Une Tesla pour moins de 10.000 $ ?

(Vidéo en anglais)
Tesla

En bref -

  • Une Tesla neuve coûte entre 42.900 et 137.000 $, selon le modèle que vous choisissez, mais Rich Benoit, papa trentenaire de trois enfants et informaticien, en a obtenu une pour 6.500 $
  • Rich Benoit a acheté une Tesla Model S dans une casse, mais ne trouvait personne pour la réparer, et Tesla refusait de lui vendre des pièces de rechange
  • Il a trouvé un autre Model S dans une casse, dont les circuits électroniques et les batteries fonctionnaient, et a pu ainsi reconstituer sa voiture, en décrivant chaque étape de son parcours sur YouTube
  • Cela lui a pris environ un an, mais la voiture, une fois réparée, a été homologuée après inspection ; Au final, en tenant compte de l'argent qu’il a gagné en vendant les pièces qu’il avait en double, sa voiture lui est revenue à seulement 6.500 $
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Dr. Mercola

Une Tesla neuve coûte entre 42.900 et 137.000 $, selon le modèle que vous choisissez. Le prix de base du Model S, la berline moyenne gamme de Tesla, est de 85.000 $ mais Rich Benoit, papa trentenaire de trois enfants et informaticien, en a obtenu une pour 6.500 $.

C’est l’histoire qu'il raconte sur sa page YouTube, aujourd'hui célèbre, ‘Rich Rebuilds’, qui a récolté plus de 39 millions de vues.

Les voitures électriques, très prisées, gagnent en popularité, de même que l'industrie américaine des véhicules électriques, qui a enregistré une augmentation des ventes de 81 % en 2018 par rapport à l’année précédente.

Tesla représente à elle-seule plus de la moitié de ces ventes, avec près de 140.000 Model 3 vendues, son modèle le moins cher. Si l’on soustrait les ventes des Model 3, les statistiques s’en trouvent totalement modifiées, et la croissance du marché global du véhicule électrique n’est plus que de 11 %.

Les consommateurs sont donc clairement à l'affût de voitures électriques à bas prix - mais le prix de celle de Rich Benoit est véritablement exceptionnel. Comment a-t-il donc fait pour obtenir une voiture qui coûte 85.000 $, pour moins d'un dixième de son prix ?

Comme l'a raconté le Boston Globe, tout a commencé lorsqu’il « a sorti une batterie de 400 volts et près de 600 kilos, d'une Tesla qui avait séjourné dans l’eau. »

Un homme répare une Tesla qui sort de la casse - sans aucune aide de la part de Tesla

Rich Benoit a acheté un Model S, qu’il appelle « Dolores », dans une casse du New Jersey.

La voiture avait été coincée dans une inondation, mais le mécanicien amateur ne s’est pas laissé décourager ; il était déterminé à réparer la voiture, et a commencé par en sortir l’énorme batterie.

Cependant, il a rapidement rencontré plusieurs obstacles, dont la réticence de Tesla à aider qui que ce soit à réparer sa voiture, n’était pas le moindre.

Le Massachusetts dispose d'une ‘Right to Repair Initiative’ (‘Initiative pour le droit de réparer’), qui permet aux propriétaires de véhicules d'avoir accès aux informations nécessaires pour réparer leurs voitures - le même type d'informations qui sont fournies aux concessionnaires et aux ateliers de réparation.

Toutefois, Tesla n’ayant aucune concession, la société est exemptée de cette obligation.

« Dans notre société, lorsqu’on a besoin de quelque chose, il suffit de chercher sur Google, mais je ne trouvais absolument rien sur ce sujet, personne ne savait comment réparer ces voitures », a expliqué Rich Benoit au Globe.

Ce n’était là que le premier obstacle. Après avoir démonté toutes les pièces et circuits électroniques endommagés, il a contacté Tesla pour commander de nouvelles pièces, et a rapidement été éconduit.

D'après le journal The Globe, « Tesla ne veut laisser personne d’extérieur à la société travailler sur ses voitures, et a refusé de vendre à Rich Benoit les pièces qu’il demandait ».

« Dans une déclaration au Globe, un représentant de Tesla a indiqué ‘il y a de sérieuses questions de sécurité lorsque des Tesla récupérées dans des casses sont mal réparées, ou lorsque des pièces Tesla sont utilisées à d'autres fins que ce pourquoi elles sont conçues, car ces véhicules peuvent représenter un danger aussi bien pour la mécanique elle-même, que pour les autres usagers de la route.’ »

Un an et 6.500 $ pour reconstruire une Tesla Model S

Puisqu’il ne pouvait acheter des pièces nulle part, pas même chez Tesla, il a trouvé un autre Model S à la casse, dont les circuits électroniques et les batteries fonctionnaient.

Grâce à ces pièces, il a pu remonter Dolores, lentement mais sûrement, en décrivant toutes les étapes de son parcours sur YouTube.

Cela lui a pris environ un an, mais le véhicule, une fois restauré, a été officiellement homologué, et semblait comme neuf. En tenant compte de l'argent qu’il a gagné en vendant les pièces qu’il avait en double, sa voiture lui est revenue à seulement 6.500 $.

L'histoire ne s'arrête cependant pas là, car Rich Benoit aide aujourd'hui d'autres propriétaires de Tesla à réparer leurs voitures.

Les ateliers de réparation Tesla ne sont pas nombreux, et la société a apparemment des problèmes de rupture de stock s'agissant des pièces de rechange; quant à Rich Benoit, il est en train d’ouvrir un atelier de réparation consacré uniquement aux voitures électriques - et a même embauché un ancien mécanicien de Tesla.

C’est une véritable aubaine pour les propriétaires de Tesla, qui se plaignent souvent de devoir attendre plusieurs mois avant de trouver un mécanicien qui puisse dépanner leur voiture, qui peut alors leur facturer jusqu’à 175 $ de l’heure de main d'œuvre.

À terme, il espère que son atelier de réparation permettra également de sensibiliser les propriétaires aux voitures électriques, et même à transformer des véhicules à essence en véhicules électriques.

Les voitures électriques sont moins coûteuses à fabriquer et à entretenir

Les analystes pensent que l'industrie du véhicule électrique va continuer de se développer en 2019, de plus en plus de constructeurs et de modèles arrivant sur le marché.

Chris Nelder, responsable des pratiques de mobilité à l’Institut Rocky Mountain, a déclaré à Greentech Media, « En 2019, je ne pense pas que tout tournera autour du Model 3. De plus en plus de constructeurs fabriquent aujourd'hui de plus en plus de voitures électriques...

En 2019, nous allons assister à une participation beaucoup plus importante d'autres grands constructeurs, en particulier dans le secteur des crossover/SUV hauts de gamme. »

La croissance pourrait être si explosive que Morgan Stanely a estimé qu’elle pourrait être responsable de la perte de 3 millions d’emplois dans l’industrie automobile traditionnelle, dans les trois à cinq années à venir.

On estime effectivement que la fabrication d’un véhicule électrique nécessite 30 % de main d’œuvre en moins que la fabrication d’une voiture à essence, et certains poussent même ce chiffre à 50 %.

L’entretien et les réparations des véhicules électriques sont également moins coûteux, ce qui pourrait augmenter encore davantage la demande, en particulier lorsque les centres d’entretien seront plus nombreux.

Les voitures électriques posent-elles des problèmes d’EMF ?

Les voitures électriques semblent être une solution gagnante pour l’environnement, bien qu’il y ait quelques points à prendre en compte, comme l’extraction de terres rares, nécessaires à la fabrication des batteries, et la nécessité, dans certaines régions, de les recharger via des centrales à charbon.

Il se pose toutefois également le problème potentiel d’exposition aux champs électromagnétiques (EMF).

D'après Joel Moskowitz, Ph.D., directeur du Centre pour la santé familiale et communautaire de l’Université de Californie, à Berkeley :

« Les voitures électriques et hybrides pourraient être cancérigènes, car elles émettent des champs électromagnétiques (EMF) extrêmement basses fréquences (EBF).

De récentes études sur les EMF émises par ces véhicules ont conclu, pour certaines, qu’elles représentaient un risque de cancer pour les passagers des véhicules, et pour d'autres, qu’elles étaient sans danger.

Malheureusement, la plupart des recherches effectuées sur ce sujet ont été financées par l’industrie, par des entreprises ayant des intérêts particuliers d'un côté ou de l’autre du problème, et il est donc difficile de savoir lesquelles de ces études sont dignes de confiance.

Par ailleurs, de nombreuses études de laboratoire revues par des pairs, menées au cours des dernières décennies, ont montré qu'une exposition limitée aux EMF EBF avait des répercussions biologiques.

Ces études suggèrent que les recommandations en termes d’EMF, établies par la Commission Internationale de protection contre les rayonnements non-ionisants (ICNIRP), qui est une commission indépendante, ne suffisent pas à protéger notre santé. »

L’Organisation Mondiale de la Santé et L'Agence Internationale de Recherche sur le Cancer ont toutes deux déclaré que les champs magnétiques sont « probablement cancérigènes » pour l'homme, ce qui signifie, d'après Joel Moskowitz, que le principe de précaution doit prévaloir, et que les produits doivent être conçus de façon à minimiser l’exposition des consommateurs aux EBF et aux EMF.

« Cela s'applique particulièrement aux automobiles hybrides et électriques, car les conducteurs et passagers passent beaucoup de temps dans ces véhicules, et les risques pour la santé augmentent avec le temps d’exposition », dit-il, ajoutant :

« Sur la base des recherches, plus de 230 experts en EMF ont signé l’Appel International des scientifiques contre les EMF, qui demande à l’Organisation Mondiale de la Santé de renforcer les normes en matière d’EBF et d’EMF hautes fréquences.

Ainsi, même si les mesures d’EMF sont conformes aux recommandations de l’ICNIRP, les passagers de voitures électriques et hybrides peuvent tout de même présenter un risque accru de cancer et d'autres problèmes de santé. »

La voiture électrique est-elle la voiture de l’avenir ?

Une enquête réalisée par Clean Energy Canada a révélé que 64 % des canadiens souhaitent que la majorité des voitures vendues soient électriques, et que 72 % pensent que les voitures électriques seront un jour majoritaires dans le monde entier.

Ces conclusions font écho à une enquête américaine, qui a révélé que 74 % des américains pensent que les voitures électriques représentent l'avenir.

Globalement, les associations avec les voitures électriques sont positives, la plupart des personnes interrogées pensant que les économies réalisées sur le long terme compenseraient le coût de départ plus élevé du véhicule.

Près de 60 % des personnes pensent également que les voitures électriques auraient un effet plus positif sur l’environnement que le recyclage, l'adoption de la facturation dématérialisée, ou le contrôle de leurs dépenses énergétiques domestiques.

S'agissant des obstacles, les propriétaires de voitures électriques mentionnent le besoin de disposer de bornes de recharge publiques plus rapides et plus pratiques, installées par exemple dans les cafés et les salles de sport, et d’une option payante pour une recharge plus rapide.

Pour l’heure, les véhicules électriques ne représentent qu’une petite proportion des voitures du marché, mais les analystes de l’industrie s'accordent à dire que cela va changer, sans doute plus rapidement que prévu.

« On ne peut plus arrêter l’électrification - elle arrive », a déclaré à la NPR Elmar Kades, directeur général de la société de conseil AlixPartners. « Nous avons des taux de croissance fantastiques, de 50 à 60 % au niveau mondial. »

S'il n’y avait que deux voitures électriques sur le marché en 1997, il en existe aujourd'hui 98, et on estime que le nombre de voitures ‘non-essence’, c’est-à-dire électriques, à pile à combustible, et hybrides, va tripler d'ici 2025.