Le tabac sans fumée tue plus de 250.000 personnes chaque année dans le monde

Tabac Sans Fumée

En bref -

  • Le tabac sans fumée entraîne 250.000 décès par an à travers le monde
  • Ce chiffre pourrait être sous-estimé et les chercheurs estiment que les véritables répercussions du tabac sans fumée sur la santé sont bien plus importantes
  • En 2010, le tabac sans fumée a entraîné plus de 200.000 décès dus à des maladies cardiaques comparé à plus de 62.000 décès dus aux cancers de la bouche, du pharynx et de l'œsophage
Taille du texte:

Dr. Mercola

Les risques du tabagisme sont bien connus. Le tabagisme est la première cause de décès évitable, entraînant près de 6 millions de décès par an à travers le monde. On entend bien moins parler du tabac sans fumée, aussi appelé tabac à chiquer et tabac à priser, même s’il est consommé dans la plupart des pays du monde.

Les premières estimations mondiales du fardeau des maladies dues à la consommation de tabac sans fumée par les adultes ont été récemment révélées d’après des données provenant de 115 pays. Il a été constaté que le tabac sans fumée provoque 250.000 décès par an à travers le monde, la majorité (74 pour cent) survenant en Inde. 

L’auteur principal de l’étude a observé, néanmoins, que le nombre réel de décès pourrait être bien plus élevé : “Il est possible que ces chiffres soient sous-estimés, et de prochaines études pourraient révéler que les répercussions sont bien plus importantes.”

Les maladies cardiaques constituent la plupart des décès liés au tabac sans fumée

Beaucoup de gens associent les produits de tabac au cancer, et ils sont l’une des causes principales de décès dus au cancer. Toutefois, dans le cas du tabac sans fumée, la plupart des gens meurent de maladies cardiaques, pas du cancer.

En 2010, l’étude a révélé que le tabac sans fumée a entraîné plus de 200.000 décès dus à des maladies cardiaques comparé à plus de 62.000 décès dus aux cancers de la bouche, du pharynx et de l'œsophage.

En ce qui concerne le tabac à fumer, les nombres de décès dus au cancer et aux maladies cardiaques sont semblables; environ 163.700 personnes décèdent de cancers liés au tabagisme comparé à 161.000 de maladies cardiaques dues au tabagisme.

Bien que le tabac sans fumée soit souvent commercialisé comme une alternative moins toxique aux cigarettes, il n’est, de toute évidence, pas sans risque ou sans danger. D’après l’American Cancer Society (ACS) :

“Les produits de tabac à priser et à mâcher les plus consommés présentent des niveaux très élevés d’agents cancérigènes (carcinogènes) appelés les nitrosamines spécifiques du tabac. Ces carcinogènes provoquent des cancers du poumon chez les animaux, même lorsqu’ils sont injectés dans leur sang.

Il existe aussi d’autres agents cancérigènes dans le tabac sans fumée, tels que le benzo[a]pyrène et les autres polycycliques aromatiques carcinogènes. 

Ces carcinogènes pourraient être la raison pour laquelle plusieurs types de cancers sont associés à la consommation de tabac sans fumée… Le tabac sans fumée peut également jouer un rôle dans les maladies cardiaques et l’hypertension artérielle.

Les résultats d’une grande étude de l’American Cancer Society ont montré que les hommes qui passaient des cigarettes au tabac à priser ou à mâcher présentaient des taux de mortalité plus élevés dus aux maladies cardiaques, aux attaques, au cancer de la bouche et du poumon, et à toutes les causes de décès confondues que les anciens fumeurs qui arrêtaient de consommer tous produits de tabac.”

Le tabac sans fumée peut provoquer des lésions buccales cancéreuses, des maladies des gencives, et plus

Le tabac sans fumée se présente sous la forme de longs filaments de feuilles en vrac, de boudins ou de carottes de tabac, qui sont généralement disposées entre la lèvre ou la mâchoire inférieure et la gencive. Un taux élevé de leucoplasie se retrouve fréquemment à l’endroit où le tabac est en général placé dans la bouche.

La leucoplasie est un patch blanc buccal qui est généralement indolore mais peut devenir cancérigène. Une étude suggère que trois consommateurs de tabac sans fumée sur quatre présentaient des lésions non-cancéreuses ou pré-cancéreuses dans leur bouche.

Le tabac sans fumée est également désastreux pour la santé des dents et des gencives, non seulement du fait du tabac lui-même mais également parce qu’un grand nombre présentent une teneur élevée en sucre, qui reste contre vos dents et vos gencives. L’ACE a expliqué que :

« Le tabac peut irriter ou détruire le tissu gingival. Un grand nombre de consommateurs réguliers de tabac sans fumée présentent des gencives déchaussées, des caries dentaires (dues à la teneur élevée en sucre dans le tabac), et une perte osseuse autour des dents.

La surface de la racine dentaire peut être exposée là où les dents se sont rétractées. Tout ceci peut amener la dent à se déserrer et à tomber. »

Et ceci n’est qu’un seul exemple des risques pour la santé associée au tabac sans fumée. Parmi les autres affections, on peut citer :

Le cancer de la bouche, de la langue, de la mâchoire et de la gorge

Le cancer de l'œsophage

Le cancer de l’estomac

Le cancer du pancréas

L’éventuelle augmentation des risques de maladies cardiaques, de crises cardiaques et d’AVC.

L’addiction à la nicotine (pouvant conduire au tabagisme)

La leucoplasie (des lésions blanches dans la bouche pouvant tourner en cancer)

Des dents déchaussées (les gencives se dérobent lentement autour de la dent) et la maladie des gencives (gingivite)

La perte osseuse autour des racines dentaires

L’abrasion (rayures et usure) des dents

Des caries dentaires

La perte de dents

Des dents jaunies et décolorées

La mauvaise haleine

Les cigarettes électroniques sont plus utilisées que le tabac sans fumée

Les cigarettes électroniques, qui existent seulement depuis moins de dix ans, ont déjà fait beaucoup d’adeptes. Ces appareils pourraient bientôt surpasser le tabac sans fumée en termes de risques pour la santé publique pour plusieurs raisons.

Premièrement, ils sont déclinés en saveurs fruitées et sucrées qui séduisent les jeunes consommateurs. Ceci est similaire à certains types de tabac sans fumée aromatisé, sauf que les cigarettes électroniques ne font pas l’objet des mêmes préjugés défavorables.

Et il s’agit de la deuxième « alerte rouge » majeure. Les cigarettes électroniques passent pour être une alternative « sans danger » à la cigarette (ou le tabac sans fumée), alors qu’en réalité de plus en plus de recherches montrent qu’elles comportent également des additifs et des ingrédients nocifs pour la santé qui sont inhalés et absorbés par votre organisme (et ceux autour de vous).

Actuellement, les cigarettes électroniques ne font l’objet d’aucune réglementation, ce qui signifie que les plus de 450 marques sur le marché (pour plus de 7700 saveurs) sont vendues sans aucune règle en matière d’étiquetage ou de contrôle.

La Food and Drug Administration (FDA) américaine envisage actuellement d’étendre ses pouvoirs de réglementation aux cigarettes afin d’inclure les dispositifs de cigarette électronique.

La plupart des cigarettes électroniques comportent un arôme artificiel de beurre nocif pour les poumons, le diacétyle

Le diacétyle, un arôme artificiel, est souvent utilisé comme arôme de beurre dans le popcorn pour micro-onde. Il est également utilisé pour aromatiser les produits laitiers comme le yaourt et le fromage, et existe au sein de certains « arômes bruns » comme les arômes d’érable, de fraise et de framboise.

Le diacétyle, ou une alternative chimiquement similaire appelée le propionyle, a également été retrouvé dans 74 pour cent des liquides de cigarettes électroniques testés.

Parmi ceux qui contenaient du diacétyle, près de la moitié exposait les utilisateurs de cigarettes électroniques à des niveaux dépassant les limites d’exposition professionnelle conçues afin de protéger les travailleurs des effets chimiques dangereux.

Une étude montre que le diacétyle dispose de plusieurs caractéristiques inquiétantes pour la santé cérébrale et peut déclencher la maladie d’Alzheimer.

Le diacétyle a également été associé à des dégâts respiratoires, comme l’inflammation et des cicatrices permanentes des voies respiratoires chez des employés d’une usine de popcorn pour micro-onde. Et le diacétyle n’est pas le seul motif de préoccupation...

Les arômes de cigarettes électroniques peuvent être des toxines respiratoires qui sont dangereuses lorsqu’inhalées

Un grand nombre des arômes utilisés dans les cigarettes électroniques n’ont jamais été destiné à être inhalés, mais peuvent s’insérer profondément dans les poumons des utilisateurs à chaque bouffée. Le Washington Post a rapporté ceci:

“Jessica Barrington-Trimis, une épidémiologiste de l’Université de Californie du Sud qui étudie les effets sur la santé du tabac, a déclaré que les arômes sont particulièrement inquiétants car ils ont la réputation d’être des toxines respiratoires connues.’ 

Barrington-Trimis, qui s’exprimait au sein d’un comité de la FDA s’intéressant aux cigarettes électroniques en mars, a déclaré que du fait que les appareils génèrent un aérosol ultra-fin qui s’insère profondément dans les poumons, leurs arômes ‘constituent une cible évidente’ pour des recherches plus approfondies. 

‘Nous devons effectuer plus de recherche sur cela afin de comprendre quelles substances chimiques se trouvent dans ces choses et ce que ces substances chimiques pourraient faire aux poumons de l’utilisateur,’ a-t-elle affirmé.”

Parmi les autres arômes problématiques des cigarettes électroniques on compte :

  • Les Aldéhydes, que l’on retrouve dans un grand nombre d’arômes, comme ceux d’amende, de cerise, de barbe à papa, de chewing-gum, et de vanille française ; les composés peuvent entraîner l’irritation respiratoire, une constriction des voies aériennes, et d’autres effets
  • Les Cinnamaldéhydes, que l’on retrouve dans les arômes de cannelle et dont il a été démontré qu’elles sont toxiques pour les cellules humaines au cours de tests en laboratoires

Vapoter met probablement votre santé en danger (et les rejets aérosol des cigarettes électroniques sont aussi dangereux)

Une étude distincte a montré que les cigarettes électroniques émettaient des taux plus élevés de certains métaux, notamment du nickel, du zinc et de l'argent que les cigarettes de tabac. D'après le chercheur principal de l'étude, “Certains de ces métaux sont extrêmement toxiques, même en petites quantités,” et il ajoute dans une déclaration :

« Les particules de métal viennent probablement de la cartouche de la cigarette électronique elle-même - ce qui laisse à penser qu'une meilleure qualité de fabrication des dispositifs pourrait réduire la quantité de métal dans la vapeur.

Des études de ce type sont nécessaires pour mettre en place des dispositions réglementaires efficaces. Les cigarettes électroniques sont tellement récentes qu’il n’y a pas encore assez de recherches disponibles à son sujet. »

Même la FDA (Food and Drug Administration - Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) a détecté dans une cartouche de cigarette électronique un composé chimique antigel potentiellement mortel, le diéthylène glycol, ainsi que des nitrosamines spécifiques au tabac, qui sont des substances cancérigènes.

D'après l’ANR (Americans for Nonsmokers’ Rights - Association des Américains pour les droits des non-fumeurs), l'aérosol rejeté par les utilisateurs de cigarettes électroniques contient au moins les 10 substances chimiques listées dans le tableau ci-dessous.

Acétaldéhyde

Benzène

Cadmium

Formaldéhyde

Isoprène

Plomb

Nickel

Nicotine

N-Nitrosonornicotine

Toluène

Les cigarettes électroniques peuvent faire office de passerelle vers le tabac

Une étude du National Institute on Drug Abuse a révélé qu’environ 9 pour cent des élèves de quatrième, 16 pour cent des élèves de seconde, et 17 pour cent des élèves de terminale avaient utilisé des cigarettes électroniques au cours du mois précédent. 

Chez les jeunes, l’usage des cigarettes électroniques dépasse désormais la consommation de cigarettes de tabac à fumer, ce que certains peuvent considérer comme une bonne chose. 

Par ailleurs, en dehors des risques pour la santé des cigarettes électroniques en eux-mêmes, il existe le risque que celles-ci puissent faire office de passerelle vers les produits de tabac.

Une étude récemment publiée dans JAMA Pediatrics a révélé que les jeunes qui utilisent des cigarettes électroniques sont plus susceptibles de commencer à utiliser des cigarettes classiques que leurs camarades qui n’en utilisent pas. Les auteurs ont déclaré :

“Les cigarettes électroniques (e-cigarettes) peuvent aider les fumeurs à réduire leur consommation de cigarettes combustibles classiques.

Cependant, les adolescents et les jeunes adultes qui n’ont jamais fumé de cigarettes classiques utilisent désormais des cigarettes électroniques, et ces personnes peuvent être susceptibles de passer ultérieurement aux cigarettes classiques. »

Même l’affirmation selon laquelle les cigarettes électroniques sont utiles pour arrêter de fumer est contestable. Une étude publiée fin 2014 a révélé que les fumeurs qui utilisaient des cigarettes électroniques tous les jours étaient plus susceptibles d’arrêter le tabac, mais ceux qui en utilisaient de manière discontinue étaient six fois moins susceptibles d’arrêter de fumer du tabac au cours de l’année suivante. 

Des données montrent également que des anciens fumeurs, certains desquels n’avaient plus fumé depuis cinq ans, recommençaient (ou rechutaient) avec les cigarettes électroniques.

Voulez-vous arrêtez de fumer, les cigarettes électroniques ou du tabac sans fumée?

Si votre objectif est d’atteindre un état de santé optimale, vous devriez éviter de fumer des cigarettes et des cigarettes électroniques, ainsi que d’utiliser d’autres produits de tabac, comme le tabac sans fumée. Ceci étant dit, ma mère a fumé pendant toute sa vie d'adulte.

Lorsqu’elle a décidé d'arrêter de fumer, elle s'est aidée d’une cigarette électronique rechargeable et l'a trouvée très utile. Je vous encourage donc à faire vos propres recherches si vous réfléchissez à utiliser des cigarettes électroniques pour vous aider à arrêter et poursuivre vos efforts pour arrêter complètement.

Cependant, je pense que le « secret » pour arrêter de fumer est de retrouver d'abord une vie saine, ce qui vous simplifiera énormément la tâche. L’activité physique fait partie intégrante du plan, car la recherche a démontré que les personnes qui commencent un entraînement de musculation régulier doublent leurs chances de réussite, par rapport à celles ne faisant pas d’exercice.

Une alimentation saine est un autre aspect crucial qu'il ne faut pas négliger. En bref, si vous souhaitez arrêter de fumer, voici les trois conseils de base pour vous lancer :

1. Définissez un plan de nutrition pour commencer à manger sainement.

2. Élaborez un programme d’exercices complet. Il sera votre allié contre les maladies et dans le sevrage tabagique.

3. Trouvez un exutoire positif. De nombreuses personnes utilisent une activité physique, la méditation ou des techniques de relaxation, qui sont tous d’excellents exutoires.

Je vous conseille d’adopter également l’ EFT (Emotional Freedom Technique) (technique de libération émotionnelle), qui peut vous aider à évacuer des blocages émotionnels (dont vous n'avez peut-être même pas conscience), ce qui rétablit l’équilibre entre le corps et l’esprit et aide à briser les addictions et à éviter les pulsions.

Une fois que vous aurez adopté ces trois conseils et les pratiquerez régulièrement, vous pourrez penser à arrêter le tabac et c’est à ce moment-là qu’un grand nombre de gens sont prêt à essayer d’arrêter le tabac « d’un seul coup. »

Enfin, si vous êtes parent, parlez avec vos enfants des risques de la cigarette, du tabac sans fumée, et des cigarettes électroniques. La manière la plus simple de ne pas fumer est d’éviter de commencer en premier lieu.