Comment l’analyse de la démarche peut aider à identifier un type de démence

La démarche et la démence

En bref -

  • Des chercheurs ont découvert que l’analyse de la démarche d'un patient peut permettre d’identifier rapidement le type de démence dont il souffre
  • Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer et ceux qui souffrent de la démence à corps de Lewy (deux maladies difficiles à différencier l’une de l’autre aux premiers stades) ont des façons de marcher distinctes, dues aux différences subtiles mais caractéristiques entre les deux troubles, au niveau neurologique
  • La longueur de pas des personnes qui souffrent de démence à corps de Lewy varie davantage que celle des personnes atteintes d’Alzheimer, et la durée de leurs pas est également plus irrégulière. Du fait du caractère irrégulier de leur démarche, les patients atteints de démence à corps de Lewy présentent un risque accru de chute
  • En dehors de la modification de la démarche, la maladie d’Alzheimer s'accompagne d'autres signes d'alerte, à ses premiers stades : pertes de mémoire qui perturbent la vie quotidienne, difficultés à clarifier et à résoudre les problèmes, difficultés à suivre les conversations et/ou problèmes de vocabulaire
  • Elle peut également s'accompagner de difficultés à effectuer des tâches familières, de confusion à propos des heures ou des lieux, de troubles de la vision et de difficultés à estimer la position des objets dans l’espace, de troubles du jugement, d'évitement des relations sociales, et de changements d'humeur ou de personnalité
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Dr. Mercola

Comme l’autisme chez les enfants, la maladie d’Alzheimer a atteint des proportions épidémiques chez les seniors, et on estime qu’elle touche aujourd'hui 5,8 millions d'américains. La maladie d’Alzheimer, qui est la forme la plus courante de démence, se traduit à terme par l'incapacité à exécuter les fonctions corporelles les plus élémentaires, y compris la marche.

Or, des chercheurs affirment aujourd'hui que l’analyse de la démarche d'un patient peut permettre d’identifier rapidement le type de démence dont il souffre. Cette méthode peut s'avérer très utile pour les médecins qui essayent d’établir un diagnostic afin d’établir un plan de traitement.

L'analyse de la démarche aide à définir le type de démence

La recherche, publiée dans la revue Alzheimer & Dementia, montre que les patients atteints de la maladie d’Alzheimer et ceux qui souffrent de la démence à corps de Lewy (deux maladies difficiles à différencier l’une de l’autre aux premiers stades) ont des façons de marcher distinctes, dues aux différences subtiles mais caractéristiques entre les deux troubles, au niveau neurologique.

Comme le souligne Riona McArdle, chercheuse principale et chercheuse postdoctorale à la faculté des sciences médicales de l’université de Newcastle, « Notre façon de marcher peut refléter des changements au niveau de notre pensée et de notre mémoire qui témoignent de problèmes cérébraux caractéristiques de la démence. »

Fait important, la démence à corps de Lewy peut être un signe de la maladie de Parkinson, et plus tôt le diagnostic est posé, plus tôt les patients peuvent recevoir un traitement adéquat.

En analysant 16 caractéristiques différentes de la démarche de 110 patients (dont 29 ne présentaient aucun problème neurologique, 36 étaient atteints de la maladie d’Alzheimer et 45 de démence à corps de Lewy), ils ont constaté que la longueur des pas de ceux qui souffraient de démence à corps de Lewy variait davantage que celle des personnes atteintes d’Alzheimer, et que la durée de leur pas était plus irrégulière.

Du fait du caractère irrégulier de leur démarche, les patients atteints de démence à corps de Lewy présentent un risque accru de chute. Si la démarche des patients atteints d’Alzheimer était plus régulière et symétrique que celle des patients atteints de démence à corps de Lewy, elle était néanmoins plus altérée, en termes de rythme et de variabilité des pas, que celle des participants sains du groupe de contrôle. Selon les auteurs:

« Les dysfonctionnements exécutifs étaient responsables de 11 % des variations de démarche observées chez les patients atteints de DCL [démence à corps de Lewy], tandis que les troubles cognitifs globaux étaient responsables de 13,5 % de celles observées chez les patients atteints de MA [Maladie d’Alzheimer] ; la détérioration de la démarche pourrait donc refléter des profils cognitifs spécifiques à la maladie. »

Voici ce qu’indique le site Science Daily :

« Les scientifiques ont constaté que l'analyse de la variabilité de la longueur des pas, et de l’irrégularité de la durée des pas, permet d’identifier avec précision 60 % des sous-types de démence, ce qui n'avait jamais été réalisé jusqu’à présent...

Il s'agit d'une première étape importante vers la définition de la démarche comme biomarqueur clinique de différents sous-types de la maladie, qui pourrait permettre d'améliorer les plans de traitement des patients... la poursuite des recherches a pour objectif de déterminer comment ces caractéristiques peuvent améliorer les procédures de diagnostic actuelles, et d’évaluer leur faisabilité comme méthode de dépistage... »

Autres signes révélateurs de la démence et de la maladie d’Alzheimer

Voici d'autres signes d'alerte de la maladie d'Alzheimer, en dehors des changements dans la démarche :

Pertes de mémoire qui perturbent la vie quotidienne - par exemple le fait de poser sans arrêt la même question

Difficultés à clarifier et à résoudre les problèmes

Difficultés à exécuter des tâches familières, comme se rendre dans un lieu connu

Confusion à propos des heures et/ou des lieux - Oublier par exemple comment vous êtes arrivé à l'endroit où vous vous trouvez

Problèmes de vue et difficulté à estimer les distances ou la position des objets dans l'espace

Difficultés à suivre les conversations et/ou problèmes de vocabulaire, comme ne pas être capable de nommer un objet connu

Ne pas ranger les objets à leur place et être incapable de les retrouver

Troubles du jugement, par exemple mauvaises appréciations en termes financiers, ou négligence de l'hygiène corporelle

Retrait social

Changements d'humeur et de personnalité, notamment confusion croissante, suspicion, dépression, peurs et anxiété

Mesures préventives en matière d'hygiène de vie

Il est important de comprendre que la démence, y compris la maladie d’Alzheimer, est une maladie qui peut être prévenue en grande partie par vos choix d’hygiène de vie, dont dépend le fonctionnement des mitochondries.

En 2014, le Dr. Bredesen a publié un article dans lequel il démontre l'importance de l’hygiène de vie dans la prévention et le traitement de la maladie d’Alzheimer. En s'appuyant sur 36 paramètres d'une bonne hygiène de vie, il est parvenu à inverser la maladie d’Alzheimer chez 9 patients sur 10.

Ces paramètres comprenaient la pratique d’exercice physique, l'adoption d'un régime cétogène, l’optimisation de la vitamine D et d'autres hormones, l’augmentation du temps de sommeil, la pratique de la méditation, la détoxification, et l’élimination du gluten et des aliments transformés du régime alimentaire. Vous pouvez télécharger l’article complet du Dr. Bredesen, dans lequel il décrit son programme ReCODE en détail. Vous trouverez ci-dessous des suggestions en matière d'hygiène de vie (dont un bon nombre figurent dans le protocole de traitement du Dr. Bredesen) qui vous permettront de booster vos mitochondries et de réduire votre risque de démence.

Stratégies diététiques

La première étape consiste à éviter les aliments transformés quels qu’ils soient, car ils renferment de nombreux ingrédients nocifs pour le cerveau, notamment du sucre raffiné, du fructose transformé, des céréales (en particulier du gluten), des huiles végétales, des ingrédients génétiquement modifiés et des pesticides tels que du glyphosate.

Opter pour des fruits et légumes bio et des produits issus d'animaux nourris à l’herbe ou au pâturage vous permettra d’éviter les pesticides et herbicides synthétiques. Consommer de la viande provenant d'animaux nourris à l’herbe peut également réduire votre risque de développer la maladie d'Alzheimer car cela réduira votre risque de consommer des viandes contaminées par des prions, dont certaines recherches suggèrent qu’ils peuvent déclencher la maladie. Vous en saurez plus en consultant mon article « Study Claims Alzheimer’s Is a Double-Prion Disorder » (« Une étude affirme que la maladie d’Alzheimer est une maladie à double prion »).

L'idéal est de limiter au maximum votre consommation de sucre ajouté et de ne pas dépasser 25 grammes de fructose par jour, voire 15 grammes si vous êtes résistant à l’insuline ou à la leptine, ou souffrez de troubles associés. Vous découvrirez toute l’importance qu’il y a à limiter votre consommation de sucre dans l’article « Link Between Sugar and Alzheimer’s Strengthens » (« Le lien entre le sucre et la maladie d’Alzheimer se confirme »).

La plupart des personnes peuvent également tirer avantage d’une alimentation sans gluten, car le gluten augmente la perméabilité intestinale, ce qui permet aux protéines de pénétrer dans votre sang, sensibilisant votre système immunitaire et favorisant l’inflammation et l’auto-immunité, les deux jouant un rôle dans le développement de la maladie d’Alzheimer.

À mesure que vous réduisez votre consommation de glucides raffinés, remplacez les calories perdues par de bonnes matières grasses. Contrairement à une idée très répandue, le carburant idéal du cerveau n’est pas le glucose, mais les cétones, qui sont produites par le corps lorsqu’il transforme la graisse en énergie.

Parmi les bonnes graisses à intégrer à votre alimentation, on peut citer les avocats, le beurre, les jaunes d'œufs bio de poules élevées en plein air, les noix de coco et l’huile de coco, les viandes nourries à l’herbe et les noix crues telles que les noix de pécan et de macadamia.

Évitez tous les gras trans et les graisses hydrogénées qui ont été modifiées afin de prolonger leur durée de conservation. Cela comprend la margarine, les huiles végétales et les divers « beurres à tartiner ».

En évitant les aliments transformés, vous améliorerez également la composition de votre microbiome intestinal, qui est une pièce importante du puzzle. Pour l’améliorer encore davantage, consommez des aliments fermentés et prenez si nécessaire des probiotiques de bonne qualité, évitez les antibiotiques, les produits antibactériens et l’eau fluorée.

Il a par ailleurs été démontré que certains nutriments sont particulièrement importants. Parmi eux, les acides gras oméga-3 d'origine marine, la choline, la phosphatidylsérine, l'acétyl-L-carnitine, la vitamine B12 et la vitamine D. Vous en saurez plus en consultant l’article « Top 9 Nutrients for Better Brain Health » (« Les 9 meilleurs nutriments pour la santé du cerveau »).

La recherche suggère également que le thréonate de magnésium a le pouvoir de régénérer les cerveaux vieillissants. Le sulforaphane est un autre nutriment (que l’on trouve dans les brocolis et d'autres légumes crucifères) dont il a été démontré qu'il contribue à prévenir la maladie d’Alzheimer, notamment en inhibant la production et l’accumulation de bêta-amyloïdes, et en réduisant le stress oxydatif et la neuroinflammation.

Enfin, le jeûne intermittent est un outil puissant qui aide votre corps à se rappeler comment brûler des graisses, et qui permet de résoudre le problème de la résistance à l’insuline et à la leptine, qui est un important facteur contributif de la maladie d’Alzheimer.

Évitez les médicaments à risque

Si les dysfonctionnements mitochondriaux sont généralement le résultat d'une alimentation déséquilibrée et d'une mauvaise hygiène de vie persistantes, certains médicaments peuvent également augmenter considérablement votre risque de développer la maladie d’Alzheimer.

La plupart des vaccins contre la grippe contiennent du mercure et de l’aluminium qui sont des neurotoxiques, et ils représentent donc un risque pour un bon nombre de personnes, en particulier s'ils sont administrés tous les ans. Les statines et les médicaments anticholinergiques sont également connus pour augmenter le risque de démence.

Les médicaments anticholinergiques bloquent l’acétylcholine, qui est un neurotransmetteur utilisé dans le système nerveux. Ces médicaments comprennent certains antalgiques à prendre le soir, des antihistaminiques, des somnifères, certains antidépresseurs, des médicaments pour contrôler l’incontinence et certains antalgiques narcotiques.

La recherche montre que prendre des benzodiazépines tels que le Valium, le Xanax et l’Ativan contre l’anxiété ou l’insomnie, pendant plus de trois mois, augmente votre risque de démence de 51 %. Cet effet est très probablement dû au fait que ces médicaments détériorent en réalité la qualité du sommeil, ce qui contribue au développement de la maladie d’Alzheimer. Vous en saurez plus sur ce sujet en lisant l'article « Common OTC Drugs Can Cause Dementia » (« Certains médicaments en vente libre peuvent provoquer la démence »).

Les statines posent également problème car elles suppriment la synthèse du cholestérol, épuisent les réserves de coenzyme Q10, de vitamine K2 et de précurseurs de neurotransmetteurs de votre cerveau, et empêchent le bon acheminement des acides gras essentiels et des antioxydants lipo-solubles vers votre cerveau, en inhibant la production de lipoprotéines de basse densité, qui sont d’indispensables biomolécules porteuses.

Le stress est un autre facteur à prendre en compte. Les chercheurs ont constaté que le stress active les voies neuronales et endocrines qui ont un impact négatif sur les maladies neurodégénératives. L'un de mes outils anti-stress favori est l’EFT (Technique de libération émotionnelle).

De même, le manque de sommeil peut provoquer des dommages cérébraux et accélérer le déclenchement de la maladie d’Alzheimer en entravant la capacité de votre cerveau à éliminer les toxines et déchets, vous devez donc veiller à la qualité de votre sommeil, et dormir suffisamment.

La stimulation mentale est également importante, en particulier le fait d'apprendre quelque chose de nouveau, par exemple apprendre à jouer d'un instrument ou à parler une nouvelle langue. Les chercheurs pensent que les défis intellectuels aident à renforcer le cerveau, et à le rendre moins vulnérable aux lésions associées à la maladie d’Alzheimer.

Évitez les sources d’expositions toxiques

Enfin, évitez les expositions toxiques, et traitez toute intoxication dont vous pourriez souffrir. Les amalgames dentaires font partie des plus importantes sources de toxicité aux métaux lourds. Toutefois, vous devez être en parfaite santé avant de les faire retirer.

Une fois votre alimentation adaptée à celle décrite dans mon programme nutritionnel optimisé, vous pourrez suivre le protocole de détoxification du mercure puis trouver un dentiste qui pratique la dentisterie biologique afin de faire retirer vos amalgames.

L’aluminium est autre métal lourd qui cause des ravages au niveau des neurones. Les anti-transpirants, la vaisselle antiadhésive et les adjuvants présents dans les vaccins sont des sources courantes d'aluminium.

Les champs électromagnétiques (EMF) émis par les téléphones portables et autres technologies sans fil sont une autre source, moins connue, de contamination toxique. La principale pathologie engendrée par les dommages des EMF est provoquée par les péroxynitrites, des espèces réactives de l’oxygène qui endommagent les mitochondries.

L'augmentation de la production de péroxynitrites est également associée à des dysfonctionnements hormonaux autonomes et à une augmentation de l’inflammation systémique, via le déclenchement d'un choc cytokinique.

Le Dr. Martin Pall a publié une étude dans la revue Neuroanatomy, qui montre que les rayonnements micro-ondes émis par les téléphones portables, les routeurs Wifi, les ordinateurs et les tablettes (lorsqu'elles ne sont pas en mode avion) sont clairement associés à de nombreux troubles neuropsychiatriques, notamment à la maladie d’Alzheimer.

Pour réduire vos risques, limitez votre exposition aux technologies sans fil. Vous pouvez pour cela prendre des mesures simples, comme éteindre votre Wifi la nuit, éviter de porter votre téléphone sur vous, et éviter les téléphones portables, téléphones sans fil et autres appareils électriques dans votre chambre.

Je vous recommande également vivement d’éteindre chaque soir l’électricité dans votre chambre, au niveau du compteur. Cela permettra de réduire radicalement les champs électriques et magnétiques pendant que vous dormez. Vous dormirez mieux, plus profondément, ce qui permettra à votre cerveau de se détoxifier et de se purifier.