L’arnaque des biosolides de l’EPA nous menace tous

(Vidéo disponible uniquement en anglais)

En bref -

  • La sécurité des boues d’épuration, les "biosolides," largement répandues comme engrais sur les terres agricoles, les parcs, les terrains de golf, les gazons et les cimetières américains a été récemment remis en question par le bureau de l’Inspecteur Général des États-Unis
  • Le traitement des eaux usées est conçu pour produire de l’eau propre, pas nettoyer les boues, et plus l’eau est propre, plus les boues sont «sales»
  • Les biosolides peuvent contenir des PCB, des dioxines, des produits pharmaceutiques, des hormones, des agents tensio-actifs, des métaux lourds, des matières plastiques et des agents pathogènes
  • Les études scientifiques confirment la pérennité d’un grand nombre de toxines dans les sols traités, et leur présence dans un grand nombre de cultures comestibles, pourtant les sociétés de Relation Publique, certaines financées par l’EPA (Environmental Protection Agency, Agence de Protection de l’Environnement) elle-même, font passer les biosolides comme étant bons pour l’environnement et une forme de recyclage
  • L’utilisation agricole de biosolides est économiquement souhaitable pour les communes, les transporteurs de déchets et les agriculteurs qui reçoivent un engrais bon marché, mais de plus en plus de collectivités résistent au recours aux biosolides dans leur voisinage
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L’utilisation de boues d’épuration, rebaptisées «biosolides» comme engrais comme engrais pour vos aliments par des agences de relations publiques vicieuses au service du secteur est une menace croissante et peu médiatisée pour la santé humaine.

Les boues d’épuration sont le résidu généré au cours du traitement des eaux usées domestiques et contiennent un cocktail de substances dangereuses d’origine industrielle, provenant des hôpitaux et humaines — tout ce qui est évacué dans les égouts.

Aujourd’hui, les conduites d’égouts urbaines vont directement jusqu’aux usines, ce qui leur permet de rejeter leurs eaux usées dans les stations d’épuration des villes.

Ceci économise beaucoup d’argent aux usines car une fois qu’une substance chimique ou des rejets réglementés pénètrent les canalisations d’égouts, elles sont immédiatement exemptées des règlementations de l’EPA.

Alors que bon nombre de personnes, moi-même y compris, ont souligné les graves dangers posés par l’utilisation à grande échelle des boues d’épuration pendant des décennies, un récent rapport du Bureau de l’Inspecteur Général des États-Unis (OIG) intitulé «l’EPA est incapable d’évaluer l’impact de centaines de polluants non réglementés dans les biosolides épandus au sol sur la santé humaine et l’environnement» a généré une nouvelle prise de conscience.

Prenez garde à l’arnaque des biosolides

Une vidéo récente, intitulée "Biosludged," de Health Ranger/Natural News, ajoute d’autres préoccupations aux menaces des biosolides déjà connues causées par les métaux lourds, les médicaments, les hormones et la résistance aux antibiotiques, c’est à dire le bioterrorisme.

Quiconque pourrait introduire des substances mortelles, comme le virus Ebola, dans les égouts, qui seraient, grâce à l’épandage massif de biosolides, disséminées pour nuire à un grand nombre de gens.

Ce que les gens jettent dans leurs toilettes "revient directement dans leur assiette quelques semaines plus tard," avertit la vidéo, évoquant la découverte de Warfarine, un anticoagulant, d’atrazine, un herbicide toxique et perturbateur endocrinien, de pesticides, de fongicides, de produits pharmaceutiques, de drogues à usage récréatif, de produits médicamenteux industriels, de solvants chimiques, de plastifiants et de désinfectants dans les biosolides.

"Si vous ne voudriez pas en mettre dans votre jardin, ne l’évacuez pas dans les toilettes," déclare Mike Adams, qui se fait appeler le Health Ranger, qui ajoute que les biosolides sont le plus grand délit écologique aux Etats-Unis dont la plupart des gens n’ont jamais entendu parler.

Tandis qu’il existe une Loi sur l’Eau Saine et une Loi sur l’Air Propre, une Loi sur la Propreté des Sols est grandement nécessaire affirme Adams.

Adams et son site internet sont, certes, sujets à controverse, mais il est indiscutable que l’épandage de quantités massives de biosolides qui contiennent de l’azote et du phosphore, associé à d’autres engrais riches en azote a contribué à la prolifération croissante des algues le long des côtes américaines.

Cette destruction environnementale nuit à la vie humaine et à la vie animal autant qu’à la qualité de l’eau. Malheureusement, un grand nombre des états du sud subissent une utilisation plus importante des biosolides puisqu’ils acceptent les excréments exportés en provenance d’autres villes.

Des questions sérieuses sur la réglementation des biosolides par l’EPA

En Novembre 2018, le Bureau de l’Inspecteur Général des États-Unis a publié un réquisitoire très critique de la manière dont l’EPA réglemente — ou plus précisément, ne réglemente pas — le secteur des biosolides.

Le Bureau de l’Inspecteur Général :

«Les contrôles sur l’épandage des boues d’épuration (biosolides), notamment les lois, les règlements, les directives, les politiques ou les activités, étaient incomplets ou présentaient des faiblesses et peuvent ne pas complètement protéger la santé humaine et l’environnement.

L’EPA a évalué régulièrement la présence de neufs polluants réglementés au sein des biosolides. Toutefois, l’agence ne disposait pas des données ou des outils d’évaluation des risques nécessaires pour se prononcer sur la sécurité de 352 polluants retrouvés dans les biosolides.

L’EPA a identifié ces polluants au sein de différentes études de 1989 à 2015.

Notre analyse a établi que les 352 polluants en incluent 61 désignés comme très dangereux, dangereux ou polluants prioritaires dans d’autres programmes. La Loi sur l’Eau Saine oblige l’EPA à revoir la règlementation en matière de biosolides au moins tous les deux ans pour identifier des polluants supplémentaires et adopter des règlementations relatives à ces polluants.»

Quels sont certains des polluants nocifs que l’Inspecteur Général a trouvé dans les biosolides?

"Parmi les polluants non réglementés on compte les produits pharmaceutiques (comme par exemple la ciprofloxacine, la diphénhydramine et le triclocarban); les stéroïdes et les hormones (comme par exemple le campestérol, le cholestanol et le coprostanol); et les agents ignifuges.

L’agence a également identifié des substances perfluoroalkylées (PFAS) et le perfluorooctanoate (PFOA) dans des recherches sur les biosolides...

32 d’entre eux sont considérées comme des résidus dangereux selon la Loi sur la conservation et la récupération des ressources (quatre d’entre eux étant très dangereux).

35 d’entre eux sont des polluants prioritaires. 16 d’entre constituent des produits pharmaceutiques dangereux d’après le NIOSH [National Institute for Occupational Safety and Health]."

Une étude scientifique confirme les dangers

Confronté à un document de 60 pages du Bureau de l’Inspecteur Général détaillant les dangers des biosolides, l’EPA n’a présenté aucun argument de défense hormis que le «seul danger ne signifie pas qu’il y’a un risque,» et que «tous les 352 polluants retrouvés dans les biosolides ne manquent pas de données pour évaluer les risques.

Les polluants qui présentent des données suffisantes seront analysées pour identifier les risques» à l’avenir. Cela rassure-t-il qui que ce soit?

Les articles scientifiques confirment clairement les dangers des biosolides qui découlent de leur pérennité dans le sol et leur capacité à pénétrer au sein des produits agricoles bien réels que vous consommez.

Le triclocarban, un antibiotique semblable au triclosan (que l’on retrouve dans le dentifrice et tous autres produits de consommation) «demeurait des années après l’épandage de biosolides" affirme une étude paru dans Environmental Science and Pollution Research.

Des antibiotiques comme l’amoxicilline, l’ampicilline, l’érythromycine, l’oxytétracycline, la sulfadiméthoxine et d’autres ont été détectés «dans des boues d’épuration après environ une décennie de conservation sous gel,» détaille une étude parue dans Science of the Total Environment.

Des substances perfluoroalkylées (PFAS), des produits chimiques anthropiques dont l’EPA admet qu’ils ont des «effets néfastes sur la santé humaine" et des agents ignifugeants (ignifugeants halogénés, et polybromodiphényléthers) ont été détectés dans les épinards, les tomates, et le maïs cultivés sur des sols traités aux biosolides, d’après une étude de Science Direct.

Il semblerait que des produits pharmaceutiques ont pénétré des tissus du radis d’après Water Research, et que de la salade a facilement absorbé des œstrogènes, selon une étude publiée dans Environmental Science and Pollution Research.

La résistance aux antibiotiques est aussi un risque des biosolides

Ceux qui lisent ma lettre d’information ne seront pas surpris d’apprendre qu’utiliser des boues d’épuration pour faire pousser de la nourriture renforce le problème déjà préoccupant de la résistance aux antibiotiques.

La prescription excessive d’antibiotiques aux humains et au bétail a créé des superbactéries qui tuent des milliers de personnes chaque année.

Le mélange des déchets d’origine humaines — qui contiennent aussi bien des antibiotiques, que des agents pathogènes et des agents pathogènes résistants aux antibiotiques — avec les déchets des hôpitaux et les déchets industriels ne fait qu’empirer ce problème mortel.

L’accumulation d’un métabolite du sulfaméthoxazole, un antibiotique,«en phase solide est moins biodisponible et est difficile à désorber dans l’existence d’activités microbiennes... et peut conduire au développement d’une bactérie et de gènes résistants aux antibiotiques après libération l’environnement," avertissent des chercheurs dans Environmental Science and Pollution Research.

"La proportion d’Ampicilline résistante aux bactéries a augmenté au sein de sols amendés aux [biosolides] quatre mois après l’amendement du sol est resté au moins un log10 plus élevé 24 mois plus tard," affirme une étude parue dans Science of the Total Environment.

L’utilisation omniprésente des antibiotiques dans les pratiques médicales, vétérinaires et agricoles «a soulevé de grandes préoccupations environnementales en raison des effets toxicologiques associés à ces substances," affirme une étude d’Environmental Monitoring and Assessment.

«Le développement de bactéries résistantes aux antibiotiques, compliquant le traitement des maladies, les différences au sein communautés microbiennes naturelles et des activités enzymatiques, en particulier sur les surfaces aérobes et les  celles en anaérobiose faible et moyenne en raison de faibles taux de détérioration sont certains effets des antibiotiques.»

D’importantes forces économiques se trouvent derrière les biosolides

Comment le terme trompeur «biosolide» a-t-il remplacé le terme plus précis de boue d’épuration toxique? Il a été inventé par la Water Environment Federation, explique PR Watch.

"The Water Environment Federation (WEF), le groupe commercial de l’industrie des boues d’épuration qui a inventé l’euphémisme orwellien conçu pour les relations publiques 'biosolides' pour les boues toxiques en 1991, 'rebaptise' désormais les station d’épuration comme des 'dispositifs de récupération des ressources hydriques.'

La pirouette destinée aux relations publiques fait comme par hasard abstraction des boues d’épuration toxiques retirées de l’eau puis chauffées et déversées en épandage pour les cultures et les pâturages en tant ‘qu’engrais’ ou appelées de manière trompeuse 'compost.'

Les toxines dans les boues peuvent ensuite se bioaccumuler dans la viande et les produits laitiers que nous consommons et être accaparées par les plantes alimentaires qui nous nourrissent.»

Les boues représentent un gros marché et le géant des déchets Synagro domine le secteur.

D’après son site internet:

"[Synagro] offre des solutions dans tous les domaines des besoins en gestion des biosolides et des résidus, des autorisations d’accès et l’analyse des sols par notre équipe de services techniques présente sur tout le territoire au développement d’installations par nos propres ingénieurs.

Synagro propose un ensemble exhaustif de solutions adaptées à sa clientèle. Nous avons acquis une réputation de fournisseur de confiance de solutions novatrices et économiques pour les besoins de gestion des biosolides et des résidus.

Vendre de la boue comme "engrais" est le moyen le moins cher pour les communes de se débarrasser de leurs biosolides et de faire de la place pour en accueillir plus, explique In These Times.

Les entreprises qui signent des contrats avec des communes pour enlever et transporter les boues sont également adeptes de ce statu quo lucratif, tout comme le sont les agriculteurs qui aiment avoir un «engrais» bon marché. Mais certaines collectivités résistent.

Nous ne voulons pas de vos fientes, déclarent les activistes communautaires

Au cours d’une audience tenue en novembre 2018 par le Conseil des Organismes Agricoles de l'État de Pennsylvanie, Darree Sicher, fondatrice de l’United Sludge Free Alliance, a déclaré que l’une de ses principales préoccupations était que les biosolides sont contaminés avec des produits pharmaceutiques et des agents ignifugeants, ce qui pourrait causer des anomalies congénitales au sein du bétail.

La plupart des pays européens incinèrent ces déchets plutôt que de les répandre, ont exprimé d’autres personnes à l’audience.

En janvier, Erin Grall, représente de l’état de Floride (R-Vero Beach) a présenté un projet de loi qui permettrait aux propriétaires terriens de continuer à épandre des biosolides importés si le propriétaire terrien «positivement démontrer que les nutriments dans les biosolides ne rajouteront pas de charges d’éléments nutritifs dans le bassin hydrographique,» ce qui a été accueilli par une résistance citoyenne.

Les résidents de l’état du Washington se sont exprimés d’une manière semblable. "On dit que les biosolides s’écoulent vers le bas — je vis en contrebas," a déclaré James Brigham, qui vit près du site d’épandage de biosolides envisagé. La livraison des biosolides ferait intervenir 50 camions, a-t-il été révélé à la réunion.

Dans le Michigan, on suspecte que l’épandage des biosolides comporte les "substances chimiques perpétuelles" perfluoroalkylées , associées à un grand nombre de dangers pour la santé et la contamination de l’eau potable.

Jardiniers, prenez garde

Les boues d’égouts ne constituent pas seulement un risque agricole, fait observer «Biosludged». Les biosolides sont également vendus comme engrais pour le gazon et le jardin aux particuliers malgré leurs composants dangereux.

Le Dillo Dirt comme le Milorganite sont présentés comme des produits de traitement du sol écologiques et respectueux de l’environnement, pourtant les deux affichent des avertissements relatifs à des risques graves pour la santé humaine en petits caractères.

Le Dillo Dirt contient des boues toxiques provenant d’Austin, et le Milorganite est fabriqué à partir de boues toxiques de Milwaukee affirme Mike Adams. Les deux doivent être évités à tout prix.

Malheureusement, les entreprises ne sont pas tenues de révéler si des biosolides sont utilisés dans leur compost ou leur terreau.

Les produits compostés peuvent même présenter le label biologique du Département de l’Agriculture des États-Unis et demeurer remplis de biosolides toxiques. Le milorganite n’est qu’un exemple.

Si vous faites pousser des légumes dans votre jardin et que vous souhaitez éviter les toxines contenues dans les biosolides, votre meilleure solution est d’acheter du terreau et/ou du compost biologique auprès d’une pépinière locale que vous connaissez et en laquelle vous avez confiance qui peut garantir qu’aucun biosolide n’a été ajouté.