Une nation de statine — l’atteinte à la santé de millions dans le monde des soins de santé postérieurs

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statines

En bref -

  • « A Statin Nation: Damaging Millions in a Brave New Post-Health World, » écrit par Dr. Malcolm Kendrick, aborde les enjeux de l’approche conventionnelle de l’usage de la statine pour prévenir des maladies du cœur
  • La différence entre le risque relatif et absolu est un concept important, mais peu compris qui clarifie les véritables effets bénéfiques d’un médicament ou d’une thérapie. Il cite aussi des exemples. Ce rapport des risques doit aussi être comparé au taux de mortalité global, pour obtenir une vision plus claire des effets bénéfiques d’un médicament
  • Le Repatha est un nouveau médicament hypolipémiant censé réduire le taux de mortalité dû aux maladies du cœur et l’infarctus du myocarde de 20%. Le problème c’est que le taux de mortalité dans le groupe de Repatha était supérieur à celui du groupe du placebo
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Dr. Mercola

Dr. Malcolm Kendrick, un médecin généraliste à Cheshire, Angleterre, est l’auteur de « A Statin Nation », où il aborde les enjeux de l’approche conventionnelle de l’usage de la statine pour prévenir des maladies du cœur.

Par exemple, un grand nombre de nouveaux agents permettant d'abaisser les taux de cholestérol sont apparus sur le marché, qui abaissent le taux de la lipoprotéine de basse densité (LBD) encore plus qu’avant.

« A Statin Nation » contient aussi des nouvelles informations sur les nouvelles manières de prévenir les maladies du cœur. Malheureusement il y a encore beaucoup de propagande issue de l’industrie concernant les maladies du cœur et la statine.

Les médicaments les plus bénéfiques de l’histoire de la médecine

Dans « A Statin Nation » Kendrick révèle que les statines sont les médicaments les plus rentables jamais vus, elles génèrent plus d’un trillion de dollars. Ce sont 1.000 billions de dollars — une statistique vraiment ahurissante.

Risque relatif et risque absolu

Ici il pourrait s’avérer utile de jeter un coup d'œil sur un concept central, que Kendrick a recherché dans un livre antérieur : la différence entre le risque relatif et le risque absolu. C’est un concept important, mais peu compris qui clarifie les véritables effets bénéfiques d’un médicament ou d’une thérapie.

Voici un exemple simplifié : Imaginons que vous mettez 100 personnes sous médication et 100 personnes sous placebo. A la fin de l’étude vous constatez qu’une personne est décédée dans le groupe de médication et que deux personnes sont décédées dans le groupe placebo.

Le risque relatif est la différence du nombre de décès entre les deux groupes traités.

Dans ce cas, c’est la différence entre un décès et deux décès. Dans le groupe, qui a reçu le traitement, le taux de mortalité était la moitié de celui dans le groupe placebo, donc le risque relatif est de 50%.

Le risque absolu est calculé sur la base du nombre des personnes restées en vie. Dans le groupe, qui a reçu le traitement 98 sont restées en vie et dans le groupe placebo 99 personnes sont restées en vie.

La différence entre ces de groupes est maintenant de 1%. Donc nous avons un risque relatif de 50% et un minuscule risque absolu de 1%.

Le taux de risque relatif n’est pas pertinent sans la considération du taux de mortalité globale

Kendrick explique :

« Si vous conduisez une expérience avec 1.000 personnes au lieu de 100 personnes, et qu’à la fin de l’étude vous obtenez le même résultat... une personne décédée dans le groupé traité et deux personnes décédées dans le groupe placebo — il reste toujours une différence relative d’un et deux... [qui] est 50%.

Mais la différence absolue est entre 9999 et 998. Ce qui est 0,1%. Si vous utilisez ses chiffres, les risques relatifs paraissent incroyablement impressionnants — elles promettent une réduction de 50% de on ne sait quoi — mais la réduction absolue peut être de 0,0000001 ou 0,0000002.

L’industrie s’est aperçu que les personnes voient dans ces chiffres une différence [relative] de 36% dans les attaques cardiaques. Bien souvent ces études ne parlent même pas du taux de mortalité globale... c’est pourtant une question importante, parce que vous ne prenez pas un médicament pour mourir d’un mal à la place d’un autre.

Je prends l’exemple de personnes, qu’on pousse d’une falaise. 100% d’entre eux vont tenter d’éviter de mourir d’une maladie du cœur. Alors vous me dites : ‘Je pourrais réduire le risque de mourir d’une maladie du cœur en poussant les gens d’une falaise.’

Peut-être que ce n’est pas l’intervention la plus idéale, mais le taux de mortalité globale est la clé la plus importante... parce que les personnes meurent plutôt à cause d’un cancer du foie ou d’une défaillance rénale ou d’une dégradation musculaire [quand elles prennent des statines].

Nous pouvons observer cela, quand des personnes discutent de nouveaux médicaments. Repatha est un nouveau médicament hypolipémiant. Il fut présenté comme absolument fantastique pour réduire le taux de mortalité dû aux maladies du cœur et l’infarctus myocardique par 20% [taux de risque relatif en combinaison avec une statine].

Mais quand vous regardez les chiffres absolus des décès, il y a plus de personnes décédées du Repatha que du placebo. Plus de personnes sont décédées et plus de personnes sont décédées de maladies du cœur. Ceci fut présenté comme un succès fantastique.

Nous avons un médicament qui coûte extrêmement cher, et plus de personnes vont en mourir, si elles le prennent, que si elles ne le prennent pas. Cependant l’industrie pharmaceutique s’y prend très bien pour le présenter comme un succès formidable et exceptionnel. C’est extraordinaire. »

Kendrick a aussi mis en évidence que tant qu’une étude observationnelle n’ait pas donné un taux de risque (taux de risque relatif) d’au moins 200%, elle est en gros inutile.

Ce chiffre de 200% représente le seuil de pertinence par Richard Doll et Bradford Hill, deux chercheurs, qui ont étudié les effets du tabagisme.

La nouvelle génération des médicaments pour réduire le taux de cholestérol sont aussi dangereux que les satines

Tandis que certains des dangers de la statine deviennent de plus en plus connus, les dangers des médicaments pour réduire le taux de cholestérol en général sont toujours passés sous silence lors de la mise sur le marché de nouveaux médicaments.

Une nouvelle gamme de médicaments pour réduire le taux de cholestérol est la catégorie des proprotéines convertase subtilisine/kexine type 9 (PCSK9).

De la même façon qu’il y a de nombreux médicaments différents dans la catégorie des statines, il y en a beaucoup dans la catégorie des PSCK9. Le Repatha est l’un d’eux.

Ces médicaments coûtent encore plus chers que les statines. Le Repatha, par exemple, coûte environ $14.000 par an, plus de $1.000 par mois, jusqu’à octobre 2018, quand le fabricant du Repatha, Amgen, a annoncé qu’ils baisseront le prix à $5.850 par an suite à la baisse du prix de leur concurrents.

La limite inférieure du taux de cholestérol supprimée

Au fil des années les limites du cholestérol sont devenues de plus en plus basses, sans aucune preuve, que le fait de baisser le taux de cholestérol ou de LBD améliore la santé et réduit la mortalité. Il n’y a même pas de taux de cholestérol normal ou moyen.

Et le plus tragique est que le cholestérol bas peut avoir des conséquences sur votre santé à long terme.

Le cholestérol se trouve dans chacune des cellules de votre corps, il aide à la construction des membranes cellulaires (par exemple les hormones sexuelles, comme la testostérone, la progestérone et l’œstrogène) et des acides biliaires, qui vous permettent de digérer les graisses.

Il joue aussi un rôle dans la production de la vitamine D, nécessaire pour une santé optimale. Quand la lumière du soleil effleure votre peau nue, le cholestérol dans votre peau se transforme en vitamine D. Il agit aussi comme un isolant pour vos cellules nerveuses et contribue à la santé cérébrale et cognitive.

Un taux réduit de cholestérol de lipoprotéine de haute densité (LHD) est associé à la perte de mémoire et à Alzheimer. Il augmente aussi le risque de dépression, infarctus, d’un comportement violent et de suicide.

Pourquoi Kendrick ne s’inquiète pas du ‘haut’ taux de cholestérol

Kendrick ne s’inquiète pas du haut taux de cholestérol. Son propre niveau étant à 300, il dit qu’il l’aimerait même un peu plus élevé. Il explique, pourquoi :

« Nous avons découvert, qu’une fois arrivé à l’âge de 55 à 60 ans, ceux avec un taux de cholestérol plus élevé vivent plus longtemps que les personnes avec un taux de cholestérol plus bas. Ce n’est pas énorme. La différence n’est pas gigantesque, mais elle existe.

... Et c’est vrai, même chez des personnes, qui souffrent d’hypercholestérolémie héréditaire. Il y a un petit sous-groupe de personnes souffrant d’hypercholestérolémie héréditaire, qui meurent jeunes.

Nous avons écrit un article sur ce sujet pour démontrer que ceci n’a aucun rapport avec le cholestérol ou le taux de LBD. C’est lié à des facteurs de coagulation sanguine...

Vous pouvez avoir des frères et sœurs, dont l’un souffre d’hypercholestérolémie et l’autre pas... Les deux ont le même facteur de coagulation sanguine, et... ils ont le même risque de mourir d’une maladie du cœur, parce que le récepteur de LBD lui-même, qui élimine le LBD du système, élimine aussi le facteur VIII du système... »

Les personnes avec un taux de cholestérol plus élevé vivent plus longtemps

Kendrick cite un nombre d’études, qui réfutent les allégations, selon lesquelles un haut taux de cholestérol augmente le risque de maladies du cœur et de décès. Par exemple :

Une étude norvégienne publiée en 2012 s’est plongée dans les taux de cholestérol et le ratio de décès dus aux cardiopathies ischémiques sur 50.000 personnes sur une période de 10 ans. Ils ont découvert que plus le taux de cholestérol chez les femmes augmente, plus leur risque de décès baisse.

Kendrick dit que « Les femmes, qui avaient des taux de LBD de 300 à 400 avaient 40% moins de chance de mourir d’une cardiopathie ischémique que les femmes qui avaient des taux de LBD de 200 ou moins. » Les auteurs de l’étude ont tiré les conclusions suivantes :

« Notre étude fournit une indication épidémiologique actualisée sur des possibles erreurs dans les algorithmes de MCV de nombreux protocoles cliniques.

Si nos découvertes étaient généralisables, les recommandations pour la santé cliniques et publiques concernant les ‘dangers’ du cholestérol devraient être révisées. Ceci est particulièrement vrai pour les femmes, chez lesquelles un taux de cholestérol modérément élevé (selon les normes actuelles) se révèle non seulement anodin, mais même bénéfique. »

Une étude autrichienne sur des centaines de milliers de personne entre 15 et 95 ans a trouvé le même résultat. Plus votre taux de cholestérol est bas, plus vous risquez de mourir plus jeune. « Bon, la différence n’était pas énorme, mais elle existe.

La seule population, où ils n’ont pas obtenu le même résultat, étaient chez des hommes jeunes » dit Kendrick.

Un groupe de chercheurs japonais a étudié 12.000 femmes avec un taux de cholestérol supérieur à 300. Kendrick dit : « Sur une période de 12 ans, aucun d’entre eux n’est mort d’un maladie du cœur ischémique. »

Zoe Harcombe, Ph.D. et chercheuse anglaise, a étudié les données de l’Organisation mondiale de la santé de tous les pays du monde, qui mesurent et surveillent le taux de cholestérol et les ratios de décès cardiovasculaires.

Elle a découvert que, plus le taux de cholestérol augmente, plus le taux de décès dus aux maladies du cœur est réduit.

Même l'étude de Framingham a trouvé que « sur une période de recherche de 32 années, la chose la plus dangereuse, qui pourrait vous arriver, est que votre taux de cholestérol baisse » dit Kendrick.

Les statines associées à des graves effets secondaires

Les statines sont associées à un grand nombre de graves effets secondaires, comme des douleurs musculaires et des détériorations musculaires.

Elles n’empêchent pas seulement la production de cholestérol, mais aussi du coenzyme Q10 (CoQ10), que vos mitochondries on besoin pour générer de l’énergie cellulaire sous la forme d’adénosine triphosphate (ATP). Si vous ne produisez pas assez d’ATP, vous mourrez.

Selon Kendrick, les compagnies pharmaceutiques savaient depuis le début que les satines réduisent les CoQ10 par 40 à 50%, mais elles n’ont pas mis en place des mesures pour que les satines soient prescrits en combinaison avec des CoQ10, parce que les gens pourraient soupçonner que les satines ne soient pas si bénéfiques après tout.

Les effets bénéfiques de la statine peuvent être répliqués sans aucun risque

Concernant les effets bénéfiques démontrés par certaines études, Kendrick est convaincu que ces effets bénéfiques ne sont pas dus à la capacité du médicament à réduire le taux de cholestérol, mais plutôt à sa capacité de stimuler la synthèse d'oxyde nitrique dans vos cellules endothéliales, ce qui a un effet anticoagulant et provoque une vasodilatation.

L’oxyde nitrique stimule aussi la production de nouvelles cellules endothéliales dans votre moelle osseuse.

Finalement il peut y avoir d’autres bénéfices pléiotropiques en prenant des statines, qui ne sont pas liées à l’abaissement du taux de cholestérol.

Mais ceci reste une façon onéreuse et dangereuse d’obtenir cet effet bénéfique, puisque pour stimuler l’oxyde nitrique il y a des moyens plus faciles, économiques et sûrs, en faisant de l’exercice et en prenant des mesures diététiques.

Qu’en est-il du cholestérol trouvé dans les plaques ?

Il reste encore difficile pour les gens de se défaire de cette idée simpliste, selon laquelle le cholestérol forme des plaques dans les artères, parce qu’il est vrai que cette plaque contient du cholestérol. Mais Kendrick insiste en disant que ce genre de cholestérol n’a rien à voir avec votre taux de LBD.