Jeûner permet de prévenir et d’enrayer le diabète

une horloge sur une assiette

En bref -

  • La prévention, le traitement et l’inversion du diabète de type 2 commencent par l’amélioration de la sensibilité à l’insuline, ce que le jeûne permet d'accomplir et ce qui peut être un facteur important pour les personnes qui souffrent d'autres affections liées à l’obésité
  • De nouvelles données révèlent que faire de l’exercice avant de prendre son petit déjeuner, et repousser l’heure de son déjeuner, peut permettre de réduire son apport calorique total quotidien, et favoriser la perte et le contrôle du poids
  • Les participants à l’étude jeûnaient du lever au coucher du soleil, mais manger quelques heures avant de se coucher peut entrainer d'autres effets néfastes sur la santé, car en temps normal l’estomac met plusieurs heures à se vider, et se coucher trop tôt après un repas augmente le risque de brûlures d’estomac et de reflux
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Dr. Mercola

Le jeûne est une pratique vieille de plusieurs centaines d'années. La science montre d'ailleurs que, comme les animaux, l’homme possède un instinct du jeûne qui remonte au fond des âges : Hippocrate prescrivait et promouvait le jeûne associé à la consommation de vinaigre de cidre.

Des religions du monde entier ont développé le jeûne comme pratique religieuse à part entière, et les grecs le prescrivaient non seulement comme soin, mais le pratiquaient également en préparation à de nombreux rituels destinés à contacter des forces surnaturelles. Le jeûne est également utilisé comme outil de contestation politique.

Gandhi a jeûné en 14 occasions différentes, au moins, dont trois fois pendant 21 jours. L’un des plus longs jeûnes jamais enregistrés a été pratiqué par Terence McSweeney, ancien maire de Cork, qui a jeûné en 1920 pendant 74 jours pour des raisons politiques, avant de mourir. Jeûner peut sembler être un véritable défi, mais cela peut vous apporter des bienfaits à long terme, et aider votre organisme à éliminer les toxines.

Jeûner améliore la sensibilité à l’insuline

Comme d'autres études avant celle-ci, une récente recherche a montré que le jeûne peut améliorer la sensibilité à l’insuline, inverser le diabète4 et, lorsqu’il est associé à une activité physique, vous aider à contrôler votre poids.

La recherche, qui a été présentée lors de la Semaine des maladies digestives 2019,6 était basée sur les pratiques de jeûne observées par les musulmans pendant le Ramadan.

L'étude pilote a recruté 14 personnes en bonne santé, qui ont jeûné quotidiennement pendant 15 heures, de l’aube à la tombée de la nuit, sur une durée de 30 jours.

Les chercheurs ont recueilli des échantillons de sang avant que les participants ne commencent leur jeûne religieux, puis à l’issue des quatre semaines de jeûne. Un bilan sanguin supplémentaire a été réalisé une semaine après la fin du jeûne.

Les travaux de recherche ont été en partie financés par une subvention du service de santé publique de l’Institut national américain de la santé.

Le jeûne de 30 jours a provoqué une augmentation du taux de tropomyosine (TPM), une protéine qui a entrainé elle-même une amélioration de la résistance à l’insuline, et a réduit les effets nocifs d'une alimentation riche en sucre.

Des taux plus élevés de TPM 1, 3 et 4 ont été relevés dans les échantillons sanguins des participants. La TPM est un facteur essentiel au bon fonctionnement de cellules qui ont un rôle important dans la résistance à l’insuline.

La TPM 3 joue un rôle important dans l’amélioration de la sensibilité à l’insuline, qui se traduit par un meilleur contrôle de la glycémie.

Jeûner pourrait favoriser le développement des cellules bêta pancréatiques

Un éditorial paru dans le BMJ (British Medical Journal), rédigé par James DiNicolantonio, chercheur et docteur en pharmacie, évoque les résultats de plusieurs études qui ont montré que des épisodes répétés de jeûne peuvent induire le développement cellulaire des cellules bêta pancréatiques chez la souris.

Ce développement est associé à une augmentation de l’expression de Ngn3, une protéine impliquée dans la conversion de l’ADN en ARN, essentielle aux cellules endocrines des îlots pancréatiques, les cellules responsables de la production d'insuline.

Dans les études animales, l’augmentation des cellules bêta des îlots, induite par le jeûne intermittent, s'accompagnait d'une amélioration marquée du contrôle de la glycémie.

Ces observations sont d'un grand intérêt pour les personnes souffrant d'un diabète de type 1, car elles présentent souvent une destruction inflammatoire presque totale des cellules bêta des îlots.

Le même phénomène se produit cependant dans les stades avancés d’un diabète de type 2 sévère.

James DiNicolantonio pense que ces observations peuvent être reproduites cliniquement, ce qui ouvrirait la voie à l’inversion du diabète de type 2 chez les personnes « suffisamment disciplinées et motivées pour adopter une hygiène de vie qui aurait pu prévenir dès le départ le développement du diabète ».

Dans un premier temps, il conseille d'adopter une hygiène de vie préventive du diabète, en consommant principalement des aliments entiers, et en pratiquant de l’exercice régulièrement.

Ceci contribuera à améliorer votre sensibilité à l'insuline et pourrait s'avérer suffisant, pour les personnes diagnostiquées depuis peu, pour inverser progressivement leur diabète.

Pour les personnes qui ne répondent pas à ces mesures, il conseille d'adopter un protocole de jeûne intermittent. Lors du retour à une alimentation saine, après le jeûne, des mesures complémentaires peuvent être mises en place pour protéger les cellules bêta d’une intoxication, afin qu’elles conservent leur capacité de fonctionnement.

Il est possible de réduire le stress oxydatif des îlots en prenant de la spiruline, de la NAC et/ou de la berbérine. L’objectif est de parvenir à contrôler la glycémie sans médicaments, et de conserver une alimentation et une hygiène de vie qui permettent de prévenir le diabète.

Sauter le petit-déjeuner avant une séance d’exercice physique pourrait favoriser la gestion de son poids

Une autre étude évaluant l’intérêt de sauter le petit-déjeuner avant d’effectuer une séance de sport matinale, a récemment été publiée dans le Journal of Nutrition.

Les chercheurs souhaitaient savoir si le fait de sauter le petit-déjeuner avant de faire du sport influerait sur la relation des participants avec la nourriture pour le restant de la journée.

Si l’exercice joue un rôle important dans la gestion du poids et la santé globale, de précédentes études ont démontré que les personnes qui démarrent un nouveau programme d’exercice compensent souvent l’énergie brûlée pendant ces exercices en mangeant davantage dans la journée, ou en étant moins actives.

Les chercheurs ont enrôlé 12 jeunes hommes en bonne santé, physiquement actifs, qui ont tous suivi trois programmes, dans un ordre aléatoire, séparés chacun de plus d'une semaine.

Lors du premier programme, les participants prenaient un petit-déjeuner composé de flocons d'avoine et de lait, suivi d'un moment de repos. Au cours du second programme, ils prenaient le même petit-déjeuner puis faisaient 60 minutes d’exercice.

Enfin, lors du troisième programme, les participants jeûnaient toute la nuit, puis faisaient une séance d’exercice le matin, avant de manger. L'apport calorique des 24 heures suivantes a été contrôlé et calculé.

Les chercheurs ont constaté que les participants qui jeûnaient et pratiquaient ensuite des exercices avaient un apport calorique dans la journée, inférieur de 400 calories, par rapport à ceux qui mangeaient et se reposaient, et par rapport à ceux qui prenaient un petit-déjeuner avant de faire du sport.

Selon les chercheurs, ces résultats ont une incidence pour ceux qui souhaitent inclure des exercices dans leurs démarches destinées à contrôler leur poids.

Le Dr. Javier Gonzalez, de l’université de Bath, a supervisé cette étude et a suggéré que faire du sport le ventre vide ne pousse pas à trop manger ensuite, mais provoque au contraire un déficit calorique.

Les taux d'obésité sont en hausse, et influent sur de nombreux problèmes de santé

Le diabète est une maladie caractérisée par le développement d'une résistance à l’insuline et à la leptine, qui fait grimper votre glycémie.

La médecine traditionnelle s’efforce de traiter les symptômes du diabète, alors que cette maladie est en réalité évitable, et dans la plupart des cas réversible, en modifiant simplement son alimentation et son hygiène de vie.

La consommation excessive de glucides et de sucres ajoutés est un facteur de risque important de la résistance à l’insuline, car ils provoquent des pics du taux d'insuline et augmentent progressivement la résistance des cellules à l’insuline.

La consommation excessive de glucides et de sucre est également l’une des principales causes d'obésité, une épidémie croissante aux États-Unis.

La ‘National Health and Nutrition Examination Survey’ (enquête nationale sur la santé et la nutrition, conduite aux États-Unis) est une enquête approfondie destinée à évaluer l’état sanitaire et nutritionnel des américains.

Les données des résultats les plus récents, publiés pour 2015 et 2016, montrent une augmentation du nombre de maladies associées à l’obésité, notamment du diabète, de l’hypertension artérielle, des maladies cardiovasculaires, de l'arthrite, et de certains cancers.

Bienfaits supplémentaires du jeûne

En plus de vous aider dans vos efforts de gestion de poids, le jeûne apporte plusieurs autres bienfaits qui sont essentiels à une santé optimale.

L’alternance de périodes d’alimentation et de périodes de jeûne reproduit les habitudes alimentaires de nos ancêtres, et ramène votre organisme à un état plus naturel, qui lui permet de profiter de nombreux bienfaits biochimiques.

Lorsque vous mangez tout au long de la journée, votre organisme s'habitue à brûler du sucre et des glucides comme principales sources de carburant, ce qui ralentit l'activité des enzymes qui interviennent dans l’utilisation et le brûlage des réserves de graisse.

Cela augmente votre résistance à l’insuline et votre risque de prendre du poids. Il est important de comprendre que pour perdre de la graisse, votre corps doit être capable de la brûler.

Le jeûne et le régime cétogène cyclique sont deux méthodes très efficaces pour passer à un métabolisme ‘brûleur de graisses’. En plus de favoriser la sensibilité à l’insuline et à la leptine, le jeûne permet également de normaliser le taux de ghréline, que l’on appelle l’hormone de la faim.

La production d'hormones de croissances (hGH) est également influencée par le jeûne, et peut augmenter dans des proportions qui vont jusqu'à 1.300 % chez les femmes, et 2.000 % chez les hommes. La hGH influe sur la forme physique, la longévité et le développement musculaire, et stimule également la perte de graisse.

Jeûner contribue également à supprimer l’inflammation et à réduire les dommages oxydatifs, à améliorer le fonctionnement du système immunitaire, et à réduire votre risque de maladies cardiovasculaires.

L'une des conséquences de l’augmentation du taux de cétones, provoquée par le jeûne, est une amélioration des fonctions cognitives et une diminution des maladies neurologiques telles que la démence, la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.

Évitez de manger au moins trois heures avant de vous coucher

Si l’étude évoquée ici a démontré que les personnes qui pratiquent le jeûne intermittent du lever au coucher du soleil en tirent des bienfaits, manger trop peu de temps avant de se coucher peut cependant avoir des conséquences négatives sur la santé.

De plus, le dernier repas de la journée a tendance à être le plus copieux, pour la plupart des américains, et est souvent composé d'aliments lourdement transformés.

Dans le meilleur des cas, votre estomac met plusieurs heures à se vider après un repas. Lorsqu’on prend de l’âge, ou si vous souffrez de reflux acides, le processus est encore plus long. Lorsque vous vous allongez pour dormir, l'acide remonte plus facilement dans l'œsophage, ce qui peut provoquer des reflux acides.

Il est possible d'avoir des reflux acides sans ressentir de brûlures d’estomac, mais ils peuvent provoquer des symptômes tels qu’un enrouement, un raclement chronique de la gorge, voire de l’asthme. Manger tard le soir dérègle également votre horloge interne.

Prenez votre santé en main grâce au jeûne

Des millions de personnes souffrent de diabète de type 2, mais cette maladie n’est pas une fatalité. Le jeûne est l’une des interventions métaboliques les plus efficaces que je connaisse.

C’est comme bénéficier d'une transplantation gratuite de cellules souches, et il permet d'activer considérablement l’autophagie et la mitophagie.

Il permet également de stimuler la biosynthèse des mitochondries lors de la phase de réalimentation, ce qui permet à votre corps de se régénérer naturellement.

C’est pour cela que le jeûne est non seulement bénéfique pour lutter contre le diabète de type 2 et l’obésité, mais également pour la santé globale, et probablement même pour la longévité.

Des données suggèrent même que le jeûne peut contribuer à prévenir, voire inverser la démence, car il aide votre organisme à se débarrasser des déchets toxiques.

Le syndrome des ovaires polykystiques, la polykystose rénale et les cellules cancéreuses à croissance rapide sont également des indications de pratique du jeûne, qui peut s'avérer bénéfique.

En effet, lorsque l’autophagie augmente, l’organisme commence à décomposer les vielles protéines, ainsi que les cellules à développement rapide.

Puis, au cours de la phase de réalimentation, le taux d'hormones de croissance augmente, ce qui stimule la production de nouvelles protéines et de nouvelles cellules. En d'autres termes, le jeûne réactive et accélère le cycle de renouvellement naturel de votre organisme.

Augmenter progressivement la durée des jeûnes permet de minimiser naturellement la plupart des effets secondaires qu’ils entraînent, de même qu'opter pour une alimentation riche en matières grasses et pauvre en glucides, ce qui permettra à votre organisme de s’habituer à utiliser les graisses comme principale source de carburant.