Les acides gras trans augmentent le risque d’Alzheimer

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En bref -

  • Les trois composants alimentaires qui favorisent la démence et l’Alzheimer sont le sucre (en particulier le fructose transformé), les céréales et les acides gras trans
  • Une étude publiée dans l’édition d’octobre 2019 du journal Neurology a découvert un lien étroit entre la consommation d’acides gras trans et la démence ainsi que ses dérivés comme l’Alzheimer
  • Les personnes du premier quartile de consommation d’acides gras trans avaient 74% plus de risque de développer de la démence. Celles du deuxième quartile avaient 52% plus de risque
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Dr. Mercola

Le neurologue Dr. David Perlmutter, auteur de « Grain Brain » et de « Brain Maker » explique que l’alimentation et d’autres facteurs du style de vie ont un impact important sur le risque d’Alzheimer.

En effet, selon les recherches publiées en 2011 dans le journal Lancet Neurology près de la moitié des cas d’Alzheimer pourraient être évités en modifiant le style de vie, comme l’inactivité physique, la dépression, le tabagisme, l’hypertension artérielle, l’obésité et le diabète.

Les trois composants alimentaires qui favorisent cette dégénérescence neurologique sont le sucre (en particulier le fructose transformé), les céréales et les acides gras trans. Les recherches de la clinique Mayo,publiées en 2012 dans le Journal of Alzheimer’s Disease ont découvert qu’une alimentation riche en carbohydrates est liée à un risque de démence s'élevant à 89%, tandis qu’une alimentation riche en bonnes graisses réduit ce risque de 44%.

La consommation d’acides gras trans augmente le risque de démence

Une étude publiée récemment dans l’édition d’octobre 2019 du journal Neurology a découvert un lien étroit entre la consommation d’acides gras trans et la démence ainsi que ses dérivés comme l’Alzheimer.

1.628 seniors japonais de 60 ans et plus participaient à l’étude. À l’issue de cette étude d’une durée de 10 ans, aucun participant ne souffrait de démence. Les taux d’acide élaïdique - un biomarqueur pour les acides gras trans industriels - était mesuré dans le sang des participants à l’aide d’une chromatographie en phase gazeuse avec spectrométrie de masse.

En se basant sur ces taux on a calculé le rapport de risques pour la démence toutes causes confondues, l’Alzheimer et la démence vasculaire à l’aide du modèle des risques proportionnels élaboré par Cox. Les auteurs ont relevé les faits suivants :

« Des taux élevés d’acide élaïdique étaient directement liés à un risque élevé de démence toutes causes confondues et d’Alzheimer après l’ajustement des facteurs de risques traditionnels.

Ce rapport restait important après l’ajustement de facteurs alimentaires, comme l’ensemble de l’apport énergétique et l’apport en acides gras saturés et polyinsaturés. »

Cette augmentation du risque était légère. CNN a déclaré que les personnes du premier quartile de consommation d’acides gras trans avaient 74% plus de risque de développer de la démence. Celles du deuxième quartile avaient 52% plus de risque. On n’a pas trouvé de lien entre les acides gras trans et la démence vasculaire.

Parmi les aliments transformés qui contribuent le plus à un taux élevé d’acides elaïdiques, les pâtisseries figurent en haut de la liste, suivies de la margarine, des bonbons, des caramels, des croissants, des crèmes, des glaces et des galettes de riz.

Le Dr. Richard Isaacson, neurologue et directeur de l’Alzheimer's Prevention Clinic à l’université de médecine Weill Cornell à New York n’a pas participé à l’étude, mais il l’a commenté sur CNN :

« L’étude utilisait des niveaux de marqueurs d’acides gras trans dans le sang plutôt que les questionnaires alimentaires plus traditionnels, ce qui renforce la validité scientifique des résultats. Cette étude est importante car elle repose sur la preuve que l’apport en acides gras trans augmente le risque d’Alzheimer. »

Les acides gras trans, qu’est-ce que c’est ?

CNN explique :

« ... Les acides gras trans sont créés par un processus industriel lors duquel de l’hydrogène est ajouté aux huiles végétales liquides pour les rendre plus solides (pensez à la margarine végétale).

L’industrie alimentaire adore les acides gras trans parce qu’ils sont peu chers à produire, durent longtemps et confèrent aux aliments un bon goût et une texture agréable. Les acides gras trans ne se trouvent pas seulement dans les aliments frits, mais aussi dans les crèmes, les gâteaux, les pâtes à tarte, les pizzas surgelées, les cookies, les biscuits salés et sucrées et une douzaine d’autres aliments transformés. »

Les acides gras trans sont différents des acides gras insaturés à cause d’une seule molécule du côté opposé de la liaison carbone. Ce simple changement de position est responsable de la différence des caractéristiques de cet acide gras et du risque élevé pour la santé.

En plus de la démence, il a été prouvé que les acides gras trans sont aussi associés aux inflammations, au développement d’une résistance à l’insuline et aux maladies du cœur (tous sont des facteurs de risque d’Alzheimer).

Face à ces preuves accablantes de leur nocivité, l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) a retiré en 2015 les huiles partiellement hydrogénées (la principale source d’acides gras trans) de la liste des ingrédients « généralement considérés comme sûrs (GRAS) et depuis le 18 juin 2019 l’industrie alimentaire n’est plus autorisée à utiliser des huiles partiellement hydrogénées dans leurs produits à cause de leurs risques pour la santé.

Les aliments transformés fabriqués avant cette date sont toutefois autorisés à rester sur le marché jusqu’au 1er janvier 2021. (Les dates de conformité varient selon que les fabricants avaient la permission d’une « utilisation limitée » d’huiles partiellement hydrogénées, mais après cette date toute utilisation doit cesser.)

Toutefois ceci ne signifie pas que les acides gras trans ont été définitivement éliminés et ne présentent plus aucun danger. En plus, tant qu’un aliment ne contient que 0,5g ou moins d’acides gras trans par portion, les fabricants alimentaires sont autorisés à écrire « sans matière grasse » sur l’étiquette.

Le problème c’est que de nombreux experts sont d’accord pour dire qu’il n’y a pas de véritable seuil en-dessous duquel les acides gras trans sont sûrs. Pour déterminer si un produit contient toujours des acides gras trans, vérifiez la liste des ingrédients.

N’importe quel produit qui contient de l’huile végétale partiellement hydrogénée contient forcément des acides gras trans, même si sur l’étiquette est marqué « 0 acides gras trans ». Les aliments frits et cuits sont généralement aussi suspects. L’auteur principal de l’étude, le Dr. Toshiharu Ninomiya, professeur à l’université Kyushu à Fukuoka, Japon, déclare dans un communiqué de presse :

« Aux États-Unis les petites quantités toujours autorisées peuvent s’additionner, si les personnes mangent plusieurs portions de ces aliments. En plus les acides gras trans sont toujours autorisés dans de nombreux pays. »

Exemples de bonnes graisses dont il faut manger plus

Quand il s’agit de graisses alimentaires, rappelez-vous cette simple règle de base : Plus c’est naturel, mieux c’est. Les conseils suivants vous aideront à choisir les bonnes graisses pour rester en bonne santé :

Utilisez du beurre bio (de préférence fabriqué à partir de lait cru de vaches nourries à l’herbe) au lieu des margarines et des huiles végétales. Le beurre est bon pour la santé et ne mérite pas sa mauvaise réputation.

Le ghi est encore mieux, car les matières solides du lait parfois problématiques sont éliminées. Le ghi est de la graisse pure sans glucides et c’est ce que j’utilise personnellement. La meilleure façon de le préparer est de le mettre dans un pot en verre et ne pas le chauffer au-dessus de 38°C pour préserver toutes ses qualités.

Vous pouvez retirer les matières solides du lait à l’aide d’une pipette en verre. Une fois que vous avez obtenu le ghi, vous n’avez même pas besoin de le mettre au frigo, car il se garde plusieurs semaines à température ambiante.

Utilisez du saindoux de porc nourri à l’herbe bio pour la cuisson - Une analyse de 2015 de plus de 1.000 aliments crus a positionné le saindoux de porc à la huitième place des 100 aliments les plus sains. Le saindoux contient des nutriments bénéfiques, comme par exemple :

La vitamine D

Les acides gras oméga-3

Les acides gras monoinsaturés (les mêmes qu’on trouve dans l’avocat et l’huile d’olive)

Les acides gras saturés

La choline

L’huile de coco est aussi une excellente huile de cuisson plein de bénéfices pour la santé.

Pour compléter une alimentation saine, assurez-vous de manger des graisses non-transformées, comme les avocats, les noix, les produits laitiers et l’huile d’olive. Augmentez aussi votre apport en acides gras oméga-3 d’origine animale en mangeant plus de sardines, d’anchois, de maquereaux, de harengs ou de saumon sauvage d’Alaska ou prenez un supplément comme l’huile de krill.

Une alimentation saine pour prévenir la démence

Pour terminer, rappelez-vous que dans l’ensemble c’est votre style de vie quotidien qui détermine si votre cerveau fonctionne jusqu’à la fin de votre vie ou s’il régresse avec l’âge pour mener à une maladie potentiellement mortelle comme l’Alzheimer.

En ce qui concerne l’alimentation en particulier, les facteurs clés suivants vous aideront à maintenir votre cerveau en bonne santé.

Mangez des aliments bruts, idéalement biologiques — Évitez des aliments transformés de toutes sortes, car ils contiennent de nombreux ingrédients nocifs pour le cerveau, comme du sucre raffiné, du fructose transformé, des céréales (en particulier le gluten), des huiles végétales, des acides gras trans, des ingrédients génétiquement modifiés et des pesticides.

Idéalement vous ne devriez pas ajouter plus de 25g de sucre et de fructose au total par jour à vos recettes ou 15g par jour si vous avez déjà une résistance à l’insuline/leptine ou une pathologie comparable.

En optant pour des produits biologiques vous évitez les pesticides et herbicides synthétiques. La plupart des personnes bénéficient aussi d’une alimentation sans gluten, car le gluten rend les intestins plus imperméables, ce qui permet aux protéines d’entrer dans les vaisseaux sanguins où elles renforcent le système immunitaire et préviennent les inflammations et l’auto-immunité, qui à leur tour jouent un rôle majeur dans le développement d’Alzheimer.

Remplacez les glucides raffinés par des bonnes graisses — Il est important de réaliser que le cerveau n’a pas besoin de glucides ni de sucre ; les bonnes graisses comme les acides gras saturés et les acides gras oméga-3 d’origine animale sont bien meilleures pour le fonctionnement optimal de votre cerveau.

Un régime cétogène cyclique a le double avantage d’améliorer la sensibilité à l’insuline et de réduire le risque d’Alzheimer. Quand votre corps brûle les graisses comme principal carburant, il génère des cétones qui les brûlent de manière très efficace et alimentent ainsi le cerveau. En plus, les cétones génèrent moins d’oxygène réactif et moins de radicaux libres.

Faites très attention aux types de graisses que vous mangez - évitez tous les acides gras trans ou graisses hydrogénées qui ont été modifiées pour augmenter leur durée de vie. Comme par exemple la margarine, les huiles végétales et les beurres artificielles. Plus haut vous trouvez des exemples de bonnes graisses que vous pouvez ajouter à vos repas.

Mangez en temps limité dans une fenêtre de six à huit heures — Le jeûne intermittent est une méthode puissante pour rappeler votre corps comment brûler des graisses et réparer la résistance à l’insuline/leptine qui joue un rôle majeur dans le développement d’Alzheimer.

Maintenez votre taux d’insuline à jeun en-dessous de 3 — Si votre taux d’insuline est élevé, vous mangez probablement trop de sucre.

Optimisez votre taux d’acides gras oméga-3 — Une alimentation riche en acides gras oméga-3 EPA et DHA prévient les lésions cellulaires causées par l’Alzheimer, réduit sa progression ainsi que le risque de développer cette pathologie.

Idéalement, faites un test d’indice d’oméga-3 une fois par an pour vous assurer d’avoir un bon niveau. Votre indice d’oméga-3 devrait être supérieur à 8% et votre indice d’oméga-3 à 6 devrait être entre 1 à 1 et 5 à 1.

Optimisez votre taux de vitamine D — Il est impératif d’apporter de la vitamine D à votre système immunitaire pour lutter contre les inflammations associées à l’Alzheimer et en effet, des recherches montrent que les personnes qui vivent dans le Nord ont des taux plus élevés de cas de décès dus à la démence et l’Alzheimer que celles qui vivent dans des régions plus ensoleillées, ce qui laisse penser que la vitamine D et/ou le soleil sont des facteurs importants.

Si vous ne pouvez pas obtenir suffisamment de soleil, prenez un supplément journalier de vitamine D3 pour atteindre et maintenir un taux sanguin de 60 à ng/ml. Ceci dit, il est important de savoir que l’exposition au soleil est importante pour d’autres raisons sans rapport avec la vitamine D.

Votre cerveau réagit à la lumière proche infrarouge lors d’un processus appelé la photobiomodulation. Les recherches démontrent que la stimulation du cerveau avec une lumière proche infrarouge renforce les fonctions cognitives et réduit les symptômes d’Alzheimer, même à des stades avancées de la maladie.

Le fait de fournir de la lumière proche infrarouge aux mitochondries endommagées, synthétise des facteurs de transcription génétique qui à leur tour réparent les cellules. Sachez que votre cerveau est l’un des organes les plus denses en mitochondries.

Optimisez votre taux de magnésium — Des études préliminaires ont largement confirmé l’idée selon laquelle un taux suffisant de magnésium dans le cerveau réduit les symptômes d’Alzheimer. Gardez à l’esprit que le seul supplément de magnésium capable de traverser la barrière hémato-encéphalique est le thréonate de magnésium.

Prenez de la vitamine B12 — Selon une étude publiée en 2010 dans le journal Neurology, les personnes qui consomment des aliments riches en vitamine B12 réduisent leur risque d’Alzheimer lorsqu’ils avancent en âge. On a aussi découvert que des doses élevées de vitamine B réduisent la perte de la mémoire en prévenant l’atrophie du cerveau.

Mangez des aliments riches en nitrates — La betterave et autres aliments riches en nitrates comme la roquette, offrent des bienfaits puissants pour le cerveau et sont une aide précieuse dans la lutte contre l’Alzheimer.

Votre corps transforme les nitrates d’origine végétale en oxyde nitrique, ce qui optimise l’oxygénation, a des effets bénéfiques sur la circulation et le système immunitaire et sert de molécule messagère dans chaque cellule de votre corps.

La bétanine contenue dans la betterave prévient l’oxydation, en particulier l’oxydation causée par la fusion entre le cuivre et la bêta-amyloïde, ce qui prévient le pliage anormal et l’accumulation de la bêta-amyloïde.

Des recherches moins récentes ont aussi démontré que le jus de betterave crue améliore la neuroplasticité, en particulier en augmentant le flux sanguin et l'oxygénation des tissus. Dans sa fonction de molécule messagère, l’oxyde nitrique permet aux cellules cérébrales de mieux communiquer entre elles. Il est important de noter que la betterave stimule l’oxygénation du cortex somato-moteur, une région du cerveau qui est souvent affectée dans les premières phases de la démence.

Optimisez votre flore intestinale — Pour ce faire, évitez des aliments transformés et des produits antibactériens, de l’eau fluorée et chlorée et assurez-vous de manger des aliments fermentés et cultivés de manière traditionnelle ainsi que des probiotiques de bonne qualité, si nécessaire.

Rappelez-vous que si vous mangez de la viande industrielle vous ingérez des antibiotiques à chaque coup de fourchette. On pense aussi que la viande industrielle est une voie de prions, un autre coupable responsable pour l’Alzheimer. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet dans l’article « Une étude montre que l’Alzheimer est une maladie à double prion ».

+ Sources et Références