Ce que de simples analyses de sang peuvent vous dire sur votre santé

test de la chimie sanguine

En bref -

  • Alors que la plupart des professionnels de la santé s’appuient sur des normes de référence fournies par le laboratoire, il existe un ensemble factuel de normes de référence optimales pouvant plus facilement prévoir une pathologie sous-jacente
  • Un faible taux de bilirubine est clairement associé à une augmentation de la mortalité toutes causes confondues, puisqu’il s’agit d’un antioxydant lipophile et un indicateur de peroxydation lipidique
  • Les gamma-glutamyl transférases (GGT), un autre indicateur efficace de mortalité, ne devraient pas se trouver à un taux supérieur à 20 U/L
  • Les hommes et les femmes présentent des normes de références différentes pour les taux d’aspartate aminotransférase (ASAT) et d'alanine- aminotransférase (ALAT) (des enzymes qui déterminent la fonction hépatique), et le niveau idéal pour une santé optimale est autour de 20 U/L, pas de 40 à 50 U/L comme l’indiquent les normes de laboratoire
  • La viscosité sanguine affecte un certain nombre de pathologies différentes, comme la stéatose hépatique d’origine non alcoolique, les calculs biliaires, la densité osseuse et plus, et peut être calculée en utilisant deux indicateurs: la teneur totale en protéines et l’hématocrite
  • L’un des indices de mortalité les plus utiles est l’indice de risque Intermountain, crée d’après les indicateurs élémentaires de chimie sanguine de dizaines de milliers de patients en milieu hospitalier
  • Sur la base de ces indicateurs sanguins élémentaires, vous obtenez un indice de risque de mortalité à 30 jours, à un an et à cinq ans
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Le Dr. Bryan Walsh est un naturopathe ayant reçu une formation approfondie sur les voies biologiques moléculaires et est professeur associé à l’Université des États de l’Ouest.

Dans cette interview, nous abordons certains des éléments d’information les plus étonnants que vous pouvez récolter à partir d’une simple prise de sang qu’un grand nombre de médecins conventionnels ne connaissent pas ou ne vous communiquent pas.

Malheureusement, même certains professionnels de santé expérimentés n’ont pas connaissance de ces informations. L’un des problèmes est qu’un grand nombre de médecins ne savent même pas quels sont les différents indicateurs.

La théorie cellulaire de la santé

Dans l’interview, Walsh explique ce qu’il a appelé «la théorie cellulaire de la santé.» En résumé, les niveaux d’organisation structurelle tels qu’enseignés en physiologie fondamentale révèlent ce dont nous sommes constitués au niveau physique.

Au niveau microscopique, nous sommes constitués d’atomes, de substances chimiques ou d’éléments, de choses que l’on retrouve sur le tableau périodique comme le carbone, l’oxygène, l’azote, le phosphore, le calcium, le molybdène et ainsi de suite.

"Si vous prenez deux atomes ou plus, des substances chimiques, des éléments et que vous les assemble, vous obtenez une molécule… Le glucose est une molécule. L’acide aminé est une molécule. Les triacylglycérols sont des molécules.

Lorsque vous prenez des molécules et que vous les assemblez, vous pouvez obtenir une macromolécule. Si vous assemblez une poignée de glucose, vous obtenez du glycogène.

Vous assemblez une poignée d’acides aminés et vous obtenez une protéine… Trois acides gras et un glycérol [vous donnent] des triacylglycérols.

Si vous prenez ces macromolécules et que vous les assemblez, alors vous créez des organites — toutes les parties d’une cellule [telle que] la mitochondrie, le réticulum endoplasmique, les ribosomes et le noyau.

Puis si vous prenez celles-ci et que vous les enrobez d’une membrane phospholipide, vous obtenez une cellule.

La cellule est la première partie d’un organisme capable d’être vivant. Lorsque vous assemblez des cellules, vous obtenez des tissus, desquels il existe quatre types différents : conjonctifs, nerveux, musculaires et épithéliaux.

Lorsque vous auditionnez ces quatre tissus, vous obtenez un organe. (La plupart des organes disposent de chacun des quatre, au moins dans une certaine mesure.)

Les organes avec des fonctions similaires forment un système organique. Par exemple, le système digestif, le système respiratoire et le système tégumentaire.

Une fois que vous ajoutez tous les systèmes ensemble, vous finissez par obtenir un organisme complet

"A présent, voici tout l’intérêt," explique Walsh. "Lorsqu’une personne présente un signe ou un symptôme de tout type, vous [devez] remonter les niveaux d’organisation.

Supposons qu’elle a un syndrome prémenstruel (SPM) ou qu’il y’a des problèmes d’infertilité. Ce n’est pas tout l’organisme [qui est dysfonctionnel]. C’est un système organique.

Cela devrait probablement s’orienter vers le système endocrinien, n’est-ce pas? Mais un système organique est vraiment composé d’un ensemble d’organes.

Chez une femme souffrant de SPM, il ne s’agit probablement de son thymus. Il ne s’agit probablement pas directement de ses surrénales ou de son pancréas. C’est probablement ses ovaires.

D’après les niveaux d’organisation, un organe est essentiellement constitué de quatre types de tissus différents. Dans ce cas, si cette femme souffre de SPM, qu’est-ce qui est ne fonctionne pas?

S’agit-il des cellules épithéliales? Probablement. Car il s’agit des cellules productrices d’hormones des ovaires.

Il ne s’agit pas du tissu conjonctif. Il ne s’agit pas du tissu musculaire des ovaires. Il ne s’agit vraisemblablement pas du tissu neural. Mais le tissu épithélial n’est vraiment qu’une poignée de cellules. Ainsi donc, d’où provient à l’origine la défaillance chez cette femme? Des cellules.

Pour le dire autrement, des cellules saines génèrent des tissus sains. Des tissus sains génèrent des organes sains. Des organes sains génèrent des systèmes organiques sains.

Des systèmes organiques sains génèrent un organisme en bonne santé. J’ai créé ce modèle. On pourrait objecter sur des organites sains, comme les mitochondries et le réticulum endoplasmique, mais si vous avez des cellules saines alors vous allez avoir un organisme en bonne santé...

Il existe des normes de référence idéales de chimie du sang

Au fil des ans, Walsh a recueilli plus de 100 documents indiquant les normes de référence optimales pour la plupart des principaux indicateurs que l’on retrouve dans un test de la chimie du sang, y compris certains accessoires comme l’A1C.

Ce qu’il est essentiel de comprendre est que tandis que la plupart des professionnels de santé s’appuient sur les normes de référence fournies par le laboratoire, il existe un ensemble factuel de normes de référence optimales pouvant prévoir de manière plus précise les pathologies sous-jacentes.

Le niveau de glucose à jeun, par exemple, devrait se trouver entre 82 et 88 milligrammes par décilitre (mg/dL), affirme Walsh, d’après la documentation disponible, tandis que le niveau de glucose sans restriction alimentaire devrait se trouver entre 82 et 130 mg/dL.

Un autre exemple est le rapport entre aspartate aminotransférase (ASAT) et alanine aminotransférase (ALAT) — des enzymes du foie qui déterminent la fonction hépatique.

Le niveau du laboratoire pour celui s’établit généralement au maximum à 40 unités par litre (U/L) pour le taux d’AST et 56 pour le taux d’ALT.

Par ailleurs, la doctrine médicale «montre très clairement que, a) les hommes et les femmes devraient avoir des normes AST et ALT de référence différentes, et b), que [le niveau idéal] est d’à peine plus de 20 U/L,» affirme Walsh.

La GGT et le fer

La Gamma glutamyl-transférase (GGT), qui est indicateur efficace de mortalité, ne devrait également pas être supérieure à 20 U/L. “Combien de médecin regardent la GGT et disent tout va bien alors qu’en réalité, d’après la documentation, cela n’est absolument pas le cas,” déclare Walsh. La GGT est une enzyme hépatique impliquée dans le métabolisme du glutathion.

Non seulement le test de la GGT vous indiquera si vous avez une atteinte hépatique mais il peut également être utilisé comme marqueur de dépistage d’un niveau trop élevé de fer libre et est un excellent indicateur de vos risques d’arrêt cardiaque soudain.

Ces dernières années les scientifiques ont découvert que la GGT interagit fortement avec le fer.

Un niveau trop important de fer aura tendance à augmenter le niveau de GGT, et lorsqu’aussi bien votre ferritinémie que votre GGT sont élevées, vous êtes en risque bien plus important de contracter des problèmes de santé chroniques.

Ceci est dû au fait que vous avez alors une combinaison de fer libre, qui est hautement toxique, et un stockage du fer prolongeant cette toxicité.

La GGT est un test bon marché qui devrait être inclus dans chaque laboratoire.

En ce qui concerne la ferritinémie, Walsh suggère un minimum de 50 nanogrammes par millilitre (ng/mL) et un maximum de 115 ng/mL pour les femmes et jusqu’à 150 ng/mL pour les hommes, même s’il admet qu’on pourrait objecter que la ferritine devrait être inférieure à 100 ng/mL chez les deux sexes.

J’ai la bêta-thalassémie et par conséquent je présente un risque élevé d’hémochromatose (un excès de fer), car mes globules rouges sont recyclés trop fréquemment.

Sur la base de mon analyse de la doctrine, j’estime qu’un niveau de référence plus adapté pour diminuer vos risques de mortalité toutes causes confondues se situe entre 30 et 40 ng/mL pour les hommes et les femmes qui n’ont pas leurs règles.

Walsh suggère également de s’intéresser au cuivre et capacité totale de liaison du fer. L’un des rôles du cuivre est de transformer le fer sous une forme transportable et utilisable à la synthèse.

Sans cuivre votre organisme est incapable d’utiliser le fer dont il dispose. Par conséquent, si le niveau de cuivre est faible et que votre organisme ne peut utiliser le fer la capacité totale de liaison du fer va augmenter.

L’anémie due à une carence en cuivre présente exactement les mêmes marqueurs que l’anémie due à une carence en fer, à l’exception des neutrophiles, qui ont tendance à être faibles lorsqu’il y’a une carence en cuivre. 

Un signe selon lequel vous avez affaire à une anémie due à une carence en cuir et non à une anémie due à une carence en fer est qu’elle n’est pas rectifiée par un apport complémentaire en fer.

Les Indicateurs de viscosité sanguine

La viscosité sanguine est un autre domaine où les analyses de sang peuvent révéler de précieuses informations sur la santé.

La viscosité sanguine affecte un certain nombre de pathologies différentes, comme notamment la stéatose hépatique d'origine non alcoolique, les calculs biliaires, la densité osseuse et l’ostéoporose, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les troubles endothéliaux et bien plus.

Malheureusement, pratiquement personne ne mesure la viscosité sanguine, mais cela peut être effectué.

Walsh explique:

«Quand vous pensez à ce qui contribue à la viscosité, qui en passant, revient dans le sang normal — qu’il y’a-t-il dans le sang?

Ce qu’il y’a de plus abondante dans le sang, après l’eau, sont les protéines — l’albumine, la globuline et le fibrinogène. Je me disais, 'La protéine doit avoir un rôle dans cela, et la protéine se retrouve dans la chimie sanguine.'

Et voilà qu’il existe un calcul confirmé qui s’intéresse aussi bien à la viscosité à faible taux de cisaillement qu’à la viscosité à un taux de cisaillement élevé, qui a été confirmé un grand nombre de fois; qui a été comparé à la viscosité sanguine réelle de tout le sang.

Les deux indicateurs nécessaires sont simplement le niveau total de protéines et l’hématocrite. Voilà...C’est si facile à calculer, et cela a été validé. Chaque médecin devrait faire faire cela à chaque patient...»

L’indice de stéatose hépatique

Généralement, le terme dyslipidémie fait référence à un taux de cholestérol élevé, à un taux élevé de LDL, à un faible taux de HDL et un niveau anormal de triglycérides.

Mais une suggère qu’un niveau élevé de HDL peut aussi être qualifié de dyslipidémie, puisqu’un niveau élevé de HDL n’est pas non plus normal. Walsh évoque un article dans lequel le critère d’inclusion était une stéatose hépatique diagnostiquée par ultrasons.

Le rapport moyen ASAT/ALAT chez tous ces patients souffrant de stéatose hépatique étant dans les 20. De manière générale, les médecins utilisent les enzymes du foie pour diagnostiquer la stéatose hépatique. 

Cependant vous pouvez également utiliser un indice de stéatose hépatique qui inclut la GGT, les triglycérides, le tour de taille et l’indice de masse corporelle (IMC).

«C’est assez particulier. Il s’agit d’une indication assez précise de la stéatose hépatique," affirme Walsh. "Ici, tout ce dont vous avez besoin est le tour de taille…l’IMC… les triglycérides et le taux de GGT.

[Avec cela] vous pouvez, avec une certaine certitude, prédire si quelqu’un a une stéatose hépatique ou non. Ou, au moins de point de vue de la prise de décision clinique, décider s’il s’agit de quelque chose auquel vous voulez donner suite.»

L’indice intermountain de risque pour la santé

Un autre test dont la plupart des médecins n’ont jamais entendu parler, moi-même y compris, est l’indice Intermountain de risques pour la santé. "C’est quelque chose sur lequel je suis tombé car j’adore la chimie du sang," explique Walsh.

"Il s’agit du test le meilleur, le plus utile, le plus précis et le moins cher que nous pourrions vraisemblablement effectuer.

En tant que professionnel de la santé ou naturopathe expérimenté je suis extrêmement frustré par le fait que nous nous jetions sur tous ces tests médicaux très chers qui n’ont pas été scientifiquement prouvés comme efficaces alors qu’il y’a tant d’informations que l’on pourrait tirer de [l’indice de risque Intermountain].»

L’indice de risque Intermountain est un indice du risque de mortalité crée d’après les indicateurs élémentaires de chimie de sang de dizaines de milliers de patients en milieu hospitalier, notamment la formule sanguine complète (FSC), le sodium, le bicarbonate de potassium, le volume moyen des plaquettes et d’autres éléments de base.

Sur la base de ces indicateurs, vous obtenez un risque de mortalité à 30 jours, à un an et à cinq ans.

"Cet indice de mortalité à cinq ans est extrêmement utile," affirme Walsh. "Vous pourriez avoir quelqu’un d’en relativement en bonne santé, s’auto-prescrivant une poignée de compléments, qui fait un petit peu de sport, et essayant de manger aussi sain qu’elle peut.

Mais du point de vue physiologique, il y’a quelque chose d’anormal.

Cette personne va chez son médecin est tout a l’air d’aller bien. Supposons que son niveau de glucose est bon. Si elle entrait tous ces indicateurs et qu’elle obtenait un indice légèrement élevé, cela indique que tout n’est pas parfait...

Encore une fois, si le contraire d’un état de santé optimale est la mort, vous pouvez voir où vous êtes sur cet indice.

Si votre indice n’est pas bon, vous pouvez le présenter à quelqu’un qui regardera réellement ce qui vous faites et effectuera quelques recommandations pour essayer d’améliorer certaines de ces choses.

Il s’agit juste d’un autre exemple du fait qu’il y’a plus d’informations dans un test de la chimie du sang que ce sur quoi le test de chimie sanguine rend effectivement compte.

Des choses comme l’osmolalité. Des choses comme la viscosité. Des choses comme l’indice de stéatose hépatique. Des choses comme l’indice de risque Intermountain.