Comme le sucre, l'alcool accroît votre risque de cancer

consommation alcool

En bref -

  • La consommation d'alcool non seulement augmente votre apport net en glucides, et donc en glucose, mais libère également de l'acétaldéhyde toxique comme premier métabolite
  • La consommation d'alcool, même légère, est associée au cancer de la langue, du pharynx, du larynx, de l'œsophage, du foie, du côlon et, chez les femmes, au cancer du sein
  • Les glucides contenus dans l'alcool contribuent à augmenter la quantité de sucre dans le sang, ce qui est aussi lié au développement et à la progression du cancer

Par le Dr Mercola

L'augmentation du taux d'obésité peut être attribuée à plusieurs facteurs différents, de la consommation de plus d'énergie que votre corps n'en a besoin, au manque d'activité ou à la consommation de types d'aliments inappropriés.

Les glucides ne sont pas brûlés efficacement dans le corps, ce qui souvent suscite une sensation de faim à peine quelques heures plus tard. L'alcool fait partie des glucides. Des études ont publié des résultats contraires, de la recommandation d'un verre de vin à chaque dîner à l'abstinence totale pour rester en bonne santé.

Certaines différences peuvent être liées à la quantité d'alcool consommée lors des études. Une étude récente relie maintenant l'alcool au développement de sept types différents de cancer.

Le risque de cancer augmente avec la consommation d'alcool

Dans un article publié dans Addiction, des chercheurs ont découvert des éléments probants attestant que l'alcool était systématiquement lié au cancer du rectum, du foie, du côlon, de l'œsophage, de l'oropharynx, du larynx et chez les femmes, au cancer du sein.

L'étude épidémiologique suggérait que l'alcool contribuait aux cancers à hauteur de près de 5,8 % de tous les décès imputables au cancer dans le monde entier. La recherche n'a pas identifié la causalité biologique entre l'alcool et le cancer pour ces sept catégories, mais le sentiment des chercheurs était le suivant :

« La confirmation des mécanismes biologiques spécifiques par lesquels l'alcool augmente l'incidence de chaque type de cancer n'est pas requise pour déduire que l'alcool en est une cause. »

Le pourcentage de décès liés à l'alcool et au cancer a augmenté de 62 % au cours des 12 dernières années et il est passé de 3,6 % en 2003 à 5,8 % en 2015 à l'échelle mondiale.

Cette augmentation peut être le résultat des autres facteurs dans la vie des personnes qui souffrent d'un cancer déclenché par l'alcool, tels que des mauvais choix d'alimentation, le manque d'exercice et un sommeil de mauvaise qualité.

Pour attribuer la causalité du cancer à l'alcool, les participants de l'étude auraient dû être conviés de façon aléatoire à boire ou à s'abstenir de boire pendant toute leur vie. Au lieu de cela, les chercheurs ont étudié une grande quantité de données épidémiologiques qui s'approche le plus possible du lien entre l'alcool et le cancer.

Une autre étude a même relié une faible consommation à la même liste des types de cancer. Les chercheurs ont examiné les cas de près de 136 000 hommes et femmes sur une période de plus de 30 ans et ont découvert que ceux qui avaient fumé, même s'ils avaient arrêté, présentaient un taux plus élevé de cancer lié à la boisson que ceux qui n'avaient jamais fumé.

Cette étude démontre que le tabac a contribué de façon significative au développement de ces cancers lorsque sa consommation était associée à celle de l'alcool.

La récidive du cancer du sein est liée à l'alcool

L'American Cancer Society (ACS) avertit également que même quelques verres chaque semaine peuvent augmenter votre risque de cancer du sein. Le risque est plus élevé chez les femmes dont le taux de folate est faible. Une autre recherche relie la récidive du cancer du sein à la consommation d'alcool.

Ces deux types de lien semblent tenir à la capacité de l'alcool à augmenter votre niveau d'œstrogène. L'alcool affecte également les hormones chez les hommes. La consommation chronique d'alcool est associée à une insuffisance testiculaire et à l'infertilité masculine. Les symptômes féminins chez l'homme suggèrent que l'alcool peut également contenir des phytœstrogènes biologiquement actifs.

Les phytœstrogènes existent naturellement dans certaines plantes, telles que le soja, les graines de lin, le blé, les lentilles et les graines de sésame. Ces phytœstrogènes présentent une structure similaire à celle de l'œstrogène produit par votre corps, et se fixent de façon peu robuste aux récepteurs d'œstrogènes.

Bien que des études en Asie relient les produits à base de soja à un taux inférieur de cancer du sein, ces résultats n'ont pas pu être reproduits partout. Cette différence peut être liée aux différents types et à la quantité de produits à base de plante contenant des phytœstrogènes consommés entre ces deux régions.

L'augmentation du taux d'œstrogène dans le corps est également associée à une augmentation du taux de croissance des cellules, ce qui est important dans le développement et la progression du cancer de la prostate et de certains cancers du sein.

Chacun de ces effets a été observé chez des personnes dont la consommation d'alcool est seulement modérée. Cela signifie que la consommation faible à modérée de quantités d'alcool n'élimine pas pour autant le risque de cancer du sein chez les femmes ou de cancer de la prostate chez les hommes.

Les conclusions préliminaires de ces études suggèrent que si un cancer du sein ou de la prostate vous a été diagnostiqué, tout particulièrement si vous êtes en surpoids ou postménopausée, il serait judicieux de réduire ou d'arrêter votre consommation d'alcool.

Le cancer du côlon touche davantage les personnes âgées de moins de 50 ans

Le cancer du côlon est aussi lié à la consommation d'alcool. Dans une étude publiée dans le journal Cancer, des chercheurs ont montré que 1 personne sur 7 parmi celles auxquelles un cancer du côlon a été diagnostiqué était âgée de moins de 50 ans. Les directives actuelles définissent l'âge de 50 ans comme l'âge auquel le dépistage du cancer du côlon doit démarrer.

Le cancer chez les adultes plus jeunes semble être identifié après que les symptômes de la maladie se soient manifestés, tels que l'occlusion intestinale, les selles sanglantes et l'anémie.

Les liens entre le cancer du côlon et la consommation d'alcool sont clairement établis dans la recherche. Le Centre international de recherche pour le cancer (IARC) a classé l'alcool dans le Groupe 1 des agents cancérigènes en 1988.

Le Groupe 1 correspond à la catégorie de l'IARC dont le risque est le plus élevé, ce qui signifie qu'il existe des preuves suffisantes que l'alcool provoque le cancer. Une étude publiée en 2011 a révélé que 4 % des cancers au Royaume-Uni pouvaient être attribués à l'alcool.

La proportion était plus importante pour les cancers de la bouche et de la gorge. Toutefois, le cancer colorectal présentait le nombre le plus élevé de cas liés à la consommation d'alcool.

Une autre étude, publiée dans Nutrition and Cancer en 2004, a montré qu'un risque plus élevé de 70 % de développer un cancer du côlon existait lorsque les participants consommaient un ou plusieurs verres d'alcool par jour. Le type d'alcool consommé ne constituait pas un facteur. Autrement dit, que les participants aient bu de la bière, du vin ou une liqueur forte, le risque accru restait le même.

Une autre étude a évalué des patients qui présentaient des antécédents d'un type spécifique de polypes colorectaux, appelés adénomes. Les chercheurs ont découvert que la consommation d'alcool augmentait significativement le risque de développer un autre adénome colorectal avec un risque supérieur de développer un cancer colorectal.

Le risque apparait dans votre bouche

Un instrument dans le développement du cancer dû à l'alcool est l'effet de l'acétaldéhyde sur votre ADN. L'acétaldéhyde est un métabolite de l'alcool qui peut endommager l'ADN et empêcher votre corps de réparer les dommages. Ce métabolite est lié plus étroitement au cancer de la bouche, du larynx, du pharynx, de l'œsophage et du foie.

En général, l'alcool est décomposé dans votre foie, où l'acétaldéhyde est formé. Cette substance chimique provoque la croissance plus rapide des cellules de votre foie, ainsi que, parfois, leur mutation génétique.

Ce processus peut provoquer le cancer du foie. L'alcool peut également être décomposé par les bactéries présentes dans votre bouche et dans vos intestins. Cela augmente la quantité d'acétaldéhyde à laquelle votre bouche, votre pharynx, votre larynx et votre œsophage sont exposés, accroissant ainsi les dommages à l'ADN cellulaire et le risque de cancer de la cavité buccale.

Les autres sources d'acétaldéhyde incluent le tabac et les arômes alimentaires. L'alcool a été identifié comme une source directe importante et les chercheurs demandent des mesures de santé publique pour réduire la teneur en acétaldéhyde de l'alcool en vue de réduire le risque de cancer.

Le sucre est un facteur contributif clé

L'alcool est un glucide et votre corps le métabolise en sucre, augmentant votre risque de glycémie et de résistance à l'insuline. Comme il ne possède aucune réelle valeur nutritionnelle, l'alcool peut également être classé parmi les aliments à zéro calorie. Cet aliment à zéro calorie contribue aussi au problème croissant de l'obésité dans le monde.

L'alcool est l'un de ces aliments riches en glucides susceptible de doubler votre risque de développer un cancer en augmentant à la fois votre exposition à l'acétaldéhyde et votre risque d'obésité. Une étude menée par le Credit Suisse Research Institute en 2013, « Sugar: Consumption at a Crossroads » (Sucre, la consommation à la croisée des chemins), a révélé que 40 % des dépenses totales de santé aux États-Unis concernent des maladies directement liées à la surconsommation de sucre.

Récemment, des chercheurs ont également relié de nouveaux cas de cancer chez des adultes de 30 ans et plus à un indice de masse corporelle (IMC) élevé ou à un état de surpoids ou d'obésité. 25 % des cas de cancer enregistrés en 2012 ont pu être directement imputés à l'augmentation de l'IMC depuis 1992.

Le métabolisme du sucre comme les cellules cancéreuses se développent en milieu anaérobie. En effet, sans le sucre, de nombreux cancers ne sont pas en mesure de produire métaboliquement suffisamment d'énergie pour survivre. Lorsque vous réduisez votre taux net de glucides (quantité totale de glucides moins les fibres), vous affamez réellement les cellules cancéreuses.

Cependant, une canette de bière contient 13 grammes de glucides, un verre de vin de 14 cl en contient 4 grammes et un cocktail de 14 cl en contient 10 grammes. Comme vous pouvez le voir, un seul verre d'alcool chaque jour peut accroître sensiblement votre apport en glucides non nutritionnels et ainsi contribuer à l'obésité, à la résistance à l'insuline et au cancer.

Le cas de la cétose nutritionnelle dans le traitement du cancer

(Vidéo seulement disponible en Anglais)
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Dans la vidéo ci-dessus, Travis Christofferson, auteur du livre « Tripping Over the Truth: The Return of the Metabolic Theory of Cancer Illuminates a New and Hopeful Path to a Cure », commente les éléments probants attestant de la façon dans la cétose nutritionnelle peut aider à prévenir et traiter la plupart des cancers.

Contrairement à ce qui est traditionnellement enseigné, les défauts génétiques nucléaires ne provoquent pas de cancer. Des lésions mitochondriales surviennent en premier lieu et déclenchent des mutations génétiques nucléaires. La cétose nutritionnelle, qui encourage la consommation d'aliments très riches en graisses saines de haute qualité tout en limitant significativement la quantité nette de glucides, stimule la fonction mitochondriale. Une fonction mitochondriale saine permet de brûler les graisses de manière très efficace, car il s'agit d'un carburant beaucoup plus idéal que le sucre.

+ Sources et Références