Les produits laitiers fermentés réduisent le risque de maladie cardiaque

produits laitiers fermentés

En bref -

  • Au cours d'une récente étude, les chercheurs ont constaté que la consommation quotidienne d’environ une portion de produits laitiers fermentés réduit le risque de maladies cardiovasculaires, ce qui pourrait avoir un effet positif sur le nombre annuel de 610.000 décès aux États-Unis, dûs à des maladies cardiovasculaires
  • Les auteurs ont également constaté que les personnes qui consomment des produits laitiers non fermentés ont un risque accru de maladies cardiovasculaires. Ils ont cependant regroupé le lait écrémé, le lait entier, le lait de soja et le lait aromatisé dans la même catégorie de produits laitiers non fermentés
  • Si aucun lien n’a été établi entre la consommation de yaourts et la réduction du risque de diabète de type 2, des chercheurs de l’université d’Harvard ont associé la consommation de produits laitiers entiers à une diminution du risque de maladies cardiovasculaires et de mortalité
  • Privilégiez le lait cru, non pasteurisé, produit par un producteur laitier local, pour profiter de ses bactéries bénéfiques et de ses bienfaits nutritionnels
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Dr. Mercola

Près de 610.000 personnes meurent chaque année d'une maladie cardiovasculaire, ce qui représente 25 % du nombre total de décès aux États-Unis. Chaque année, 735.000 personnes sont victimes d'une crise cardiaque ; pour 525.000 d’entre elles, il s'agit d’un premier évènement cardiaque. Selon l’American Heart Association, le coût annuel des maladies cardiovasculaires et des AVC aurait été de 351,2 milliards de dollars pour 2014-2015.

L'American Heart Association indique également que 116,4 millions d'américains souffrent d'hypertension artérielle et qu’une personne meurt d'un AVC toutes les 3,7 minutes. Les personnes qui souffrent d'hypertension ou de diabète, ainsi que celles qui sont sédentaires, en surpoids ou obèses, présentent les risques les plus élevés.

Selon le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies, 10 % de la population américaine souffre de diabète, et jusqu’à 95 % de ces personnes sont atteintes d'un diabète de type 2. Les symptômes peuvent se développer sur plusieurs années, et sont parfois difficiles à reconnaître : vos cellules ne répondent pas à l’insuline produite par votre pancréas, ce qui entraine une augmentation de votre glycémie.

Si la majeure partie des personnes diagnostiquées ont 45 ans ou plus, le nombre de jeunes atteints d'un diabète de type 2 a augmenté avec l’augmentation du taux d’obésité chez les enfants. Les maladies cardiovasculaires et le diabète sont des facteurs majeurs ou contributifs de cinq des 10 principales causes de décès aux États-Unis. Les scientifiques se penchent depuis quelques dizaines d'années sur les moyens qui permettraient de réduire le risque de développer ces maladies.

Une association inverse entre les produits laitiers fermentés et les maladies cardiovasculaires

Deux récentes études ont démontré l’existence d'une association inverse entre la consommation quotidienne de produits laitiers fermentés, et le développement des maladies cardiovasculaires. Un lien similaire a été découvert au cours d'études analysant les effets de l'alimentation chez l’homme et la femme.

Les études ont été conduites par deux équipes distinctes. La première a été réalisée par des chercheurs de l’université de l’est de la Finlande, et publiée mi-2018 dans le British Journal of Nutrition. Les chercheurs souhaitaient savoir si les produits laitiers fermentés avaient un effet protecteur sur la santé cardiovasculaire.

Ils ont comparé les effets de la consommation de produits laitiers fermentés et non fermentés chez 1.981 hommes participant à l'étude sur les facteurs de risque de cardiopathie ischémique de Kuopio ; aucun ne souffrait de maladie coronarienne au début de l’étude. Les chercheurs ont comptabilisé les évènements cardiaques mortels et non mortels ainsi que les apports alimentaires, y compris de produits laitiers fermentés et non fermentés, sur une période de 20 ans en moyenne.

Ils ont constaté que ceux dont la consommation de produits fermentés était la plus élevée présentaient un risque de maladies cardiovasculaires réduit de 27 % ; à l’inverse, ceux qui consommaient le plus de produits laitiers non fermentés avaient un risque de maladies cardiovasculaires accru de 52 %. Au cours de cette étude, le produit non fermenté le plus consommé était le lait. Les chercheurs ont considéré une quantité quotidienne de 0,9 litre (3,8 tasses) ou plus comme étant une quantité importante.

Les auteurs d'une récente étude publiée dans The Journal of Nutrition ont également analysé la relation entre la consommation de produits laitiers fermentés et les maladies cardiovasculaires, cette fois au sein d'une population australienne. Utilisant l’étude longitudinale australienne sur la santé des femmes, les chercheurs ont enrôlé 7.633 femmes ne souffrant d'aucune maladie cardiovasculaire et les ont suivies sur une période de 15 ans, en se servant d’enquêtes pour évaluer les apports alimentaires et les résultats auto-déclarés.

Ils ont constaté qu'une consommation élevée de yaourts et de produits laitiers fermentés était associée à un moindre risque de maladies cardiovasculaires. Ils ont pris acte du fait que cette association inverse n'avait pas été constatée lors de précédentes études. Cependant, le résultat qui avait été mesuré jusqu'à présent était la mortalité, tandis que cette étude avait mesuré le nombre de diagnostics de toute nouvelle maladie cardiovasculaire.

Il est également important de souligner que les types de produits laitiers non fermentés pris en compte dans cette enquête comprenaient aussi bien le lait entier que le lait demi-écrémé, écrémé, le lait de soja et les laits aromatisés.

Aucun lien avec le diabète de type 2 n’a été constaté au cours de l’étude australienne

Au cours de l'étude australienne, qui a évalué les effets des produits laitiers fermentés et non fermentés sur la santé des femmes, les chercheurs se sont également intéressés au diabète de type 2. Parmi les femmes qui ne souffraient pas de diabète au début de l’étude, 9,2 % (soit 701) ont développé cette maladie au cours de la période de suivi de 15 ans.

Les chercheurs ont constaté que les femmes qui consommaient le plus de yaourts présentaient la probabilité ajustée la plus faible de développer un diabète de type 2, par rapport à celles qui en consommaient le moins. Cependant, une fois les données ajustées aux autres variables alimentaires, ainsi qu’à l’apport énergétique, l'association n’était plus significative.

Celles qui consommaient le plus de yaourts en consommaient en moyenne 114 grammes par jour. À titre de comparaison, les pots individuels de yaourt Yoplait (aux États-Unis) ont une contenance de 6 onces, soit 170 grammes. Il est indiqué sur l’étiquette de cette marque qu’une portion équivaut à 3,5 onces (100 grammes).

Toutefois, comme l'a rapporté une étude de recherche de l’université d’Harvard, « … une consommation élevée de yaourt est associée à une diminution du risque de diabète de type 2. » L’équipe a suivi 194.458 hommes et femmes sur plus de 3.984.203 personnes-années, et a constaté que la consommation de yaourts n’augmentait pas le risque de diabète de type 2, et qu’en consommer une portion par jour réduisait au contraire le risque de développer la maladie.

Les différences entre lait cru et lait pasteurisé

Si les auteurs de l’étude australienne ont constaté que les femmes qui buvaient le plus de lait non fermenté présentaient le risque le plus élevé de maladies cardiovasculaires, les données étaient basées, comme je l'ai déjà mentionné, sur des femmes qui buvaient régulièrement plusieurs types de lait, y compris du lait entier, du lait écrémé, et du lait de soja. À cet égard, je pense qu’il est important de souligner que les données de l’étude ‘PURE’ (étude épidémiologique prospective urbaine et rurale), publiée dans The Lancet, a révélé des résultats très différents.

L'étude PURE est une importante étude internationale qui a porté sur des individus provenant de 21 pays des cinq continents. Les chercheurs ont comparé la consommation de produits laitiers entiers aux taux de maladies cardiovasculaires et de mortalité. Ils ont rassemblé des données pendant 15 ans et ont constaté que les individus qui consommaient uniquement des produits laitiers entiers présentaient un moindre risque de décès et d’évènements cardiovasculaires graves.

Cependant, les produits à base de lait entier ne se valent pas tous. Certaines agences gouvernementales américaines, telles que l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) et le département américain de l’agriculture, affirment que la consommation de lait cru non pasteurisé expose au risque de maladies et de décès.

Toutefois, si les produits laitiers sont pasteurisés et chauffés pour en éliminer les bactéries, ces bactéries s'y trouvent souvent en raison des conditions épouvantables dans lesquelles les vaches élevées dans des CAFO (élevages intensifs) vivent et produisent le lait. Le lait, aux États-Unis, est en grande majorité produit dans des CAFO, puis pasteurisé.

Les vaches sont sensées brouter et digérer de l’herbe, mais dans les CAFO, elles sont nourries de céréales et de soja génétiquement modifiés, et souvent privées de la lumière du jour. Elles sont également exposées à leurs excréments et à ceux des autres vaches, dans lesquelles elles piétinent jusqu'à ce qu’ils soient évacués. Les vaches sont lavées et désinfectées avant la traite, mais on leur donne aussi des antibiotiques pour prévenir et lutter contre les infections, et leur lait est pasteurisé pour en éliminer les bactéries.

Cependant, les protéines bactériennes mortes restent dans le lait. Lorsque votre organisme digère ces protéines étrangères, cela peut engendrer une réaction allergique. Les vaches élevées en pâturage, par contre, produisent un lait et des protéines de lactosérum d’excellente qualité, qui permettent de réduire les réactions allergiques développées par certaines personnes.

La pasteurisation détruit un grand nombre de précieux nutriments présents dans le lait de vache, dont certains sont importants pour digérer le produit, ce qui explique les problèmes digestifs que vous pouvez rencontrer lorsque vous buvez du lait ou que vous mangez du fromage.

Le yaourt apporte également d'autres bienfaits

L’étude australienne et l’étude finlandaise confirment toutes deux que les produits laitiers fermentés peuvent vous protéger des maladies cardiovasculaires. Ces produits incluent le kéfir et le yaourt, qui contiennent des bactéries vivantes. L'un des scientifiques qui a pris part à l’étude finlandaise, Jyrki Virtanen, professeur adjoint d’épidémiologie nutritionnelle à l’université de l’est de la Finlande, a déclaré au magazine Newsweek :

« Nos découvertes et celles d'autres études suggèrent que les produits laitiers fermentés pourraient apporter des bienfaits pour la santé que n’offrent pas les produits laitiers non fermentés. Il peut donc s'avérer judicieux de consommer davantage de produits laitiers tels que yaourt, kéfir, fromage frais et lait caillé. Certains des effets bénéfiques des produits laitiers fermentés pourraient être dûs à leur effet sur le microbiote intestinal. »

La plupart des yaourts vendus aux États-Unis sont sucrés et parfumés aux fruits, mais dans d'autres pays, le yaourt est associé au citron, à l’ail, au cumin et à l’huile d'olive. Il est parfois utilisé comme base dans les sauces ou dans les plats de légumes, et on trouve de plus en plus de ‘dips’ et d'assaisonnements pour salade à base de yaourt grec.

Si vous consommez des yaourts pour optimiser votre flore intestinale, vous avez tout intérêt à éviter certaines marques dont les yaourts sont plus proches d’une friandise que d'un aliment sain. Optez pour des yaourts bio préparés à base de lait entier de vaches nourries à l’herbe, et non de lait demi-écrémé ou écrémé. Vous pouvez également faire vos propres yaourts.

Comme je l’ai déjà évoqué, les yaourts sont excellents pour lutter contre l’inflammation, certainement en grande partie parce qu'ils influent sur vos bactéries intestinales. En préparant vos propres yaourts, vous pouvez en contrôler les ingrédients, en booster les propriétés bénéfiques, et les parfumer à votre goût.

Vous pouvez par exemple leur ajouter des fruits rouges frais ou un trait de votre jus de fruit favori avant de les déguster. Par rapport aux yaourts pasteurisés, les yaourts préparés à base de lait cru sont plus épais, plus crémeux et d'un point de vue nutritionnel, ils sont aussi plus riches.