Les oméga-3 stoppent l'asthme, les oméga-6 l’aggravent

une femme avec un inhalateur

En bref -

  • Des chercheurs de John Hopkins Medicine ont rassemblé des données sur l’alimentation, les symptômes de l'asthme et l’utilisation d’inhalateurs, et ont constaté que les personnes dont l'alimentation était plus riche en acides gras oméga-3 présentaient un moindre risque de développer d’importants symptômes d'asthme lorsqu’elles étaient exposées à la pollution atmosphérique
  • La pollution atmosphérique et la pollution intérieure sont associées à un risque accru de troubles pulmonaires, et notamment à une augmentation des symptômes de l’asthme. La pollution aggrave l’inflammation ; les leucotriènes, un sous-produit du métabolisme des oméga-6, aggravent également l’inflammation dans les poumons
  • La pollution atmosphérique est également associée à des décès prématurés, à une mauvaise qualité de sommeil, et à une augmentation de la pression artérielle Pensez à préserver la qualité de l'air de votre habitat en aérant correctement durant les heures où la pollution extérieure est au plus bas
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Dr. Mercola

Selon l’Académie américaine d'asthme allergique et d'immunologie, 8,3% des enfants souffraient d'asthme en 2016. Les statistiques du Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) suggèrent qu’environ une personne sur douze souffre d'asthme, y compris parmi les adultes.

Les garçons présentent un risque légèrement plus élevé que les filles. Le coût de l'asthme chez les enfants âgés de 5 à 17 ans est de 13,8 millions de journées d’école manquées, et d’une moyenne de 983 dollars par an.

Les enfants de moins de quatre ans sont moins susceptibles de souffrir d'asthme, mais lorsqu’ils ont une crise, ils ont généralement besoin de soins urgents.

Le poids économique de l’asthme, en termes de frais médicaux, de journées d’école manquées et de mortalité, était de 81,9 milliards de dollars en 2013 - la dernière année pour laquelle ces statistiques sont disponibles - pour les enfants et adultes combinés. Le coût annuel par personne était de 3.728 dollars.

Votre vie dépend de l’air que vous respirez, et sa qualité affecte votre système respiratoire et votre santé globale. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 92 % des personnes dans le monde respirent un air pollué.

Un apport élevé d'acides gras oméga-3 associé à une diminution des symptômes de l’asthme

Au cours de cette étude, des chercheurs du John Hopkins Medicine8 ont rassemblé des données sur 135 enfants âgés de 5 à 12 ans souffrant d’asthme.

Environ un tiers des enfants présentaient des symptômes d'asthme légers, un tiers des symptômes modérés, et un tiers présentaient des symptômes sévères.

Les chercheurs ont défini la gravité de l'asthme d’après les recommandations du programme national américain d'éducation et de prévention de l'asthme, qui définit la gravité sur la base des symptômes, de l’utilisation d'un inhalateur et du volume expiratoire forcé, c’est-à-dire de la façon dont les poumons expulsent l'air.

Les chercheurs ont réuni des éléments de preuve par le biais de questionnaires et ont rassemblé des données sur l’alimentation, les symptômes et l’utilisation d'un inhalateur, rapportées par les participants et les soignants.

Les enquêtes ont été menées pendant une semaine au début de l’étude, trois mois plus tard, puis de nouveau six mois plus tard.

Des prises de sang ont également été effectuées lors de ces trois étapes, afin de mesurer les changements au niveau des marqueurs inflammatoires, et un appareil destiné à mesurer la qualité de l’air avait été déposé chez les participants.

Cet appareil mesurerait les particules de 10 micromètres (PM10) et celles mesurant 2,5 micromètres ou moins (PM2,5).

Les enfants vivaient à Baltimore, dont de précédentes recherches avaient montré que la qualité de l’air était souvent supérieure aux normes acceptables de pollution atmosphérique fixées par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

Les mesures effectuées chez les participants ont montré que les concentrations de PM2,5 étaient de 26,8 microgrammes par mètre cube (mcg/m3). La norme fixée par l’EPA pour l'air extérieur est de 12 mcg/m3. La concentration moyenne des PM10 était de 39 mcg/m3.

Par ailleurs, les analyses alimentaires ont révélé que chaque gramme supplémentaire d'oméga-6 consommé, augmentait de 29 % le risque de passer dans une catégorie d'asthme plus grave.

La pollution augmente l’inflammation en cas d’apport élevé d’oméga-6

Chaque portion supplémentaire de 10 mcg/m3 de PM2,5 à laquelle les enfants étaient exposés, augmentait également de 2 % le risque qu'ils développent des symptômes d'asthme en journée.

Essentiellement, les chercheurs ont constaté qu’une consommation élevée d'oméga-6 était associée à une augmentation de la production de neutrophiles en réponse à la pollution.

Les neutrophiles sont des types de globules blancs associés à l’inflammation. C’est le Dr. Emily Brigham, pneumologue à l’Université John Hopkins, qui était l’auteur principal de cette étude.

Elle souligne que, si le rôle des oméga-6 est compliqué, certains sous-produits de métabolisme, tels que les leucotriènes, sont connus pour provoquer une réponse inflammatoire chez les enfants asthmatiques.

En revanche, les enfants qui avaient des apports plus élevés d'oméga-3 réagissaient de façon plus modérée aux particules de l’air intérieur, et semblaient plus résilients.

L'alimentation américaine type est bien plus riche en acides gras oméga-6 qu’en oméga-3, et c’était également le cas de l’alimentation de tous les enfants qui participaient à l’étude de Baltimore.

Cette étude apporte de nombreuses preuves qui indiquent que l'alimentation influe sur la réaction de l’organisme à la pollution atmosphérique.

Une autre étude a montré qu’une supplémentation en antioxydants aide à moduler l’impact de l’exposition à la pollution atmosphérique sur les petites voies aériennes des enfants déjà atteints d'un asthme modéré à sévère.

Au cours d'une autre étude croisée récente, en double aveugle et contrôlée par placébo portant sur des adultes, les chercheurs ont mesuré l’effet d'une supplémentation quotidienne en vitamine E d'une durée de 14 jours sur les caractéristiques inflammatoires de l’asthme.

Comparée au placébo, la vitamine E a entrainé une réduction plus importante des caractéristiques de l’asthme.

Qu’est-ce que l’asthme ?

Selon la clinique Mayo, l'asthme est une affection caractérisée par le gonflement des voies aériennes, qui se rétrécissent et produisent davantage de mucus.

Elle provoque des difficultés respiratoires, et souvent une toux, une respiration sifflante et un essoufflement. Les symptômes peuvent varier d'une personne à une autre, de même que la fréquence des crises et la sévérité des symptômes.

Nombre des asthmatiques sont capables d'identifier les déclencheurs, ou les facteurs environnementaux qui augmentent le risque qu'une crise se déclenche.

Les irritants environnementaux tels que les émanations de produits chimiques, les gaz chimiques, la poussière ou les parfums font partie des déclencheurs courants, de même que des substances présentes dans l'atmosphère telles que les pollens, les moisissures et la salive séchée des animaux domestiques.

Certaines personnes présentent davantage de symptômes lorsqu’elles font du sport par temps froid et sec. L'asthme est une affection pulmonaire chronique qui peut toucher des personnes de tous âges, mais qui se développe généralement au cours de l’enfance.

Dans certains cas, les symptômes sont légers et disparaissent d’eux-mêmes, ou après un traitement minimal. Dans d'autres cas, les crises peuvent nécessiter des soins particuliers ou urgents.

Le diagnostic est établi sur la base de vos antécédents médicaux, d'un examen médical et de diverses analyses, notamment la mesure de la quantité d'air que vous inspirez et expirez, et des tests qui permettent de mesurer la réaction de vos voies aériennes lors d'une activité physique, ou d'une exposition à un air froid.

Si votre médecin soupçonne que votre asthme est d'origine allergique, il peut vous faire passer des tests d'allergie.

Votre médecin peut également vous faire passer une radiographie des poumons ou un électrocardiogramme s’il soupçonne que vos symptômes sont déclenchés par un corps étranger ou un autre problème de santé.

Bien que cette maladie soit chronique et gérable, elle peut également être grave et potentiellement mortelle en cas de crise sévère.

La pollution intérieure associée, entre autres, aux symptômes de l’asthme

Les enfants sont exposés à la pollution de l’air, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Selon l’OMS, 98 % des enfants de moins de 5 ans vivant dans des pays à revenus faibles ou moyens, sont exposés à une pollution aux PM2,5 à des niveaux supérieurs à ceux fixés par les recommandations de l’OMS en termes de qualité de l’air.

Les enfants sont plus vulnérables car ils sont en pleine croissance, et donc plus fragiles face à l’inflammation et aux autres problèmes de santé provoqués par la pollution. Ils ont également une espérance de vie plus longue, ce qui donne plus de temps aux maladies pour se développer.

D’après une analyse d’études publiées au cours des dix dernières années, et avec la contribution de douzaines d’experts, l’OMS a établi une liste de certains des risques les plus graves que pose la pollution en termes de santé pour les enfants.

Cette liste comprend la mortalité infantile, l'obésité infantile, des troubles du développement et de la fonction pulmonaire, des cancers infantiles et des problèmes à la naissance.

En plus de symptômes temporaires provoqués par l’exposition à la pollution intérieure, tels qu’une aggravation de l'asthme, des maux de tête, des vertiges et une fatigue, l’exposition chronique peut provoquer des problèmes de santé graves, tels que :

Décès prématuré

Troubles de la reproduction

Diminution des fonctions cognitives

Cancer — Selon une recherche publiée cette année, plus votre exposition totale à la pollution est importante, plus votre risque de cancer est élevé

Bronchite, asthme, emphysème pulmonaire, vieillissement accéléré des tissus pulmonaires, rougeurs et enflement au niveau des tissus pulmonaires, respiration sifflante et essoufflement

Retard du développement chez les enfants

Hypertension artérielle, crise cardiaque et AVC

Mauvaise qualité de sommeil - Une récente recherche a démontré que deux polluants courants — le dioxyde d’azote (pollution atmosphérique liée à la circulation) et les PM2,5 (pollution aux particules fines) — perturbent le sommeil et en réduisent l’efficacité (une mesure du temps passé à dormir véritablement par rapport au temps passé allongé mais éveillé).

Les personnes les plus exposées aux PM2,5 et au dioxyde d’azote, avaient respectivement 50 % et 60 % plus de risques d'avoir une faible efficacité de sommeil sur une période de cinq ans, que celles qui y étaient le moins exposées.

L’importance pour la santé globale d’équilibrer ses apports en acides gras oméga-3 et oméga-6

Les oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés (AGPI) que votre organisme ne peut pas fabriquer, et que vous devez donc obtenir par votre alimentation.

Ils sont nécessaires à de nombreuses fonctions corporelles, notamment à la division cellulaire et au fonctionnement des récepteurs cellulaires, à l'activité musculaire, aux facultés cognitives et à la santé cardiaque.

Il est important de noter que les acides gras oméga-3 d'origine marine, l'acide docosahexaénoïque (DHA) et l’acide eicosapentaénoïque (EPA) (deux AGPI à longue chaine que l’on trouve dans les poissons gras et l’huile de krill), sont en réalité des composants cellulaires, et qu’ils sont donc essentiels au bon fonctionnement des cellules et des mitochondries. On ne les trouve pas dans les aliments d'origine végétale.

Le DHA est particulièrement important pour le cerveau, car il représente environ 90 % de la matière grasse qui le compose, tandis que l’EPA est particulièrement important pour la santé cardiaque.

Une recherche financée par l’Institut national américain de la santé (NIH) souligne une fois encore l’importance des apports en oméga-3 pour la santé cardiaque et le bien-être en général.

L’étude, publiée dans le Journal of Clinical Lipidology, a évalué l’intérêt des taux sanguins d’EPA et de DHA dans l’évaluation du risque de développer certaines maladies. Les données ont révélé qu'un taux élevé d'oméga-3 était associé à :

  • Un moindre risque absolu d'évènements cardiovasculaires
  • Un moindre risque absolu d'évènements coronariens
  • Un moindre risque absolu d’AVC

Protégez votre santé avec un air plus pur

Certaines des particules polluantes et toxiques les plus couramment présentes dans votre habitat proviennent des matériaux de construction, des produits de nettoyage et des meubles.

Les objets et meubles en bois, les matelas, les vernis à ongle, les colles et les adhésifs, contiennent par exemple parfois du formaldéhyde.

Des phtalates, associés à d’importants problèmes de santé, peuvent parfois émaner des sols en vinyle, des emballages alimentaires, des rideaux de douche et des revêtements muraux.

On trouve des retardateurs de flamme chimiques tels que des PCB, dans les coussins en mousse, les moquettes, les objets destinés aux enfants et les appareils électroniques.

Quelle que soit la région que vous habitez, vous gagnerez certainement à vous préoccuper de la qualité de l'air de votre habitat.

Vous réduirez non seulement vos risques de développer des problèmes de santé chronique, mais la recherche montre qu'améliorer la qualité de l’air est également bénéfique pour la santé mentale car cela permet de réduire le stress psychologique.

Les bâtiments modernes sont plus étanches, pour des raisons de rendement énergétique, et doivent donc être correctement aérés pour prévenir ou réduire l'accumulation de pollution interne.

Augmentez vos apports d'acides gras oméga-3 en toute sécurité

Les acides gras oméga-3 d'origine animale sont les meilleures sources de ces acides gras essentiels. Il existe trois moyens d’en augmenter vos apports alimentaires au quotidien. Chacun des trois présente des avantages et des inconvénients.

Le poisson — Les petits poissons gras d’eau froide tels que les anchois et les sardines sont d’excellentes sources d’oméga-3, qui présentent un faible risque de contamination dangereuse. Le saumon sauvage d’Alaska en est une autre bonne source, et est peu contaminé au mercure ou par d'autres toxines environnementales.

Une grande partie des approvisionnements en poisson étant lourdement contaminée par des toxines et polluants industriels, notamment des métaux lourds tels qu’arsenic, cadmium, plomb, mercure et substances radioactives, il est extrêmement important d’être sélectif, et de choisir des poissons riches en bonnes matières grasses et peu contaminés.

L'huile de poisson — Si l’huile de poisson peut sembler être un moyen pratique et relativement peu coûteux d'augmenter vos apports en oméga-3, elle n'apporte généralement pas suffisamment d'antioxydants. Elle a également tendance à s'oxyder facilement, ce qui entraine la formation de dangereux radicaux libres.

L’huile de krill — L’huile de krill est mon option favorite en ce qui concerne les suppléments d'oméga-3, car elle contient des DHA et EPA, oméga-3 d'origine animale indispensables à votre organisme, dans une forme moins sujette à l’oxydation.

Grâce aux phospholipides, les nutriments présents dans l’huile de krill sont acheminés directement vers les membranes cellulaires, où ils sont absorbés plus facilement. Ils sont également capables de traverser votre barrière hémato-encéphalique pour atteindre d'importantes structures cérébrales.

Bien que vous puissiez être tenté d'obtenir vos oméga-3 des sources suivantes, notamment parce qu’elles sont faciles à se procurer et peut-être également moins coûteuses que les sources indiquées ci-dessus, je conseille vivement d'éviter :

  • Le saumon d'élevage — Il contient environ moitié moins d’oméga-3 que le saumon sauvage, il est souvent nourri de maïs et de soja génétiquement modifiés, et risque de contenir des antibiotiques, des pesticides et d'autres toxines chimiques.
  • Les grands poisons carnivores — Le marlin, l’espadon et le thon (y compris le thon en boite), par exemple, présentent souvent des concentrations élevées de mercure, une neurotoxine reconnue.
+ Sources et Références