pas saine.

La dernière génération d’e-cigarettes a été conçue pour augmenter la libération de nicotine, et contient des agents chimiosensoriels (notamment des saveurs, telles que chocolat ou pastèque) qui peuvent transmettre des signaux de récompense ainsi que des « signaux transmembranaires ».

L’effet combiné pourrait augmenter l’état de manque et l’addiction. Ainsi qu’il a été rapporté par le site internet Medscape :

« Les e-cigarettes de la première génération avaient de petites batteries et généraient un aérosol irrégulier ; les dispositifs de la deuxième génération, tels que Blu et NJOY, ont une batterie deux fois plus grosse et font passer davantage de nicotine dans le sang, et ceux de la troisième génération, tels que Vuse, sont dotés de micropuces qui « contrôlent l'aérosol afin qu’il produise de petites particules dans un nuage fin, qui permet un dépôt pulmonaire profond. »

Au cours d'une présentation faite à l’occasion de la 25ème réunion annuelle de l’Académie américaine de psychiatrie des addictions (AAAP), Gregory N. Connolly, dentiste et titulaire d'une maîtrise en santé publique, de l’Université Northeastern, a expliqué que les agents aromatisants présents dans les e-cigarettes font plus que leur donner un goût agréable : « Il ne s’agit pas de composants anodins qui se contentent d'améliorer le goût.

Si vous pouvez moduler la délivrance de nicotine, cela augmente l’envie, à cause du comportement ancré associé à la récompense et au renforcement. »

Le fait que les e-cigarettes soient des outils utiles pour arrêter le tabac, car elles sont moins dangereuses que les cigarettes classiques, suscite de nombreux débats. Il y a en effet matière à débattre sur leur utilité pour arrêter de fumer.

Une étude publiée fin 2014 a montré que les fumeurs qui utilisent une e-cigarette quotidiennement ont plus de chances d'arrêter le tabac, mais ceux qui les utilisent par intermittence ont six fois moins de chances d'arrêter le tabac dans l’année qui suit.

Des données montrent également que certains ex-fumeurs, dont certains ont arrêté depuis cinq ans, se mettent à utiliser une e-cigarette - ce qui est plutôt dangereux si l’on considère ses effets sur la santé.

D'importantes quantités de toxines ont été détectées dans les e-cigarettes

Dernier coup en date porté à l'innocuité des e-cigarettes, des chercheurs commissionnés par le Ministère de la santé japonais ont trouvé des substances chimiques toxiques, dont du formaldéhyde et de l’acétaldéhyde, dans la vapeur produite par plusieurs types d’e-cigarettes.

Une marque au moins contenait plus de 10 fois la quantité de substances cancérigènes que l’on trouve dans une cigarette traditionnelle. Une autre recherche a montré que les e-cigarettes émettent des taux plus élevés de certains métaux, notamment du nickel, du zinc et de l'argent, que les cigarettes classiques.

D'après le chercheur principal de l'étude, « certains de ces métaux sont extrêmement toxiques, même en petites quantités », et il a ajouté dans une déclaration :

« Les particules de métal viennent probablement de la cartouche de l’e-cigarette elle-même - ce qui laisse à penser qu'une meilleure qualité de fabrication des dispositifs pourrait réduire la quantité de métal dans la vapeur.

Des études de ce type sont nécessaires pour mettre en place des dispositions réglementaires efficaces. La e-cigarette est tellement récente qu’il n’y a pas encore assez de recherches disponibles à son sujet. »

D'après l’ANR (Americans for Nonsmokers’ Rights - Association des Américains pour les droits des non-fumeurs), l'aérosol rejeté par les utilisateurs d’e-cigarettes contient au moins 10 substances chimiques apparaissant sur la liste, proposée par la Californie, de 65 substances cancérogènes et toxiques pour la reproduction. Le tableau ci-dessous identifie les dix substances en question.

Acétaldéhyde

Le benzène

Cadmium

Le formaldéhyde

Isoprène

Le plomb

Nickel

Nicotine

N-Nitrosonornicotine

Toluène

Les risques révélés du vapotage pour la santé

L’étude japonaise mentionnée plus haut a montré que lorsque le fil, responsable de la vaporisation du liquide, surchauffe, de plus importantes quantités de substances nocives sont produites.

Par ailleurs, des chercheurs de l’Institut Roswell Park Center ont découvert que l’un des solvants utilisés dans les arômes liquides pour e-cigarettes se transforme en substance chimique cancérigène, et ce sont les modèles de la seconde génération, plus chauds, qui présentent le plus de risques.

Comme indiqué dans Science News :

« Les premières cigarettes électroniques ne délivraient pas une dose de nicotine aussi puissante que le tabac, les ingénieurs ont donc développé une technologie de seconde génération qui permet aux utilisateurs d'augmenter la puissance de leur e-cigarette, et donc sa température, afin qu’elle vaporise davantage de nicotine à chaque bouffée.

Cependant, des températures plus élevées peuvent également déclencher la dégradation thermique des solvants, et produire ainsi des carbonyles cancérigènes...

Si les utilisateurs de cigarettes électriques de deuxième génération augmentent la puissance de leur appareil et utilisent un e-liquide qui contient un mélange de solvants à base de glycérine et de propylène glycol, le taux de formaldéhyde peut alors atteindre celui de la fumée de tabac. »

Par ailleurs, une étude a montré que les personnes exhalent moins d'oxyde nitrique après avoir vapoté, ce qui suggère que le vapotage pourrait provoquer une inflammation des poumons.

De plus, les cartouches de liquides pour e-cigarettes contiennent de la nicotine liquide très concentrée, pour la plupart à un taux compris entre 1,8 et 2,4 %. Ces concentrations peuvent rendre un enfant malade et dans des cas rares, entrainer sa mort. À ces taux, à peine une cuillère à soupe serait une dose mortelle pour un adulte. On signale déjà une augmentation des intoxications aux e-cigarettes.

Existe-t-il une méthode plus sûre pour arrêter de fumer ?

Si votre objectif est d'atteindre une santé optimale, il vaut mieux éviter le tabac comme la cigarette électronique, ainsi que tous les autres produits à base de tabac (tels que le tabac à chiquer, dont il a été démontré qu'il augmente également le risque de cancer de la bouche, cependant dans une moindre mesure que la cigarette).

Ceci étant dit, ma mère a fumé toute sa vie. Lorsqu’elle a décidé d'arrêter de fumer, elle s'est aidée d’une cigarette électronique rechargeable et l'a trouvée très utile. Je vous invite donc à faire vos propres recherches si vous envisagez d'utiliser une e-cigarette pour vous aider à arrêter de fumer, et de poursuivre vos efforts pour arrêter totalement.

Cependant, je pense que le « secret » pour arrêter de fumer est de retrouver d'abord une vie saine, ce qui vous simplifiera énormément la tâche. L’activité physique fait partie intégrante du plan, car la recherche a démontré que les personnes qui commencent un entraînement de musculation régulier doublent leurs chances de réussite, par rapport à celles ne faisant pas d’exercice.

Une alimentation saine est un autre aspect crucial qu'il ne faut pas négliger. En bref, si vous souhaitez arrêter de fumer, voici les trois conseils de base pour vous lancer :

  1. Adoptez un programme nutritionnel qui vous convienne, de façon à commencer à manger sainement.
  2. Élaborez un programme d’exercices complet. Il sera votre allié contre les maladies et dans le sevrage tabagique. La musculation est importante, mais pensez aussi à incorporer des exercices de haute intensité par intervalles, comme le Peak Fitness, des exercices de gainage et des étirements.
  3. Trouvez un bon exutoire émotionnel. De nombreuses personnes utilisent une activité physique, la méditation ou des techniques de relaxation, qui sont tous d’excellents exutoires.

Lorsque vous aurez adopté ces trois mesures de façon régulière, vous pourrez envisager d'arrêter de fumer, et à ce stade, de nombreuses personnes sont prêtes à arrêter du jour au lendemain.