L'Ashitaba - une plante méconnue aux pouvoirs puissants

Ashitaba

En bref -

  • Originaire du Japon, l’ashitaba (Angelica keiskei koidzumi) est une plante feuillue au goût amer, du genre Angelica, proche parente de la carotte. Elle est également connue sous le nom de « feuille du lendemain », en raison de sa croissance rapide et de ses capacités régénératrices
  • En Chine et au Japon, l’ashitaba est utilisé à des fins médicinales depuis des centaines d'années, pour ses bienfaits sur la santé globale et comme remède anti-vieillissement
  • Une récente recherche a montré que l’ashitaba est un puissant activateur de l’autophagie, capable de prolonger de 20 % la durée de vie des nématodes et des mouches des fruits
  • C’est au 4,4'-dimethoxychalcone (DMC), un flavonoïde, que l’ashitaba doit ses effets anti-âge. Sur 180 flavonoïdes végétaux analysés au cours d'une étude, suivant trois méthodes différentes, le DMC offrait la protection cellulaire la plus puissante
  • Il a également été démontré que le DMC protège des dommages au foie provoqués par la consommation excessive d'alcool chez l’animal, et inhibe la prolifération de certaines cellules cancéreuses humaines
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Dr. Mercola

Originaire du Japon, l’ashitaba (Angelica keiskei koidzumi) est une plante feuillue au goût amer, du genre Angelica, proche parente de la carotte. Elle est également connue sous le nom de « feuille du lendemain », en raison de sa croissance rapide et de ses capacités régénératrices. Elle pousse vite et développe rapidement de nouvelles feuilles lorsqu'on les cueille.

C’est une plante bien connue en Chine et au Japon, car elle fait partie de l’alimentation depuis la nuit des temps dans ces pays. Elle y est également utilisée à des fins médicinales depuis des centaines d'années, pour ses bienfaits sur la santé globale et comme remède anti-vieillissement.

C’est dans le Bencao gangmu, un recueil de médecine chinoise rédigé par Li Shizhen, célèbre médecin acuponcteur et pharmacologue, entre 1552 et 1578, que l’on trouve la première référence à l’ashitaba. Selon une étude réalisée en 2013, l'ashitaba « pourrait être un agent utile pour prévenir les troubles d'apprentissage et de mémoire provoqués par la maladie d’Alzheimer et le vieillissement. »

L'ashitaba : un puissant activateur de l’autophagie

Une récente revue, publiée en février 2019 dans la revue scientifique Nature Communications, détaille les mécanismes des effets anti-âge de l'ashitaba. La plante s'avère être un puissant activateur de l’autophagie. Le terme autophagie signifie « se manger soi-même », et désigne le processus par lequel votre corps se débarrasse des déchets et des toxines, et recycle les composants des cellules endommagées. Voici ce qui est expliqué en introduction de cette revue :

« Elle favorise le recyclage des composants et la biosynthèse, et contribue donc au renouvellement cytoplasmique et à la régénération des cellules qui en découle.

Inversement, l'altération ou le dérèglement de l’autophagie entraine le développement de pathologies liées à l’âge. Globalement, l’autophagie est largement associée à la cytoprotection et à la santé globale. »

Comme le soulignent les auteurs, lutter contre le processus de vieillissement est l'une des approches les plus efficaces pour combattre les maladies chroniques, puisque le vieillissement cellulaire en est une caractéristique essentielle. En retardant la dégénérescence cellulaire associée au vieillissement, vous restez plus longtemps en bonne santé.

L’autophagie est une partie importante de ce processus, et si elle n’est pas efficace, votre organisme ne peut pas se régénérer correctement. Comme le soulignent les auteurs, « l'altération ou le dérèglement de l’autophagie entraine le développement de pathologies liées à l’âge. »

Les flavonoïdes en général sont connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires, anticarcinogènes, anti-neurodégénératives et cytoprotectrices. Pour ce qui est de l’ashitaba, l'un de ses principaux flavonoïdes est le 4,4′-dimethoxychalcone (DMC), lequel, selon cet article, est un « activateur naturel de l'autophagie aux propriétés anti-vieillissement phylogénétiquement conservées. » L'article souligne également :

« … L'administration de DMC favorise la cytoprotection et l’autophagie chez toutes les espèces et... l’induction de l’autophagie est nécessaire à l’action bénéfique de ce composé.

L'activation de l'autophagie par le DMC dépend de facteurs de transcription spécifiques GATA, et non de la kinase TORC1, un régulateur important de l'autophagie. Ceci suggère un potentiel synergique avec d'autres interventions anti-vieillissement qui reposent, elles, sur la voie de signalisation TORC1. »

Le DMC favorise la longévité chez toutes les espèces

L'objet de la revue était d'identifier des composés naturels aux propriétés anti-vieillissement. À cette fin, « la capacité de contrer la mort cellulaire liée à l’âge de 180 flavonoïdes végétaux a été évaluée ». Trois méthodes d'analyse différentes ont été employées, et « le DMC s’est démarqué comme un composant cytoprotecteur de tout premier ordre », ont déclaré les auteurs. Il devance même le resvératrol. Les résultats indiquent qu'un traitement à base de DMC :

  • Réduit l’augmentation liée à l’âge des cellules apoptotiques et nécrotiques
  • Réduit la population des cellules qui accumulent les espèces réactives de l’oxygène
  • Favorise la clonogénicité lors du vieillissement (la clonogénicité est la capacité d'une cellule à former une colonie de cellules lors d'un test de survie des cellules)

Pour évaluer l'action anti-vieillissement du DMC, les chercheurs l’ont testé sur des nématodes et sur des mouches à fruit. Un traitement chronique a prolongé la durée de vie moyenne de ces deux types d'organismes multicellulaires d’environ 20 %, et cet effet était indépendant de leur alimentation (aussi bien en termes de composition que de quantité).

Le DMC protège également des dommages au foie provoqués par la consommation excessive d'alcool chez l’animal, et inhibe la prolifération de certaines cellules cancéreuses humaines, en particulier de l’ostéosarcome, du carcinome cervical et des neuroblastes.

Fait important, il a été démontré que le DMC active « le flux autophagique chez tous les systèmes modèles testés, des levures aux mammifères. » En d’autres termes, il est capable d'activer l’autophagie chez toutes les espèces, et sa capacité à activer l’autophagie est l'une des composantes essentielles de son effet anti-vieillissement. Dans la section discussion de l’article, les auteurs résument l'importance de leurs découvertes :

« Si les effets bénéfiques de certaines stratégies comportementales et diététiques (en particulier la restriction calorique) sont incontestables, la plupart des individus ont des difficultés à les appliquer de façon stricte et durable.

Ceci a encouragé la recherche d'alternatives pharmacologiques potentielles. Le présent travail a identifié le flavonoïde 4,4′-dimethoxychalcone (DMC) comme un composant anti-vieillissement aux effets cardioprotecteurs chez la souris, pouvant potentiellement prolonger la durée de vie chez toutes les espèces...

À notre connaissance, il n’existe aucune source naturelle connue de DMC. Curieusement, nous avons détecté du DMC dans le stipe et les feuilles (mais pas dans les racines) de l’Angelica keiskei koidzumi, une plante riche en chalcones (plus communément connue sous le nom japonais d’Ashitaba), à laquelle les médecines traditionnelles asiatiques attribuent des effets bénéfiques sur l’espérance de vie et sur la santé globale. Ceci nourrit l’espoir que le DMC pourrait être utilisé chez l’homme à des fins thérapeutiques. »

Frank Madeo, chercheur principal et professeur à l’Université de l’Institut de la bioscience moléculaire de Graz, en Autriche, a indiqué au magazine Times of Malta, « C’est toujours agréable de trouver une explication scientifique à une croyance médicale populaire. »

Indications thérapeutiques de l’Ashitaba

L’ashitaba est traditionnellement utilisé pour soigner différents troubles, notamment (mais non limitativement) la fièvre, l’arthrite, les indigestions et l’hépatite. La science moderne appuie aujourd'hui un bon nombre de ses utilisations traditionnelles, plus quelques autres. Les études sur l’ashitaba et ses composants ont montré qu’elle peut par exemple être efficace pour prévenir et/ou traiter :

L'hypertension artérielle

La dépression

Les crises cardiaques et les AVC

La grippe

L'obésité

Le diabète de type 2 et le syndrome métabolique

Les infections bactériennes

La stéatose hépatique

Le cancer

Les dommages hépatiques liés à la consommation d'alcool et à l'acétaminophène

Les pertes de mémoire et la démence, notamment la maladie d'Alzheimer

Les dommages à l'ADN provoqués par le tabagisme

Les études ont également confirmé que l'ashitaba n’est pas toxique et est généralement bien toléré, y compris par les personnes atteintes d'un syndrome métabolique.

Comment cultiver et utiliser l’Ashitaba

Comme je l’ai indiqué, l'ashitaba est une plante facile à cultiver, à la croissance rapide. S'il peut être difficile d’en trouver dans les jardineries aux États-Unis, si vous avez la chance d’en trouver une, c’est une plante vivace que vous pourrez cultiver dans les zones de rusticité 7 à 10, ainsi que dans les régions côtières, près de l’océan. Voici quelques recommandations générales pour la culture, la récolte et l’utilisation de l'ashitaba :

  • Plantez-la dans un sol fertile et profond, en plein soleil ou à mi-ombre. Maintenez la terre constamment humide, mais évitez les arrosages excessifs. Si le type de sol lui est favorable, la plante peut atteindre 1,20 mètre de haut.
  • Apportez-lui un engrais organique de type 10-10-10 au début du printemps.
  • L'ashitaba fleurit généralement la deuxième année. Elle produit des graines avant de faner et de mourir, que vous pouvez recueillir et semer. Vous pouvez également les laisser tomber dans la terre afin que la plante se multiplie. Il est possible de déterrer les pousses et de les replanter pour obtenir de nouvelles plantes. Si vous les enlevez, vous empêcherez la floraison et la production de graines.
  • Cueillez les feuilles en les pinçant ou en les coupant une par une, elles repousseront rapidement. Étalez-les à l’extérieur et laissez-les sécher complètement avant de les ranger pour les conserver. Évitez le soleil direct lorsqu’elles sèchent. Pour utiliser les racines de la plante, ameublissez délicatement la terre et arrachez la plante entière.

Les feuilles fraiches peuvent être consommées crues comme n’importe quel légume vert feuillu, vous pouvez donc essayer d’en incorporer dans des salades, des soupes ou des smoothies. Commencez par de petites quantités, car l’ashitaba a tendance à être assez amer. Pour préparer un thé, écrasez délicatement une petite poignée de feuilles dans une casserole d’eau, et faites bouillir pendant 15 minutes. Pour confectionner des gélules, commencez par réduire les feuilles et tiges sèches en poudre.