Voici ce qui se produit dans votre cerveau lorsque vous êtes ivre

Un verre d'alcool et un cerveau

En bref -

  • L'alcool ralentit le fonctionnement du système limbique du cerveau, qui contrôle des émotions telles que l'anxiété et la peur
  • Le fonctionnement du cortex préfrontal, une région du cerveau associée au raisonnement et au jugement, ralentit également lorsque vous consommez de l'alcool
  • À doses élevées, l’alcool peut ralentir la communication des neurones qui contrôlent le rythme cardiaque et la respiration, au point que la respiration s'arrête totalement, entraînant la mort
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Dr. Mercola

L'alcool agit comme un dépresseur du système nerveux central, ce qui signifie que lorsque vous en buvez, les cellules de votre cerveau communiquent plus lentement qu’en temps normal. Le système limbique de votre cerveau, qui contrôle des émotions telles que l’anxiété et la peur, est également affecté.

Lorsque votre système limbique fonctionne plus lentement, cela peut faire disparaitre vos inhibitions, et vous devenez alors plus sociable et extraverti.

Le fonctionnement du cortex préfrontal, une région du cerveau associée au raisonnement et au jugement, ralentit également lorsque vous consommez de l'alcool, ce qui conduit à adopter des comportements plus impulsifs et à émettre (en même temps) des jugements parfois mauvais.

À faible dose, l’organisme peut continuer à fonctionner sous l’influence de l’alcool, mais ses effets augmentent avec la dose consommée. À mesure que vous buvez, votre comportement et vos jugements se désinhibent, et votre cervelet, qui joue un rôle dans l'activité musculaire, est également affecté.

C’est pourquoi lorsque vous êtes en état d’ébriété, vous risquez de perdre l’équilibre, d'avoir la tête qui tourne et c’est pourquoi vous ne devez surtout pas prendre le volant.

L'alcool provoque des effets différents selon les individus

La même boisson alcoolisée, qu'il s'agisse d'un verre de vin ou d'un cocktail, peut provoquer des effets différents selon les individus. Votre poids, vos proportions de muscles et de masse graisseuse, votre état de santé, et même vos gènes, influent sur la quantité d'alcool qui pénètre dans votre sang.

Le fait que vous mangiez, ou pas, a également une incidence, puisque les aliments présents dans l’estomac ont tendance à atténuer l'absorption de l’alcool. Étonnamment, même votre humeur peut affecter la façon dont vous vous sentez lorsque vous buvez de l’alcool, car il a tendance à accentuer les humeurs maussades.

Votre état d’esprit joue également un rôle, la recherche ayant démontré qu'il est possible de se sentir ‘pompette’ en buvant une « fausse » boisson alcoolisée.

L'alcool est également la substance addictive la plus consommée aux États-Unis. On estime qu’un américain sur 12 souffre d'alcoolisme ou de dépendance à l'alcool, et que plusieurs millions s'adonnent à de dangereuses consommations ponctuelles immodérées (le « binge drinking »).

Un nombre record d'américains meurent de leur consommation excessive d'alcool

Les décès liés à l’alcool ont atteint en 2014 un record, par rapport aux 35 années précédentes, avec plus de 30.700 américains décédés des suites d'un coma éthylique ou d'une cirrhose, notamment. Cela équivaut pour 2014 à environ 9,6 décès sur 100.000, dus à l'alcool - une hausse de 37 % par rapport à 2002.

Ces chiffres ne comprennent pas les décès dus aux homicides provoqués par l’alcool, ni les accidents de la route ou autres accidents liés à l'alcool. Si ces chiffres étaient inclus, les données du CDC (Centre américain de contrôle et de prévention des maladies) indiquent que le nombre de décès liés à l’alcool avoisinerait les 90.000.

Il ne faut pour autant pas minimiser l'importance des addictions aux anti-douleurs, et à l’héroïne, qui sont également des épidémies extrêmement préoccupantes. Un rapport établi conjointement par le CDC et la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) a révélé que le nombre d’overdoses léthales d'héroïne avait presque quadruplé entre 2000 et 2013.

Entre 2000 et 2010, le nombre de décès liés à l’héroïne a augmenté de 6 % par an en moyenne aux États-Unis. Entre 2010 et 2013, cette augmentation moyenne annuelle est soudainement passée à 37 %.

Par ailleurs, les personnes qui font une consommation abusive de médicaments opiacés ont 40 fois plus de risques de passer à la consommation d'héroïne, et l’on pense que l’utilisation abusive généralisée d'anti-douleurs délivrés sur ordonnance est directement liée à l'augmentation du nombre d'addictions à l’héroïne et aux décès qu’elles provoquent.

Les consultations hospitalières pour intoxication alcoolique ont doublé en six ans

En Angleterre, les consultations hospitalières pour intoxication alcoolique ont doublé depuis 1999, tandis que les admissions aux services d'urgence pour des maladies hépatiques liées à l'alcool et autres causes, ont augmenté de plus de 50 % au cours des neuf dernières années, d'après les données du Nuffield Trust.

Le nombre d'intoxications alcooliques est plus élevé chez les adolescentes âgées de 15 à 19 ans, tandis que les admissions aux urgences liées à des maladies hépatiques concernent majoritairement des hommes âgés de 45 à 64 ans.

On pense que ces chiffres sont sous-estimés car ils ne comprennent pas les admissions pour les chutes ou altercations liées à l'alcool.

Une intoxication alcoolique affaiblit votre organisme et peut aller jusqu'à provoquer la désactivation des régions du cerveau qui contrôlent les fonctions vitales telles que la respiration, le rythme cardiaque, et le contrôle de la température corporelle.

Les femmes sont plus vulnérables à l’intoxication alcoolique, notamment parce que la proportion d’eau présente dans leur corps est plus faible que chez les hommes.

Le corps d'une femme est composé en moyenne de 52 % d’eau, contre 61 % pour les hommes. Les femmes ont également moins de déshydrogénase, une enzyme hépatique qui décompose l’alcool dans l’organisme.

Cela ne signifie pas pour autant que les hommes sont à l'abri des dangers de l’intoxication alcoolique, en particulier en cas de consommation ponctuelle excessive. Voici certains des signes révélateurs les plus courants d'une intoxication alcoolique :

Perte de coordination

Mains froides et moites, coloration bleutée de la peau due à l’hypothermie

Vomissements répétés et/ou incontrôlés

Respiration lente ou irrégulière (moins de huit respirations par minute ou plus de 10 secondes entre deux respirations)

Convulsions

Confusion, perte de connaissance, torpeur (personne consciente mais non réactive), et parfois coma

La consommation excessive ponctuelle associée à la consommation régulière d'alcool est particulièrement nocive pour votre foie

Une consommation qui amène votre taux d’alcool dans le sang (alcoolémie) à 0,08 g, ou plus, est considérée comme une consommation ponctuelle excessive. Ce taux est généralement atteint chez les femmes qui consomment quatre boissons alcoolisées en deux heures, ou plus, et chez les hommes après au moins cinq verres d'alcool dans le même lapse de temps.

Lorsque ces consommations ponctuelles excessives sont associées à une consommation chronique d'alcool, les dommages hépatiques sont plus importants que ce que l’on pensait autrefois, d'après une recherche publiée dans le magazine Biomolecules.

Lorsque des souris ont été exposées à une consommation chronique d'alcool, ou à une consommation ponctuelle excessive, les dommages occasionnés au foie ont été modérés. C’est lorsque des souris ont été exposées simultanément à ces deux types de consommation, que les dommages hépatiques ont été les plus importants.

Ces résultats n’étaient pas tout à fait inattendus, mais voici l’étendue des dommages occasionnés au foie : les souris exposées aux deux types de consommation d'alcool (ponctuelle excessive, et chronique) présentaient 13 fois plus de dépôts graisseux dans le foie, que le groupe de contrôle.

La stéatose hépatique peut-elle être inversée ?

La consommation d'alcool est une cause majeure de stéatose hépatique, mais les personnes en surpoids ou obèse, qui ont un taux élevé de cholestérol ou de triglycérides, et qui consomment peu ou pas d'alcool, peuvent également développer une stéatose hépatique non-alcoolique (SHNA).

Dans les deux cas, la stéatose hépatique peut être inversée si l’on modifie son hygiène de vie. Si la maladie est provoquée par l’alcool, vous devez vous abstenir d’en boire, et opérer également d'autres changements positifs.

Si vous souffrez de SHNA, la première étape sera de limiter votre consommation de fructose (y compris celui provenant des fruits) à 15 grammes maximum par jour. Le fructose est, à de nombreux égards, très comparable à l'alcool s'agissant des dommages qu’il peut provoquer au niveau de votre organisme - et de votre foie.

Manger sainement et faire de l’exercice peut permettre de prévenir l'apparition de cette maladie, et même de l’inverser, lorsqu’elle est à un stade précoce. Cela s’explique en partie parce que ces deux mesures favorisent la perte de poids.

La consommation chronique d'alcool nuit à vos microbes intestinaux

Les chercheurs considèrent de plus en plus le microbiote intestinal comme l’un de nos « organes », dont l’importance est sous-estimée. Il serait même plus juste de considérer le corps comme un « super organisme » composé de micro-organismes symbiotiques.

Quoi qu’il en soit, on ne peut nier la puissante influence de ces microorganismes sur notre santé physique et mentale.

Au vu de leurs nombreux effets en cascade sur la santé, on peut considérer que les bactéries présentes dans les intestins font partie des plus importantes qui soient. On sait par exemple qu'un déséquilibre des bactéries du système digestif peut affaiblir le système immunitaire.

Or lorsque le système immunitaire est affaibli, le corps devient beaucoup plus vulnérable à toutes sortes d’envahisseurs étrangers, d'inflammations et de maladies.

Consommer de l’alcool avec modération est-il sain ?

Le dernier rapport scientifique du DGAC (Dietary Guidelines Advisory Committee - Comité consultatif pour les recommandations nutritionnelles), qui constitue les recommandations nutritionnelles de base pour les américains, indique que « selon la plupart des études, une consommation modérée d'alcool s'intègre dans un mode d'alimentation bénéfique. »

Le fait qu'une consommation modérée d'alcool soit sans danger, ou même saine, est sujet à controverses, les résultats des études sur ce point étant mitigés.

Les chercheurs montrent par exemple que les personnes qui consomment un à deux verres d'alcool par jour pourraient présenter un risque nettement plus faible de décès des suites d'une maladie cardiovasculaire, ou de « toute autre cause », que les personnes qui ne boivent jamais d'alcool.

D'un autre côté, la consommation d'alcool, même modérée, peut être associée à un risque accru de cancer.

S’agissant d'alcool, j’entends par consommation « modérée » (qui est autorisée dans la phase d’initiation de mon programme nutritionnel) un verre de vin de 15 cl, une bière de 33 cl ou 3 cl d’alcool fort par jour, en accompagnement d’un repas. À mesure que vous avancez dans le programme, je recommande par contre d'abandonner tous types d'alcool.

Si vous êtes un buveur chronique, essayez l’exercice

Sur 60 buveurs de longue date, ceux qui étaient physiquement les plus actifs présentaient moins de dommages de la substance blanche du cerveau, que ceux qui étaient peu actifs. La substance blanche est considérée comme le « câblage » du système de communication de votre cerveau, et est connue pour décliner en qualité avec l’âge et la consommation excessive d'alcool.

En plus de contribuer à protéger votre cerveau, si vous savez que vous avez tendance à abuser de l’alcool ou que vous avez des antécédents familiaux de dépendance à l’alcool, faire régulièrement de l’exercice peut considérablement réduire vos risques de devenir dépendant.

Les envies d'alcool peuvent devenir véritablement dévorantes, et un alcoolique finit par ne pas se sentir « normal » tant qu’il n'a pas bu un verre.

L'abus d'alcool déstabilise par ailleurs inévitablement votre rythme circadien - les heures normales de repas, d’endormissement et de réveil - entrainant un cercle vicieux d’effets négatifs sur votre santé et votre état émotionnel.

Lorsque vous buvez, la chimie de votre cerveau est modifiée, et il libère alors de la dopamine, une substance que votre cerveau associe aux comportements gratifiants.

Si vous prévoyez de boire quelques verres, ce protocole peut vous aider à atténuer les dommages sur votre organisme

Bien que je ne recommande pas de consommer de l’alcool, si vous prévoyez de boire quelques verres, adoptez au préalable ce protocole naturel qui vous aidera à « préparer » votre corps à « l’intoxication » :

1. La N-acétylcystéine (NAC) — La NAC est une forme de cystéine, un acide aminé. Elle est connue pour contribuer à augmenter la production de glutathion et réduire la toxicité de l’acétaldéhyde, responsable de nombreux symptômes de la « gueule de bois ». Essayez de prendre de la NAC (au moins 200 milligrammes) 30 minutes avant de boire, pour réduire les effets toxiques de l’alcool.

Si vous vous demandez quels sont précisément les pouvoirs de la NAC, sachez que, comme l'alcool, le Tylenol endommage votre foie notamment en épuisant les réserves de glutathion.

En maintenant de bonnes réserves de glutathion, vous contribuez grandement à prévenir les dommages de l'acétaminophène. C’est pourquoi, dans les services d'urgence, on donne aux personnes qui font des overdoses de Tylenol de la NAC à haute dose - pour augmenter la production de glutathion.

2. Les vitamines B — On pense que la NAC fonctionne encore mieux lorsqu’elle est associée à la thiamine, ou vitamine B1. La vitamine B6 peut également contribuer à atténuer les symptômes de la ‘gueule de bois’.

L'alcool épuisant les réserves de vitamines B de l’organisme, et les vitamines B étant par ailleurs indispensables pour l’éliminer de votre organisme, la prise d’un supplément de vitamine B avant de boire, ainsi que le lendemain, peut s'avérer utile.

3. Le Chardon Marie — Le Chardon Marie renferme de la silymarine et de la silybine, des antioxydants connus pour contribuer à protéger le foie des toxines, et notamment des effets de l’alcool. Il a été démontré que la silymarine augmente non seulement la production de glutathion, mais qu’elle peut également contribuer à régénérer les cellules hépatiques.

Un supplément de Chardon Marie, pris régulièrement, peut s'avérer très utile, en particulier si vous savez que vous allez avoir plusieurs occasions de boire quelques cocktails.

4. La vitamine C — L'alcool risque d'épuiser vos réserves de vitamine C, qui est importante pour réduire le stress oxydatif provoqué par l’alcool dans votre foie. Fait intéressant, une étude animale a montré que l’effet protecteur de la vitamine C sur le foie était encore plus puissant que celui de la silymarine (Chardon Marie) après l’exposition à l'alcool.

Veiller à avoir un apport suffisant de vitamine C, que ce soit par le biais de suppléments ou de votre alimentation, est une autre astuce à adopter avant de consommer des boissons alcoolisées. La vitamine C est un détoxifiant si puissant que si vous en prenez de hautes doses avant de subir une anesthésie dentaire, les effets de cette dernière risquent d’en être nettement réduits et elle risque de ne pas fonctionner!

5. Le magnésium — Le magnésium est un autre nutriment dont l’alcool épuise les réserves, et dont de nombreuses personnes manquent à la base. De plus, le magnésium possède des propriétés anti-inflammatoires qui peuvent contribuer à réduire certains symptômes de la « gueule de bois ».

Si vous consommez peu d'aliments riches en magnésium, il peut être utile d’en prendre un supplément avant une soirée qui risque d’être arrosée.