Comment l'activité physique affecte la prévention et le pronostic de maladies

Fait vérifié
activité physique AVC prévention et rétablissement

En bref -

  • L'activité physique s'est révélée un bien meilleur indicateur de la capacité de vivre normalement après un accident vasculaire cérébral que la graisse corporelle (mesurée par l'IMC)
  • Après un AVC, les participants moins actifs présentaient un risque inférieur de 18 % de pouvoir retrouver une certaine autonomie de base (par exemple, pour se nourrir et se laver)
  • Les personnes qui ont pratiqué une activité physique vigoureuse au moins trois fois par semaine ont pu bénéficier d'une meilleure autonomie de vie avant et après un accident vasculaire cérébral

Dr. Mercola

La recherche continue d'affirmer que l'activité physique est cruciale non seulement pour la prévention de maladies, mais également pour améliorer de façon significative votre pronostic lorsque la maladie survient. Dans le cas de l'accident vasculaire cérébral, qui est responsable d'un décès sur 20, l'activité physique s'avère un facteur encore plus important dans les résultats que la graisse corporelle.

Bien que plus courants chez les adultes plus âgés, les accidents vasculaires cérébraux peuvent survenir et surviennent à tout âge, sans aucun avertissement. Ils représentent également l'une des principales causes d'invalidité grave de longue durée, avec plus de la moitié des victimes d'AVC souffrant d'une mobilité réduite consécutive.

Devenir actif maintenant peut être l'un des meilleurs moyens et le plus direct pour réduire votre risque de contracter cette grave affection et de préserver votre capacité à vivre normalement en cas d'AVC.

Les personnes qui pratiquent une activité physique conservent davantage leur autonomie après un AVC

Dans une étude menée auprès de plus de 18 000 adultes âgés de 50 ans et plus, l'activité physique s'est avérée un meilleur indicateur d'autonomie après un AVC. Les participants moins actifs ayant souffert d'un AVC présentaient un risque inférieur de 18 % de pouvoir retrouver une certaine autonomie de base (par exemple, pour se nourrir et se laver), après leur AVC.

Ils présentaient également un risque réduit de 16 % d'être capable d'entreprendre des activités plus complexes, comme faire leurs courses ou gérer leur argent et ce, trois ans après leur accident vasculaire cérébral. Ceux qui pratiquaient une activité physique vigoureuse au moins trois fois par semaine ont pu bénéficier d'une meilleure autonomie, à la fois avant et après un AVC.

Ce n'est pas la première fois qu'une telle association est faite. En 2008, une étude publiée dans Neurology a démontré de la même façon que les personnes qui sont physiquement actives avant un AVC souffrent de problèmes moins graves et se rétablissent mieux par rapport à celles qui ne pratiquent aucune activité avant leur AVC.

Par ailleurs, en 2012, des chercheurs canadiens ont découvert que les patients ayant souffert d'un AVC qui pratiquaient une activité physique parvenaient à atténuer leurs problèmes de mémoire, réflexion, langage et jugement de près de 50 % en à peine six mois.

Des améliorations notables de l'attention, de la concentration, de la planification et de l'organisation, ainsi que des bénéfices en termes de force musculaire et de marche, ont été observés parmi les patients pratiquant une activité physique.

L'activité physique peut être un indicateur plus important des conséquences d'un AVC que la graisse corporelle

L'indice de masse corporelle (IMC), mesure de la graisse corporelle basée sur la taille et le poids, ne présentait pas de lien avec la capacité de vivre en autonomie avant ou après un AVC. Cela peut être dû au fait que l'IMC est un outil de mesure imparfait qui utilise le poids comme mesure de risque, alors qu'il s'agit en fait d'un pourcentage élevé de graisse corporelle qui augmente le risque de maladie.

Votre poids varie selon la densité de votre structure osseuse : par exemple, une personne qui a de gros os peut peser plus, mais cela ne veut certainement pas dire qu'elle a plus de graisse corporelle ou qu'elle sera plus sujette aux accidents vasculaires cérébraux, notamment.

Des athlètes et des personnes qui ne sont pas en forme peuvent aussi présenter les mêmes scores d'IMC ou une personne très musclée pourrait être qualifiée de personne « obèse » en se basant sur l'IMC, alors qu'en fait c'est sa masse musculaire maigre qui est prise en compte pour son poids supérieur à la moyenne.

L'IMC n'indique pas non plus où la graisse est stockée dans votre corps, ce qui peut se révéler un aspect important dans l'évaluation du risque de maladie. Ainsi, il est possible que les chercheurs soient parvenus à un résultat différent s'ils avaient utilisé un meilleur outil de mesure de la graisse corporelle, tel qu'une pince à plis cutanés.

Néanmoins, l'auteure principale de l'étude, Pamela Rist, épidémiologiste associée au Brigham and Women's Hospital de Boston, a indiqué au Time, « si les personnes étaient obèses ou en surpoids, nous n'en savons pas plus sur la façon dont elles ont géré leur situation après un accident vasculaire cérébral ».

L'activité physique réduit le risque d'accident vasculaire cérébral

En plus de vous aider à préserver votre autonomie après un AVC, l'activité physique peut aussi contribuer à prévenir, en premier lieu, la survenue d'un AVC. En cas d'inactivité, votre risque d'AVC ou de mini-AVC (accident ischémique transitoire) augmente de 20 % par rapport aux personnes qui pratiquent une activité physique suffisante au moins quatre fois par semaine.

Chez les femmes, une marche d'au moins trois heures par semaine a également été liée à un risque réduit d'AVC, tandis qu'en 2009, une autre étude publiée dans Neurology démontre qu'une activité physique vigoureuse diminue le risque d'AVC chez les hommes, tout en les aidant à se rétablir mieux et plus rapidement après un AVC.

Selon la conclusion des chercheurs, « pratiquer une activité physique modérée à intense peut s'avérer un élément important des principales stratégies de prévention visant à réduire le risque d'AVC », et je n'aurais su dire mieux. En effet, l'American Stroke Association déclare que 80 % de tous les AVC peuvent être évités en menant une vie saine, activité physique comprise.

L'activité physique booste la santé du cerveau chez les personnes qui ont survécu à un AVC

Le type d'attaque cérébrale le plus courant est appelé « accident ischémique cérébral », qui résulte d'une obstruction dans un vaisseau sanguin qui alimente le cerveau en sang.

Cela peut provoquer des lésions cérébrales conduisant à de nombreux troubles cognitifs, y compris la démence, des troubles de la mémoire, des difficultés pour s'exprimer et des troubles de lecture et d'écriture, ainsi que de compréhension.

Toutefois, c'est encore un domaine où l'activité physique peut s'avérer utile. L'étude présentée a démontré que l'activité physique pouvait améliorer à la fois la fonction physique et cognitive après un AVC et Pamela Rist indique au Time, « une de nos hypothèses est qu'il est possible que l'activité physique vous aide à préserver votre fonction cognitive, ainsi que votre fonction physique après un AVC ».

En 2017, l'examen de 13 essais cliniques a également démontré que l'activité physique bénéficiaient à la fonction cognitive des patients ayant souffert d'un AVC. Ceux qui ont pratiqué une activité physique après un AVC (même pendant quatre à 12 semaines) ont manifesté de plus grandes améliorations au niveau de certaines capacités mentales, notamment l'attention et la vitesse de traitement des informations, par rapport à ceux qui n'ont pratiqué aucune activité physique.

Pourquoi l'activité physique est-elle bonne pour votre cerveau ?

Cela n'a rien de surprenant, étant donné que l'activité physique est réputée pour améliorer la santé du cerveau et ce, de différentes façons. L'activité physique stimule la production d'une protéine appelée FNDC5, qui à son tour déclenche la production du facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF).

Dans votre cerveau, le BDNF préserve non seulement les cellules existantes du cerveau, mais active également les cellules souches du cerveau pour qu'elles se transforment en nouveaux neurones et favorisent le développement du cerveau.

L'activité physique réduit également l'inflammation, ce qui constitue un autre bienfait pour la santé du cerveau. Quant à savoir quel type d'activité physique convient le mieux, tout ce qui peut « augmenter votre fréquence cardiaque et vous faire transpirer » méritait qu'on s'y intéresse, même si la musculation, des exercices d'équilibre et d'étirement étaient également mentionnés.

Je suggérerai également d'inclure l'entraînement fractionné à haute intensité (HIIT). Il y a également lieu de noter que des bienfaits pour la fonction cognitive ont été obtenus même lorsque l'activité physique avait commencé plusieurs mois, et dans certains cas, plusieurs années après la survenue d'un AVC.

L'inactivité peut s'avérer plus nocive que l'obésité dans les cas de décès prématurée

Pour revenir au sujet du rôle de l'activité physique et de la graisse corporelle dans votre état de santé général, ce n'est pas seulement votre risque d'AVC qui est susceptible d'être plus influencé par la première que par la dernière. Les données suggèrent qu'au moins deux fois plus de décès surviennent du fait d'un manque d'activité physique par rapport à l'obésité.

Certains experts sont même convaincus que l'augmentation de l'activité physique est plus importante que la réduction du taux d'obésité en termes de santé publique. Les bénéfices les plus importants sont souvent observés chez les personnes qui, de sédentaires, sont devenues physiquement actives, même si les bénéfices augmentent également selon la fréquence et l'intensité de l'activité (sans oublier, bien entendu, qu'une pratique excessive aura l'effet inverse).

L'activité physique réduit votre risque de contracter des maladies chroniques à tel point que des chercheurs l'ont décrite comme « le meilleur remède préventif » pour de nombreuses affections courantes, des troubles psychiatriques aux maladies cardiaques, en passant par le diabète et le cancer. Donc, alors qu'il est important de maintenir un poids corporel sain, votre préoccupation majeure doit être l'adoption d'un mode de vie sain (en général, si vous commencez par suivre cette recommandation, la perte de poids suit).

Une étude distincte a également démontré que, par rapport aux personnes qui pratiquaient une activité physique quotidienne et souvent vigoureuse, les personnes sédentaires couraient un risque 6 fois plus élevé de mourir d'une maladie cardiaque sur une période de 15 ans. Les maladies cardiaques présentent de nombreux facteurs de risque communs avec l'AVC, ce qui constitue un autre point important concernant l'activité physique : elle contribue, à elle seule, à réduire votre risque de contracter une multitude de maladies.

Le mouvement permanent est crucial

Il convient de noter que le mouvement non lié à une activité physique est au moins aussi important, sinon plus, que l'activité physique. Des preuves existent et montrent que l'inactivité ou le manque de mouvement, tel qu'une position assise prolongée, favorise activement des dizaines de maladies chroniques, et ces risques s'appliquent même si vous êtes en forme ou si vous pratiquez une activité physique régulière.

Idéalement, vous devez vous efforcer d'être en mouvement permanent pendant toute la journée, y compris en vous levant ou en bougeant au lieu d'être assis. Essayez de rester assis moins de trois heures par jour et efforcez-vous de marcher davantage. À cet effet, la position debout au bureau est l'option parfaite. Mais, même dans ce cas, vous devez bouger et ne pas juste rester debout. Le manque de mouvement, pas le simple fait d'être assis, est le principal catalyseur du dysfonctionnement métabolique.

Un traqueur d'activité peut servir à s'assurer que vous effectuez le nombre recommandé de 7 000 à 10 000 pas par jour, mais cela ne doit pas signifier que vous deviez vous arrêter à 10 000 pas. Lorsque vous avez du temps, vous pouvez marcher deux fois plus longtemps ou effectuer d'autres types de mouvement, comme jardiner, monter des escaliers et d'autres exercices de poids.

Quelles autres mesures permettent-elles de réduire le risque d'AVC ?

Outre l'activité physique, d'autres facteurs peuvent contribuer à réduire le risque d'AVC. Suivez mon plan nutritionnel pour une alimentation saine tout en n'oubliant pas l'importance des éléments suivants :

1. Ensoleillement l'ensoleillement favorise la production par votre peau d'oxyde nitrique, un composé critique pour optimiser votre pression sanguine, ce qui réduit votre risque de crise cardiaque et d'AVC. L'oxyde nitrique améliore votre flux sanguin, favorise l'élasticité de vos vaisseaux sanguins et agit comme une molécule de signalisation dans votre cerveau et dans votre système immunitaire.

Et, bien entendu, exposer votre peau au Soleil permet aussi d'optimiser votre taux de vitamine D, car une carence de cette vitamine a aussi été associée à l'AVC.

2. Raccordement à la Terre marcher pieds nus sur le sol, autrement dit « se raccorder à la Terre », a un puissant effet antioxydant qui permet d'atténuer l'inflammation dans tout votre corps. Cela aide également votre sang à être moins sujet à l'hypercoagulation et donc, moins susceptible à former des caillots, réduisant ainsi le risque d'AVC.

Un flux d'énergie constant existe entre votre corps et la Terre. Lorsque vous poser les pieds au sol, vous absorbez une grande quantité d'électrons négatifs via la plante des pieds, ce qui réduit la tendance de vos globules rouges à s'agglomérer.

Techniquement, le raccordement à la Terre augmente le potentiel zéta de vos globules rouges, ce qui les fait à se repousser mutuellement et devenir moins adhésifs, phénomène qui s'apparente à un anticoagulant naturel.

La recherche a démontré qu'il faut environ 80 minutes pour que les électrons libres de la Terre atteignent votre flux sanguin et transforme votre sang. Aussi, efforcez-vous de marcher régulièrement pieds nus sur l'herbe ou sur du sable mouillé pendant environ 90 minutes à deux heures, dans la mesure du possible.

3. Fibres — si vous consommez davantage de fibres, vous réduirez votre risque d'AVC, selon un rapport publié dans le journal Stroke. Pour tous les 7 grammes supplémentaires de fibres consommés quotidiennement, votre risque d'AVC est réduit de 7 %, selon cette étude. Les légumes comptent parmi les meilleures sources de fibres, même si les graines (notamment le chia, le psyllium, le tournesol et le lin biologique) constituent également de bonnes options.

Connaître les signes avant-coureurs d'un AVC : agir VITE

Il existe des médicaments d'urgence qui permettent de dissoudre un caillot sanguin obstruant le flux sanguin vers votre cerveau. Si l'administration est suffisamment rapide, ces médicaments d'urgence peuvent prévenir ou réparer les lésions neurologiques permanentes mais, en général, le traitement doit être administré dans un délai d'une heure. Cela signifie que si vous ou une autre personne présente des signes d'AVC, le recours à une assistance médicale rapide peut faire la différence entre la vie et la mort ou un handicap permanent.

Le plus vite vous identifiez les signes avant-coureurs, meilleur sera le pronostic, alors prenez quelques secondes pour lire les détails suivants concernant les signes et les symptômes. La National Stroke Association recommande l'utilisation de l'acronyme FAST (Face, Arms, Speech, Time), VITE en français, pour se souvenir des signes avant-coureurs d'un AVC et vous permettre d'agir rapidement, le cas échéant :

V = VISAGE — demander à la personne de sourire. Une partie du visage est-elle affaissée ?

I = INCAPACITÉ — demander à la personne de lever les deux bras. L'un des bras retombe-t-il ?

T = TROUBLE DE LA PAROLE — demander à la personne de répéter une phrase simple. La personne présente-t-elle des troubles de prononciation ?

E = EXTRÊME URGENCE — si vous observez l'un de ces signes, appelez immédiatement le numéro d'urgence du pays dans lequel vous vous trouvez.