Candida albicans : comment peut-il affecter votre santé et comment le traiter ?

bactérie candida albicans

En bref -

  • Les signes et symptômes fréquents de prolifération du candida incluent l’apparition d’une couche blanche recouvrant votre langue (muguet), le développement soudain d’intolérances alimentaires, des douleurs et gênes, des problèmes intestinaux, une fatigue persistante, des problèmes de peau et une vaginite
  • Le remède est simple : il faut adopter un mode de vie qui stimule vos fonctions immunitaires. Il convient d’adopter une alimentation à haute teneur en fibres et à faible teneur en glucides afin de nourrir les bactéries bénéfiques tout en éliminant les champignons opportunistes, tels que le candida qui se nourrit de sucre
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Par le Dr. Mercola

Si votre état de santé n’est pas optimal, le candida peut-il en être le responsable ? Dans cet entretien, l’ostéopathe et naturopathe britannique, Dr Leon Chaitow, auteur de l’ouvrage « Candida Albicans: Natural Remedies for Yeast Infection », évoque les dangers que présente le candida et surtout comment traiter cette infection qui devient de plus en plus fréquente.

Diplômé en Grande-Bretagne, le Dr Leon Chaitow a exercé la médecine au Royaume-Uni pendant près de 30 ans avant de partir s’établir en Grèce, où il réside toujours actuellement.

« Au milieu des années 1980, j’ai commencé à observer une augmentation du nombre de patients qui venaient me consulter pour … des problèmes digestifs … des maladies liées à la levure … des problèmes de peau … de vaginite [et] de fatigue …

J’étais vraiment préoccupé par ce qui pouvait provoquer ce changement observé chez mes patients », explique Chaitow. « C’est à cette époque que j’ai découvert l’ouvrage du Dr Crook, « The Yeast Connection », [et] que j’ai commencé à comprendre ce à quoi j’avais à faire ».

Poursuivant ses investigations, qui ont abouti à la publication de son livre en 1985, il a commencé à faire le lien entre la fatigue chronique, les problèmes de douleurs persistantes et les symptômes de type fibromyalgie.

L’ouvrage de Crook a également joué un rôle important dans ma quête fondée sur une bonne santé. Je l’ai lu en 1985, l’année où j’ai terminé mon programme de résidence en médecine familiale et où j’ai pu commencer à pratiquer la médecine.

Malheureusement, j’étais conditionné et formaté par le modèle pharmacologique, mais j’ai lu ce livre et, comme la plupart des médecins, j’ai eu des patients qui présentaient ces symptômes.

J’ai essayé l’approche de Crook. Mais, comme j’étais conditionné, je pensais qu’il fallait à tout prix se concentrer sur l’éradication de la levure et j’ai donc prescrit des antifongiques, sans jamais me préoccuper de l’alimentation. Et, devinez quoi ? Cela n’a bien entendu jamais fonctionné.

Six ou sept ans plus tard, j’ai eu un autre patient. Il s’agissait d’un enfant, qui présentait une diarrhée chronique, des signes de troubles du spectre autistique (TSA), accompagnés des symptômes classiques de candida, présentés dans l’ouvrage de Crook.

Cette fois, j’avais acquis une certaine sagesse et j’ai donc décidé d’intégrer les conseils alimentaires qu’il préconisait et, surprise, cela a très bien fonctionné. Cette expérience m’a vraiment ouvert les yeux et m’a conduit à me lancer sur la voie de la médecine nutritionnelle.

Qu’est-ce que le candida et comment devient-il un problème ?

Le candida albicans est une levure très répandue. Elle est probablement présente chez la plupart de ceux qui lisent cet article et, dans la plupart des cas, cela ne pose aucun problème. Cependant, si votre système immunitaire est perturbé suite à une exposition à des antibiotiques, à une mauvaise alimentation ou à un manque de sommeil, le candida peut commencer à se développer de façon démesurée.

« Le problème semble relever à la fois du mode de vie et de l’alimentation modernes », explique Chaitow. « Il peut y avoir plusieurs caractéristiques qui [suggèrent] un certain degré d’immunosuppression, pas dans un sens extrême, mais plutôt un fonctionnement insuffisant … Les problèmes semblent initialement localisés au niveau des intestins …

Il y a comme un changement observé de la flore intestinale qui peut résulter de l’effet des antibiotiques ou encore d’un simple facteur nutritionnel (alimentation à haute teneur en sucre, consommation d’hydrates de carbone très raffinés). Cela peut entraîner ce changement au niveau des intestins où la levure peut se modifier. La flore intestinale normale produit de la biotine, qui caractérise une flore normale et saine.

La biotine élimine la capacité de la levure à se transformer et prendre une forme mycélienne plus agressive, qui développe des radicelles [et] pénètre la membrane muqueuse intestinale, déclenchant un processus d’absorption de toxines par l’intestin et qui suscite des symptômes de type allergique ou d’intolérance sur tout le corps.

Ce processus peut être douloureux. Il peut provoquer de la fatigue et présenter bien d’autres caractéristiques. Le changement de la flore intestinale semble être la clé pour remédier à ce problème, car c’est normalement elle qui garde le contrôle sur la levure. La levure y est présente, mais sans être agressive. Lorsque l’on perd les fonctions de la flore intestinale normale, les problèmes s’accélèrent. »

Signes et symptômes du candida

L’un des principaux symptômes cliniques (et clairement visible) du candida est l’apparition d’une couche blanche sur votre langue. Lorsque votre équilibre microbien est normal, votre langue est typiquement propre et rose. Les autres symptômes fréquents suggérant la prise de contrôle du candida incluent notamment :

Développement soudain d’intolérances alimentaires

Douleurs et gênes inhabituelles qui ne semblent pas avoir de causes identifiables (comme une blessure)

Problèmes intestinaux, tels que des ballonnements, de la constipation ou de la diarrhée

Fatigue persistante, inhabituelle

Problèmes de peau étranges, tels que des zones sèches

Vaginite (inflammation des organes génitaux chez la femme)

Curieusement, le Dr Chaitow a également découvert que les symptômes du candida présentent de nombreux points communs avec ceux d’une respiration inappropriée. Il a consacré près de dix ans à étudier les effets biochimiques des difficultés respiratoires, qui sont extrêmement fréquentes, et plusieurs d’entre eux s’avèrent identiques aux problèmes liés à la levure.

« J’ai commencé à étudier dans quelle mesure les jeunes femmes souffrant de problèmes liés à la levure présentaient [aussi] des modes de respiration basés sur la partie supérieure du thorax. Ce problème est très fréquent chez les femmes », indique-t-il.

« Ces troubles du mode de respiration conduisaient à une série de symptômes, [y compris] des symptômes intestinaux (car la contraction du muscle lisse survient en cas d’alcalose respiratoire ou d’hyperventilation) [et de fatigue].

Les jeunes femmes présentaient tous les symptômes qui, selon moi, étaient liés à la levure. De nombreux problèmes liés à la levure sont amplifiés [ou] aggravés par des troubles respiratoires fréquents. Il ne s’agit pas d’une pathologie, simplement d’un dysfonctionnement …

Sans être corrélés, des symptômes très similaires peuvent apparaître dans un cas comme dans l’autre. Parfois, ces deux problèmes surviennent et vous n’en traitez qu’un seul. La solution idéale consiste à traiter le mode de vie, en incluant une amélioration du mode respiratoire et de l’alimentation.

Le problème est que si l’on se concentre uniquement sur l’alimentation et sur la prolifération évidente du candida, et que l’on ne traite pas ce qui peut contribuer à sa progression et qui peut être un problème extrêmement courant, on passe à côté d’une partie de l’iceberg. »

L’un des meilleurs moyens dont vous disposez pour traiter un dysfonctionnement respiratoire peut consister à vous familiariser avec la technique de respiration Buteyko.

En général, on ignore purement et simplement la respiration en matière de santé, alors qu’une bonne respiration permet d’améliorer l’oxygénation dans tout votre corps, y compris votre cerveau, et constitue une stratégie efficace pour atténuer le stress et l’anxiété, des facteurs mentaux susceptibles d’avoir une influence négative sur votre santé physique s’ils ne sont pas traités.

Comment contrôler le candida ?

Pour contrôler le candida (qui est normalement présent dans votre flore intestinale et qui n’est pas toujours un pathogène, mais plutôt une infection « parasite » opportuniste), vous préférerez l’affamer, autrement dit le supprimer de façon naturelle au lieu de l’éliminer purement et simplement.

Le candida peut être perçu comme un parasite qui exploite vos erreurs quand vous n’adoptez pas un mode de vie approprié ou lorsque vous vous exposez et vous laissez tenter par le paradigme médical qui utilise les médicaments pour tout régler. Très souvent, ces médicaments (antibiotiques, hormones stéroïdiennes et contraceptions orales, par exemple) modifient votre environnement interne, favorisant ainsi la prolifération du candida sous une forme invasive d’infection à l’origine de problèmes sérieux.

« La formule que je tente d’appliquer comme approche globale à tous ces problèmes chroniques consiste en une approche simplifiée visant à améliorer la fonction immunitaire, quelle que soit la solution disponible, pour réduire la charge que vous faites peser sur votre système. Il peut s’agir simplement d’un meilleur mode de vie, d’un meilleur sommeil, de plus d’exercice et d’une meilleure alimentation.

Arrêtez de nourrir la levure, arrêtez de nuire à votre fonction immunitaire et reconstituer votre flore intestinale pour qu’elle soit la meilleure possible », explique le Dr Leon Chaitow. « Cette levure, quand elle est sous contrôle, prend soin d’elle-même. Il n’est pas nécessaire de l’éliminer … Notre flore intestinale présente une merveilleuse symbiose. Elle nous maintient en vie, en bonne santé. Mais, si nous l’endommageons, il nous faut en payer le prix. »

Les stratégies de traitement clés : éviter les antibiotiques et optimiser votre alimentation

Éviter la prise d’antibiotiques est une stratégie de prévention essentielle. Vous ne devez en prendre que si votre vie en dépend. Vous devez également éviter les antibiotiques dans votre alimentation. Cela signifie que vous devez éviter les aliments provenant d’animaux élevés dans des exploitations d’engraissement, car leur alimentation contient le plus souvent de faibles doses d’antibiotiques pour compenser la mauvaise hygiène, la surpopulation des élevages et favoriser leur croissance.

Près de 80 % des antibiotiques utilisés aux États-Unis sont employés dans l’agriculture, ce qui constitue une source importante d’exposition. Évitez également les hormones non nécessaires, telles que les contraceptifs, et le sucre. Le mieux est d’adopter une alimentation à faible teneur en glucides, riche en graisses de qualité et modérée en protéines. Comme le souligne le Dr Chaitow :

« L’alimentation est cruciale. Elle doit être non transformée autant que possible … Dans ce domaine, l’alimentation méditerranéenne est idéale. Elle est basée sur le poisson (non élevé en captivité, dans la mesure du possible) [et] la viande maigre … L’industrie agricole arrive en tête de la consommation d’antibiotiques. C’est donc là que nous sommes le plus exposés à des risques … Des légumes, des fruits, mais sans excès de fruits très sucrés au début du programme anti-candida, avec très certainement des fruits comme la papaye, qui sont une merveille.

Il faut éviter tout ce qui peut provoquer une fermentation. Le sucre doit absolument être évité. Au début, cela inclut même des choses comme le miel, pendant le premier ou les deux premiers mois du programme anti-candida. »

Quand un traitement pharmaceutique est-il nécessaire ?

Dans son livre, le Dr Crook recommande la nystatine, un médicament antifongique disponible sous forme de poudre ou de comprimés. Ce médicament est relativement inoffensif et présente peu d’effets secondaires. Néanmoins, bien que nécessaire dans les cas extrêmes, le Dr Chaitow recommande d’éviter les antifongiques à moins qu’il n’y ait aucune amélioration de l’état du patient dans un délai raisonnable. Le diflucan est aussi un type d’antibiotique qui peut être prescrit si tous les autres traitements échouent.

« Je considère la prise d’antifongiques, non pas en dernier ressort, mais plutôt en second ressort, sauf en cas d’infection fongique extrême nécessitant un traitement rapide et en cas d’impératif économique. Le facteur principal est l’alimentation, le mode de vie et les probiotiques associés. Il existe de nombreux produits botaniques, à base de plantes, qui peuvent s’avérer utiles dans ce processus. Je ne suis pas un partisan de la prise systématique ou même dans 50 % des cas de médicaments. »

Les aliments fermentés fournissent une excellente source de probiotiques

Les compléments de probiotiques de grande qualité peuvent s’avérer coûteux. Mais vous pouvez facilement réduire votre facture en ayant plutôt recours à des légumes fermentés faits maison. En ce qui me concerne, je ne prends pas de probiotiques. Je consomme des légumes fermentés de qualité, qui contiennent BEAUCOUP plus d’organismes bénéfiques viables que les probiotiques en vente dans le commerce.

Le Dr Chaitow recommande également d’utiliser des fructo-oligosaccharides (FOS) prébiotiques, qui contribuent à améliorer les fonctions de la flore intestinale et qui peuvent se prendre sous la forme de poudre.

« J’adhère totalement à l’idée que les aliments fermentés sont la solution idéale », indique-t-il. « [Mais] parfois, c’est un peu trop pour les personnes qui n’en sont qu’au premier stade. C’est totalement déconnecté de leur culture. C’est un sujet dont je vous parlerai quand je le pourrai … Plus c’est compliqué, plus c’est cher, plus c’est difficile, plus il est compliqué de s’y conformer. »

L’inconvénient des FOS, c’est qu’ils peuvent provoquer une prolifération bactérienne au niveau de l’intestin grêle. C’est extrêmement rare, mais c’est déjà arrivé. Une approche plus naturelle pour prendre plus de probiotiques consiste simplement à consommer davantage d’aliments riches en fibres. Il existe des traqueurs nutritionnels. Essayez de consommer plus de 40 à 70 grammes de fibres par jour.

Vous n’y parviendrez peut-être pas à moins de recourir à un complément de fibres comme des graines de chia, qui constituent un aliment complet, ou de l’enveloppe de psyllium organique (assurez-vous de sa nature organique, car le psyllium est souvent cultivé et contaminé par d’importantes quantités de pesticides). J’en prends environ 3 cuillères à soupe par jour, ce qui me permet d’avoir mes 80 grammes de fibres quotidiens. Les fibres agissent comme un magnifique substrat pour nourrir les bactéries bénéfiques, qui peuvent en fait doubler en nombre toutes les 20 minutes lorsqu’elles reçoivent les nutriments dont elles ont besoin.

Des compléments utiles

Je termine actuellement mon prochain livre qui explique en détail comment optimiser votre santé mitochondriale grâce à un traitement métabolique mitochondrial. Curieusement, la liste de compléments que le Dr Chaitow recommande pour lutter contre le candida est pratiquement identique à ceux qui sont renommés pour améliorer votre santé mitochondriale, ce qui offre une solution gagnante à tous les niveaux ! Ces suppléments sont les suivants :

Acide caprique — triglycéride à chaîne moyenne (MCT) à huit atomes de carbone (également appelés « C8 »). Bien que présent dans l’huile de coco, vous pouvez également acheter de l’huile MCT, soit directement sous la forme C8 ou combiné à de l’acide caprique (C10). Aucune autre source d’aliment ne se transforme aussi rapidement en cétones que le C8, et les cétones sont un magnifique carburant, très efficace pour votre corps. L’acide caprylique est aussi un puissant antifongique et le Dr Chaitow le recommande à la place des médicaments antifongiques.

Berbérine — principal ingrédient actif de l’hydraste du Canada, elle offre des propriétés antibactériennes, anti-inflammatoires et renforce les défenses immunitaires. Elle est aussi très efficace et facilite les fonctions mitochondriales.

Échinacée — favorise un système immunitaire sain, tout en offrant des propriétés antibactériennes et antibiotiques.

Pau d'Arco — autre agent antifongique puissant permettant d’inhiber le candida albicans. Curieusement, le principal ingrédient de cette écorce d’arbre est la béta-lapachone, qui est également un très puissant catalyseur d’une molécule appelée NAD+. Cette molécule est un récepteur pour les électrons de la chaîne du transport des électrons de la mitochondrie. Elle sert également de molécule de signalisation. C’est un détecteur de stress et de maladie.

Les molécules NAD+ déclinent avec l’âge et les chercheurs qui travaillent sur l’antivieillissement ont identifié cette molécule comme l’un des principaux mécanismes de contrôle pour le ralentissement du processus de vieillissement. Il pourrait même s’agir de la plus cruciale. Le Pau d’Arco présente l’avantage supplémentaire d’être peu coûteux, tout au moins en ce qui concerne les compléments.

Aloe — contient un mucopolysaccharide aux puissants bénéfices immunitaires. Ce complément fournit également de nombreux bienfaits aux mitochondries. Je cultive environ 300 plants d’aloès dans mon jardin et j’en ajoute deux grandes feuilles dans mon smoothie quotidien.

Plus d'information

Si vous ne menez pas un mode de vie particulièrement sain et ne reconnaissez vos symptômes dans la liste ci-dessus, il y a de fortes chances que le candida, qui est présent en chacun de nous, ait pris trop de place.

Le livre de Chaitow, "Candida Albicans: Remèdes naturels pour l'infection à levures" présente une approche de style de vie globale pour résoudre le problème. Vous pouvez également trouver plus d'informations sur son site Web, LeonChaitow.com. À la fin de la journée, le candida n'a pas besoin de vous affecter. Vous l'avez toujours, mais tant que vous prenez soin de vos intestins avec un régime pauvre en glucides et riche en fibres, ce champignon opportuniste ne vous causera aucun chagrin.