Comment la vitamine D préserve votre jeunesse et votre ligne

Vitamine d avantages

En bref -

  • Les chercheurs ont découvert un lien entre les taux de vitamine D et de leptine. La leptine est une hormone sécrétée par les cellules adipeuses, proportionnellement aux dépôts graisseux, qui signale à l’hypothalamus de réguler l’équilibre énergétique
  • Les chercheurs ont constaté que les personnes atteintes de la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) sont souvent carencées en vitamine D ; les recherches sur la supplémentation ne sont cependant pas cohérentes, potentiellement parce que les doses de suppléments ne sont pas suffisamment importantes pour provoquer un changement
  • La carence en vitamine D est associée à différentes maladies, notamment au cancer et aux maladies cardiovasculaires. L’idéal est d'optimiser votre taux de vitamine D en vous exposant raisonnablement au soleil, mais si les résultats d'une analyse de sang vous indiquent que vous avez besoin d'un complément, prenez également des compléments de magnésium et de vitamine K2 (MK-7)
Taille du texte:

Dr. Mercola

Votre organisme a besoin de vitamines et de certains nutriments pour se développer normalement. La vitamine D en fait partie. S'il ne s'agit techniquement pas d'une vitamine - c’est en réalité une hormone lipo-soluble qui se transforme en vitamine D dans votre corps - elle est nécessaire au déroulement de plusieurs processus corporels. Elle est peu présente dans l'alimentation, mais certains aliments transformés en sont enrichis. On la trouve également sous forme de supplément.

En principe, votre corps fabrique de la vitamine D lorsque vous exposez votre peau au soleil, d'où son surnom de vitamine du soleil. Comme je l'ai mentionné, elle joue de nombreux rôles dans l’organisme, et aide notamment les intestins à absorber le calcium nécessaire à la fortification des os, elle module la prolifération cellulaire et optimise les fonctions neuromusculaires et immunitaires.

À ce jour, le meilleur indicateur de votre taux de vitamine D est votre concentration sérique (dans le sang) de la 25-hydroxy vitamine D, ou 25-OH-D. Les résultats des analyses sanguines sont les biomarqueurs de votre exposition à la vitamine D.

Une carence chronique entraine des maladies osseuses, telles que rachitisme et déformations du squelette. La recherche a également démontré que les carences en vitamine D sont associées à différentes maladies. Les scientifiques se sont récemment penchés sur l’association entre la vitamine D et la leptine, une hormone qui contrôle la faim, et les effets antivieillissement potentiels de la vitamine D.

Lien physiologique entre leptine, vitamine D et tissus adipeux

Des chercheurs canadiens se sont intéressés à la relation entre les taux élevés de leptine, les carences en vitamine D, et les tissus adipeux. Ils ont enrôlé 113 hommes au mode de vie sédentaire, qui présentaient une obésité abdominale, ne prenaient pas de supplément de vitamine D, et ne souffraient pas de dyslipidémie.

Ces hommes ont participé à un programme de modification de l’hygiène de vie d'une durée d'un an, au cours duquel ils ont été conseillés individuellement par un nutritionniste et un kinésiologue toutes les deux semaines pendant les quatre premiers mois. L’objectif était qu’ils réduisent leur apport calorique de 500 calories par jour, et augmentent quotidiennement leur activité physique et leur pratique d’exercices.

Après les quatre premiers mois, les participants ont continué d’être conseillés une fois par mois. Au début et à la fin de l’étude, qui a duré un an, un scanner a été réalisé pour cartographier leurs dépôts graisseux. Des biomarqueurs cardiométaboliques ont également été mesurés.

Les chercheurs ont constaté qu’après avoir modifié leur hygiène de vie, les participants présentaient une augmentation du taux de vitamine D, qui était inversement corrélée à leur taux de leptine. En d'autres termes, tandis que leur taux de vitamine D avait augmenté, leur taux de leptine avait chuté.

Après un an, les participants marchaient davantage chaque jour, et leur fréquence cardiaque était plus lente, à un rythme de tapis de course plus lent que celui leur faisant atteindre le niveau d'effort maximum. De plus, les chercheurs ont découvert une association entre le taux de vitamine D et le volume des dépôts de tissus adipeux.

Les scientifiques ont pensé que cela indiquait l’existence possible d'un lien physiologique entre les deux mesures, indépendamment des dépôts de cellules adipeuses. Cela les a conduits à recommander des modifications en termes d'hygiène de vie, pour réduire les taux de leptine dans la gestion clinique de la carence en vitamine D.

La leptine est une hormone directement liée à la graisse corporelle et à l’obésité, elle est donc importante pour les personnes qui ont du mal à gérer leurs poids. Il s'agit d'une adipokine, c’est-à-dire une protéine de signalisation cellulaire (une cytokine) libérée par les cellules graisseuses en proportion des dépôts graisseux. Pendant longtemps, les tissus adipeux ont été considérés comme des tissus inertes du corps, destinés à stocker l’énergie.

En 1994, la découverte de la leptine a marqué un changement radical dans la compréhension de la fonction des graisses corporelles. Il existe deux types de tissus adipeux, le blanc et le brun. Les tissus adipeux bruns sont plus abondants chez les nouveaux-nés, et sont répartis au niveau des clavicules et de la nuque. Leur principale fonction est de générer de la chaleur.

Les tissus adipeux blancs sont répartis dans tous le corps, et parfois qualifiés de graisse sous-cutanée ou viscérale. L'une des fonctions physiologiques de la graisse blanche est de réguler le métabolisme via la sécrétion de leptine. La leptine envoie un signal à l’hypothalamus, pour l’aider à réguler l’équilibre énergétique et à déclencher ou à désactiver la sensation de faim.

Un faible taux de leptine entraine par exemple une augmentation de l’appétit. Cependant, la leptine étant sécrétée proportionnellement à la quantité de cellules graisseuses présentes dans votre corps, lorsque vous perdez du poids, votre appétit augmente même si le taux de cette hormone a diminué. Ceci peut compliquer la gestion du poids corporel.

Lorsque vous produisez davantage de cellules adipeuses, elles produisent davantage de leptine, ce qui devrait en principe réduire votre appétit. Votre organisme réagit ainsi de façon à maintenir l’homéostasie des dépôts adipeux. Cependant, en cas d'obésité, l'organisme peut devenir résistant à la leptine, c’est-à-dire qu'il devient moins sensible à l’hormone.

Lorsque cela se produit, vous risquez de continuer à manger car vous ne vous sentez pas rassasié. Le corps produit alors plus de leptine, dont le taux augmente, ce qui renforce encore la résistance. Certaines personnes naissent avec une carence en leptine ; cela entraine une faim incontrôlable, une augmentation des apports énergétiques et aboutit à la fois à une obésité infantile sévère et à un retard pubertaire.

Existe-t-il un lien entre la vitamine D et la NAFLD ?

Plusieurs études ayant évalué les liens entre la vitamine D et la stéatose hépatique d'origine non alcoolique (NAFLD) ont aboutit à des résultats incohérents, ce qui suggère qu’il pourrait exister un autre facteur, qui n'aurait pas encore été étudié, qui aurait affecté ces résultats, notamment le dosage de la supplémentation en vitamine D devant être employé.

Une récente étude a été menée à l’échelon local, à Taïwan, sur l'association entre le taux de vitamine D et la NAFLD. Les chercheurs ont étudié les symptômes du syndrome métabolique concomitants à des taux élevés de protéine C-réactive et d'adipokine, notamment de leptine.

Les personnes qui souffraient d'une hépatite virale B ou C, buvaient fréquemment de l’alcool, prenaient un supplément de vitamine D, étaient sous corticoïdes, étaient enceintes ou refusaient de subir une échographie abdominale, ont été exclues de l’étude. Au final, 564 personnes souffrant d'une stéatose hépatique mais ni d’une maladie virale, ni d’une maladie hépatique alcoolique, ont été inclues dans le groupe NAFLD.

Le groupe de contrôle comprenait 564 personnes appariées au groupe expérimental en termes d’âge et de sexe, dont les échographies et les bilans hépatiques étaient normaux. Les chercheurs ont constaté que les personnes qui étaient carencées ou présentaient un taux insuffisant de vitamine D avaient un risque accru de syndrome métabolique.

Cependant, l’étude n'a pas révélé qu'une insuffisance ou une carence en vitamine D, telle que définie par le protocole d’étude, augmentait le risque de souffrir d'une NAFLD, par rapport aux personnes dont le taux de vitamine D était suffisant. Dans cette étude, un taux de 30 nanogrammes par millilitre (ng/mL) était considéré comme normal, un taux de 20 à 30 ng/mL était considéré comme insuffisant, et les personnes dont le taux était inférieur à 20 ng/mL étaient considérées comme carencées.

La vitamine D joue un rôle antivieillissement

La vitamine D est métabolisée par le foie pour former de la 25-hydroxy (OH) vitamine D. Celle-ci est ensuite acheminée jusqu'aux reins, où une hydroxylation forme de la 1,25-dihydroxyvitamine D. Les auteurs d'une étude se sont penchés sur l’hypothèse selon laquelle la 1,25-dihydroxyvitamine D pourrait avoir un effet antivieillissement.

Ils ont vérifié la théorie selon laquelle la vitamine activerait le facteur érythroïde-2 nucléaire apparenté au facteur 2 (Nrf2), réduisant ainsi les espèces réactives de l’oxygène et les dommages à l’ADN. Dans l’organisme, les espèces réactives de l’oxygène sont équilibrées par un système antioxydant régulé par des voies qui garantissent la réaction. Le Nrf2 est l'un des régulateurs de la résistance aux antioxydants.

Il réduit les espèces réactives de l’oxygène et les dommages à l’ADN. En combinaison avec la prolifération cellulaire et la diminution du vieillissement cellulaire, les chercheurs ont pu démontrer que les souris carencées en 1,25 (OH)2 D3 ne survivaient que trois mois en moyenne.

Cependant, lorsque leur alimentation était supplémentée en calcium alimentaire et en phosphate, leur durée de vie était prolongée jusqu'à plus de huit mois. L'alimentation de ces mêmes souris a été ensuite été supplémentée en 1,25 (OH)2 D3, ce qui a prolongé la vie des souris expérimentales jusqu’à plus de 16 mois.

Les chercheurs indiquent que les données démontrent que la vitamine 1,25 (OH)2 D3 joue un rôle dans la prolongation de la vie via l'activation du Nrf2 et l'inhibition subséquente du stress oxydatif et des dommages à l’ADN.

On étudie à présent le rôle que pourrait jouer le Nrf2 dans différentes maladies, notamment ses effets sur le risque cardiovasculaire dans les maladies métaboliques, sur le cancer et les maladies chroniques. Certains chercheurs étudient également le rôle protecteur que pourrait avoir le facteur de transcription Nrf2 contre le diabète de type 2.

La carence en vitamine D est associé à divers problèmes de santé

Selon une recherche publiée en juin 2018, 40 % des américains seraient carencés en vitamine D. Cela signifie que leur taux de vitamine D est inférieur à 50 ng/mL. Un taux « suffisant » serait de 50 ng/mL, ou plus.

Si l’on considère un taux de 30 ng/mL comme étant suffisant, aux États-Unis, 77 % des adultes et des adolescents sont carencés en vitamine D. Cependant, le taux suffisant recommandé par l’Institut américain de la santé, qui est de 20 mg/nL ou plus, n’est de loin pas assez élevé pour prévenir certaines maladies chroniques.

Il a été démontré qu’un taux optimal de vitamine D a un puissant impact sur la santé, et contribue à protéger contre de nombreuses maladies, notamment la sécheresse oculaire, les maladies cardiovasculaires, la maladie d’Alzheimer et l’obésité.

Quels sont les facteurs qui influent sur votre taux de vitamine D ?

Il existe plusieurs facteurs qui peuvent influer sur votre taux de vitamine D. Les connaitre et les comprendre peut vous aider à déterminer la meilleure façon d'atteindre un taux optimal. Voici les six principaux facteurs, d'après le site Harvard Health publishing :

La géographie — Plus vous êtes loin de l’Équateur, moins vous recevez de rayons UVB durant les mois d'hiver.

La pollution atmosphérique — Les particules de carbone présentes dans l’air ralentissent la production de vitamine D, car elles absorbent les rayonnements UVB.

Les écrans solaires — L’utilisation généreuse d’écran solaire peut prévenir les coups de soleil, mais elle ralentit également la production de vitamine D.

La couleur de peau — Les personnes à la peau foncée ont besoin d’être davantage exposées aux UVB que les personnes à la peau claire.

Le poids — La graisse corporelle absorbe la vitamine D, qui est une vitamine lipo-soluble. L’obésité est associée à un faible taux de vitamine D, et peut également influer sur sa biodisponibilité.

L’âge — Les personnes âgées produisent moins de vitamine D que les personnes jeunes.

Optimisez votre taux de vitamine D

Si l’idéal est d'optimiser votre taux de vitamine D en vous exposant raisonnablement au soleil, vous pouvez avoir besoin d'un supplément si vous êtes concerné par l’un ou plusieurs facteurs mentionnés plus haut.

Les données obtenues d'après une recherche conduite auprès d'un groupe de 3.667 personnes, d'une moyenne d’âge de 51,3 ans, suggèrent qu’il faudrait 9.600 UI de vitamine D par jour pour que 97,5 % des personnes atteignent un taux de 40 ng/mL.

Cependant, les besoins individuels peuvent varier considérablement en fonction de nombreux facteurs différents, et vous devez prendre la dose qui vous permet d'atteindre un taux optimal. La seule façon d’évaluer cette dose est de faire vérifier votre taux de vitamine D, idéalement deux fois par an.

Vous devriez le vérifier au début du printemps, afin de vous assurer que vous en avez pris suffisamment pendant l’hiver, puis de nouveau au début de l’automne, lorsque votre taux est le plus élevé. L'objectif est d'atteindre un taux situé entre 60 et 80 ng/mL, 40 ng/mL étant le seuil minimum. Une recherche réalisée en 2018 a d'ailleurs montré que le taux optimal pour la prévention du cancer se situe entre 60 et 80 ng/mL.

En plus de déterminer le dosage idéal de vitamine D3 que vous devez prendre, vous devez veiller à avoir un apport suffisant de vitamine K2 (afin d’éviter les complications associées à une calcification excessive des artères), de calcium et de magnésium.

La recherche a démontré que prendre des doses élevées de vitamine D, si votre taux de magnésium est insuffisant, réduit la capacité de votre organisme à utiliser la vitamine D. Le magnésium est nécessaire à son activation, et en cas d'insuffisance, la vitamine D risque d’être stockée sous sa forme inactive.

Ceci peut expliquer en partie pourquoi tant de personnes doivent prendre des doses assez élevées de vitamine D pour parvenir à en optimiser leur taux. Selon cette revue, jusqu'à 50 % des américains qui prennent des compléments de vitamine D n’en tirent sans doute pas de bienfaits significatifs, car ils manquent de magnésium.

Il est essentiel de prendre suffisamment de vitamine K2 (MK7) en plus de la vitamine D car les deux sont nécessaires pour ralentir la progression de la calcification artérielle. La MK-7 est la forme bioactive de la vitamine K2. Elle régule l’athérosclérose, le cancer, les maladies inflammatoires et l’ostéoporose.

La vitamine K2 peut réduire le risque de dommages au système cardiovasculaire en activant une protéine qui prévient le dépôt du calcium sur les parois des vaisseaux sanguins.

+ Sources et Références