Un second risque pour la santé à long terme du COVID-19

Fait vérifié
risques pour la santé de l'inactivité physique

En bref -

  • Les mesures de confinement utilisées pour réduire la propagation du COVID-19 peuvent avoir impacté vos habitudes en matière d'activité physique, ce qui peut se traduire par des problèmes de santé imprévus
  • L'inactivité est associée à un risque accru d'affections non transmissibles, y compris des maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, des douleurs lombaires et des troubles mentaux
  • Développez des habitudes d'activité physique chez vous, y compris de courtes activités, des mouvements de non-exercice et des exercices de type « décharge d'oxyde nitrique »

Dr. Mercola

Des dizaines d'années de recherche sur le fitness nous rappellent que l'activité physique est l'une des meilleures mesures préventives disponibles. C'est l'un des piliers d'une bonne santé, avec la nutrition, le sommeil et l'hydratation. Des données ont démontré l'effet que l'exercice a sur la qualité du sommeil, la santé mentale, les maladies cardiaques et les affections métaboliques.

Par exemple, dans le cadre d'une méta-analyse de 305 essais contrôlés aléatoires incluant 339 274 participants, des chercheurs ont comparé la pratique d'exercice par rapport aux interventions médicamenteuses sur le taux de mortalité imputable au diabète et aux maladies cardiaques. Ils ont découvert qu'il n'existait pas de différence statistiquement détectable parmi les participants ayant pratiqué de l'exercice et ceux sous traitement médicamenteux en ce qui concerne la prévention des maladies coronariennes et du diabète. En fait, la pratique d'exercice s'est avérée plus utile que la prescription de médicaments pour les participants ayant souffert d'un AVC.

L'activité physique est également un facteur essentiel pour la longévité. Les personnes qui pratiquent régulièrement une forme d'exercice présentent un risque inférieur de mortalité, toutes causes confondues. Comme évoqué dans une autre étude précédemment publiée dans JAMA, les chercheurs ont conclu que « la forme cardiorespiratoire était inversement associée à la mortalité, toutes causes confondues » et « il s'agit d'un indicateur modifiable de mortalité à long terme ».

Maintenir activement les mesures de confinement

Dans un article récent publié dans le Journal of Sport and Health Science, les scientifiques avertissent que les recommandations officielles visant à restreindre les déplacements ne signifient pas que l'activité physique doive aussi être limitée. Les bienfaits évidents pour la santé associés à la pratique d'une activité doivent encourager les individus à consacrer au moins 30 minutes, chaque jour, à la pratique d'exercice modéré.

Stuart Phillips, Ph.D., est professeur à l'Université McMaster, dans le département de kinésiologie. Il soulève l'inquiétude que des consignes de confinement prolongé pendant l'épidémie de COVID-19 puissent avoir pour conséquence des problèmes de santé imprévus liés à l'inactivité.

Il a récemment partagé des informations avec les athlètes olympiques canadiens concernant le moyen de réduire l'impact du confinement sur leurs performances et d'éviter les blessures lors de leur reprise d'un entraînement intensif après la levée des restrictions. Dans un communiqué de presse, il a commenté :

« Tandis que nous nous protégeons contre les risques du COVID-19, nous passons plus de temps assis et moins de temps à marcher ou à être physiquement actif. Des périodes prolongées d'inactivité ont un réel effet néfaste sur notre santé. Notre santé physique n'a jamais été plus importante qu'actuellement. »

Stuart Phillips a dirigé une équipe qui a récemment publié un article dans The Journals of Gerontology dans lequel ils ont évalué l'effet de deux semaines d'inactivité sur la sensibilité à l'insuline. L'équipe a recruté 22 adultes prédiabétiques en surpoids, âgés de 65 à 73 ans et leur a demandé de limiter leur activité à 1 000 pas par jour.

Cette mesure devait servir à reproduire le niveau d'activité d'une personne hospitalisée ou confinée chez elle, après une maladie. Les membres de l'équipe ont découvert qu'une période de deux semaines d'activité réduite se traduisait par une baisse du taux de synthèse protéique et la détérioration du contrôle sur la glycémie.

Cependant, contrairement aux adultes plus jeunes, certains paramètres chez les participants plus âgés ne sont pas revenus à la normale après la reprise d'un niveau normal d'activité. Stuart Phillips a expliqué les implications de ces données pendant l'épidémie :

« Le modèle expérimental basé sur un nombre de pas réduit démontre ce qu'une personne plus âgée qui a eu la grippe est susceptible de vivre en cas d'hospitalisation pendant trois ou quatre jours, avec des problèmes respiratoires, suivis d'une convalescence à son domicile pendant deux semaines. La grande majorité des personnes restent chez elles pendant l'épidémie. Pour les personnes plus âgées, une détérioration de l'état de santé peut encore être aggravée à la fois par la perte de forme physique et l'isolement social. »

L'inactivité augmente plusieurs risques pour la santé

Si rester chez vous a réduit votre niveau d'activité et augmenté le nombre d'heures passées assis, il est possible que vous mettiez en danger votre santé, avec des effets à long terme.

L'Organisation mondiale de la santé croit que leurs données démontrent que l'inactivité physique est la principale cause de handicap et de maladie dans le monde entier. On estime que 3,2 millions de morts, chaque année, pourraient être liés à l'inactivité physique.

Une grande partie des recherches menées sur la forme physique et la pratique d'exercice se sont concentrées sur leur impact relatif aux maladies non transmissibles et la longévité. Dans une évaluation des risques associés, les chercheurs ont estimé qu'en éliminant l'inactivité, 6 à 10 % de toutes les principales maladies non transmissibles pourraient être évitées.

Ces résultats ont donné lieu à de grands titres comparant l'inactivité aux effets du tabac, étant donné que le nombre de morts est pratiquement le même. Les personnes qui sont moins actives présentent un risque potentiel plus élevé de pression artérielle plus élevée, de diabète de type 2, de maladies coronarienne, de dépression et d'anxiété. Les autres effets de l'inactivité comprennent :

Moins de calories brûlées

Faiblesse musculaire

Capacité aérobique médiocre

Perte osseuse

Réduction du métabolisme

Mauvaise circulation sanguine

Inflammation accrue

Déséquilibre hormonal potentiel

Éviter les douleurs lombaires ou l'aggravation des problèmes de santé

Un autre risque de l'inactivité est l'apparition de douleurs au bas du dos, l'un des problèmes de santé les plus courants et la principale cause de handicap. C'est également l'une des causes les plus fréquentes de prescription d'analgésiques opioïdes susceptibles d'entraîner une dépendance. L'exercice et les mouvements de non-exercice sont les deux traitements de base pour les douleurs au bas du dos.

Dans le cadre d'une étude documentaire systématique, des chercheurs ont découvert que les personnes qui font de l'exercice réduisaient leur risque de développer des douleurs lombaires de 33 %. Ils ont aussi découvert que l'exercice réduisait la gravité des douleurs du dos au début d'une intervention. Les chercheurs en ont conclu que la combinaison d'un entraînement musculaire et d'exercices d'étirement ou d'aérobie pratiqués deux à trois fois par semaine est recommandée pour prévenir les douleurs au bas du dos.

Pendant les période de confinement, les personnes souffrant d'affections médicales sous-jacentes peuvent connaître une dégradation de leur état de santé suite à leur inactivité. Dans une analyse parue dans Nature Reviews Rheumatology, les auteurs mettent en garde contre les dangers potentiels pour les personnes souffrant de rhumatismes.

Les personnes qui souffrent de ces problèmes présentent un risque accru d'infection ou de complications liées à des maladies respiratoires, telles que le COVID-19. Le comportement sédentaire était présent avant les mesures de confinement. Les effets négatifs cliniques chez les enfants souffrant de maladies rhumatoïdes comprennent l'atrophie, la faiblesse, la fatigue musculaire, la résistance à l'insuline et la diminution de la capacité physique.

Bien que l'alitement ait été un traitement par le passé, les données montrent qu'il entraîne la destruction des articulations. Étant donné que l'inactivité peut augmenter avec la distanciation sociale et le confinement, les personnes souffrant de rhumatismes qui étaient hypoactifs avant l'épidémie peuvent s'exposer à un risque d'aggravation de leur maladie, symptômes et comorbidités s'ils ne deviennent pas plus actifs.

Comment l'exercice améliore votre système immunitaire

Il existe de nombreuses données épidémiologiques prouvant que la pratique régulière d'exercice et d'activité physique réduit le nombre des maladies infectieuses que contracteront les adultes plus âgés. Alors que les preuves des bienfaits pour la santé à long terme abondent, l'effet d'une seule séance d'exercice est toujours en cours d'analyse.

Une étude a été menée afin d'étudier l'affirmation selon laquelle après une seule séance d'exercice, le corps bénéficie d'une surveillance immunitaire et d'une fonction de régulation accrues. Les auteurs de cette étude croient également qu'une activité physique régulière favorise une limitation physiologique ou un report du vieillissement du système immunitaire.

Dans une deuxième analyse, des scientifiques ont résumé les données de recherche, y compris les résultats de l'exercice exigeant un effort maximal de courte et de longue durée sur le système immunitaire, ainsi que son effet sur l'immunosénescence (le vieillissement du système immunitaire). Les données montrent une relation logique et inverse dans le risque de maladie pour les personnes qui pratiquent un exercice modéré.

Les physiologistes James Turner et John Campbell ont récemment publié une analyse dans laquelle ils ont affirmé qu'un nombre plus élevé d'infections risque d'être lié à « une alimentation inappropriée, un stress psychologique, un sommeil insuffisant, des voyages et, plus important encore, à une exposition aux pathogènes lors de rassemblements sociaux majeurs, tels que des marathons, plutôt qu'à la pratique d'exercice elle-même ». James Turner a ainsi observé :

« Mais les personnes ne doivent pas oublier l'importance qu'il y a à rester en forme, actif et en bonne santé pendant cette période. À condition de le pratiquer de façon isolée (loin des autres), la pratique régulière et quotidienne d'exercice contribuera à mieux maintenir le fonctionnement du système immunitaire et non à le supprimer. »

Dans son article paru dans l'American College of Sports Medicine, Richard Simpson, Ph.D., pense que l'exercice pendant l'épidémie de COVID-19 est nécessaire pour impacter de façon positive le système immunitaire et contrer l'effet du stress lié à l'isolement.

Le manque d'exercice met en danger les adultes plus âgés

Malheureusement, la tendance à l'inactivité augmente avec l'âge. En plus des risques pour la santé et de l'affaiblissement immunitaire associés à l'inactivité physique chez les personnes âgées, celle-ci augmente également le risque de problèmes d'équilibre, de fractures osseuses et de handicap.

Chez les personnes âgées souffrant d'arthrite, le manque d'activité physique a été associé à un déclin mesurable de la capacité à pratiquer des activités du quotidien, telles que préparer des repas, faire des courses, prendre des médicaments et gérer leurs finances.

Dans cette étude, la capacité fonctionnelle était davantage dégradée chez les femmes et les minorités, ce que les chercheurs ont attribué au nombre plus élevé de comorbidités, telles que le diabète, l'AVC, la dépression et les troubles cognitifs. Dans une autre étude sur les personnes âgées, les scientifiques ont découvert qu'à la fin d'une période de suivi de 10 ans, celles qui étaient plus sédentaires étaient plus exposées à des problèmes de marche.

Développer une activité régulière saine chez soi

Le fait de travailler ou de rester chez soi peut donner lieu à de mauvaises habitudes de mouvements. Si, au bureau, vous deviez vous lever de votre chaise toutes les 30 minutes ou si votre métier exigeait que vous passiez plusieurs heures debout chaque jour, regarder la télévision ou jouer à des jeux sur votre ordinateur pendant des périodes prolongées peut porter un coup à ces habitudes.

En règle générale, pratiquer de l'exercice, si infime qu'il soit, est préférable à ne rien faire. Éviter le plus possible de rester assis, car le simple fait de supporter votre poids sur vos jambes contribue à réduire votre risque de souffrir de problèmes de santé indésirables.

Il existe différentes manières de pratiquer des exercices sûrs, simples et faciles chez soi, qui contribuent également à réduire votre risque d'exposition à des infections virales transmises par voie aérienne, telles que le COVID-19. Voici plusieurs suggestions pour vous aider à augmenter le temps que vous ne passez pas sur votre chaise et vous permettre de faire au moins 30 minutes d'exercice chaque jour :

Courtes pauses d'activité — Stuart Phillips a suggéré que les « périodes prolongées en position assise doivent être interrompues par de « courtes pauses d'activité », telles que petite marche ou la montée et la descente d'escaliers. Une courte marche quotidienne a des propriétés extraordinaires, pas seulement sur le plan physique, mais également d'un point de vue psychologique. Il n'est pas nécessaire de faire un marathon. »

Autrement dit, de petits mouvements peuvent procurer de nombreux bienfaits. Envisagez de faire une marche le matin et une autre l'après-midi, si les conditions météo le permettent. Se promener à l'extérieur offre des bienfaits supplémentaires pour votre système immunitaire, plus spécifiquement du fait de votre exposition au Soleil, qui peut augmenter votre production de vitamine D.

Mouvements de non-exercice — ce type d'activité peut être aussi important que l'exercice proprement dit. Forcez-vous à vous lever de votre chaise au moins toutes les 30 minutes ou plus pour vous étirer et vous déplacer. Si vous travaillez chez vous ou passez plus de temps devant l'écran d'un ordinateur ou la télévision que ce qui est considéré comme sain, optez pour l'achat d'un ballon d'exercice.

Ces gros ballons gonflables peuvent être commandés en ligne et la plupart sont livrés avec une pompe. S'asseoir sur un de ces ballons à votre bureau ou lorsque vous regardez la télévision favorise le mouvement et contribue à renforcer vos principaux muscles.

Renforcement — l'inactivité peut vous faire perdre de la masse et de la force musculaire. Aucun équipement de gym ou sophistiqué n'est nécessaire pour s'entraîner. En fait, vous n'avez même pas à quitter votre domicile.

Exercice à l'intérieur — pratiquer une activité aérobie et de l'exercice chez soi n'est pas aussi difficile que vous pouvez l'imaginer. Si vous ne disposez pas d'une vidéo d'exercice aérobie favorite, vous pouvez monter des escaliers ou acheter un vélo stationnaire qui peut vous être livré chez vous.

Décharge d'oxyde nitrique — l'exercice que vous pratiquez chez vous régulièrement ne serait pas complet sans la méthode de « décharge d'oxyde nitrique » développée par le Dr Zach Bush. L'exercice que je présente dans la vidéo ci-dessous est plus bénéfique si vous l'effectuez trois fois par jour, en espaçant les séances d'au moins deux heures, ce qui correspond au temps nécessaire pour que l'oxyde nitrique soit synthétisé dans votre corps pour une nouvelle décharge.

Vidéo disponible uniquement en anglais