Un faible taux de cholestérol pourrait augmenter votre risque d’Alzheimer

cerveau humain

En bref -

  • Le cholestérol est un élément présent dans votre sang et vos cellules, et il est nécessaire à la production de membranes cellulaires. Le cholestérol joue également un rôle important dans la formation de vos souvenirs et est essentiel à la fonction neurologique
  • Des taux de cholestérol élevés sont associés à une meilleure santé du cerveau ; il été démontré que des faibles taux de cholestérol augmentent le risque de dépression et de suicide
  • Une étude de 2014 a démontré qu'un taux élevé de HDL et un faible taux de LDL sont associés à une diminution du risque de formation de plaques amyloïdes dans le cerveau, indépendamment de l’âge et de la présence du gène ApoE4, qui augmente votre risque d’Alzheimer
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Dr. Mercola

Malgré la diabolisation du cholestérol, dont on entend qu’il doit être aussi faible que possible pour prévenir les maladies cardiovasculaires, c’est un composant essentiel pour la santé, et un taux de cholestérol trop bas peut avoir de graves répercussions sur l’organisme.

Le cholestérol est une substance présente non seulement dans votre sang, mais également dans chaque cellule de votre corps, et il est nécessaire à la production des membranes cellulaires, de pratiquement chacune des hormones stéroïdiennes, de la vitamine D et des acides biliaires qui vous aident à digérer les graisses.

Le cholestérol : les bases

Comme le souligne Zoe Harcombe, chercheuse en nutrition spécialisée dans les graisses alimentaires, et titulaire d'un doctorat en nutrition appliquée à la santé publique, « Il est presque impossible d’expliquer à quel point le cholestérol est vital pour le corps humain. Sans cholestérol dans l'organisme, vous ne pourriez pas survivre. »

C’est votre foie qui fabrique la majeure partie (environ 80 %) du cholestérol dont votre corps a besoin ce qui, en soit, confirme que vous ne pourriez pas survivre sans cette substance.

Les 20 % restants proviennent de votre alimentation. Cependant, en fonction des individus, 20 à 60 % seulement du cholestérol alimentaire sont absorbés ; si vous en consommez moins, votre corps compense en en fabriquant davantage, et vice-versa.

Comment le cholestérol influe sur la fonction neurologique et le risque de maladies

Pour en revenir à la maladie d’Alzheimer, de nombreuses études ont démontré l’importance d'avoir un taux de cholestérol élevé pour prévenir cette maladie neurodégénérative dévastatrice.

En 2014, une étude qui a été publiée dans le JAMA Neurology, s’est penchée sur l’impact du taux de cholestérol sur le dépôt de bêta-amyloïdes dans le cerveau de 74 seniors âgés en moyenne de 78 ans.

Trois d’entre eux étaient atteints d'une démence légère, 33 étaient cliniquement normaux, et 38 présentaient des troubles cognitifs légers.

Au cours de cette étude, les chercheurs ont constaté qu'un taux élevé de HDL et un faible taux de LDL étaient associés à une diminution du risque de formation de plaques amyloïdes dans le cerveau, et ces constatations étaient indépendantes de l’âge et de la présence du gène ApoE4.

Proposition d'une nouvelle théorie

Sur le même sujet, des chercheurs de l’Institut du cerveau de l’Université Florida Atlantic (FAU), et de l’université Vanderbilt, ont proposé une nouvelle théorie pour expliquer le lien entre le cholestérol, les bêta-amyloïdes et la maladie d’Alzheimer.

L’étude, publiée dans la revue Neurobiology of Disease (La Neurobiologie des maladies) de juillet 2019, a suivi la localisation et la mobilité de la protéine précurseur de l'amyloïde afin de déterminer sa fonction dans les neurones.

Le régime cétogène riche en matières grasses protège la santé du cerveau

Voici ce qu’explique Stephanie Seneff dans son article paru en 200914 sur la maladie d’Alzheimer :

« L’ApoE4 est un facteur de risque connu de la maladie d’Alzheimer. L’ApoE4 jouant un rôle essentiel dans le transport du cholestérol et des lipides vers le cerveau, on peut supposer qu’un manque de lipides et de cholestérol dans le cerveau joue un rôle essentiel dans le processus de la maladie.

Au cours d'une étude remarquable, il a été constaté que les patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentent une concentration en acides gras libres dans le fluide cérébro-spinal six fois plus basse que les individus qui ne sont pas atteints de la maladie.

Parallèlement, il est de plus en plus clair que le cholestérol est omniprésent dans le cerveau, et qu’il joue un rôle essentiel tant dans le transport de l’information nerveuse au niveau des synapses, que dans la préservation des gaines de myéline qui protègent les fibres nerveuses...

Les gaines de myéline doivent être constamment entretenues et restaurées, tout au long de notre vie.

C’est une donnée que les chercheurs commencent seulement à appréhender, mais un mauvais état des gaines de myéline ainsi qu’une réduction considérable de la concentration d'acides gras et de cholestérol dans le fluide cérébro-spinal, sont deux caractéristiques de la maladie d’Alzheimer qui y sont associées...

Il a été démontré qu'une alimentation extrêmement riche en matières grasses (régime cétogène) améliore les capacités cognitives des patients atteints d’Alzheimer.

Ces observations, ainsi que d'autres, m’ont conduite à conclure qu'une alimentation pauvre en matières grasses et les traitements médicamenteux à base de statines augmentent tous les deux les prédispositions à la maladie d’Alzheimer. »

Le régime cétogène est bénéfique pour le cerveau à de nombreux égards :

Il déclenche la production de cétones — Un régime cétogène cyclique vous aide à passer du mode combustion de glucides au mode combustion de graisses, ce qui pousse votre organisme à produire des cétones qui est une importante source d’énergie (ou de carburant) pour votre cerveau.

Il a été démontré qu'elles contribuent aussi à prévenir l’atrophie du cerveau et à atténuer les symptômes de la maladie d’Alzheimer.

Elles sont même capables de restaurer et de relancer les fonctions neuronales et nerveuses endommagées dans le cerveau.

Il améliore la sensibilité à l’insuline — Un régime cétogène cyclique améliore également la sensibilité à l’insuline, qui est un facteur important dans la maladie d’Alzheimer. Le lien entre la sensibilité et la maladie d’Alzheimer est si étroit que la maladie est parfois surnommée le diabète de type 3.

Même une augmentation légère de la glycémie est associée à un risque accru de démence. Le diabète et les maladies cardiovasculaires sont également connus pour augmenter ce risque, et les deux ont pour origine une résistance à l’insuline.

Le lien entre une alimentation riche en sucre et la maladie d’Alzheimer a également été mis en évidence au cours d'une étude longitudinale publiée dans la revue Diabetologia en janvier 2018.

Près de 5.190 individus ont été suivis pendant une dizaine d'années, et les résultats ont montré que plus la glycémie d'un individu est élevée, plus son déclin cognitif est rapide.

Il réduit les dommages provoqués par les radicaux libres et réduit l’inflammation dans le cerveau — Les cétones brûlent non seulement très bien et sont un meilleur carburant pour le cerveau, mais elles génèrent également moins d’espèces réactives de l’oxygène et de radicaux libres.

Le DHA lié aux phospholipides est particulièrement important pour les personnes génétiquement prédisposées à la maladie d’Alzheimer

L'acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras oméga-3 d'origine marine que l’on trouve dans les poissons gras, l'huile de poisson et l’huile de krill, est un type de matière grasse particulièrement important pour la santé du cerveau et la prévention de la neurodégénérescence.

Une recherche conduite par Rhonda Patrick, Ph.D., chercheuse en biomédecine spécialisée dans le vieillissement, a mis en évidence les bienfaits du DHA liés aux phospholipides (que l’on trouve par exemple dans l’huile de krill).

Cette étude a aussi montré que cette forme particulière pourrait réduire le risque d’Alzheimer chez les personnes porteuses du gène ApoE4, ce qui représenterait environ un quart de la population.

Le DHA sous forme de phospholipides pourrait être idéal pour les personnes à haut risque

Lorsque le DHA sous forme de triglycérides est métabolisé, la majeure partie se transforme en DHA non-estérifié, tandis que le DHA sous forme de phospholipides est métabolisé principalement en DHA-lysophosphatidylcholine (DHA-lysoPC).

Si ces deux formes sont capables de traverser la barrière hémato-encéphalique pour atteindre le cerveau, la forme phospholipides est à cet égard bien plus efficace.

Selon Rhonda Patrick, les personnes porteuses du gène ApoE4 ont un système de transport du DHA non estérifié défaillant, ce qui pourrait expliquer pourquoi elles ont un risque accru de maladie d’Alzheimer.

La bonne nouvelle, c’est que le DHA-lysoPC est capable de contourner les jonctions serrées, et donc de circuler plus facilement, et pour les personnes porteuses d'une ou deux variantes du gène ApoE4, prendre du DHA sous forme de phospholipides pourrait donc réduire plus efficacement leur risque d’Alzheimer.

Les bases de la prévention d’Alzheimer

Le protocole ReCode, du Dr. Dale Bredesen, est l'un des systèmes d'évaluation du risque d’Alzheimer les plus complets qui soient ; il permet d’évaluer 150 facteurs connus pour contribuer à la maladie.

Ce protocole identifie également le sous-type ou la combinaison de sous-types de votre maladie et permet donc d’établir un protocole de traitement efficace.

Voici certaines stratégies, en matière d'hygiène de vie, décrites par le Dr. Bredesen et dont je pense qu’elles sont parmi les plus importantes :

Mangez de vrais aliments, idéalement bio — Évitez les aliments transformés quels qu’ils soient, car ils renferment de nombreux ingrédients nocifs pour le cerveau, notamment du sucre raffiné, du fructose transformé, des céréales (en particulier du gluten), des huiles végétales, des ingrédients génétiquement modifiés et des pesticides tels que du glyphosate.

L'idéal est de limiter au maximum votre consommation de sucre ajouté et de ne pas dépasser 25 grammes de fructose par jour, voire 15 grammes si vous êtes résistant à l’insuline ou à la leptine, ou souffrez de troubles associés.

Remplacez les glucides raffinés par de bonnes matières grasses — L’alimentation est primordiale, et tout l’intérêt de suivre mon programme nutritionnel optimisé, c’est qu’il contribue à prévenir et à traiter pratiquement toutes les maladies dégénératives chroniques, notamment la maladie d’Alzheimer.

Il est important de comprendre que votre cerveau ne tire que 15 % de son énergie des glucides, qui peuvent facilement être produits par votre foie ; les cétones sont bien plus importantes pour un fonctionnement optimal du cerveau.

Maintenez un taux d'insuline à jeun inférieur à 3 — Réduire votre taux d'insuline contribuera également à réduire votre taux de leptine, qui est un autre facteur de risque de la maladie d’Alzheimer. Si votre taux d’insuline est élevé, cela signifie que vous consommez sans doute trop de sucre et que vous devez en réduire votre consommation.

Optimisez votre taux d'acides gras oméga-3 — Veillez également à consommer suffisamment d'acides gras oméga-3 d'origine animale. Idéalement, faites mesurer votre taux d’oméga-3 tous les ans pour vérifier qu’il est dans une fourchette optimale. Votre taux d’oméga-3 doit être supérieur à 8 % et votre ratio oméga-3/oméga-6 doit être compris entre 0,5 et 3.

Optimisez votre flore intestinale — Pour cela, évitez les aliments transformés, les antibiotiques et les produits antibactériens, l’eau fluorée et chlorée, et veillez à consommer des aliments fermentés de façon traditionnelle, et à prendre éventuellement un supplément de probiotiques de bonne qualité.

Pratiquez le jeûne par intermittence — Réduisez l'intervalle de temps pendant lequel vous prenez vos repas à six à huit heures par jour. Le jeûne intermittent est un outil puissant pour aider votre corps à se rappeler comment brûler des graisses, et à résoudre le problème de la résistance à l’insuline et à la leptine, qui est un important facteur contributif de la maladie d’Alzheimer.

Bougez régulièrement tout au long de la journée — L'activité physique favorise la croissance de l’hippocampe et améliore la mémoire, et il a été suggéré que l’activité physique pourrait modifier la façon dont la protéine précurseur d'amyloïde est métabolisée, ce qui ralentirait l’apparition et la progression de la maladie d’Alzheimer.

Optimisez votre taux de magnésium — Des recherches préliminaires suggèrent fortement qu’une augmentation du taux de magnésium dans le cerveau entraîne une diminution des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Gardez à l’esprit que le seul supplément de magnésium capable de traverser la barrière hémato-encéphalique est le thréonate de magnésium.

Optimisez votre taux de vitamine D, idéalement en vous exposant raisonnablement au soleil — Il est essentiel de disposer d'un taux suffisant de vitamine D pour assurer le bon fonctionnement du système immunitaire et combattre l'inflammation associée à la maladie d’Alzheimer.

Si vous n'avez pas la possibilité de vous exposer suffisamment au soleil, prenez un supplément quotidien de vitamine D3 pour atteindre et conserver un taux sanguin de 60 à 80 nanogrammes par millilitre. Ceci étant dit, il faut savoir qu’il n’y a pas que pour produire de la vitamine D qu’il est important de s’exposer au soleil.

Supplémentation de curcumine — Une recherche publiée l'année dernière suggère qu’une supplémentation en curcumine pourrait réduire votre risque d’Alzheimer en améliorant le fonctionnement de la mémoire ainsi que la concentration.

L’étude en double-aveugle, contrôlée par placébo et publiée dans l’American Journal of Geriatric Psychiatry, a porté sur 40 adultes âgés de 50 à 90 ans, qui rapportaient de légères pertes de mémoire.

Évitez et éliminez le mercure de votre corps — Les amalgames dentaires sont l’une des plus importantes sources de toxicité aux métaux lourds. Toutefois, vous devez être en parfaite santé avant de les faire retirer.

Une fois votre alimentation adaptée à celle décrite dans mon programme nutritionnel optimisé, vous pourrez suivre le protocole de détoxification du mercure puis trouver un dentiste qui pratique la dentisterie biologique afin de faire retirer vos amalgames.

Évitez et éliminez l'aluminium de votre corps — Les antitranspirants, les ustensiles de cuisine antiadhésifs et les adjuvants de vaccins sont des sources courantes d'aluminium. Vous trouverez des conseils pour vous détoxifier de l’aluminium dans mon article « Top Tips to Detox Your Body. » (« Meilleurs trucs pour détoxifier votre organisme »)

Évitez de vous faire vacciner contre la grippe — La plupart des vaccins contre la grippe contiennent du mercure et de l’aluminium.

Évitez les statines et les médicaments anticholinergiques — Il a été démontré que les médicaments qui bloquent l'acétylcholine, un neurotransmetteur du système nerveux, augmentent le risque de démence.

Il s'agit notamment de certains antalgiques à prendre le soir, des antihistaminiques, des somnifères, de certains antidépresseurs, des médicaments pour contrôler l’incontinence et de certains antalgiques narcotiques.

Limitez votre exposition aux radiofréquences sans fil provenant des téléphones portables, des Wi-Fi et des routeurs — Les radiations émises par les téléphones portables et autres technologies sans fil provoquent une production excessive de péroxynitrites, une espèce réactive de l’azote très nocive.

L'augmentation de la production de péroxynitrites due à l’exposition aux téléphones portables endommage les mitochondries, les cellules souches, l’ADN, les membranes cellulaires et les protéines.

Optimisez votre sommeil — Le sommeil est nécessaire au maintien de l’homéostasie métabolique dans le cerveau. Lorsque vous manquez de sommeil, vos neurones commencent à dégénérer, et rattraper vos heures de sommeil pendant le week-end n’empêchera pas ces dommages.

Il s’agit là très clairement de l’un des domaines les plus importants et pourtant les plus sous-estimés, que de nombreuses personnes négligent dans leur hygiène de vie.

Stimulez votre esprit quotidiennement — La stimulation mentale, en particulier apprendre quelque chose de nouveau, comme à jouer d'un instrument ou apprendre une nouvelle langue, est associée à une diminution du risque de démence et de maladie d’Alzheimer.

Les chercheurs pensent que les défis intellectuels aident à renforcer le cerveau, et à le rendre moins vulnérable aux lésions associées à la maladie d’Alzheimer.

+ Sources et Références